Mise à jour : Avril 2005
Des maladies infectieuses peu courantes au Canada peuvent se produire dans d'autres pays, parfois même à des niveaux épidémiques. Les normes d'hygiène et la qualité des soins médicaux dans ces pays ne sont pas toujours les mêmes qu'au Canada. Avant de partir en voyage, vous devriez vous informer des conditions sanitaires qui prévalent dans les pays que vous comptez visiter, sur vos propres risques de contracter une maladie et sur le choix des mesures de prévention à prendre.
Pesez vos risques
Vos risques de
contracter une maladie dépendent de plusieurs
facteurs : votre âge, votre sexe, votre état
vaccinal et de santé actuel, votre itinéraire, la
durée et le genre du voyage (p. ex., première classe,
tourisme d'aventure), les activités prévues (p.
ex., contacts avec les animaux, exposition à l'eau
douce, contacts sexuels) et les conditions sanitaires locales.
Consultation d'évaluation des
risques
L'Agence de la santé publique du
Canada vous recommande fortement de consulter votre médecin
ou une clinique santé-voyage dans les six à huit
semaines précédant votre départ. Selon
l'évaluation des risques auxquels vous vous exposerez,
le professionnel de la santé pourra déterminer vos
besoins en matière d'immunisation ou de
médicaments préventifs (prophylaxie) et les moyens de
vous prémunir contre les maladies.
Les experts vous conseillent
Le Comité consultatif de la
médecine tropicale et de la médecine des voyages
(CCMTMV) de l'Agence de la santé publique du Canada
a contribué à la préparation et à la
mise à jour des renseignements qui suivent, sous forme de
conseils généraux sur la prévention contre la
rougeole, à l'intention des Canadiens en partance pour
l'étranger.
La rubéole est une maladie virale causée par un togavirus du genre Rubivirus. Bien qu'il s'agisse d'une maladie fébrile habituellement bénigne chez les enfants, lorsqu'une femme contracte le virus au début de la grossesse, cela peut souvent provoquer de graves effets chez le fœtus, voire la mort de ce dernier. Cette condition est connue sous le nom de rubéole congénitale évolutive (RCE). La RCE est associée à une incidence élevée de fausses couches, de mortinaissances et d'anomalies congénitales, notamment des cardiopathies congénitales, des cataractes, de la surdité et une arriération mentale. La RCE se manifeste chez 90 % des nourrissons nés de femmes qui ont été infectées par le virus de la rubéole dans les trois premiers mois de leur grossesse. Le risque de contracter la RCE diminue dès la 16 e semaine de gestation, soit de 10 à 20 %, et les anomalies congénitales sont rares lorsque l'infection a eu lieu après la 20 e semaine de grossesse.
Transmission |
La rubéole est une maladie très contagieuse. Les personnes infectées par le virus de la rubéole sont contagieuses pendant la semaine précédant l'éruption cutanée et pendant au moins quatre jours après l'apparition des rougeurs. Toutefois, il importe de souligner qu'environ 50 % des personnes infectées n'ont pas d'éruption cutanée. La rubéole se transmet d'une personne à une autre, le plus souvent lors de contacts étroits avec une personne infectée. La toux, les éternuements et le fait de parler dégagent des gouttelettes contenant le virus de la rubéole, qui sont emportées dans l'air et inhalées par d'autres. La transmission peut aussi se produire de façon indirecte, par le contact avec des objets récemment contaminés avec de la salive ou des sécrétions d'une personne infectée. De plus grande importance est la transmission du virus chez une femme enceinte; elle se fait à travers le placenta pendant la grossesse et cause souvent la RCE précédemment décrite. Les nourrissons nés avec la RCE sont extrêmement contagieux, car en plus de leur salive et de leurs sécrétions, leur urine contient également une grande quantité de virus de la rubéole. Les nourrissons atteints de RCE peuvent dégager des particules virales pendant des mois après la naissance.
Répartition géographique et incidence |
La rubéole est présente à la grandeur de la planète; elle sévit surtout en hiver et au printemps. Au cours des dix dernières années, les programmes d'immunisation contre la rubéole ont permis de grandement réduire les taux d'incidence de la maladie dans bon nombre de pays industrialisés. Dans les pays qui n'ont pas de programmes complets de vaccination contre la rubéole, les périodes de faible incidence relative de la maladie alternent avec des périodes d'épidémie tous les quatre à huit ans.
Au Canada
La rubéole est très rare au Canada. Depuis 2002, on
déclare moins de 30 cas de rubéole par
année.
Symptômes |
Les symptômes de la rubéole apparaissent généralement de 14 à 21 jours après avoir contracté le virus. Cependant, de 25 à 50 % des cas sont asymptomatiques. Les enfants peuvent manifester une légère fièvre et une éruption cutanée peut apparaître à la figure et au cou, pour ensuite progresser vers le bas. Cette éruption peut durer de deux à trois jours. Toutefois, tel que mentionné précédemment, près de la moitié des personnes infectées n'ont aucune manifestation cutanée de la maladie. Les enfants plus âgés et les adultes atteints de rubéole peuvent avoir, pendant une période d'un à cinq jours, une fièvre de légère à modérée, de la fatigue, des maux de tête, de l'inflammation des tissus autour des yeux, une infection des voies respiratoires supérieures, un gonflement des ganglions lymphatiques à l'arrière du cou et des douleurs, inflammations ou raideurs des articulations.
Traitement |
Comme il s'agit habituellement d'une maladie bénigne, l'intervention médicale est rarement nécessaire. La prise en charge des personnes souffrant de rubéole vise d'abord à assurer leur confort et fournir des mesures de soutien. Les efforts devraient être faits pour limiter la transmission de la maladie, surtout aux femmes enceintes.
L'objectif premier de la vaccination contre la rubéole est de prévenir l'infection pendant la grossesse. Il existe au Canada un vaccin contre la rubéole que l'on administre par injection, en formulation seule ou en combinaison avec d'autres vaccins (comme celui contre la rougeole et les oreillons). De façon systématique, on recommande pour tous les enfants une dose du vaccin antirubéoleux, bien qu'en pratique une deuxième dose soit administrée dans le vaccin combiné ROR (rougeole-oreillons-rubéole). Le vaccin antirubéoleux ne doit pas être administré à des bébés de moins de 12 mois. En outre, toutes les adolescentes et les femmes en âge de procréer devraient être vaccinées à moins qu'elles ne possèdent une preuve documentée d'immunisation antérieure ou que l'on puisse prouver en laboratoire la présence d'anticorps spécifiques à ce virus. Les femmes enceintes ne devraient pas recevoir le vaccin. Il est recommandé aux femmes en âge de procréer d'éviter toute grossesse dans le mois suivant l'administration du vaccin.
Prévention et précautions personnelles |
La vaccination demeure la meilleure protection contre la rubéole.
Recommandations
L'Agence de la santé publique du Canada recommande
fortement aux voyageurs internationaux canadiens de consulter leur
médecin ou une clinique de santé-voyage avant leur
départ, afin d'obtenir une évaluation des risques
personnels qu'ils encourent. Il est alors possible
d'évaluer leur besoin d'immunisation contre la
rougeole, en fonction de leur état de santé actuel,
de leurs antécédents d'immunisation et de
l'itinéraire prévu.
Les voyageurs canadiens doivent s'assurer que leur immunisation contre la rubéole est à jour conformé ment aux recommandations du Comité consultatif national de l'immunisation. Cette recommandation est particulièrement importante pour les adolescentes et les femmes en âge de procréer.
À ne pas oublier |
Les voyages internationaux peuvent exposer les Canadiens à des maladies infectieuses qui peuvent être rares en Amérique du Nord. Nos normes élevées d'hygiène et nos programmes nationaux d'immunisation des enfants peuvent mener de nombreux Canadiens adultes à un certain laxisme quant au maintien à jour de leur immunisation systématique. L'Agence de la santé publique du Canada rappelle aux voyageurs de s'assurer, avant de partir, que leurs vaccins reçus au cours de leur enfance sont toujours actifs. Les voyageurs devraient revoir leur dossier d'immunisation avec un médecin plusieurs semaines avant leur départ, afin de confirmer s'ils ont bel et bien été immunisés contre la rubéole.
Renseignements additionnels...
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