Droit d'auteur 2006 D. Menzies MD
Un rapport rédigé par Dick Menzies MD M.Sc.,
Olivia Oxlade M.Sc. and Megan Lewis B.Sc.
pour l'Agence de la santé publique du Canada.
Contexte – À mesure que se réduit l'incidence de la tuberculose (TB) au Canada, la lutte antituberculeuse et les dépenses connexes doivent être de plus en plus orientées vers les sous-groupes à risque élevé. Toutefois, la somme réelle des dépenses est inconnue. Nous avons effectué une enquête pour évaluer les dépenses que les gouvernements et d'autres intervenants au Canada ont consacrées au traitement de la TB en 2004.
Méthodes – Un questionnaire a été envoyé à tous les ministères fédéraux concernés par la TB, aux ministères des dix provinces et des trois territoires du Nord chargés de la lutte antituberculeuse, ainsi qu'à tous les laboratoires provinciaux et régionaux de TB. Des données sur l'hospitalisation ont été obtenues auprès de l'Institut canadien d'information sur la santé, et les coûts des soins ont été déterminés par consultation des publications disponibles. Les coûts directs et indirects assumés par les patients n'ont pas été pris en considération. Tous les coûts ont été vérifiés pour l'année 2004 et exprimés en dollars canadiens.
Résultats – En 2004, les dépenses totales liées à la TB au Canada ont été de 74 millions de dollars, soit 47 290 $ pour chaque cas de TB active diagnostiqué cette année-là. La recherche a absorbé 4,5 millions de dollars (ou 6 % de ce total). Les dépenses fédérales non liées à la recherche se sont élevées à 16,3 millions de dollars (22 %), tandis que les dépenses des provinces et territoires ont atteint 53 millions de dollars (72 %). La tuberculose active a représenté 60 % des dépenses des provinces et territoires. Les dépenses liées à la TB étaient marquées par d'importants écarts régionaux, les dépenses les plus élevées étant enregistrées dans les territoires du Nord et les plus faibles, dans les provinces de l'Atlantique. Ces écarts reflètent probablement les différences d'accessibilité des populations aux services de soins de santé et la nécessité d'intervenir davantage dans les collectivités à risque accru de tuberculose, où la transmission se poursuit.
Conclusions – Le total des dépenses liées à la TB au Canada en 2004 était considérable. Le montant de 47 290 $ par cas actif est supérieur aux estimations précédentes. Toutefois, ces montants sont semblables aux estimations des dépenses gouvernementales totales publiées par d'autres pays à revenu élevé.
La tuberculose (TB) s'est révélée une maladie difficile à éradiquer. Bien que son incidence au Canada ait fléchi pendant la majeure partie du 20e siècle et continue de diminuer légèrement chaque année depuis le début du nouveau millénaire, le Canada comptait, selon des chiffres provisoires, 1 574 cas actifs de tuberculose en 2004. Cela représente une réduction de 7,6 % au cours des trois années précédentes. Ce lent déclin a été observé dans de nombreux autres pays à revenu élevé – malgré d'intenses efforts de lutte contre la maladie et des dépenses considérables à plusieurs niveaux. En fait, il ne serait pas étonnant que le fléchissement de l'incidence s'accompagne d'une hausse des dépenses par cas.
Cependant, le niveau des dépenses consacrées aux soins et à la prévention de la TB au Canada est inconnu. Cela tient au fait que la TB relève de nombreuses compétences gouvernementales différentes. Au Canada, le gouvernement fédéral tout comme les administrations provinciales, territoriales, régionales et municipales participent de diverses manières à la prestation des traitements de la TB. En outre, des soins sont prodigués par des hôpitaux, des cliniques et particuliers– hors du système de santé publique traditionnel. Et la complexité du problème est accrue par la diversité des populations touchées par la TB – autochtones, personnes âgées, sans-abri et autres personnes démunies en milieu urbain, immigrants, etc.
Les coûts des soins de la TB ont été calculés aux États-Unis au début des années 1990 par les Centers for Disease Control and Prevention . Toutefois, il n'y a jamais eu au Canada d'étude exhaustive sur les coûts de la TB. Le ralentissement du recul de l'incidence de la TB pourrait signifier que des interventions additionnelles sont nécessaires. Par conséquent, il semble opportun d'examiner le niveau des dépenses consacrées actuellement au traitement et à la prévention de la TB, et la manière dont ces sommes sont dépensées.
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