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Mise à jour
Traitement de la gonorrhée

HTML: H124-22/2005F-HTML
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Traitement de la gonorrhée (céfixime, spectinomycine)
Division des infections acquises dans la collectivité, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses
Agence de la santé publique du Canada
mars 2005


Profil de la maladie

La gonorrhée, causée par le micro-organisme Neisseria gonorrhoeae, est une infection transmise sexuellement (ITS) qui affecte tant les hommes que les femmes. Si elle n'est pas traitée, la gonorrhée peut causer de graves complications, y compris des affections inflammatoires pelviennes (AIP) chez les femmes ou l'infécondité chez les deux sexes1. La gonorrhée peut se transmettre au nourrisson lors de l'accouchement, et causer des infections oculaires, voire une cécité. Elle peut se transmettre lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou bucco-génitaux. Nombre des hommes et des femmes infectés par la gonorrhée n'ont pas connaissance de leur état, car ils ne présentent aucun symptôme. En cas de symptômes, ces derniers surviennent généralement 2 à 7 jours, parfois jusqu'à 30 jours, après les rapports sexuels. Chez les femmes, les symptômes peuvent comprendre des pertes vaginales nouvelles ou différentes, une sensation de brûlure pendant la miction, une douleur dans la partie inférieure de l'abdomen, de la fièvre, des frissons, des douleurs pendant les rapports sexuels, des saignements vaginaux entre les menstruations ou après les rapports sexuels, des douleurs et/ou des pertes rectales. Chez les hommes, les symptômes peuvent comprendre des pertes jaunes-vertes du pénis, une sensation de brûlure pendant la miction, une douleur ou une enflure des testicules, des douleurs et/ou des pertes rectales2.

Avec le temps, certaines souches bactériennes deviennent résistantes à certains antibiotiques. Le traitement des patients atteints de gonorrhée résistante deviendra plus difficile au fur et à mesure que le nombre de souches résistantes augmentera. Les facteurs de risque de la gonorrhée comprennent les contacts avec une personne porteuse d'une infection prouvée; les rapports sexuels non protégés des voyageurs avec la population locale (risque accru de résistance) de pays endémiques; les rapports sexuels non protégés avec un ou une partenaire venant d'une région endémique (ou d'une région où les taux de résistance aux antimicrobiens sont élevés); les rapports avec les travailleurs de l'industrie du sexe, les jeunes (< 25 ans) ayant des rapports sexuels avec plusieurs partenaires, les jeunes de la rue et les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HRSH)3.

Actualités en épidémiologie4

Nombre de cas rapportés en 1997 = 4 917 cas (14,9/100 000)
Estimation du nombre de cas rapportés en 2004 (prévision) = 9 207 cas (27,9/100 000)5

Ce nombre représente une augmentation estimée de 87 % entre 1997 et 2004; or, l'objectif national établi en 1996 visait à éliminer la gonorrhée d'ici 20106. Ces objectifs font actuellement l'objet d'examens par l'ASPC.

Alors qu'ils avaient diminué, les taux d'ITS à déclaration obligatoire au Canada ont recommencé à augmenter en 1997. Cette tendance se maintient actuellement. L'augmentation des taux d'ITS pourrait être associée à des facteurs tels que la lassitude envers les rapports sexuels protégés; l'apparition de traitements antirétroviraux hautement actifs (HAART) contre le VIH; une nouvelle génération de jeunes sexuellement actifs, qui n'ont pas vécu les effets de la première épidémie du VIH; la popularité d'Internet, qui facilite les relations à risque; un manque généralisé de connaissances sur les ITS, leurs facteurs de risque et leurs risques de séquelles telles que le cancer et l'infécondité.

Problèmes relatifs aux traitements

Le céfixime (SUPRAX) demeure l'un des traitements recommandés contre la gonorrhée au Canada (Énoncé provisoire); il est toujours approuvé et doté d'une identification numérique (DIN). Sa distribution au Canada est assurée par Aventis Pharma inc. sous forme de comprimés de 400 mg ou de poudre (100 mg/5 ml) à reconstituer en solution orale.

  • En dépit des inquiétudes quant à la disponibilité limitée du céfixime en Amérique du Nord, Aventis a confirmé (le 1er novembre 2004) qu'elle ne prévoyait pas modifier, à court ou à long terme, son approvisionnement de ce produit au Canada.

La spectinomycine (TROBICIN) est un autre traitement de la gonorrhée; elle était distribuée par Pfizer au Canada sous forme de poudre (400 mg / ml) à reconstituer en solution pour injection intramusculaire, mais elle n'est plus en vente. L'emploi de ce médicament doit être suivi d'un test sur l'efficacité du traitement. La spectinomycine ne doit pas être utilisée pour le traitement des infections pharyngées.

  • Ce produit est offert par le Programme d'accès spécial aux médicaments. Il n'y a pas de problème d'approvisionnement, mais comme le médicament est importé des États-Unis, une période d'attente de deux semaines est nécessaire avant sa livraison.

Pour de plus amples renseignements :

____________________________

1 Santé sexuelle et les infections transmises sexuellement, ASPC, 2003.
2 Ce qu'il faut savoir au sujet des ITS, Santé Canada, 2002.
3 Lignes directrices canadiennes pour les MTS, édition de 1998, Santé Canada.
4 Cas rapportés et taux d'ITS à déclaration obligatoire, Santé Canada, 1998/1999, volume 26S6, octobre 2000 et Agence de la santé publique du Canada, 23 septembre 2004.
5 Estimation du nombre total de cas (prévision) pour 2004 d'après le nombre préliminaire de cas/taux rapportés entre janvier et mars 2004.
6 Objectifs nationaux en matière de prévention et de contrôle des maladies transmises sexuellement au Canada, RMTC, novembre 1997, volume 23S6, Santé Canada.