Agence de la santé publique du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Partagez cette page

Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement

[Page précédente] [Table des matières] [Page suivante]

Section 5 - Prise en charge et traitement d’infections spécifiques

Infestations ectoparasitaires (pédiculose pubienne, gale)

Pédiculose pubienne

Étiologie/épidémiologie
  • Cause : Phthirus pubis (pédiculose pubienne ou morpion).
  • Les humains constituent le seul réservoir de l’infestation.
  • Durée de vie plus courte lorsque le parasite n’est pas sur l’hôte (24 heures) que les poux de tête (plusieurs jours).
  • Généralement présents dans les poils du pubis, ils peuvent toutefois se retrouver aussi dans les poils de la poitrine ou des aisselles, les cils ou les poils du visage.
  • Ils se transmettent par contacts de personne à personne, que ceux-ci soient sexuels ou nonNote de bas de page 1.
Prévention et contrôle
  • Lorsqu’un patient consulte pour des problèmes liés aux ITS ou à la contraception, les professionnels de la santé devraient saisir cette occasion pour éduquer celui-ci sur les pratiques sexuelles à risques réduits et l’encourager à les utiliser de façon constante.
  • Au moment du diagnostic, passer en revue et vérifier les mesures de prévention.
  • Déterminer les obstacles aux mesures préventives et les moyens de les surmonter.
  • Voir aussi le chapitre « Soins primaires et infections transmissibles sexuellement ».
ManifestationsNote de bas de page 2
  • Le prurit, le grattage, l’érythème, l’irritation et l’inflammation cutanée sont dus à une réaction aux piqûres de morpions.
  • Des petits points bleus peuvent apparaître parfois là où il y a eu les piqûres de morpions.
  • Une infestation importante peut être associée à une fièvre légère et à un malaise.
  • Le grattage peut causer une infection cutanée bactérienne secondaire.
Diagnostic
  • Le diagnostic doit être basé sur les antécédents du patient et l’indice de suspicion.
  • Examiner attentivement le patient pour vérifier la présence de poux adultes ou d’œufs (lentes). Vérifier la présence de croûtes et de lentes dans les poils; les croûtes peuvent être des poux adultes. Les lentes se collent aux poils et ne se détachent pas librement comme des pellicules.
Prélèvement d’échantillons et diagnostic en laboratoire
  • S’il y a lieu, prélever des lentes ou des croûtes dans un contenant pour les soumettre à un examen microscopique.
Prise en charge
  • Vêtements, literie et vecteurs passifs : le lavage à l’eau chaude (50 °C) ou le nettoyage à sec tuent les morpions à tous les stades de leur croissance. On peut aussi mettre les articles contaminés dans des sacs en plastique pendant une semaine.
  • Passer l’aspirateur sur les matelas.
  • Tout partenaire sexuel avec qui il y a eu relation au cours du dernier mois devrait être traité.
  • En l’absence d’amélioration clinique, le traitement peut être recommencé après une semaine. Le prurit peut être soulagé avec des antihistaminiques tels que l’hydroxyzine ou la diphénhydramine, ou encore avec des corticostéroïdes topiques à faible doseNote de bas de page 2.
Traitement
  • Laver la région affectée et appliquer un pédiculocide (sous forme de crème, de lotion ou de shampooing) en suivant le mode d’emploi qui se trouve sur l’emballage.
  • Si nécessaire, le traitement peut être répété de 3 à 7 jours plus tard.
Considérations spéciales
  • La pédiculose des cils ne doit pas être traitée avec de la perméthrine, de la pyréthrine ou du lindaneNote de bas de page 2. Traitement recommandé : recouvrir d’une pommade ophtalmique jusqu’au bord des paupières, deux fois par jour, pendant 10 jours.
  • Le gamma hexachlorure de benzène (lindane) peut être neurotoxique. Il faut suivre à la lettre le mode d’emploi pour réduire au minimum le risque de toxicitéNote de bas de page 3. Il est contre-indiqué chez les enfants de moins de 2 ans, chez les femmes enceintes ou celles qui allaitent, ainsi que chez les patients présentant une dermatite étendue.
  • L’efficacité de la crème de perméthrine est similaire à celle du lindane à 1 %, tout en étant moins toxique et en ayant des taux de guérison supérieurs à 80 %Note de bas de page 3.
  • Le prurit peut persister pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines après le traitement.
  • Pour les patients dont la peau présente des excoriations ou d’autres conditions affectant l’intégrité de la peau, envisager un ajustement posologique afin de compenser pour l’augmentation de l’absorption des agents topiques.

(Voir ci-dessous, les sections « Prise en considération d’autres ITS », « Déclaration des cas et notification aux partenaires » et « Suivi »).

Gale

Étiologie/épidémiologie
  • Cause : Sarcoptes scabiei.
  • La période d’incubation est de trois semaines, mais la réinfestation provoque des symptômes immédiats (1 à 3 jours)Note de bas de page 1.
  • Transmission :
    • rarement dans le cadre de relations sexuelles, le plus souvent par contact de personne à personne (p. ex., au sein de familles ou dans des institutions)Note de bas de page 4;
    • peut se faire par le partage d’articles personnels (vêtements, literie);
    • la transmission sexuelle est possible, mais le contact doit durer un certain temps.
Prévention et contrôle
  • Lorsqu’un patient consulte pour des problèmes liés aux ITS ou à la contraception, les professionnels de la santé devraient saisir cette occasion pour éduquer celui-ci sur les pratiques sexuelles à risques réduits et l’encourager à les utiliser de façon constante.
  • Au moment du diagnostic, passer en revue et vérifier les mesures de prévention.
  • Déterminer les obstacles aux mesures préventives et les moyens de les surmonter.
  • Voir le chapitre « Soins primaires et infections transmissibles sexuellement ».
Manifestations
  • Prurit intense pendant la nuit.
  • Sillons creusés sous la peau.
  • Lésions affectant les mains (entre les doigts ou sur le côté des doigts), les surfaces de flexion des poignets, les aisselles, la taille, l’aréole du mamelon, la région autour du nombril et les organes génitaux masculinsNote de bas de page 5.
  • Les papules ou nodules résultant du prurit affectent souvent les parties génitales.
  • Pyodermite du pénis.
  • Les patients atteints du VIH peuvent présenter une forme atypique de la gale avec atteinte prononcée ou lésions croûtées, appelée « gale norvégienne »Note de bas de page 6.
Diagnostic
  • Le diagnostic doit être basé sur les antécédents du patient, l’indice de suspicion et l’examen médical.
  • Le diagnostic est souvent difficile et, par conséquent, tardif.
Prélèvement d’échantillons et diagnostic de laboratoire
  • S’il y a lieu, prélever de la peau par grattage sur un sillon cutané de manière à extraire un sarcopte ou un œuf pour le soumettre à un examen microscopiqueNote de bas de page 1.
  • Test à l’encre imprégnant les sillons de gale : appliquer de l’encre de Chine ou un feutre lavable à l’extérieur d’un sillon, puis essuyer la peau avec de l’alcool. Il est ainsi possible de repérer les sillons de gale qui auront absorbé l’encreNote de bas de page 2.
Prise en charge
  • Vêtements, literie et vecteurs passifs : le lavage à l’eau chaude (50 °C) ou le nettoyage à sec tuent le micro-organisme à tous les stades de sa croissance. On peut aussi mettre les articles contaminés dans des sacs en plastique entre trois jours et une semaineNote de bas de page 1.
  • Passer l’aspirateur sur les matelas.
  • Toutes les personnes vivant sous le même toit et tout partenaire sexuel récent avec qui il y a eu contact au cours du dernier mois devraient aussi recevoir un traitement.
  • Le prurit peut persister pendant plusieurs semaines. Il peut être soulagé avec des antihistaminiques et des corticostéroïdes topiques à faible dose.
Traitement
  • Crème de perméthrine à 5 % [A-l]Note de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 7.
    • Appliquer sur le corps, à partir du cou jusqu’aux pieds; laisser pendant 8 à 14 heures; se doucher et mettre des vêtements propres.
    OU
  • Crème ou lotion de gamma hexachlorure de benzène (lindane) à 1 % [A-l]Note de bas de page 2,Note de bas de page 3,Note de bas de page 7,Note de bas de page 8.
    • Appliquer sur le corps, à partir du cou jusqu’aux pieds; laisser pendant 8 heures; se doucher et mettre des vêtements propres.
    • Risque de toxicité supérieure à celui de la perméthrine.
    • Contre-indiqué chez les enfants de moins de 2 ans, chez les femmes enceintes ou celles qui allaitent, ainsi que chez les patients présentant une dermatite étendue.
  • Autres traitements :
    • Crème de crotamitone à 10 % [A-l] (moins efficace que la perméthrine ou le lindane)Note de bas de page 7,Note de bas de page 9. Ce produit est offert par le Programme d’accès spécial aux médicaments (PAS) de Santé Canada
      • Appliquer chaque soir, pendant deux jours, et bien se laver 24 heures après la dernière application.
      OU
    • Soufre en gelée de pétrole à 5 % [A-l] (moins efficace que la perméthrine ou le lindane)Note de bas de page 7,Note de bas de page 9.
      • Appliquer chaque soir, pendant 3 jours, et bien se laver 24 heures après la dernière application.
Considérations spéciales
  • En cas de grossesse, seule la perméthrine peut être utiliséeNote de bas de page 2.
  • Le gamma hexachlorure de benzène (lindane) peut être neurotoxique. Il faut suivre à la lettre le mode d’emploi pour réduire au minimum le risque de toxicitéNote de bas de page 3. Il est contre-indiqué chez les enfants de moins de 2 ans, chez les femmes enceintes ou celles qui allaitent, ainsi que chez les patients présentant une dermatite étendue.
  • Pour les patients dont la peau présente des excoriations ou d’autres conditions affectant l’intégrité de la peau, envisager un ajustement posologique afin de compenser pour l’augmentation de l’absorption des agents topiques.

Prise en considération d’autres ITS

Déclaration des cas et notification aux partenaires

  • La pédiculose pubienne et la gale ne sont pas des maladies à déclaration obligatoire aux départements de santé publique locaux.
  • La notification aux partenaires pour les infestations ectoparasitaires n’est pas requise.

Suivi

  • Un suivi ne doit être fait que s’il est nécessaire sur le plan clinique.

Références

Note de bas de page 1
Chosidow, O. « Scabies and pediculosis », Lancet, vol. 355, 2000, p. 819-826.
Note de bas de page 2
Wendel, K. et A. Rompalo. « Scabies and pediculosis pubis: An update of treatment regimens and general review », Clinical Infectious Diseases, vol. 35, suppl. 2, 2002, p. S146–S151.
Note de bas de page 3
Roos, T.C., M. Alam, S. Roos, H.F. Merk et B.R. Bickers. « Pharmacotherapy of ectoparasitic infections », Drugs, vol. 61, 2001, p. 1067-1088.
Note de bas de page 4
Hogan, D.J., L. Schachner et C. Tanglertsampan. « Diagnosis and treatment of childhood scabies and pediculosis », Pediatric Clinics of North America, vol. 38, 1991, p. 941-957.
Note de bas de page 5
Burkhart, C.G., C.N. Burkhart et K.M. Burkhart. « An epidemiologic and therapeutic reassessment of scabies », Cutis, vol. 65, 2000, p. 233-240.
Note de bas de page 6
Orkin, M. « Scabies in AIDS », Seminars in Dermatology, vol. 12, 1993, p. 9-14.
Note de bas de page 7
Scott, G.R. « European guideline for the management of scabies », International Journal of STD & AIDS, vol. 12, suppl. 3, 2001, p. S58-S61.
Note de bas de page 8
Chouela, E.N., A.M. Abeldano, G. Pellerano et coll. « Equivalent therapeutic efficacy and safety of ivermectin and lindane in the treatment of human scabies », Archives of Dermatology, vol. 135, 1999, p. 651-655.
Note de bas de page 9
Morgon-Glenn, P.D. « Scabies », Pediatrics in Review, vol. 22, 2001, p. 322-323.

[Page précédente] [Table des matières] [Page suivante]