Le cas de Terry : un jeune à risque
Les membres du Groupe d'experts sur le sérodiagnostic
du VIH : lignes directrices pour le counselling
Président : Marc Steben, MD
Coprésidente : Catherine A. Hankins, MD
Gerry Bally, MD
Michael V. O'Shaughnessy, PhD
Allan D. Peterkin, MD
David J. Walters, MD
Coordonnatrice du projet : Maria Nengeh Mensah, MA
Avec l'aide du secrétariat de l'Association
médicale canadienne
Millicent Toombs, MHA (chargée de projet)
Margo S. Rowan, PhD (adjointe à la recherche)
Anita Kothari, MHSc (adjointe de projet)
Brenda Kostiuk (secrétaire du projet)
Project coordinator: Maria Nengeh Mensah
Nous remercions sincèrement de leur contribution Ron de
Burger, Norbert Gilmore, MD, Michael Graydon, Daphne Handanos, MD,
Susan King, MD, Mary Lou Miller, Bob Pelletier, Pamela Thompson et
Sydney Thomson, MD.
Nous remercions aussi ceux qui ont préparé et
révisé ce texte.
Favoriser le
sérodiagnostic du VIH
Lorsqu'une personne demande à subir un test de
sérodiagnostic du VIH, il faut accèder à sa
demande.
Il faut explorer les raisons d'une personne qui demande de
subir des tests répétés de
sérodiagnostic du VIH.
Même si la personne n'a pas eu d'activités
à risque d'infection au VIH, cela n'élimine
pas le besoin de tests et de counselling parce qu'il se peut
qu'elle ne veuille pas révéler ses comportements
à risque ou ceux de ses partenaires ou qu'elle ne sache
pas que son comportement ou celui de ses partenaires sont des
facteurs de risque d'infection au VIH.
Même si une personne décide de ne pas se soumettre
à un test à un moment en particulier, on recommande
le counselling qui s'impose au sujet de la réduction du
risque.
Définitions pratiques
La personne mineure est émancipée quand, en raison
de son style de vie, elle assume la responsabilité de sa
propre vie.
La personne mineure mature doit comprendre clairement la nature
et les conséquences du traitement ou de
l'intervention.
Obligations de prévenir les
partenaires et de retrouver les contacts
Chaque province et territoire a des exigences légales
différentes en ce qui concerne la déclaration de
l'infection au VIH et du sida.
Au cours d'une séance de counselling pré-test,
le médecin doit préciser que si les résultats
du test sont positifs, l'éthique l'oblige à
veiller à ce que les partenaires sexuels et toxicomanes du
patient soient informés qu'ils ont peut-être
été exposés au VIH.
Si une personne infectée au VIH refuse d'informer ses
partenaires ou est incapable de le faire, avant de dévoiler
son état, il faut discuter avec elle de la
possibilité que le médecin ou un professionnel de la
santé publique s'en charge.
Conseils à
l'intention des conseillers
- Sachez que vos propres valeurs et attitudes au sujet de la
sexualité, de la toxicomanie et d'autres questions
liées au style de vie peuvent biaiser vos conseils.
- Évitez de juger; créez un climat de
confiance.
- Utilisez une démarche personnalisée et
flexible.
- Évitez le jargon technique.
- Soyez prêt à donner votre appui et à
repérer les besoins supplémentaires de
counselling.
- Faites preuve de sensibilité lorsque vous êtes le
premier à aborder des questions qui entourent les tests de
sérodiagnostic du VIH.
Ce qu'il faut savoir au sujet
de l'infection au VIH
- Le VIH provoque une maladie progressive qui cause de graves
problèmes de santé, habituellement de 10 à 14
ans après l'infection.
- Lorsqu'un test de sérodiagnostic du VIH est positif,
cela signifie que la personne a été infectée
et qu'elle peut transmettre le virus, qu'elle ait ou non
des symptômes.
- On trouve le VIH dans le sang, le sperme, les
sécrétions prééjaculatoires et
vaginales et le lait maternel.
- Le VIH peut être transmis par relation sexuelle, partage
de matériel d'injection de drogues, par le sang non
analysé, et par une mère infectée au VIH
à son enfant au cours de la grossesse, de l'accouchement
ou de l'allaitement.
- Le sérodiagnostic est le seul moyen efficace pour une
personne de déterminer si elle est infectée par le
VIH.
- Des mesures précises peuvent permettre
d'éviter ou de minimiser l'exposition au VIH ou la
transmission du virus.
Avantages, inconvénients et
répercussions
Avantages du test :
- dissipe l'incertitude au sujet du statut
sérologique;
- prévient la transmission du VIH;
- aide à prendre des décisions plus
éclairées face à la reproduction.
Inconvénients du test :
- stress psychologique (chez certaines personnes, le fait
d'être déclarées infectées par le
VIH peut provoquer une dépression ou, rarement, le suicide;
si un tel risque existe ou si les capacités d'adaptation
et l'appui social semblent manquer, il faut reporter le test
jusqu'à ce que le patient puisse acquérir les
capacités et l'appui en question; le patient peut
être référé à un programme
prolongé de counselling ou de thérapie, ou aux
deux);
- anxiété provoquée par le fait de cacher le
test aux membres de la famille, aux amis et à la
communauté.
Répercussions de résultats
positifs :
- certaines personnes peuvent tirer avantage de soins et de
traitements;
- certaines personnes risquent de perdre des partenaires et des
amis, de se voir refuser
- emploi, logement, assurance, possibilités
d'éducation et de voyage.
Consentement
04/08/95
Clinique De la Montagne
- Le patient demande à subir un test de
sérodiagnostic du VIH.
- Counselling pré-test donné.
- Le patient consent à se soumettre au test de
sérodiagnostic du VIH.
Jean Tremblay, MD

Démarche
recommandée pour annoncer une mauvaise nouvelle
- Trouver un endroit tranquille et privé où vous
pouvez vous asseoir et parler à la personne face à
face.
- Lui annoncer le résultat du test directement dès
le début de la séance de counselling.
- Écouter ses réactions, lui répondre et
être à l'affût des questions cachées.
Il faut s'attendre à des larmes et avoir une
réserve de mouchoirs à portée de la main.
- Déterminer ce que le patient veut savoir sur le VIH ou
le sida.
- Évaluer dans quelle mesure elle comprend l'infection
au VIH et, par conséquent, comprend ce que vous venez de lui
annoncer.
- Fournir l'information à petites doses. Il arrive
souvent que la personne ne peut en absorber beaucoup plus.
- Lui demander si elle a d'autres questions.
- Insister sur les services de soutien d'urgence disponibles
et expliquer comment ils sont accessibles.
- Veiller au suivi et fixer un autre rendez-vous.

Risques de transmission du VIH
liés à diverses activités sexuelles (4)
Aucun risque
- baiser sans échange de salive;
- frottement d'un corps contre l'autre;
- massage;
- stimulation des mamelons;
- utilisation d'accessoires sexuels insérés non
partagés;
- masturbation par le partenaire, sans production de sperme ni de
sécrétion vaginale;
- bain et douche érotiques;
- matières fécales ou urine en contact avec de la
peau intacte.
Risque théorique*
- baiser avec échange de salive;
- fellation, avec ou sans condom;
- cunnilingus avec barrière;
- anilingus;
- contact anodigital et vaginodigital avec ou sans gant;
- utilisation d'accessoires sexuels insérés
partagés mais désinfectés.
* On entend par risque théorique de transmission du VIH
qu'il est impossible de prouver qu'il n'y aura jamais
d'infection.
Faible risque
- partage d'accessoires d'hygiène personnelle non
désinfectés (rasoir, brosse à dents);
- cunnilingus, sans barrière, pendant les menstruations ou
non;
- fellation et éjaculation, avec ou sans ingestion de
sperme;
- relation sexuelle vaginopénienne, avec condom;
- relation sexuelle anopénienne, avec condom.
Risque élevé
- relation sexuelle vaginopénienne, sans condom;
- relation sexuelle anopénienne, sans condom;
- coït interrompu (relation sexuelle avec retrait avant
éjaculation).
Conditions qui accroissent le risque de transmission du
VIH
- L'utilisation irrégulière, intermittente ou
erronée de barrières en latex comme les condoms ou
les digues dentaires, y compris les problèmes causés
par le glissement et la rupture des condoms.
- Toute blessure ou atteinte qui endommage
l'intégrité de la peau ou des muqueuses, y
compris une lubrification insuffisante.
- Inflammation des organes génitaux comme celles que
causent les MTS, les vaginites, les spermicides ou d'autres
irritants (p. ex., douches vaginales ou rectales) ou
allergènes.
Conseils aux personnes qui
s'injectent des drogues ou en injectent à d'autres
personnes
Toujours utiliser des aiguilles et des seringues neuves que
l'on peut se procurer dans le cadre de programmes
d'échange d'aiguilles et de seringues dans de
nombreuses villes ou acheter dans des pharmacies, avec ou sans
ordonnance, n'importe où au Canada.
Si l'on ne dispose pas de matériel neuf, on peut
réduire le risque de transmission du VIH en
désinfectant l'aiguille et la seringue à
l'aide d'eau javellisée non diluée au moins
trois fois, en agitant la seringue, en lui donnant des pichenettes,
puis en rinçant l'aiguille et la seringue au moins trois
fois avant chaque usage.
Lorsqu'on ne dispose pas d'eau javellisée, on
peut badigeonner les aiguilles et les seringues à
l'alcool. Le nettoyage ne peut cependant être
substitué à l'utilisation de matériel
neuf.
Aspects particuliers du
counselling auprès des femmes
Parce que l'on croit qu'elles ne sont pas à
risque, les femmes subissent souvent un test de
sérodiagnostic du VIH plus tardivement après avoir
été infectées au VIH.
Beaucoup de questions spécifiques à
l'infection au VIH chez les femmes sont reconnues depuis peu.
Par exemple, la dépendance économique peut constituer
un risque pour une femme parce qu'elle ne pourra refuser des
relations sexuelles ou des activités
risquées.
Il faut discuter avec toutes les femmes des pratiques sexuelles
et des habitudes d'injection de drogue à risques
réduits et les aider à acquérir des techniques
de négociation à utiliser avec leurs partenaires
sexuels.
Si une femme ne peut persuader son partenaire d'utiliser un
condom, il faut promouvoir auprès d'elle les
méthodes féminines de protection comme les
spermicides avec ou sans diaphragme ou cape cervicale, les
éponges contraceptives et les condoms féminins.

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