Ce modèle est considéré comme une roue plutôt que comme un processus linéaire, car la plupart des gens qui font des changements passent par un cycle répétitif d'étapes avant d'acquérir la motivation et la capacité d'agir efficacement et de maintenir le changement. L'ambivalence est un élément normal du processus décisionnel. Nous sommes dans le monde de la pensée et des sentiments, du mouvement, des conflits entre les convictions et l'action. Une personne peut passer un certain temps à la même étape ou avancer et reculer d'une étape à l'autre. Les rechutes (régression à une étape antérieure) sont toujours possibles. Le travailleur de soutien doit être prêt à aider le client, peu importe l'étape où il se trouve.
Les stratégies de réduction des méfaits s'appliquent à toutes les étapes. Le but et l'objectif des premières étapes d'intervention sont d'inciter le client à revenir à l'organisme. Que pouvez-vous faire pour stimuler l'engagement du client? Faites-lui voir les possibilités, la croissance, les choix qu'il ne perçoit pas encore. Le modèle des étapes de changement du comportement est très bien adapté aux interventions de réduction des méfaits. Selon Edith Springer :
Le modèle explique pourquoi les thérapies axées sur l'abstinence échouent le plus souvent. Les gens ne passent pas directement de l'ignorance de leur problème et de l'absence de motivation à l'action et au changement. Il leur faut d'abord reconnaître leur problème et envisager des solutions. Ces étapes non franchies produisent l'état péjorativement appelé «déni». La documentation sur le sujet fait état de la «ritournelle du eni» et recommande de «briser le déni» par la «confrontation». Cette confrontation des consommateurs de drogues et l'insistance sur le fait que leur consommation représente un problème et qu'ils doivent cesser constituent le début d'un rapport conflictuel que la cure de esintaxication encourage et exige. La majorité des gens qui reçoivent ce traitement fuient cette situation inconfortable et antithérapeutique […] il faut personnaliser les interventions […] il est «naif» de penser qu'on peut traiter tout le monde de la même manière.
(New Jersey AIDS Education and Training Center. Taking Drug Users Seriously: Harm Reduction, Participant's Manual. UMDNJ-Center for Continuing Education. Newark, NJ.) comme citée dans :
Société canadienne du sida. Un lien complexe. Le VIH-sida et la consommation de drogues. Association canadienne de santé publique, Octobre 1997, p. 67-68.
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