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Pour transmettre de l'information aux aînés autochtones

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Obstacles à la communication

Pour en arriver à bien informer les aînés autochtones, il faut éliminer certains obstacles à la communication, tels que l'isolement, la langue et les différences culturelles. Les situations particulières des aînés doivent être prises en considération. Il existe deux catégories d'obstacles : les obstacles liés aux personnes et ceux qui sont provoqués par les conditions qui prévalent au sein de la collectivité.

Trois moyens de bien transmettre de l'information aux aînés autochtones

  1. De vive voix
  2. Radio ou poste bande publique
  3. Bulletins d'information

Certains obstacles se rapportent aux habiletés et aptitudes particulières des aînés autochtones tandis que d'autres sont partagés avec les aînés non autochtones. À titre d'exemples :

  • Le rapport du Projet d'information des aînés autochtones souligne que ces derniers hésitent à exprimer leurs besoins et leurs attentes. Il faut donc apprendre à poser les questions sous des tournures différentes pour obtenir une idée juste de leurs besoins. Les intervenants communautaires pourraient aussi s'avérer une source d'information utile.
  • Comme pour les autres groupes d'aînés, les Autochtones sont aux prises avec une baisse de la vision ou de l'ouïe, une perte de mobilité et d'autres problèmes de santé qui nuisent à la réception et à la compréhension de l'information qui est véhiculée.
  • La documentation écrite n'est pas toujours le meilleur véhicule lorsque l'on désire communiquer avec les aînés autochtones, particulièrement en français et en anglais. Comme nous l'avons souligné auparavant, ces langues sont des langues secondes pour bon nombre d'entre eux.
  • Lorsqu'il est jugé nécessaire de communiquer par écrit, il faut tenir compte de l'auditoire dans l'élaboration du matériel, plus particulièrement en ce qui a trait au niveau de langue, au choix et à la taille des caractères, à l'équilibre entre le contenu, les espaces laissés en blanc, les illustrations, les graphiques et d'autres aspects jugés importants.

D'autres obstacles sont davantage liés à l'infrastructure et aux ressources des collectivités en cause. À titre d'exemples :

  • Des listes d'envoi périmées et des changements dans le personnel peuvent avoir des incidences sur la transmission du message aux aînés autochtones, particulièrement dans les régions rurales et éloignées. Ainsi, une trousse d'information expédiée par l'entremise d'une organisation communautaire doit être adressée à la bonne personne; sinon la trousse risque de se perdre.
  • Dans d'autres situations, les obstacles sont imputables aux ressources restreintes dont disposent les organisations communautaires pour satisfaire aux besoins de leurs membres. Il ne faut surtout pas tenir pour acquis qu'il existe dans les différentes collectivités des systèmes bien établis pour livrer l'information aux aînés autochtones.
  • En raison de leurs ressources limitées, le personnel des organisations communautaires doit souvent cumuler plusieurs fonctions; aussi, il est plutôt rare qu'une personne soit désignée spécifiquement pour acheminer l'information aux aînés. Il arrive donc à l'occasion que des avis concernant un programme ou la prestation d'un service se perdent dans le dédale du quotidien.

Lorsque vous communiquez avec les aînés autochtones, songez à tous ces obstacles érigés par les personnes et les organisations qui les entourent. Ne tenez pas pour acquis que l'information véhiculée se rendra automatiquement aux personnes ciblées. Le tableau qui suit donne des exemples d'obstacles à la communication et de solutions appropriées. Voir aussi Établir des contacts avec le milieu.

 

Obstacles à la communication et solutions

Obstacles

Solutions

Isolement

Examinez et utilisez des solutions propres au milieu.

Difficultés liées à l'âge

Recourez à une langue simple et à d'autres formes de communication.

Langue

Utilisez les langues et les dialectes autochtones au besoin. Préférez la radio à l'imprimé.

Hésitation des aînés à demander de l'aide

Posez la " bonne " question et consultez les intervenants communautaires.

Conception fautive du matériel

Consultez les aînés avant l'étape de pro- duction. Ayez recours aux conseils de comités consultatifs pour la conception du matériel.

Intervenants communautaires surchargés

Offrez de la formation et des ateliers aux intervenants communautaires.

Listes d'envoi périmées

Révisez vos listes d'envoi fréquemment. En cas de doute, référez-vous au titre plutôt qu'au nom de la personne. Faites un suivi et évaluez le mode de distribution.

Ressources communautaires restreintes

Organisez des ateliers de discussion ou des rencontres communautaires. Recourez aux médias locaux. Diversifiez vos modes de transmission et répétez l'envoi d'information.


Le graphique de la page 18 a été établi à partir de renseignements recueillis dans le cadre du Projet d'information des aînés autochtones, et il indique clairement que la communication orale est le moyen privilégié pour communiquer avec les aînés autochtones. Les deux tiers des personnes interrogées ont indiqué qu'elles préféraient ce mode de communication, ce qui dépasse largement les réponses relatives aux autres moyens de communication privilégiés.

Les préférences des aînés en matière de communication

Plus du tiers des personnes interrogées préfèrent recevoir leur information de vive voix par l'entremise de leurs amis et des membres de leur famille. Parmi les autres personnes qui servent de courroie de transmission, mentionnons les intervenants en soins de santé, les intervenants sociaux, les guérisseurs traditionnels, les conseillers, les personnes qui offrent des soins à domicile, le personnel hospitalier et les intervenants en matière de violence familiale.

Environ 30 % des aînés préfèrent la radio, y compris le poste bande publique, comme canal de diffusion, notamment dans les régions éloignées et dans les collectivités situées plus au nord.

Parmi les aînés interrogés, environ 20 % d'entre eux ont aussi indiqué une préférence pour les bulletins d'information diffusés à l'intérieur de la collectivité.

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Graphe

Intervenants communautaires

Les intervenants communautaires sont des personnes qui maintiennent des contacts réguliers avec les aînés autochtones. Ils représentent un chaînon important dans toute stratégie de communication. Des études montrent en effet que les aînés autochtones se tournent souvent vers eux pour obtenir l'information dont ils ont besoin.

Les intervenants communautaires peuvent être des membres de la famille, des élus, des gérants de bande, des représentants des organismes de santé communautaire et des intervenants en matière de santé, des travailleurs sociaux, du personnel des hôpitaux, des cliniques médicales et d'autres organisations ou agences communautaires, des Anciens ou des chefs de file héréditaires, des guérisseurs traditionnels, des conseillers, des auxiliaires familiaux, des conseillers en toxicomanie, des représentants des clubs sociaux et des gérants de magasin.

Les relations entre les intervenants communautaires et les aînés sont fondées sur des relations personnelles ou sur des contacts liés au poste ou à la place que les intervenants occupent dans le milieu, et elles peuvent être de nature officielle ou non. Les personnes qui ont des contacts plus étroits avec les aînés sont habituellement les membres de leur famille avec qui ils échangent plus librement lors de repas ou de visites. Les membres de la collectivité qui interviennent auprès des aînés sont pour la plupart des personnes dont le travail les rapproche d'eux, tels que les intervenants en soins de santé qui échangent de l'information lors de leurs visites régulières. Toutefois, l'étendue et la nature des contacts entre les intervenants communautaires et les aînés varient d'une collectivité à l'autre, voire même d'une personne à l'autre.

Véhiculer de l'information par l'entremise des intervenants communautaires

Les liens entre les intervenants communautaires et les aînés étant souvent de nature personnelle et fondés sur la confiance, cette forme de communication est souvent plus efficace. Véhiculer de l'information aux aînés par l'entremise des intervenants communautaires peut vous faire épargner du temps et des efforts dans le choix des médias les plus appropriés et vous permettre de consacrer plus de temps à d'autres questions comme décider du moment d'intervenir et du contenu du message. En revanche, les intervenants du milieu qui acceptent de vous seconder dans votre travail voudront en savoir davantage sur le message qu'ils doivent transmettre et les obstacles qu'ils pourraient avoir à franchir sur le plan des communications. Il est donc important de bien choisir votre approche lors de vos communications avec les intervenants communautaires.

Le Projet d'information des aînés autochtones a établi clairement que bien des intervenants communautaires ne sont pas en mesure d'informer adéquatement les aînés sur les programmes et services fédéraux :

  • Les membres de la famille ne peuvent pas informer les aînés sur les programmes et services fédéraux si eux-mêmes ne savent pas où se procurer l'information.
  • Les connaissances des intervenants en soins de santé se limitent souvent aux programmes ou services directement liés à leur travail.
  • Le personnel administratif et les leaders communautaires n'ont souvent aussi qu'une connaissance restreinte des programmes et des services disponibles.

Si l'on ne modifie pas le mode de transmission de l'information, il est peu probable que les intervenants communautaires puissent disposer de renseignements complets et suffisamment précis pour informer adéquatement les aînés. Les intervenants ont aussi souligné lors du Projet d'information des aînés autochtones qu'ils doivent souvent assumer plusieurs fonctions et qu'il leur arrive de ne pouvoir consacrer le temps nécessaire aux activités d'information.

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Graphe

Véhiculer de l'information aux intervenants communautaires

Il est possible de mettre au point des stratégies de communication par personnes interposées pour faciliter la tâche des intervenants communautaires et mieux les préparer à assumer leur rôle. Le Projet d'information des aînés autochtones fait état de leurs préférences quant à la façon de recevoir de l'information (voir l'Annexe IV).

L'étude souligne également que, si les intervenants se sentent surchargés ou mal préparés à expliquer le message, ou s'ils ne se sentent pas à l'aise avec son contenu ou les circonstances entourant son émission, l'information ne sera pas alors transmise aux aînés. Pis encore, les intervenants communautaires qui font face à pareille situation n'en font pas nécessairement part à leur source d'information, ce qui revient à dire que vous ne saurez jamais si votre message s'est rendu ou non.

En plus d'exiger beaucoup d'efforts sur une période prolongée, développer des relations efficaces avec les intervenants communautaires exige d'être sensible aux contraintes de temps et de ressources auxquelles ils sont confrontés. Les postes que ces personnes occupent au sein de la collectivité et la nature de leurs relations avec les aînés varient considérablement. Il faut donc apprendre à connaître les fonctions qu'elles exercent et tenir compte du fait que les intervenants ont aussi leurs propres perceptions des besoins et des priorités du milieu et leur accorder une certaine marge de manoeuvre dans la façon de transmettre l'information.

Il va sans dire que les modes de transmission qui reposent sur le contact personnel et la communication de vive voix doivent être privilégiés. D'ailleurs, comme pour les aînés, les intervenants communautaires préfèrent recevoir l'information de vive voix. Parmi les autres véhicules, mentionnons la documentation écrite (envois postaux et journaux autochtones), la radio ainsi que les réunions et les rencontres.

Les ateliers de discussion et autres réunions de même type permettent de discuter de multiples façons avec les intervenants communautaires et de procéder à des démonstrations et à d'autres approches de sensibilisation. Ils permettent aussi aux intervenants communautaires d'échanger leurs idées sur l'information qui doit être véhiculée, de déterminer dans quelle mesure celleci s'applique à leur collectivité et de décider de la meilleure façon de la transmettre aux personnes ciblées.

Les préférences des intervenants communautaires en matière d'information

Intervenants

Source d'information préférée

Familles des aînés

  1. De vive voix
  2. Radio ou poste bande publique
  3. Envois postaux/journaux autochtones

Principaux informateurs du milieu (Anciens administrateurs et intervenants en soins de santé)

  1. De vive voix
  2. Journaux autochtones
  3. Rencontres et envois postaux

Intervenants en soins de santé

  1. Ateliers
  2. Réunions
  3. Bulletins d'information

Établir des contacts dans le milieu

Renseignez-vous tout d'abord sur les méthodes et les véhicules d'information dans le milieu (voir aussi Obstacles à la communication et solutions).

Si vous ciblez une réserve en particulier ou des collectivités exclusivement autochtones, communiquez avec le bureau du conseil de bande ou de la collectivité et demandez à parler à la personne responsable des relations avec les aînés. Il n'est pas toujours facile d'identifier la bonne personne. En effet, il arrive dans les collectivités autochtones, comme ailleurs, que les personnes soient mutées, ce qui suppose que vous devez mettre à jour périodiquement votre réseau de contacts.

Je n'ai pas écrit de discours

Tout
Ce que j'ai dit
Vient du fond du coeur
Parce que je l'ai vu,
Parce que je l'ai vécu moi-même Mary Lou Iahtail, Éducatrice cri, Moose Factory, Ontario - extrait de la
page couverture à l'endos du Volume 4, Perspectives et réalités, Rapport
de la Commission royale sur les peuples autochtones,
Approvisionnements et Services Canada, 1996.


Établir des contacts dans le milieu est souvent la principale difficulté dans la mise au point et l'application d'une stratégie de communication. Il importe donc de consacrer beaucoup de temps et d'efforts à développer des liens de confiance avec les personnes; c'est là une tâche essentielle si l'on veut établir une communication à double voie et apprendre à connaître les besoins en information des aînés, ainsi que les pratiques et les réseaux existants d'échange d'information au sein de la collectivité. Au fur et à mesure que la confiance s'installera entre partenaires, vous vous rendrez compte que les échanges d'information s'intensifieront.

Les fonctionnaires des ministères fédéraux connaissent bien les régions où ils travaillent, et plusieurs d'entre eux possèdent une connaissance intime des collectivités qui les entourent. Ils sont peut-être en mesure d'identifier les personnes susceptibles de vous aider et, dans certaines circonstances, de servir eux-mêmes d'intermédiaires au niveau de la région.

Dans les agglomérations urbaines, il est souvent possible d'établir des contacts par l'entremise des associations de logement autochtones, des centres d'amitié, des centres locaux pour femmes autochtones, des cliniques médicales et des centres de rencontres.

Confiance, continuité et communication

Il est parfois difficile de se gagner la confiance des gens, particulièrement quand il existe des différences de culture. Si vous n'avez pas réussi à établir un climat de confiance, il est possible que les personnes visées par le message rejettent celui-ci ou n'y portent pas foi. Dans la mesure du possible, pourquoi ne pas prendre le pouls de la population et faire en sorte que les gens apprennent à vous connaître. Il importe également que votre action auprès des aînés autochtones soit soutenue. Des changements fréquents dans le personnel des ministères peuvent engendrer de la confusion, parfois même éroder la confiance. Cet aspect est non négligeable et peut faire en sorte que vous ne réussissiez pas à établir un climat de confiance avec vos interlocuteurs.


Une fois que votre réseau de contacts au sein de la collectivité sera solidement établi et que vous aurez gagné la confiance des gens, il faudra vous tourner vers des véhicules d'information plus officiels, tels que des comités consultatifs auxquels se joignent habituellement les intervenants communautaires et les aînés. Les comités consultatifs peuvent servir à évaluer l'efficacité des divers modes de diffusion de l'information et à identifier de nouvelles approches de présentation et de transmission.

Les commentaires recueillis dans ce type de comité peuvent aussi servir à dégager de nouvelles pistes de participation au sein de la collectivité et à modeler les activités de communication en conséquence. Enfin, les comités consultatifs peuvent servir de forums aux intervenants communautaires pour échanger de l'information, mais aussi pour partager entre eux leurs expériences et leurs idées.

Les gens du milieu ne servent pas uniquement à transmettre de l'information. Si vous vous portez à leur écoute, ils peuvent vous aider à rendre plus pertinente l'information destinée aux aînés et veiller à ce que celleci reflète bel et bien les changements qui s'opèrent au sein de la collectivité.

Dans bien des foyers cris, on trouve très peu de matériel écrit. La plupart de nos collectivités ne reçoivent ni journaux ni magazine.
La Société crie de communications de la Baie James aimerait publier un magazine ou un journal en langue crie puisque c'est souvent la seule chose que de nombreux Cris liront. Entre temps, la radio et la télévision (en langue crie) peuvent donner des informations intéressantes sur l'actualité, la météo, la santé, l'éducation et autres questions.

Diane Reid, présidente de la Société crie de communications de la Baie James, extrait de : You Took my Talk: Aboriginal Literacy and Empowerment, Quatrième rapport du Comité permanent sur les affaires autochtones, décembre 1990, p. 75.

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