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Une étude menée en 1998 par le Dr Ian McDowell du Département d'épidémiologie et de médecine communautaire de l'Université d'Ottawa a permis d'analyser le problème de l'incontinence urinaire et fécale chez les Canadiens âgés, grâce aux données provenant de l'Étude canadienne sur la santé et le vieillissement (ECSV) de 1991. Cette étude évaluait de façon clinique la condition de 2 914 aîné(e)s à l'échelle du pays, dont 1 659 (682 hommes et 977 femmes) vivaient au sein de la collectivité et 1 255 (356 hommes et 899 femmes) vivaient en institution.
L'analyse, qui a été commandée par la Division du vieillissement et des aînés de Santé Canada, permet de tracer un portrait plus exact de l'incontinence chez les Canadiens âgés et d'établir la prévalence des cas d'incontinence selon le sexe, l'âge, le lieu de résidence, l'acuité mentale et le degré de mobilité ou d'immobilité. Au Canada, 95 900 hommes et 250 500 femmes souffrent d'incontinence urinaire et 22 000 hommes et 67 000 femmes souffrent d'incontinence fécale. Parmi les personnes vivant en institution, environ 19 800 hommes et 48 700 femmes souffrent d'incontinence urinaire et fécale. Chez les personnes vivant au sein de la collectivité, ce chiffre s'établit juste en deçà de 1 000 hommes et de 10 000 femmes.
Un peu plus de 5 p. cent des participants et de 7 p. cent des participantes souffrent d'incontinence urinaire quotidiennement. Après 84 ans, le taux augmente (14,8 p. cent des hommes et 23,5 p. cent des femmes). Il en est de même pour les personnes atteintes de démence grave (64 p. cent des hommes et 63,5 p. cent des femmes), et pour les personnes immobilisées (72,2 p. cent des hommes et 75,4 p. cent des femmes). En institution, le taux d'incontinence urinaire quotidienne était de neuf à dix fois plus élevé (36,8 p. cent des hommes et 36,9 p. cent des femmes) que chez les aîné(e)s vivant au sein de la collectivité.
Une proportion plus modeste d'aîné(e)s (1,2 p. cent des hommes et 2,6 p. cent des femmes) souffraient quotidiennement d'incontinence fécale. Après l'âge de 84 ans, ce taux augmente considérablement (6,1 p. cent des hommes et 11,7 p. cent des femmes). Il en est de même pour les personnes atteintes de démence grave (58,1 p. cent des hommes et 56,8 p. cent des femmes). Parmi les hommes immobilisés, le taux d'incontinence fécale quotidienne s'établit à 52 p. cent environ, alors que près de 64 p. cent des femmes sont incontinentes tous les jours. Le taux d'incontinence fécale chez les aînés vivant en institution est beaucoup plus élevé (23,6 p. 100 chez les hommes et 25,6 p. cent chez les femmes) que le taux d'incontinence fécale chez les aîné(e)s vivant au sein de la collectivité (moins de 1 p. cent). Environ 93 p. cent des personnes victimes d'incontinence fécale quotidienne souffrent également d'incontinence urinaire quotidienne.
Les résultats de l'étude démontrent que l'incontinence affecte davantage les femmes que les hommes (cet effet tient partiellement au fait que les participantes à l'étude étaient plus âgées que les participants) et que le taux d'incontinence urinaire et fécale augmente selon le vieillissement, la vie en institution, la perte de l'acuité mentale et de la mobilité. La démence grave et l'immobilité constituent les plus importants facteurs associés à l'incontinence.
Source : Analyse de l'incontinence urinaire et fécale au sein de la population canadienne à l'aide des données de l'Étude canadienne sur la santé et le vieillissement, Ian McDowell, département d'épidémiologie et de médecine communautaire, Faculté de médecine, Université d'Ottawa. Unité de développement des connaissances, Division du vieillissement et des aînés, Santé Canada, 1998.
Faire la part des choses: mythe ou réalité
L'incontinence (l'incapacité de contrôler la vessie) est-elle normale lorsqu'on vieillit?
Non. Cinq aîné(e)s sur six environ n'ont jamais de problèmes avec leur vessie.
Note-t-on plus de problèmes liés à l'incapacité de contrôler la vessie au fur et à mesure que les gens vieillissent?
Oui. Chez les adultes plus jeunes, l'incontinence affecte une personne sur 20 à peu près, alors que chez les aîné(e)s de 65 ans et plus, une personne sur six éprouve ce genre de problème. Les nombres continuent de grimper au fur et à mesure que les gens vieillissent. La proportion d'aîné(e)s incontinents s'avère très élevée dans les établissements de soins de longue durée, soit une personne sur deux environ.
Si les problèmes liés à l'incapacité de contrôler la vessie ne sont pas normaux, pourquoi sont-ils si fréquents?
Le contrôle efficace de la vessie tient à un savant équilibre entre la vessie et le cerveau (de même qu'à la bonne teneur musculaire du pelvis). Au fur et à mesure que les gens vieillissent, ils sont davantage exposés à des maladies qui menacent ce fragile équilibre comme les accidents cérébrovasculaires, la maladie de Parkinson et la maladie d'Alzheimer. Divers autres facteurs peuvent aussi aggraver la situation, dont un problème d'accès aux toilettes, le fait d'oublier l'emplacement des toilettes, l'incapacité de sentir quand la vessie est pleine, l'élimination partielle de l'urine, la constipation et la consommation de médicaments.
Si les problèmes liés à l'incapacité de contrôler la vessie ne sont pas normaux, pourquoi sont-ils si fréquents?
Il y a presque toujours quelque chose à faire pour améliorer la situation. Il faut d'abord procéder à une évaluation professionnelle en vue d'établir les causes de l'incontinence et discuter des traitements possibles. Il faut également voir quels facteurs semblent contribuer au problème et trouver des façons de les modifier au besoin, ou encore voir si certains produits ou appareils destinés aux personnes incontinentes peuvent s'avérer utiles.
Nos remerciements au Northern Alberta Continence Service.
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