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Au Canada, on estime que plus de 1,5 million de personnes souffrent d'incontinence urinaire ou intestinale1. Il s'agit le plus souvent de personnes âgées vivant au sein de la collectivité ou en établissement2. En outre, l'incontinence s'avère plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, car une femme sur quatre et un homme sur dix éprouvent des problèmes d'incontinence urinaire à un moment quelconque de leur vie3. Chez les aîné(e)s, plus d'une personne sur cinq connaît des problèmes d'incontinence urinaire4.
Selon les estimations, près de la moitié des personnes âgées qui vivent dans des établissements de soins de santé souffrent d'incontinence urinaire5. L'incontinence ne constitue pas une maladie en soi mais un symptôme qui témoigne d'autres problèmes physiologiques. Elle peut dépendre de l'affaiblissement des muscles du pelvis, de maladies comme la sclérose en plaques, les maladies d'Alzheimer ou de Parkinson, d'un accident cérébrovasculaire et autres affections neurologiques, de blessures ou d'effets secondaires liés aux médicaments ou à une chirurgie. L'incontinence n'est pas liée au sexe ou à l'âge.6.
Malgré le taux relativement élevé de cas, l'incontinence reste très mal comprise. Un sondage Angus Reid mené auprès de 1 515 hommes et femmes de 18 ans et plus en septembre 1998 a révélé que, même si 33 p. cent des répondants connaissaient au moins une personne ayant des troubles de la vessie, 45 p. cent étaient incapables de définir le terme incontinence et 7 p. cent le définissaient incorrectement comme « des problèmes d'estomac » ou « l'incapacité de faire face à la vie ». Comme le précise Malvina Klag, directrice générale de la Fondation d'aide aux personnes incontinentes (Canada) qui a commandé le sondage : « Il est déprimant de voir que la moitié de la population canadienne n'a aucune idée de ce qu'est l'incontinence7.»"
Malgré les problèmes qu'elle engendre, l'incontinence demeure un problème peu signalé. En 1997, une étude commandée par le Journal de l'Association médicale canadienne8 indiquait qu'environ 45 p. cent des personnes victimes d'incontinence n'en parlaient pas aux professionnels de la santé. La gêne, le manque d'information, la crainte de subir une chirurgie ou d'entrer à l'hôpital poussent beaucoup de personnes incontinentes à cacher leur problème, souvent en réduisant leurs activités et en évitant de discuter des effets sur leur vie et sur leurs relations sociales. Selon un sondage canadien mené auprès de 800 personnes incontinentes, il appert que près de 90 p. cent considéraient que ce problème avait eu des effets négatifs sur leur sentiment de bien-être général, que plus de 80 p. cent se sentaient gênés ou frustrés et que plus de 73 p. cent se disaient découragés. Ces sentiments semblaient plus exacerbés encore chez les répondants qui souffraient d'incontinence depuis cinq ans ou plus9.
Il y a pourtant de quoi se réjouir car une fois identifiées les causes, il est presque toujours possible de guérir, de traiter ou de réduire l'incontinence. Beaucoup ont ainsi réappris à profiter de la vie. Les personnes affectées peuvent profiter des conseils de professionnels de la santé renseignés, sympathiques, intéressés ou qui se spécialisent dans les questions d'incontinence comme les médecins de famille, les physiothérapeutes, les infirmières/infirmiers-conseils en continence, les gynécologues ou les urologues. La chirurgie et les produits servant à gérer l'incontinence ne sont pas les seuls choix. Il est prouvé que beaucoup de traitements simples, tels que l'exercice des muscles pelviens, peuvent faire toute la différence.
1.Fondation d'aide aux personnes incontinentes (Canada), Is Urine Leakage Keeping You from Sex, Laughing, Golf, Socializing? (Fondation d'aide aux personnes incontinentes (Canada), 1998, fascicule).
2. Ian McDowell. Analysis of Urinary and Faecal Incontinence in the Canadian Population Using Data from the Canadian Study of Health and Aging (Ottawa : Université d'Ottawa, département d'épidémiologie et de médecine communautaire, Faculté de médecine, mars 1998).
3. J. Hamilton. « Incontinence a Hidden Medical Problem, Study Finds». Article paru dans le Journal de l'Association médicale canadienne, 157 (1997), p. 1501.
4. M. Klag. « Experience, Perceptions and Needs Among a Large-Scale Canadian Population Experiencing Incontinence in the Community». (Fondation d'aide aux personnes incontinentes (Canada) : 1999).
5. P. Tully et C. Mohl. « Les résidants âgés dans les établissements de soins de santé », Rapports sur la santé, volume 7, no 3, p. 27-30 (Ottawa : Statistique Canada, 1995).
6. Fondation d'aide aux personnes incontinentes (Canada), op. cit.
7. Fondation d'aide aux personnes incontinentes (Canada), « New Survey Reveals Canadians' Most Embarrassing Pharmacy Purchase » (communiqué de presse, 1999).
8. J. Hamilton, op.cit.
9. M. Klag, op.cit.
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