Dans ce chapitre, nous abordons les questions de recherche suivantes :
Les principales conclusions et les constatations pertinentes sont présentées dans les annexes jointes à ce rapport. Elles le sont aussi sous forme graphique à la figure 4.
Ce chapitre se subdivise en huit sections. Aux sections 5.1 à 5.6, nous présentons les données sur l'utilisation que font les employés canadiens du système de soins de santé.
Figure 4
Pourcentage des répondants qui utilisent
différentes
facettes du système de santé
(a) Visites chez le médecin, visites à l'urgence,
examens médicaux en consultation externe
Ces six sections se regroupent ainsi : les trois premières (5.1 à 5.3) traitent de la consultation de professionnels des soins de santé-consultation de médecins à la section 5.1, d'autres professionnels des soins de santé à la section 5.2 et de professionnels de la santé mentale à la section 5.3. Les trois sections suivantes (5.4 à 5.6) traitent de l'utilisation de différents types d'établissements : l'hospitalisation (5.4), le recours aux salles d'urgence (5.5), et les soins externes des cliniques et des hôpitaux (5.6). Dans chacune de ces sections, nous présentons aussi le lien entre le sexe, le type d'emploi, le statut de responsable de personne à charge et le secteur d'emploi et l'utilisation de chaque composante du système de soins de santé. Nous examinons ensuite les facteurs qui lient l'utilisation du système de soins de santé au conflit entre le travail et la vie personnelle à la section 5.7, puis nous donnons une récapitulation de nos principales constatations sur l'utilisation du système de soins de santé à la section 5.8.
La prestation des soins de santé, même dans leur définition la plus large, revient avant tout au médecin de famille (Statistique Canada, 1999). Il existe de nombreux modèles de soins de santé primaires, mais le plus commun au Canada est celui du médecin unique et des petits groupes de praticiens. La plupart des Canadiens consultent leur médecin de famille autant pour les soins de routine que pour les traitements continus et les soins immédiats se rapportant à des problèmes de santé peu graves (ICIS, 2003).
Presque tous les Canadiens ont recours au système de soins de santé. En 2001, plus de 23 millions de Canadiens de 15 ans et plus (soit 94 % de la population) a eu recours à au moins une forme de premier contact avec le système de santé. Les répondants le font avant tout pour des soins de routine ou pour des traitements continus, pour des soins immédiats de troubles mineurs de la santé, ou encore pour demander conseil (ICIS, 2003). L'endroit où les Canadiens s'adressent d'abord dépend beaucoup du moment où ils ont besoin d'aide. Les bureaux des médecins de famille sont l'endroit principal de dispensation des soins pendant les heures d'ouverture, et les gens se tournent vers les salles d'urgence des hôpitaux lorsqu'ils ont besoin d'aide pendant la nuit (ICIS, 2003).
Figure 4
Pourcentage des répondants qui utilisent
différentes
facettes du système de santé
(b) Hospitalisations, visites chez un professionnel de la
santé mentale

Figure 4
Pourcentage des répondants qui utilisent
différentes
facettes du système de santé
(c) Visites chez un autre professionnel de la santé

Selon les dernières estimations (ICIS, 2002), en 2000-2001, 78 % des Canadiens de 12 ans et plus ont déclaré qu'ils avaient consulté un médecin de famille au moins une fois au cours de l'année précédente. La Base de données sur les soins médicaux et la Base de données nationale sur les médecins (qui contiennent l'information tirée des demandes de remboursements soumises par les médecins aux programmes médicaux de leur province) indiquent que le nombre de consultations de médecins par des Canadiens bénéficiaires d'assurance-santé a augmenté avec le temps : de 4,5 par année en 1978-1979 à 6,0 en 1993-1994 (ICIS, 2003). Statistique Canada (1999) indique qu'en 1998, les femmes de 18 à 54 ans étaient deux ou trois fois plus susceptibles que les hommes de consulter un médecin.
Un peu plus de la moitié (54 %) des répondants ont consulté leur médecin au cours des six mois précédant cette étude. De ce nombre, une personne sur quatre l'a fait trois fois ou plus au cours de cette période. Dans le cadre de l'analyse qui suit, ces personnes sont considérées comme étant des utilisateurs « fréquents » de services médicaux.
La moyenne du nombre de consultations par employé est de 1,5 en l'espace de six mois, soit environ trois consultations par année. La moyenne du nombre de consultations demandées, pendant cette période de six mois, par les répondants qui désiraient des soins est de 2,9.
Les femmes sont beaucoup plus susceptibles que les hommes d'avoir consulté un médecin au cours des six mois précédant l'étude. Elles y sont aussi allées plus souvent en six mois. Ce résultat est particulièrement important, parce qu'il s'applique à tous les répondants, quels que soient leur type d'emploi, leurs responsabilités de garde de personnes à charge et leur secteur d'emploi. Comme il n'y a pas de différence selon le sexe dans le cas de la santé perçue et qu'on a demandé aux femmes de ne pas y inclure leurs consultations pour soins de maternité, il est difficile de définir exactement ce que ce résultat indique. Trois explications sont plausibles :
Cette différence entre les sexes en ce qui concerne la consultation d'un médecin est presque identique à celle que signale Statistique Canada.
Les femmes qui occupent des emplois de bureau et d'administration se prévalent plus que les autres des services médicaux (58 % des répondantes de ce groupe ont consulté un médecin au cours des six mois précédant l'étude, par rapport à 56 % des femmes gestionnaires et professionnelles, à 51 % des hommes occupant d'« autres » postes et à 50 % des hommes gestionnaires ou professionnels).
Ces tendances observées par rapport à la moyenne (X) du nombre de consultations chez le médecin sont presque identiques à celles de la probabilité d'utilisation. Les femmes qui occupent d'« autres » postes ont consulté le médecin beaucoup plus souvent au cours de la période de six mois (X = 1,74) que les femmes gestionnaires ou professionnelles (X = 1,57), que les hommes gestionnaires ou professionnels (X = 1,33) et que les hommes qui occupent d'« autres » postes (X = 1,39).
Il est intéressant de souligner qu'alors que le type d'emploi est lié à la consultation de médecins chez les femmes de notre échantillon (les femmes qui occupent d'« autres » postes sont plus susceptibles de consulter un médecin que les femmes professionnelles et gestionnaires), nous n'avons pas observé cette différence chez les hommes de l'échantillon. Ce résultat peut avoir plusieurs explications plausibles (voir l'annexe B). Il se peut d'abord qu'un poste de gestionnaire ou de professionnelle favorise la santé des femmes. Ou, d'un autre côté, les postes d'administration et de bureau (c.-à-d. les postes de cols roses) nuisent plus à la santé des femmes que les postes de cols bleus nuisent à celle des hommes. Enfin, il est aussi possible que les femmes qui occupent des emplois de bureau et d'administration et qui consultent le plus souvent le médecin souffrent depuis longtemps de troubles de santé qui les empêchent de gravir les échelons de la hiérarchie.
Il est surprenant de constater que quand on tient compte du sexe, le statut de responsable de personne à charge n'est pas lié à l'utilisation des services médicaux. Cela va à l'encontre de la croyance populaire selon laquelle les employés qui ont des enfants sont plus prompts à contracter des maladies (p. ex., les enfants sont une source de contagion pour la famille) et que, par conséquent, ils sont en plus mauvaise santé.
Bien que les femmes qui ont la garde de personnes à charge sont plus susceptibles que les femmes de tous les autres groupes de consulter un médecin (57 % d'entre elles ont consulté un médecin au cours des six mois précédant l'étude, soit X de 1,7 consultation au cours de cette période de six mois), leur taux d'utilisation n'est pas beaucoup plus élevé que celui des femmes qui n'ont pas la garde de personnes à charge (56 %, soit X de 1,6 consultation au cours de cette période de six mois). Les résultats des hommes de l'échantillon sont similaires (49 % des hommes qui n'ont pas la garde de personnes à charge et 50 % des hommes qui ont la garde de personnes à charge ont consulté un médecin au cours des six mois précédant l'étude; ces deux groupes d'hommes ont une moyenne de 1,3 consultation pendant cette période).
Quand on tient compte du sexe, on observe que les employés du secteur public sont plus susceptibles d'avoir consulté un médecin que leurs collègues des secteurs privé et SBL. Ils sont aussi allés plus souvent chez le médecin au cours de la période de six mois que les employés des autres secteurs. Cette constatation correspond à notre autre résultat, selon lequel ces employés étaient plus susceptibles de se dire en assez bonne ou en mauvaise santé. On ne peut cependant pas attribuer cela aux différences d'âge au sein du secteur, puisque les répondants du secteur public ont le même profil d'âge que ceux du secteur SBL. Ce sont plutôt les conditions de travail au sein du secteur (p. ex., moins de contrôle, moins de récompenses) qui nuisent à la santé. D'un autre côté, il est peut-être plus facile pour les employés du secteur public de s'absenter du travail pour aller voir le médecin.
Les hommes qui travaillent pour le secteur privé sont moins susceptibles d'aller voir un médecin que ceux de tous les autres groupes de l'échantillon. Seulement 43 % des hommes du secteur privé ont consulté un médecin au cours des six mois précédant l'étude (par rapport à 52 % de l'échantillon des hommes du secteur public et à 50 % de l'échantillon des hommes du secteur SBL). Les employés de ce groupe ont consulté en moyenne une fois le médecin en l'espace de six mois.
Depuis quelques années, il semble que le public accepte beaucoup plus le recours aux médecines parallèles (Statistique Canada, 1999). Un plus grand nombre de Canadiens se tournent vers l'homéopathie, la chiropractie, les produits d'herboristerie et autres pratiques de guérison pour compléter ou pour remplacer les traitements médicaux habituels (ICIS, 2002). En 2000-2001, 60 % des Canadiens de 12 ans et plus ont consulté un dentiste ou un orthodontiste, 38 % ont vu un ophtalmologiste, 28 % ont consulté des médecins d'autres spécialités, et 19 % ont consulté un chiropraticien ou un autre professionnel de soins parallèles ou complémentaires. Qui est plus susceptible de consulter d'autres professionnels de soins de santé? Les données suggèrent les groupes suivants : les personnes qui ont un revenu élevé, les femmes d'âge moyen très instruites et les personnes atteintes d'une maladie chronique (ICIS, 2002).
Un répondant sur trois s'est fait traiter par un professionnel de la médecine ou de soins de santé autre qu'un médecin. Un peu moins d'un répondant sur cinq pourrait en fait être considéré comme un utilisateur fréquent de ce type de soins; ces répondants sont allés quatre fois ou plus chez un de ces professionnels au cours d'une période de six mois. La moyenne du nombre de consultations mentionnées par les personnes qui ont sollicité des soins d'autres professionnels de soins de santé est de 5,0 pour cette période de six mois; la moyenne du nombre de consultations pour tout l'échantillon est de 1,5 au cours de cette même période. Autrement dit, les répondants de cet échantillon ont consulté d'autres professionnels de soins de santé aussi fréquemment que des médecins. Du point de vue de l'employeur et du gouvernement, cependant, l'utilisation de ces types de services a des répercussions très différentes. Comme la Loi canadienne sur la santé n'exige pas précisément que les provinces et les territoires assurent les services médicaux non physiques, ces services ne sont souvent pas entièrement assurés, ou alors les régimes d'assurance-santé privés les offrent sous forme d'indemnités restreintes. La majeure partie des coûts des soins de santé parallèles sont donc payés par les régimes d'avantages sociaux des employés, alors que les coûts de consultation d'un médecin sont payés par le gouvernement.
La tendance à consulter d'autres professionnels de soins de santé est fortement liée au sexe et au secteur d'emploi :
Il est particulièrement intéressant d'observer les différences selon le sexe, car elles s'appliquent à tous les répondants, quels que soient leur type d'emploi et leur statut de responsable de personne à charge. Ces résultats sont identiques à ceux observés sur la consultation d'un médecin. Ils découlent probablement de la même étiologie.
Dans presque toutes les collectivités canadiennes, les médecins de famille s'occupent aussi des troubles de santé mentale de leurs patients; c'est un rôle important. Le médecin de famille est généralement la première personne, et bien souvent la seule, à qui s'adressent les gens qui ont des troubles de santé mentale (APC, 2000). La prévalence des troubles de santé mentale dans le contexte des soins primaires est élevée, et environ un patient sur trois qui consulte un omnipraticien a des troubles de santé mentale (APC, 2000).
Il nous a été difficile d'obtenir des données précises sur le nombre de personnes au Canada qui consultent des professionnels de la santé mentale autres que des médecins. On peut attribuer cette difficulté au nombre élevé de sources offrant ces soins (p. ex., les conseillers, les psychologues, les programmes d'aide à l'emploi), au fait que ce service est souvent financé par des organismes non gouvernementaux (p. ex., des compagnies d'assurance, des régimes d'avantages sociaux pour les employés, ou encore les patients paient ces services de leur poche) et au fait que les médecins et les autres professionnels de soins de santé ne coopèrent que de façon minime à la collecte de ces données (APC, 2000; Kates, 2002). Kates (2002) souligne cependant un point utile dans une étude menée récemment en Ontario, qui indique que 35 % des personnes qui ont des troubles de santé mentale sont traitées seulement par leur médecin de famille, 40 % par des professionnels de la santé mentale, et 25 % reçoivent des soins de leurs médecins de famille et de travailleurs prodiguant des soins de santé mentale.
Les données pertinentes de cette étude sont résumées ci-dessous. Soulignons que nous ne savons pas quel pourcentage des consultations de médecins mentionnées plus tôt visaient des problèmes de santé mentale. Nous pouvons toutefois utiliser nos données sur les consultations auprès d'un professionnel de la santé mentale pour estimer très grossièrement24 à quel degré les problèmes de santé mentale préoccupent les travailleurs canadiens.
Un peu plus d'un répondant sur dix (soit 10,6 %) de cet échantillon a consulté un professionnel de la santé mentale au cours des six mois précédant la présente étude. Ces personnes ont consulté en moyenne 4,1 fois au cours de cette période de six mois, ce qui donne à penser qu'elles avaient besoin de certains traitements continus. De l'échantillon total, 0,45 consultation en moyenne s'est passée chez des professionnels de la santé mentale au cours de cette période de six mois.
La consultation de professionnels de la santé mentale est fortement liée au sexe; les femmes utilisent plus cette composante du système de soins de santé que les hommes. Ce résultat est particulièrement intéressant compte tenu du fait qu'il ne dépend ni du type d'emploi, ni des responsabilités de garde de personnes à charge, ni du secteur d'emploi et qu'il s'applique autant à la probabilité d'utilisation qu'au nombre de consultations. Ces résultats sont identiques à ceux de la consultation de médecins et d'autres professionnels des soins de santé. Ils découlent probablement de la même étiologie.
Quand on tient compte du sexe, le type d'emploi n'est pas lié à la consultation de professionnels de la santé mentale-ce résultat est important, car les résultats d'études menées par le groupe Whitehall (p. ex., Hemingway et coll., 1997; Marmot et Davey, 1997) et par Karasek et Theorell (1997) soulignent le stress lié aux postes de bureau et d'administration (c.-à-d. des emplois exigeants et qui permettent peu de marge de manoeuvre). Les données du deuxième rapport de la présente série (Duxbury et Higgins, 2003) laissent entendre que la disparition des différences dues au type d'emploi peut provenir du fait que le stress et les exigences des postes de gestionnaire et de professionnel ont augmenté avec le temps, alors que les titulaires de ces postes ont perdu de leur contrôle, ou de leur marge de manoeuvre, avec le temps. Rien ne semble indiquer que le stress lié aux postes de cols roses et de cols bleus ait diminué (c.-à-d. que les organismes aient réglé les problèmes de ce groupe d'employés).
Quand on tient compte du sexe, les employés qui ont la garde de personnes à charge sont beaucoup plus susceptibles que leurs collègues qui n'ont pas ces responsabilités de s'adresser à des professionnels de la santé mentale. Au cours des six mois précédant cette étude :
Ces données sont très intéressantes, car elles indiquent que le fait de travailler et de devoir s'occuper d'un aîné a une incidence négative sur la santé mentale (plutôt que physique) des employés. Cette interprétation des données est conforme au fait que les employés de cet échantillon qui ont la garde de personnes à charge ont dit subir plus de stress, d'épuisement et d'humeur dépressive que leurs collègues qui n'ont pas ces responsabilités (voir Duxbury et Higgins, 2003). De plus, ils n'utilisent pas beaucoup plus les autres composantes du système de soins de santé examinées dans la présente étude, bien qu'ils aient davantage tendance à se déclarer en assez bonne ou en mauvaise santé. En examinant ces résultats à l'aide des modèles de santé en milieu de travail les plus courants (le modèle du stress au travail de Karesek et Theorell [1990] et celui de Siegrist [1996] sur les efforts considérables peu récompensés), il semble juste de définir le travail d'un employé qui est aussi responsable d'enfants ou d'aînés comme étant très exigeant et offrant peu de contrôle, ou de marge de manoeuvre, ainsi que demandant beaucoup d'efforts, bien que n'étant pas gratifiant. Cette classification permettrait aux chercheurs d'appliquer l'énorme documentation qui a été publiée dans ces domaines du conflit entre le travail et la vie personnelle.
Le lien entre le sexe, le secteur d'emploi et l'utilisation de soins de santé mentale est très complexe, mais correspond aux tendances observées quant à l'utilisation de services de médecins et à la consultation d'autres professionnels des soins de santé : les employés du secteur privé utilisent moins ces services que tous les autres groupes, alors que les employées du secteur public les utilisent plus. Ces résultats découlent probablement de tout un ensemble de facteurs comprenant l'âge, le contrôle perçu, le statut socioéconomique, les récompenses perçues, etc. L'examen de ces liens dépasse la portée de la présente étude.
L'hospitalisation nécessite l'admission dans un hôpital, qu'il s'agisse d'un hôpital général ou spécialisé (Statistique Canada, 1999). Les plus longues hospitalisations étaient dues à des maladies du système circulatoire (18 %). Puis venaient les troubles mentaux, principalement parce que les employés touchés par ce genre de problèmes restaient très longtemps à l'hôpital (31,7 jours en moyenne). Les femmes font de plus longs séjours à l'hôpital que les hommes. Une bonne part de cette différence peut être attribuée aux femmes à l'âge de procréation (Statistique Canada, 1999).
Au cours des six mois précédant cette étude, 6 % des répondants ont dû être hospitalisés. Ce groupe de personnes a passé en moyenne 2,3 nuits à l'hôpital pendant cette période. La tendance à être hospitalisé n'est pas liée au sexe, au type d'emploi, au statut de responsable de personne à charge ni au secteur d'emploi.
Les services d'urgence sont généralement définis comme étant des services médicaux prodigués pour des problèmes de santé qui nécessitent des soins immédiats. Ce domaine des services de santé comprend les salles d'urgence, les centres de soins d'urgence mineure et les services paramédicaux (Statistique Canada, 1999). Le temps d'attente à la salle d'urgence sert souvent d'indicateur de problèmes de dispensation des services de soins de santé. La mesure du temps d'attente est une tâche complexe (ICIS, 2003)25.
En 1996-1997, un Canadien sur quatre (soit 5,3 millions) de 12 ans et plus ont dit avoir utilisé des services de soins d'urgence au moins une fois au cours de l'année précédente (Statistique Canada, 1999). En général, les femmes sont légèrement plus susceptibles que les hommes d'utiliser des services de santé d'urgence (Statistique Canada, 1999).
Un peu plus d'un employé sur dix de cet échantillon (soit 13 %) a reçu des soins médicaux à la salle d'urgence d'un hôpital, au cours des six mois précédant cette étude, pour un problème de santé personnel (2 % sont allés à la salle d'urgence trois fois ou plus). Ces répondants sont allés à la salle d'urgence en moyenne 1,6 fois en six mois. Pour tout l'échantillon, les employés sont allés en moyenne 0,2 fois à la salle d'urgence pendant cette période de six mois.
Ni la tendance à se rendre à la salle d'urgence, ni le nombre de visites ne sont liées de façon corroborante au sexe, au statut de responsable de personne à charge ou au secteur d'emploi.
Les répondants professionnels et gestionnaires sont moins susceptibles d'aller à la salle d'urgence que leurs collègues titulaires d'« autres » postes (15 % des femmes et 14 % des hommes titulaires d'« autres » postes sont allés à la salle d'urgence au cours des six mois précédant cette étude, par rapport à 11 % des hommes et des femmes qui occupent des postes de professionnels et de gestionnaires). Ce résultat peut s'expliquer de plusieurs manières. D'abord, les employés titulaires d'« autres » postes sont peut-être moins susceptibles d'avoir un médecin de famille, donc sont obligés de s'adresser aux médecins des salles d'urgence lorsqu'ils ont des problèmes ou des urgences d'ordre médical. Cette explication semble s'appliquer particulièrement aux hommes titulaires d'« autres » postes (c.-à-d. qu'ils sont plus susceptibles que leurs collègues masculins professionnels ou gestionnaires de déclarer que leur santé est assez bonne ou mauvaise, mais pas plus susceptibles d'avoir consulté un médecin). Ensuite, les employés titulaires d'« autres » postes ont peut-être plus de difficulté à s'absenter du travail pour aller chez le médecin. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, les employés qui ont besoin de voir un médecin en dehors des heures de bureau vont généralement à la salle d'urgence d'un hôpital. Enfin, le fait que les femmes titulaires d'« autres » postes sont plus susceptibles que tous les autres groupes de cet échantillon de déclarer que leur santé est assez bonne ou mauvaise et d'avoir consulté un médecin et d'autres professionnels des soins de santé donne à penser que leur nombre élevé de visites à la salle d'urgence correspond à un état de santé plus déplorable.
Les soins que fournissent les hôpitaux sont en pleine évolution au Canada. On hospitalise moins de patients, mais les chirurgies d'un jour en clinique externe ont augmenté (ICIS, 2002, 2003). Examinez ce qui suit :
Tout comme l'indiquent les données nationales, un nombre beaucoup plus considérable d'employés de l'échantillon ont reçu des soins en clinique externe (29,3 % des répondants ont reçu des soins externes ou subi une chirurgie d'un jour dans un hôpital ou dans une clinique au cours des six mois précédant l'étude) que ceux qui ont été hospitalisés (6 %) ou qui sont allés à la salle d'urgence (13 %).
La tendance à recevoir un traitement en clinique externe est fortement liée au sexe, car les femmes sont plus susceptibles de recevoir ce type de soins que les hommes. Ce résultat est particulièrement intéressant, parce qu'il s'applique aux répondants quels que soient leur type d'emploi, leurs responsabilités de garde de personnes à charge ou leur secteur d'emploi, et il s'applique autant à l'utilisation des soins qu'au nombre de consultations. Ces résultats sont identiques à ceux qui ont trait à la consultation de médecins, d'autres professionnels des soins de santé et de professionnels de la santé mentale. Ils découlent très probablement de la même étiologie.
Ni la tendance à recevoir des soins en clinique externe, ni le nombre de consultations en clinique externe d'un hôpital ou d'une clinique ne sont liés au type d'emploi et au statut de responsable de personne à charge.
Le lien entre le sexe, le secteur d'emploi et le traitement en clinique externe est identique à la tendance observée sur l'utilisation des services de médecins, de professionnels d'autres soins de santé et de professionnels de la santé mentale : les employés du secteur privé recherchent moins ces services que les répondants de tous les autres groupes, et les employées du secteur public s'en prévalent plus que tous les répondants des autres groupes.
Comme nous l'avons déjà fait remarquer dans ce rapport (section 2.1), le domaine des soins de santé est un vaste secteur qui nécessite énormément de ressources et dont les coûts ont connu une hausse spectaculaire au fil du temps. On estime qu'en 2002, le Canada a dépensé environ 122 milliards de dollars (soit en moyenne 3 572 $ par personne) en soins de santé. Entre 1997 et 2002, la dépense totale du Canada dans le domaine de la santé s'est accrue de près de 34 milliards de dollars (ce qui ne s'était jamais vu jusque-là) et a atteint son summum, même lorsqu'on tient compte de l'inflation et de la croissance de la population (ICIS, 2003).
Dans Duxbury et Higgins (2003), nous avons fait remarquer qu'entre 1991 et 2001 (une période de chevauchement), la proportion de travailleurs canadiens qui subissaient des niveaux élevés de conflit entre le travail et la vie personnelle s'était aussi accrue26. Dans cette section, nous tentons d'établir un lien entre ces deux ensembles de données en répondant à la question suivante : Le conflit entre le travail et la vie personnelle est-il lié à une utilisation majeure du système de santé canadien?
Cette section se subdivise en quatre parties, où nous traitons de quatre formes différentes de conflit entre le travail et la vie personnelle. La surcharge de rôles est présentée en premier (5.7.1), suivie de l'interférence du travail dans la famille (5.7.2), de l'interférence de la famille dans le travail (5.7.3) et de la pression sur le fournisseur de soins (5.7.4).
Les données sur le lien entre la surcharge de rôles et l'utilisation du système de soins de santé se trouvent à l'annexe C ainsi qu'au graphique de la figure 5. Les données sur le risque relatif se trouvent à l'annexe D.
Figure 5
Effets de la surcharge de rôles sur l'utilisation du
système de santé canadien 
Près de 60 % des employés de cet échantillon subissent des niveaux élevés de surcharge de rôles. Quels en sont les effets sur la santé et sur le fardeau que subit le système de santé canadien? Les résultats tirés de ces données ne laissent planer aucun doute : les employés qui ont des niveaux élevés de surcharge de rôles utilisent plus souvent le système de santé canadien que ceux qui ont un niveau peu élevé de surcharge de rôles. Examinez ce qui suit. Au cours des six mois précédant cette étude, lorsqu'on les compare aux employés qui ont un niveau peu élevé de surcharge de rôles, les employés qui subissaient des niveaux élevés de surcharge de rôles étaient :
Les employés qui ont des niveaux peu élevés de surcharge de rôles sont 1,3 fois plus susceptibles de ne pas avoir consulté leur médecin au cours des six mois précédents et utilisent moins que les autres toutes les composantes du système de soins de santé examinées dans ce rapport (voir l'annexe C).
Ensemble, ces données portent à croire que la santé des Canadiens (surtout leur santé mentale) s'améliorerait et qu'on pourrait réduire l'utilisation du système de santé canadien si l'on réduisait le nombre des employés qui subissent des niveaux élevés de surcharge de rôles. Il faudrait pour cela que les organismes et les gouvernements abordent le problème de la charge de travail et l'utilisation de la bureautique et qu'ils soutiennent les employés qui doivent prodiguer des soins à leurs enfants ou à des aînés.
Nous présentons les données sur le lien entre l'interférence du travail dans la famille et l'utilisation du système de soins de santé à l'annexe C ainsi qu'au graphique de la figure 6. Les données sur le risque relatif se trouvent à l'annexe D.
Figure
6
Effets des niveau élevés d'interférence du
travail sur l'utilisation du système de santé
canadien 
Pourcentage des répondants aux prises avec des niveau
élevés et faibles d'interférence du
travail dans la famille qui ont, au cours des six dernier mois,
fait l'utilisation suivante de ces facettes du système
de soins de santé
Environ un employé sur trois de cet échantillon subit des niveaux élevés d'interférence du travail dans la famille. Ces personnes utilisent plus le système de santé canadien que leurs collègues qui ne subissent pas cette interférence. Nous pouvons déterminer l'ampleur du lien entre l'interférence du travail dans la famille et l'utilisation du système de santé canadien en examinant les données suivantes sur le risque relatif. Au cours des six mois précédant cette étude, comparativement à leurs collègues qui subissent de faibles niveaux d'interférence du travail dans la famille, les employés qui subissent des niveaux élevés d'interférence du travail dans la famille sont :
Les données qui lient l'interférence de la famille dans le social, honore le comportement opposé (c.-à-d. travail à l'utilisation du système de soins de santé se trouvent à l'annexe C ainsi qu'au graphique de la figure 7. Les données sur le risque relatif se trouvent à l'annexe D.
Figure 7
Répercussions
des niveau élevés d'interférence du
travail sur l'utilisation du système de santé
canadien 
Pourcentage des
répondants aux prises avec des niveau élevés
et faibles d'interférence de la famille dans le travail
qui ont, au cours des six derniers mois, fait l'utilisation
suivante de ces facettes du système de soins de
santé
Un employé sur dix de cet échantillon subit des niveaux élevés d'interférence de la famille dans le travail. Bien que ces personnes utilisent plus le système de santé canadien que leurs collègues qui ne subissent pas cette interférence, l'ampleur du lien entre cette forme de conflit entre le travail et la vie personnelle et l'utilisation du système de santé canadien est (à une exception près) moins élevée que celle que l'on observe pour les trois autres formes de conflit entre le travail et la vie personnelle. Au cours des six mois précédant cette étude, comparativement à leurs collègues qui subissent de faibles niveaux d'interférence de la famille dans le travail, les employés qui subissent des niveaux élevés d'interférence de la famille dans le travail sont :
Il est un aspect extrêmement intéressant - celui du lien élevé entre l'interférence de la famille dans le travail et l'utilisation des services de soins de santé mentale (les personnes qui subissent des niveaux élevés de cette forme d'interférence sont presque deux fois plus susceptibles de se prévaloir de ces soins que celles qui subissent des niveaux peu élevés de cette interférence). Il est difficile de déterminer à partir de ces données ce qui cause ce lien, car la direction de la causalité n'est pas claire. Nous pouvons spéculer que le fait d'accorder la priorité à sa famille dans notre société qui, du point de vue matériel et qui donne la priorité au travail) provoque des niveaux de stress plus élevés ainsi que de la dépression et une baisse de l'estime de soi. Cette explication repose sur la supposition que l'interférence de la famille dans le travail nuit à la santé mentale. D'un autre côté, il est possible que la famille prime sur le travail lorsqu'il y a des problèmes au foyer, lorsque la demande liée aux soins de santé s'accroît ou que la personne souffre de stress et de dépression (c.-à-d. d'une détérioration de sa santé mentale). On suppose que la détérioration de la santé mentale cause des niveaux plus élevés d'interférence de la famille dans le travail plutôt que le contraire. Il sera nécessaire de mener une recherche plus approfondie à ce sujet afin de déterminer la direction de la causalité de ce lien, car il contribue à définir la meilleure solution à apporter à ce problème.
Les données liant la pression sur le fournisseur de soins à l'utilisation du système de santé canadien se trouvent à l'annexe C ainsi qu'au graphique de la figure 8. Les données sur le risque relatif se trouvent à l'annexe D.
Figure 8
Répercussions des niveau élevés de pression
sur le fournisseur de soins sur l'utilisaiton du système
de santé canadien 
Pourcentage
des répondants aux prises avec des niveau
élevés et faibles de pression sur le fournisseur de
soins qui ont, au cours des six derniers mois, fait
l'utilisation suivante de ces facettes du système de
soins de santé
Les données de l'annexe C confirment l'idée selon laquelle les employés qui subissent des niveaux plus élevés de pression sur le fournisseur de soins sont en moins bonne santé physique. Les répondants de cet échantillon qui subissent des niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins utilisent plus les services de médecins et sont plus susceptibles d'avoir passé du temps soit en hospitalisation, soit en clinique externe. Ils utilisent aussi plus que les autres les services de la salle d'urgence. Ces données semblent indiquer qu'on pourrait réduire les pressions sur le système de santé canadien en soutenant mieux les travailleurs canadiens qui sont chargés de prodiguer des soins à des aînés.
Environ un répondant sur quatre de notre étude subit des niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins. Cette forme de pression semble être liée plus étroitement à la santé physique qu'aux troubles de santé mentale que les trois autres formes de conflit entre le travail et la vie personnelle. Au cours des six mois précédant cette étude, comparativement à leurs collègues qui subissent des niveaux faibles de pression sur le fournisseur de soins, les employés qui subissent des niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins étaient :
Les données de l'annexe C confirment l'idée selon laquelle les employés qui subissent des niveaux plus élevés de pression sur le fournisseur de soins sont en moins bonne santé physique. Les répondants de cet échantillon qui subissent des niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins utilisent plus les services de médecins et sont plus susceptibles d'avoir passé du temps soit en hospitalisation, soit en clinique externe. Ils utilisent aussi plus que les autres les services de la salle d'urgence. Ces données semblent indiquer qu'on pourrait réduire les pressions sur le système de santé canadien en soutenant mieux les travailleurs canadiens qui sont chargés de prodiguer des soins à des aînés.
Les données présentées dans ce chapitre indiquent que les employés qui subissent des niveaux plus élevés de conflit entre le travail et la vie personnelle utilisent plus le système de santé canadien.
La surcharge de rôles élevée semble tout particulièrement constituer un facteur de risque relativement à l'incidence de problèmes de santé physique et mentale qui incitent les travailleurs canadiens à consulter un médecin. Au cours des six mois précédant cette étude, comparativement à leurs collègues qui subissent des niveaux peu élevés de surcharge de rôles, les employés qui ont des niveaux élevés de surcharge de rôles sont 2,6 fois plus susceptibles de consulter un professionnel de la santé mentale, 2,4 fois plus susceptibles d'avoir reçu des soins en clinique externe trois fois ou plus, 1,8 fois plus susceptibles d'avoir consulté un médecin trois fois ou plus, 1,6 fois plus susceptibles d'avoir consulté un autre professionnel de soins de santé quatre fois ou plus, 1,5 fois plus susceptibles d'avoir dû passer une nuit au moins à l'hôpital et 1,4 fois plus susceptibles de s'être présentés à la salle d'urgence.
Ces données portent à croire que la santé (surtout la santé mentale) des Canadiens s'améliorerait et que l'utilisation du système de santé canadien diminuerait si l'on pouvait réduire le nombre d'employés subissant des niveaux élevés de surcharge de rôles. Il faudrait pour cela que les organismes et les gouvernements abordent les problèmes de la charge de travail et de l'accroissement de l'utilisation de la bureautique. Il faudrait aussi qu'on mette en place, dans les collectivités et dans les organismes, des modes de soutien permettant de répondre aux exigences des soins aux enfants et aux aînés.
De même, les employés qui satisfont leurs exigences professionnelles aux dépens de leur famille (environ un travailleur canadien sur trois) sont beaucoup plus susceptibles que ceux qui ne subissent pas cette forme de conflit entre le travail et la vie personnelle d'avoir consulté un professionnel de la santé mentale (risque relatif de 1,7) et d'avoir consulté leur médecin trois fois ou plus au cours des six mois précédents (risque relatif de 1,6). Il est aussi intéressant de constater que les employés qui subissent des niveaux élevés d'interférence du travail dans la famille sont 1,7 fois plus susceptibles d'avoir reçu des soins en clinique externe trois fois ou plus au cours de cette période de six mois et 1,5 fois plus susceptibles de s'être présentés à la salle d'urgence d'un hôpital.
Ces données sous-entendent qu'il serait possible de réduire les pressions sur le système de soins de santé si les employeurs mettaient en oeuvre des politiques qui aident les travailleurs canadiens à équilibrer leurs rôles au travail et dans leur famille. Nous suggérons par exemple une plus grande application de formules de travail souples, comme des horaires variables ou des semaines de travail comprimées et une meilleure organisation des déplacements et voyages liés à l'emploi.
Les niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins que subit un répondant sur quatre semblent être étroitement liés aux problèmes de santé physique plutôt que mentale. Au cours de la période précédente de six mois, comparativement à leurs collègues qui subissent des niveaux peu élevés de pression sur le fournisseur de soins, les employés qui subissent des niveaux élevés de pression sur le fournisseur de soins étaient 1,8 fois plus susceptibles d'avoir reçu des soins en clinique externe, 1,5 fois plus susceptibles de s'être présentés à une salle d'urgence et 1,5 fois plus susceptibles d'avoir passé au moins une nuit à l'hôpital. Ces données semblent indiquer qu'il serait possible de réduire les pressions sur le système de santé canadien en soutenant mieux les travailleurs canadiens qui ont des problèmes dus à leurs responsabilités de soins aux aînés.
Enfin, bien que les personnes qui subissent des niveaux plus élevés d'interférence de la famille dans le travail utilisent plus le système de santé canadien que leurs collègues qui ne subissent pas ce genre d'interférence, l'ampleur du lien entre cette forme de conflit entre le travail et la vie personnelle et l'utilisation du système de santé canadien est (à une exception près) moins élevée que celle observée pour les autres formes de conflit entre le travail et la vie personnelle. L'exception à cette tendance est la consultation de professionnels de la santé mentale. Les employés qui subissent des niveaux élevés d'interférence de la famille dans le travail sont presque deux fois plus susceptibles d'avoir consulté un professionnel de la santé mentale que leurs collègues qui subissent moins d'interférence de la famille dans le travail. Il sera nécessaire de mener plus de recherches dans ce domaine afin de déterminer la direction de la causalité de ce lien.
La conclusion principale à tirer des données présentées dans ce chapitre est que le Canada ne peut plus se permettre de laisser les employés et les employeurs régler les questions de conflit entre le travail et la vie personnelle. La tendance à agir ainsi au cours de ces dix dernières années a créé des niveaux plus élevés de conflit entre le travail et la vie personnelle (en particulier la surcharge de rôles et la pression sur le fournisseur de soins). Les données examinées dans ce chapitre lient un niveau plus élevé de conflit entre le travail et la vie personnelle à un recours plus fréquent au système de soins de santé et, par conséquent, à une augmentation du coût des soins. Bien que les employeurs économisent en « produisant plus avec moins de ressources » ainsi qu'en réduisant et en rajustant leurs effectifs, les contribuables canadiens font les frais de cette stratégie, puisque leurs impôts financent le système de soins de santé. Les employeurs paient aussi ces coûts cachés, puisque l'utilisation majeure des services d'autres professionnels des soins de santé est généralement assumée par les régimes d'avantages sociaux des employeurs.
Les données de ce chapitre confirment aussi la notion selon laquelle une meilleure attention aux problèmes de santé en milieu de travail (et le conflit entre le travail et la vie personnelle en est un) pourrait accroître les profits en améliorant l'efficacité du système de soins de santé, et ce beaucoup mieux que ne sauraient le faire les stratégies axées uniquement sur les systèmes de prestation des soins de santé.
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