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Marie DesMeules (Santé Canada), Arminée Kazanjian (Université de la Colombie-Britannique), Health McLean (Centre for Research in Women's Health), Jennifer Payne (Santé Canada), Donna Stewart (Université de Toronto), Bilkis Vissandjée (Université de Montréal)
Le présent rapport sur la santé des femmes canadiennes vise à i) déterminer dans quelle mesure l'information disponible actuellement peut être utilisée pour donner des aperçus pertinents de la santé des femmes; ii) fournir l'information pour appuyer l'élaboration de politiques de la santé, de programmes de santé publique et d'interventions destinées à améliorer la santé des Canadiennes; iii) servir de base pour le développement d'indicateurs.
Le rapport fournit de l'information et des statistiques descriptives sur les déterminants de la santé, l'état de santé et les résultats cliniques chez les femmes canadiennes. Chaque chapitre présente, dans la mesure du possible, une nouvelle information selon le sexe sur un état ou un problème de santé des femmes estimé important au cours des consultations nationales qui ont eu lieu en 1999 entre experts et intervenants. On documente les données ou les données appropriées manquantes. On formule les recommandations de modification à la fin de chaque chapitre, accompagnées d'un examen des lacunes et des incidences politiques des résultats.
L'idée de produire un rapport exhaustif sur la santé des femmes au Canada provient du processus consultatif lancé en 1998 par ce qui s'appelait le Laboratoire de lutte contre la maladie (LLCM) de Santé Canada. À ce moment, le LLCM a établi un Comité consultatif pour la surveillance de la santé des femmes, présidé par l'honorable Monique Bégin, afin de combler les lacunes dans ses activités de surveillance* de la santé des femmes, particulièrement les groupes de femmes vulnérables. Le Comité devait donner des conseils sur les questions, les priorités, les méthodologies et les partenariats potentiels liés à la surveillance de la santé des femmes. Il a organisé une série d'ateliers de consultation à l'échelle nationale incluant des experts en santé des femmes, des activistes communautaires, des participants d'organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, des instituts de recherche et du secteur privé. Le rapport final du Comité La surveillance de la santé des femmes: Un plan d'action pour Santé Canada a recommandé au LLCM d'améliorer les systèmes de surveillance existants, d'en développer des nouveaux et d'élargir son utilisation de l'analyse comparative entre les sexes. Les conditions de santé abordées dans les recommandations ont servi de guide sur le choix des thèmes inclus dans le présent rapport.
Plusieurs secteurs de compétence ont reconnu le besoin en information sur le sexe et la santé. À l'instar du centre juridique national des femmes (National Women's Law Center) aux États-Unis, la Colombie-Britannique, l'Ontario et les provinces de l'Atlantique ont produit des rapports sur la santé des femmes. À l'automne 2000, un comité directeur a vu le jour pour entreprendre la production d'un rapport pancanadien au moyen d'une approche multidimensionnelle qui intégrerait l'information de diverses disciplines. Ce rapport ferait le suivi des progrès dans la santé et les soins de santé des femmes et fournirait la base de connaissances nécessaires pour établir des politiques efficaces visant à promouvoir la santé et à prévenir et contrôler les maladies.
On reconnaît, en règle générale, que les différences dans l'état de santé et les résultats cliniques entre les individus, et entre les femmes et les hommes, dépassent les facteurs biologiques. Les influences globales incluant les changements culturels, politiques et écologiques ont un effet puissant sur la santé. Ce changement de fond global amène une série complexe de facteurs, tels que les cas socio-culturels et de transition, la scolarité, le revenu, le statut social, le logement, l'emploi, les services de santé, les pratiques personnelles en matière de santé et l'environnement physique. Par exemple, dans les pays développés, des changements culturels et économiques dans l'attitude envers la participation des femmes au marché du travail et aux décisions de procréation ont retardé les grossesses à un âge plus avancé. Quelles en sont les éventuelles conséquences sur la santé?
Le Rapport de surveillance de la santé des femmes adopte la définition générale de la santé des femmes qui a fourni le cadre aux discussions sur les femmes et la santé au cours de la quatrième conférence internationale sur les femmes, tenue à Beijing en septembre 1995 :
La santé des femmes inclut leur bien-être émotif, social, culturel, spirituel et physique, et dépend du contexte social, politique et économique dans lequel elles vivent, ainsi que leur biologie. Cette définition générale reconnaît la validité des expériences de la vie et les croyances et expériences des femmes en matière de santé. Chaque femme devrait avoir la possibilité d'atteindre et de maintenir une bonne santé selon sa propre définition et pour son propre épanouissement.
De plus, ce rapport tente d'adopter une approche à l'information sur la santé qui tient compte de la spécificité des sexes (le cas échéant), tout en tenant compte du contexte de la vie de l'individu (c.-à-d. les responsabilités et les rôles sociaux et culturels qui différencient les femmes des hommes et les sous-groupes de femmes d'autres sous-groupes). On espère que ce rapport contribuera à des analyses futures fondées sur l'égalité homme-femme.
Les auteurs des divers chapitres ont eu recours aux données démographiques provenant de grandes enquêtes et bases de données administratives canadiennes. Les données choisies pour l'analyse dépendaient beaucoup des bases de données disponibles au moment du dévelopement des chapitres. Bien que de telles sources de données puissent donner des aperçus intéressants, elles sont limitées. Par exemple, elles se contentent bien souvent d'inclure une répartition des données selon le sexe seulement sans fournir assez de mesures pour explorer l'influence du sexe tel qu'il est déterminé par le contexte de vie des femmes. Par exemple, la dépression est une cause importante de l'invalidité dans le monde. À l'instar des pays développés, le Canada commence par afficher une répartition égale dans la prévalence de la dépression entre garçons et filles, mais après la puberté, finit par un taux où les femmes sont environ deux fois plus susceptibles d'avoir une dépression que les hommes. La surveillance traditionnelle, telle que les données sur l'hospitalisation ou les consurtations pour la dépression, fournit les données sur ces différences entre les sexes mais n'explique pas comment la dépression chez les femmes varie selon le revenu, l'horizon ethnique, le niveau scolaire et la carrière, ni comment le rôle changeant de la femme façonnera sa susceptibilité à la dépression (p. ex. une femme qui travaille dehors et à la maison et subit un harcèlement ou un abus au bureau ou à la maison).
Les questions de santé des femmes sont différentes de celles des hommes à maints égards. D'ailleurs, le passé nous a montré que l'ignorance de ces différences a porté préjudice au système de santé. La Stratégie pour la santé des femmes de Santé Canada (1999) a classé ces préjugés comme suit :
Quelques préjugés sont soulevés maintenant. Les gouvernements Canadiens ont un mandat clair qui consiste à recueillir, intégrer, analyser et interpréter les données sur la santé des femmes et les différences dans la santé entre les sexes pour élaborer les politiques et les interventions afin d'améliorer les résultats cliniques et de réduire les inégalités en santé (voir le chapitre Surveillance de la santé des femmes : Incidences politiques).
En juillet 2000, l'initiative sur la santé de la population canadienne a lancé une demande de propositions (DP) pour subventionner la recherche qui produira de nouvelles connaissances sur les déterminants de la santé, en fonction de cinq thèmes et questions stratégiques :
Plusieurs thèmes ont couvert les questions destinées à aborder les déterminants de la santé de plusieurs perspectives, incluant le sexe.
En juin 2001, le Conseil de l'ISPC a approuvé le financement du Rapport de surveillance de la santé des femmes : Une vue multidirectionnelle sur la santé des femmes canadiennes, qui aborde les thèmes et questions stratégiques. La recherche était financée par l'iSPC (125 000 $) et Santé Canada (105 000 $).
On a formé un comité directeur qui comprenait des partenaires canadiens de divers secteurs représentant l'Université de la Colombie-Britannique, l'Université de Toronto, l'Université de Montréal, l'Université Dalhousie, Santé Canada, Statistique Canada, le Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur la santé des femmes et l'institut canadien d'information sur la santé.
Conformément au but et à l'étendue du rapport, on a choisi des auteurs expérimentés provenant de divers établissements d'enseignements et de différentes disciplines pour faire la recherche et rédiger les nombreux chapitres. On a encouragé les auteurs à se concentrer sur les aspects qui étaient intéressants du point de vue tenant compte des différences entre les sexes. Les chapitres ont été examinés par des réviseurs externes (voir Remerciements pour des détails sur le processus de révision), après quoi on a acheminé les observations et les suggestions aux auteurs et on leur a demandé de les inclure dans la mesure du possible. Les auteurs n'étaient pas appelés à inclure toutes les observations des réviseurs, mais ils devaient donner une justification de leurs décisions.
Les opinions exprimées dans ce rapport ne représentent pas nécessairement celles de l'initiative sur la santé de la population canadienne, de l'institut canadien d'information sur la santé ou de Santé Canada. Le rapport est disponible en français et en anglais en tant que résumé (le présent document), incluant les résultats clés et les recommandations de chaque chapitre, et en tant que document technique complet. Il se trouve sur les sites Web de l'ISPC (www.icis.ca) et de Santé Canada (www.hc-sc.gc.ca).
* On entend par surveillance, la collecte systématique au fil des ans de l'information sur la santé, sa classification, son analyse et interprétation et sa diffusion. La surveillance vise à contrôler les tendances de la santé et les questions qui importent à la population afin d'entreprendre les démarches nécessaires et de préparer un pilier solide pour des politiques efficaces de la santé, des décisions avisées concernant les programmes et des interventions ciblées.
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