Agence de la santé publique du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Partagez cette page

Rapport de surveillance de la santé des femmes

Différences entre les sexes dans les maladies transmissibles sexuellement d'origine bactérienne au Canada

[Précédente] [Table des matières] [Prochaine]

Tom Wong, M.D., maîtrise en hygiène publique, FRCPC (Santé Canada), Ameeta Singh, BMBS (Alberta Health and Wellness), Janice Mann, M.D., Lisa Hansen, M.Sc., M.Sc.S., Sharon McMahon, M.A. (Santé Canada)

Question relative à la santé

Au Canada, l'incidence des maladies transmissibles sexuellement (MTS) d'origine bactérienne est en hausse, entraînant de sérieuses conséquences sur la santé et l'économie. En 1990, les coûts estimés directs et indirects de la chlamydia se sont élevés à 115 millions de dollars canadiens chez les femmes canadiennes et jusqu'à 8 millions de dollars chez les hommes. Au cours de la même année, la gonorrhée a coûté jusqu'à 63 millions de dollars chez les femmes et 12 millions de dollars chez les hommes. Pourtant, on aurait économisé énormément d'argent si ces maladies facilement curables étaient prévenues et traitées de façon adéquate.

Les femmes courent plus de risque que les hommes d'avoir des MTS pour de multiples raisons, incluant leur susceptibilité accrue aux infections et la sévérité des séquelles y associées. Une autre différence entre les femmes et les hommes réside dans les difficultés concernant le dépistage et le diagnostic. Ce chapitre analyse ces différences au moyen des données conjoncturelles nationales sur la surveillance des MTS de 1991 à 2000.

Résultats clés

Les taux d'incidence déclarés de la chlamydia, de la gonorrhée et de la syphilis infectieuse ont affiché des baisses jusqu'en 1997, date après laquelle la tendance de ces maladies a commencé à s'inverser. Bien que l'incidence des MTS ait augmenté chez les femmes et les hommes, ces derniers connaissent une plus grande hausse : entre 1991 et 2000, la chlamydia a affiché une hausse de 53 % chez les hommes et de 27 % chez les femmes; la gonorrhée a affiché une hausse de 43 % chez les hommes et de 32 % chez les femmes; la syphilis a affiché une hausse de 62 % chez les hommes et de 22 %) chez les femmes. Contrairement à la gonorrhée et la syphilis infectieuse, le taux déclaré de la chlamydia est beaucoup plus élevé chez les femmes que les hommes.

L'écart de force entre les femmes et les hommes et le potentiel de la violence domestique plus élevé chez les femmes créent des obstacles qui empêchent les femmes de se protéger contre les MTS. On a commencé à observer des hausses dans le comportement sexuel à grand risque chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, et ce, après l'introduction en 1996 de la thérapie suppressive antivirale du VIH, mais les changements de comportement chez les femmes nécessitent plus de recherches.

Lacunes et recommandations

Les auteurs ont repéré les lacunes suivantes et ont formulé les recommandations ci-dessous :

  • Nous devons améliorer le système de surveillance des MTS au Canada. Par exemple :
    • Le taux déclaré peut sous-estimer la réelle incidence lorsqu'une absence de symptômes fait que les gens ne se présentent pas pour le diagnostic - il faut estimer la taille de « l'épidémie cachée ».
    • Nous devons évaluer et surveiller les changements de comportement selon le sexe dans cette ère de la thérapie antirétrovirale du VIH.
    • Il faut soulever les écarts, les lacunes et les besoins géographiques et ethniques.
  • Nous devons mettre au point des méthodes de prévention des MTS qui soient plus sûres, acceptables et contrôlées par les femmes, telles que les microbicides topiques, qui n'augmentent pas le risque de la transmission du VIH.
  • On a besoin de plus de recherches sur les stratégies selon le sexe pour promouvoir des pratiques sexuelles sans risque et des changements positifs dans le comportement (p. ex. l'utilisation d'Internet pour la prévention cybernétique des MTS et du VIH).
  • Il faut accroître la disponibilité du dépistage urinaire de la chlamydia.
  • Nous devons accroître les possibilités de dépistage en profitant de la grande tendance des femmes à passer un examen médical (p. ex. le test de Pap).
  • Nous devons améliorer le dépistage des hommes à grand risque afin de prévenir les réinfections chez leurs partenaires.

Télécharger le chapitre

[Précédente] [Table des matières] [Prochaine]