Rapport de surveillance de la santé des femmes
Rôles multiples et santé mentale des
femmes au Canada
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Heather Maclean, Ed.D., Keva Glynn, M.Sc.S., Donna
Ansara, M.Sc., aspirante au doctorat (Centre for Research in
Women's Health)
Question relative à la santé
Ce chapitre pousse plus loin les analyses
précédentes sur les effets modérateurs des
différentes combinaisons de rôles sur la santé
mentale des femmes et situe cette analyse dans un contexte social.
On évalue la relation entre les facteurs
socio-économiques et la santé mentale des femmes par
rapport à différentes combinaisons de rôles des
femmes : (i) mères seules, avec et sans emploi; (ii)
mères vivant en couple, avec et sans emploi; (iii) femmes
sans enfants, seules et vivant en couple; (iv) femmes sans enfants,
avec et sans emploi. Une nouvelle analyse qui utilise les
données de l'Enquête nationale sur la santé
de la population (ENSP) de 1994-1995 et 1998-1999 examine
l'association entre les différentes combinaisons de
rôles et le statut socio-économique, et les
différences dans les niveaux de stress, de détresse
et de stress chronique chez les femmes selon les diverses
combinaisons de rôles.
Résultats clés
- Si l'on ne tient pas compte de l'emploi des femmes, les
mères seules sont nettement plus susceptibles que les
mères vivant en couple d'être pauvres et de
connaître des difficultés financières et une
insécurité alimentaire. De plus, qu'elles soient
avec ou sans emploi, elles sont considérablement plus
susceptibles de déclarer un niveau élevé de
stress personnel et chronique. Bien que l'emploi ait un effet
considérable sur les niveaux de stress et de détresse
chez les mères seules, il ne semble pas avoir un grand effet
sur les niveaux de détresse et de stress chronique chez les
femmes vivant en couple.
- Les femmes célibataires sans emploi étaient deux
fois plus susceptibles que tous les autres groupes de femmes de
déclarer souffrir de détresse profonde. Parmi tous
les groupes, les mères célibataires, peu importe leur
statut d'emploi, étaient les plus susceptibles de
souffrir de détresse personnelle intense et d'avoir
l'impression d'être accablées, comparativement
aux mères en couple.
- Enfin, les femmes célibataires ou vivant en couple avec
des enfants couraient plus de risques de stress personnel que les
femmes sans enfants. Cet effet est plus prononcé dans la
comparaison des femmes célibataires avec et sans enfants que
les femmes vivant en couple avec ou sans enfants.
Les résultats montrent clairement que les niveaux de
détresse, de stress et de stress chronique des mères,
sans égard à l'emploi ni à la situation
familiale, sont élevés, particulièrement chez
les mères seules sans emploi. En incluant le contexte de la
vie (stress chronique) dans l'évaluation du stress
personnel, on obtient des déclarations de stress plus
élevées chez les quatre groupes. L'influence
négative évidente du contexte social plus large sur
la santé mentale des femmes montre le besoin de faire plus
d'études sur les conditions sociales et
environnementales qui influencent les expériences des femmes
avec divers rôles. Particulièrement, en raison des
résultats perturbateurs concernant la santé mentale
des mères seules qui n'ont pas d'emploi, il faut
porter plus d'attention aux facteurs législatifs,
sociaux et environnementaux qui contribuent à leur mauvais
état de santé mentale.
Lacunes et recommandations
Collecte des données
Les auteures ont identifié les lacunes suivantes :
- Il faut recueillir des données plus
détaillées sur les caractéristiques des
environnements de travail des femmes et leurs
responsabilités en matière de prestation de
soins.
- Les prochaines enquêtes pancanadiennes devraient
étendre les questions relatives à la composition des
ménages pour inclure les ménages
intergénérationnels, les ménages
dirigés par des couples du même sexe et les
arrangements entre plusieurs familles.
- On a besoin de plus de données sur la qualité des
rôles ménagers des femmes.
- On a besoin de plus de données dissociées sur les
antécédents ethniques et raciaux des femmes.
Recommandations politiques
Les auteures ont fait les recommandations suivantes :
- Il faut élaborer des politiques en matière de
population active et des politiques qui soutiennent la vie de
famille. Ces politiques devraient reconnaître la
participation des femmes à la population active et leur
travail à la maison en tant que gardiennes non
rémunérées.
- Il faut augmenter les subventions pour les gardes d'enfants
et les subventions économiques mises à la disposition
des mères seules.
- Il faut mettre au point des stratégies d'emploi pour
les mères seules.
- Il faut mettre au point des programmes éducatifs pour
améliorer la vision qu'ont les professionnels de la
santé mentale des conséquences des multiples
rôles des femmes sur leur santé mentale.
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