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Rapport de surveillance de la santé des femmes

Dépression

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Donna E. Stewart, M.D., FRCPC (University of Toronto), Enza Gucciardi, M.Sc.S., Sherry L. Grace, Ph.D. (University Health Network)

Question relative à la santé

La dépression est un désordre dont les symptômes causent une détresse ou une déficience clinique significative dans des zones fonctionnelles clés physiques, sociales, professionnelles et autres. Les femmes sont susceptibles environ deux fois plus que les hommes d'avoir une dépression. L'épisode dépressif majeur dure en moyenne neuf mois environ en l'absence de traitements. De plus, environ 50 % des personnes qui ont un épisode connaîtront une récurrence. Il est probable que les facteurs psychosociaux modifient les risques de dépression attribués aux facteurs biologiques. Les effets du stress, de la violence, de la pauvreté, de l'inégalité et de la sous-estimation de soi ont tendance à accroître la vulnérabilité des femmes à avoir une dépression.

Résultats clés

Les données de l'Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP) montrent que la dépression est commune chez les Canadiennes, avec une incidence auto-déclarée de 5,7 % par année, par rapport à 2,9 % chez les hommes en 1999. Géographiquement, les taux de dépression les plus élevés chez les femmes sont observés en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, alors que les femmes à l'Île-du- Prince-Édouard affichent les taux d'hospitalisation les plus élevés à la suite d'une dépression. On observe également que ce sont les femmes d'âge de procréation qui affichent les taux les plus élevés de dépression. Les facteurs prédictifs de la dépression comprennent la dépression antérieure (rapport de cotes = 2,97), une sensation d'être désemparé ou dépassé (rapport de cotes = 1,80), des problèmes chroniques en matière de santé (rapport de cotes = 1,77), des traumatismes au cours de l'enfance ou au début de l'âge adulte (rapport de cotes = 1,69), un manque de soutien émotif (rapport de cotes = 1,47) et un manque de maîtrise de la situation (rapport de cotes = 1,32). Les femmes monoparentales sont plus susceptibles (15 %) d'avoir une dépression que les femmes en général (7 %). Une plus grande sévérité de la douleur chronique augmente la prévalence de la dépression chez les femmes plus que les hommes. Le surpoids (c.-à-d. un indice de masse corporelle de 25 à 27) et l'usage quotidien du tabac sont également associés à la dépression chez les Canadiennes. Bien que cette condition soit traitable, en 1998-1999, 67,6 % des Canadiennes dépressives ne prenaient pas d'anti-dépressifs. Seulement 43 % de celles qui ont déclaré un épisode majeur de dépression ont consulté un professionnel de la santé à ce sujet. Les personnes au faible niveau scolaire, au revenu inadéquat et qui consultent moins un professionnel de la santé sont moins susceptibles de se faire traiter pour une dépression.

Lacunes et recommandations

Les auteures ont repéré les lacunes suivantes et ont formulé les recommandations ci-dessous :

  • Commander des recherches pour comprendre davantage les facteurs qui augmentent ou réduisent la vulnérabilité et la résilience à la dépression et entamer une surveillance de ces facteurs.
  • Étant donné que 8 % des filles entre 12 et 13 ans déclarent avoir pensé au suicide au cours de l'année précédente (ENSP), il faut recueillir et analyser les données pour comprendre les facteurs contributifs à cette situation et comment améliorer l'estime de soi chez les jeunes adolescentes.
  • Recueillir et analyser les données nationales sur la prévalence de la dépression et de l'anxiété cliniques.
  • Recueillir et analyser les données sur les traitements actuels de la dépression et leur efficacité sur les femmes dépressives à différentes étapes de leur vie pour déterminer lesquels des traitements et des services sont optimaux.
  • Mener une recherche plus poussée pour comprendre davantage les variations interprovinciales dans les taux de dépression et d'hospitalisation chez les femmes, afin d'élaborer les meilleures pratiques pour des stratégies de prévention et de traitement.
  • Recueillir les données sur les conséquences de la dépression sur le travail et la vie de famille et les coûts encourus par l'individu, la famille et la société.
  • Recueillir et analyser les données sur la dépression 6 à 12 mois après un accouchement pour déterminer sa prévalence et les facteurs qui augmentent ou réduisent la vulnérabilité à la dépression.

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