Rapport de surveillance de la santé des femmes
Douleur chronique : Fardeau supplémentaire sur
les Canadiennes
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Marta Meana, Ph.D. (Univesity of Nevada), Robert Cho,
Marie DesMeules, M.Sc. (Santé Canada)
Question relative à la santé
La douleur chronique affecte les femmes comme les hommes, toutes
races et tous âges confondus. Elle constitue un
problème majeur de santé publique associé
à des déficits dans la qualité de vie, des
difficultés d'ajustement psychologique, la
dépression, l'invalidité et la réduction
potentielle dans le revenu. La douleur chronique coûte
très cher à la société, incluant
l'utilisation des soins de santé,
l'absentéisme au travail, l'invalidité, la
haute dépendance des médicaments et
l'échec de diverses interventions médicales
souvent coûteuses. Les études
épidémiologiques, cliniques et expérimentales
ont constamment révélé que le fardeau de la
douleur est plus grand chez les femmes que chez les hommes.
Résultats clés
- Selon les données auto-déclarées de
l'Enquête sur la santé dans les
collectivités canadiennes (2000), 16 % de la population de
12 ans et plus ont souffert de douleurs chroniques (14 %
d'hommes par rapport à 18 % de femmes).
- La prévalence de la douleur chronique augmente avec
l'âge chez les deux sexes, mais son intensité
était similaire.
- Il y avait une association entre la douleur chronique et le
revenu : sa prévalence était moindre dans les
catégories aux revenus élevés.
- Lorsqu'on neutralise l'âge, le revenu et le
niveau scolaire, les femmes n'étaient pas plus à
risque que les hommes d'avoir des douleurs chroniques.
- La prévalence de la dépression était deux
fois plus élevée chez les personnes qui ont
déclaré une douleur chronique que chez celles qui ne
l'ont pas fait, et parmi le premier groupe de personnes, la
dépression était deux fois plus commune chez les
personnes de moins de 65 ans que chez les personnes de plus de 65
ans.
- La douleur chronique limite directement au moins quelques
activités chez la majorité des personnes souffrantes;
la proportion était plus élevée chez les
femmes (77,7 %) que chez les hommes (70,7 %).
- Parmi les personnes de 65 ans et plus, les Asiatiques du Sud
ont déclaré souffrir de douleurs chroniques plus que
n'importe quel autre groupe ethnique; parmi les personnes de
moins de 65 ans, ce sont les Autochtones qui ont affiché la
plus grande proportion de douleurs chroniques.
Lacunes et recommandations
Les auteurs ont repéré les lacunes suivantes et
ont formulé les recommandations ci-dessous :
- Il y a un manque de données détaillées sur
les types de douleur chronique que les femmes éprouvent (p.
ex. la douleur pelvienne chronique et d'autres douleurs
liées à la fonction reproductive).
- On a besoin de données provenant d'autres sources
que les enquêtes d'auto-évaluation, telles que les
bases de données provinciales sur les réclamations de
facturation ou les données des régimes
d'assurance-maladie. Celles-ci donneraient une image plus
claire de l'utilisation des soins de santé et des
caractéristiques d'utilisation des
analgésiques.
- Il y a eu peu d'études sur l'effet de la douleur
chronique sur les obligations familiales et le rôle parental,
des secteurs qui tendent à être ignorés dans
les évaluations des conséquences des conditions de la
santé chez les femmes.
- La surveillance et l'identification précoce des
douleurs sont cruciales pour réduire leurs
conséquences, puisqu'un traitement précoce est
susceptible de donner de meilleurs résultats.
- Il faudrait intégrer et répéter
régulièrement l'évaluation de la douleur
dans la première consultation médicale avec soit les
dispensateurs de soins primaires, soit les obstétriciens et
gynécologues.
- L'éducation du patient et les approches de prise en
charge de soi doivent faire partie de la stratégie qui vise
à combattre la douleur chronique et ses effets sur les
services de soins de santé, particulièrement en
raison de la grande hausse prévue dans le nombre de
personnes de plus de 65 ans au cours des 30 années à
venir.
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