Rapport de surveillance de la santé des femmes
Maladies cardiovasculaires
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Sherry L. Grace, Ph.D. (University Health Network), Rick Fry,
M.Sc. (Santé Canada), Angela Cheung, M.D., Ph.D., Donna E.
Stewart, M.D., FRCPC (University Health Network)
Question relative à la santé
Les maladies cardiovasculaires constituent la principale cause
de décès au Canada. En général, les
femmes aux nombreux symptômes sont plus susceptibles que les
hommes de retarder le recours aux soins médicaux et moins
susceptibles de subir un examen et un traitement avec des
médicaments factuels, une angioplastie ou un pontage
aortocoronarien. On a également observé des
différences entre les deux sexes dans les facteurs de risque
des maladies cardiovasculaires, incluant le tabagisme, la
dépression, le faible revenu, les niveaux
élevés du lipide sérique, l'hypertension,
l'obésité et le manque d'exercice physique.
Les sous-populations vulnérables comprennent les femmes
autochtones, les femmes de l'Asie du Sud ainsi que les femmes
atteintes du diabète sucré. Les résultats
proviennent des données de l'Enquête sur la
santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de
2000-2001, de l'Enquête sur la santé de la
population canadienne de 1998-1999, de l'Enquête
canadienne sur la santé cardio- vasculaire et les bases de
données de l'Institut canadien d'information sur la
santé.
Résultats clés
- En 1998, la maladie cardiovasculaire a fait 78 964 victimes au
Canada, un chiffre réparti généralement
à part égale entre les hommes (39 767) et les femmes
(39 197). L'infarctus aigu du myocarde était la
première cause de décès des femmes. Cette
condition augmente de façon considérable après
la ménopause et continue sa montée avec
l'âge.
- En 1999, les maladies cardiovasculaires représentaient
21 % de toutes les hospitalisations des Canadiennes de plus de 50
ans, des taux qui sont plus élevés parmi les femmes
plus âgées. Les hospitalisations à la suite
d'une cardiopathie ischémique étaient plus
fréquentes chez les hommes que chez les femmes, mais la
durée moyenne du séjour des femmes était plus
longue.
- La pression artérielle augmente avec l'âge
chez les femmes et les hommes. Cependant, après 65 ans,
cette condition est plus commune chez les femmes que chez les
hommes. Plus du tiers des femmes en post-ménopause font de
l'hypertension.
- Le diabète augmente la mortalité et la
morbidité associées aux maladies cardiovasculaires
chez les femmes plus que chez les hommes, et élimine
l'avantage qu'ont les femmes dans tous les résultats
des maladies athéroscléreuses à
l'exception de l'accident vasculaire
cérébral.
- La dépression contribue également à
l'incidence et la récupération d'une maladie
cardiovasculaire, particulièrement chez les femmes qui sont
deux fois plus susceptibles que les hommes d'avoir une
dépression.
- On a utilisé les données de l'ESCC concernant
les facteurs de risque et les sous-groupes vulnérables afin
de prédire les maladies cardiaques déclarées
par les femmes et les hommes. Pour les deux sexes, le
vieillissement, le faible revenu du ménage, l'ancienne
consommation quotidienne de tabac et l'indice de masse
corporelle supérieur à 27 sont tous des facteurs de
risque positifs pour les maladies cardiaques; l'exercice
physique et le niveau scolaire élevé jouent des
rôles de protecteurs. Bien que le mariage soit protecteur
pour la femme, il ne constitue ni un facteur de risque ni un
facteur de protection pour l'homme.
- Les données sur la population de l'Amérique
du Nord montrent d'importants écarts entre les deux
sexes dans la référence et de la participation
à des programmes de prévention secondaire tels que la
réadaptation cardiaque. En général, les femmes
inscrites à ces programmes sont 20 % moins nombreuses que
les hommes.
Lacunes et recommandations
Les auteurs ont repéré les lacunes suivantes et
ont formulé les recommandations ci-dessous :
Surveillance du diagnostic et détection des maladies
cardiovasculaires
- Les données récentes ne font pas cas des mesures
physiques (à savoir les mesures de l'hypertension, du
profil lipidique) dont les auto-déclarations sont
extrêmement modestes. Nous avons besoin de données
récentes sur les personnes qui suivent un traitement contre
l'hypertension, l'hyperlipidémie et la
dépression, et sur l'efficacité de ces
traitements.
- Nous ne sommes pas en mesure d'obtenir le nombre de femmes
et d'hommes qui font des tests de stress, d'angiographie,
d'échocardiographie ou de surveillance Holter.
- On n'a pas de données sur la surveillance concernant
l'évaluation des services de santé.
Recommandations politiques
- Il faut reconnaître les maladies cardiovasculaires en
tant que problème de santé important des femmes en
raison des prévisions canadiennes de mortalité, du
taux croissant des fumeuses, du vieillissement et des
inégalités rampantes dans l'accès et la
prestation des soins de santé.
- Il faudrait former les professionnels de la santé afin
qu'ils dépistent et soulèvent les facteurs de
risque chez les femmes, tels que l'hypertension, les niveaux
lipides élevés, le tabagisme, l'inactivité
physique, la dépression, le diabète sucré et
le faible statut socio-économique.
- Il faut poursuivre les efforts pour encourager des habitudes
alimentaires saines et l'exercice physique par une multitude
d'approches.
- Nous devons continuer à élaborer et à
évaluer les ressources éducatives mises à la
disposition des femmes tout au long de leur vie en ce qui concerne
les risques de souffrir de maladies cardiovasculaires et
l'apparition de symptômes.
- Il faut porter attention aux obstacles à
l'activité physique chez les femmes de diverses
communautés ethnoculturelles et classes sociales.
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