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Les lymphomes - Mon combat pour la vie: Le cancer chez les enfants et les adolescents au Canada

Autres renseignements sur certains cancers et sur leur traitement

LES LYMPHOMES

On a diagnostiqué un lymphome chez notre fils Emerson, qui venait d'avoir 8 ans en octobre 1992. Il reçu son premier traitement de chimio le 26 novembre 1992. En fin de soirée, il n'était pas bien et une infirmière l'avait encouragé à écrire ce qu'il ressentait. Mon mari et moi étions retournés le lendemain matin pour trouver cette note collée à la fenêtre de sa chambre.
La triste histoire
par Emerson

Le jeudi 26 novembre 1992

Heure
Début : 20 h 36
fin: 22 h 15

Chers maman et papa, je ne suis pas heureux d'avoir une tumeur. J'espère aller mieux bientôt.
Merci Dieu, beaucoup, beaucoup, de nous l'avoir montrée. Merci [maman et papa] pour Raespt, Kumpane, les livres, les jouets, m'avoir amené au centre commercial, les jeux, avoir aidé à obtenir une télé dans ma chambre et pour l'argent. Dites au Père Noël que j'ai été bon et très, très, très brave et triste... Je vous aime tous, maman, papa, Père Noël, Dieu et tous les autres.

Je vous aime beaucoup.
AVEC AMOUR Emerson

  Emerson va maintenant très bien et est en rémission... J'ai cru bon de vous faire part de ce message, car il nous a énormément touchés, droit au coeur.

(traduction)
Zella, mère d'Emerson


Avec les tumeurs du système nerveux central, le lymphome est le deuxième type de cancer le plus répandu chez les jeunes au Canada. Il représente environ 17 pour cent des tumeurs malignes chez les jeunes (de la naissance à 19 ans) et c'est la forme de cancer la plus répandue chez les adolescents de 15 à 19 ans. Chaque année, au Canada, on diagnostique un lymphome chez environ 200 enfants et adolescents (tableau 1).

Chez la plupart des sujets atteints d'un lymphome, on ne peut identifier des facteurs prédisposants. Certains troubles génétiques et immunologiques seraient associés à une probabilité supérieure à la moyenne d'avoir un lymphome (107). Le risque plus élevé d'avoir un lymphome chez les sujets en état d'immunosuppression, comme l'immunosuppression associée à une greffe d'organe, indique aussi un lien avec des facteurs immunologiques et viraux. La nature de ce lien n'est toutefois pas claire (41). Le lymphome pourrait être lié à l'exposition à un agent infectieux ou à une prolifération de tissus lymphoïdes lors de la réponse immunitaire (68).

Le lymphome fait habituellement son apparition dans le tissu lymphoïde. Les deux principaux types de lymphome sont la maladie de Hodgkin (lymphome) et le lymphome non hodgkinien, qui se distinguent par l'apparence de leurs cellules.

Maladie de Hodgkin/lymphome
Le premier signe de la maladie de Hodgkin est habituellement une tuméfaction ganglionnaire chez un enfant ou un adolescent autrement en bonne santé. Les symptômes comprennent à l'occasion de la fièvre, des sueurs nocturnes, la perte de poids, des démangeaisons ou la toux. Une biopsie de la tuméfaction ganglionnaire confirme le diagnostic.

Plusieurs aspects du traitement de la maladie de Hodgkin sont les mêmes chez les adultes et les enfants. La principale différence provient de la préoccupation de maintenir la croissance et le développement normaux chez l'enfant. Par exemple, la radiothérapie joue un rôle moins évident pour le traitement des enfants que celui des adultes parce qu'elle nuit à la croissance des tissus normaux dans le champ irradié. Le traitement comporte habituellement une combinaison de chimiothérapie et de radiothérapie à plus faible dose (19,126,136).

Quatre-vingt-dix pour cent des enfants et des adolescents du Canada chez lesquels on a diagnostiqué la maladie de Hodgkin entre 1985 et 1988 étaient vivants cinq ans après le diagnostic (tableau 7).

Lymphome non hodgkinien
Deux fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles (tableau 1), le lymphome non hodgkinien a son origine dans des cellules immatures des tissus lymphatiques, croît rapidement et tend à se propager à la moelle osseuse et au système nerveux central. Il fait souvent son apparition dans les ganglions lymphatiques de l'abdomen ou du thorax. Des tuméfactions ganglionnaires au thorax peuvent causer des symptômes secondaires comme la toux et des difficultés respiratoires. Dans l'abdomen, les tuméfactions ganglionnaires peuvent causer des douleurs abdominales avec ou sans vomissements. Les autres symptômes dépendent de l'endroit où se trouve la tumeur et de son étendue. Le lymphome non hodgkinien chez les enfants est classé selon le type de cellules lymphoïdes d'où proviennent les cellules cancéreuses. On obtient ces renseignements en soumettant à des analyses complexes le spécimen prélevé par biopsie. L'ampleur de la propagation aux ganglions lymphatiques, à la moelle osseuse, aux méninges et à d'autres tissus détermine le stade.

Le lymphome non hodgkinien chez les enfants a une apparence et un comportement très différents de celui chez les adultes et il commande un traitement très différent aussi (138). Le traitement est constitué d'une polychimiothérapie et d'une chimiothérapie intrathécale. Le programme de chimiothérapie spécifique dépend du type de lymphome non hodgkinien et du stade de la maladie (12,54).

Entre 1985 et 1988, presque 70 pour cent des enfants et des adolescents du Canada chez qui on a diagnostiqué un lymphome non hodgkinien étaient vivants cinq ans après le diagnostic (tableau 7). La différence des taux de survie entre les deux types de lymphome peut s'expliquer par le fait que le lymphome non hodgkinien est souvent plus avancé que la maladie de Hodgkin au moment du diagnostic. Quel que soit le type de lymphome, environ 90 pour cent des enfants avec la maladie localisée et de 70 à 80 pour cent de ceux chez qui elle est avancée seront guéris (19,126,136).

 

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