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Rapport d’étape sur la lutte contre le cancer au Canada


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Sommaire

Pourquoi un rapport d’étape?

Le Rapport d’étape sur la lutte contre le cancer au Canada est le premier rapport national du genre à offrir aux Canadiens un aperçu global sur la façon dont le Canada s’en tire dans sa lutte contre le cancer. Il vise à sensibiliser les lecteurs du grand public de manière générale envers la problématique du cancer et à attirer l’attention du public sur des problèmes majeurs qui sont liés à la question de la lutte et des soins contre le cancer au Canada. Le rapport vise également à aider les responsables de l’élaboration des politiques de santé à comprendre les efforts qui ont été faits dans le domaine de la lutte contre le cancer afin de leur permettre d’appliquer les leçons tirées pour affecter les ressources sanitaires de façon plus adéquate et de déterminer avec perspicacité les stratégies qui conviennent le mieux à la lutte contre le cancer au Canada.

Comment le rapport a-t-il été élaboré?

Le rapport a été élaboré par Santé Canada en étroite collaboration avec des intervenants clés du domaine du cancer de l’ensemble du pays et il est fondé sur les données les plus récentes de la Direction générale de la santé de la population et de la santé publique de Santé Canada, de Statistique Canada et d’autres organismes fédéraux et provinciaux, d’organismes non gouvernementaux et de chercheurs sur le cancer.

Quels sont les buts de la lutte contre le cancer?

La lutte contre le cancer vise à prévenir le cancer, à guérir le cancer, à réduire la souffrance associée au cancer et à accroître la survie et la qualité de vie des personnes qui sont atteintes de cancer. Cela se fait en convertissant en stratégies et en actions les connaissances acquises grâce à la recherche, à la surveillance et à l’évaluation des résultats.

Qui participe à la lutte contre le cancer au Canada?

De nombreux organismes participent à la lutte contre le cancer au Canada. Ils comprennent des organismes gouvernementaux fédéraux, provinciaux et locaux, ainsi que des organismes non gouvernementaux tels que la Société canadienne du cancer, l’Institut national du cancer du Canada et des groupes communautaires. La majorité des programmes de première ligne de lutte contre le cancer du Canada sont élaborés et dirigés par des organismes provinciaux du cancer.

Depuis 1999, Santé Canada travaille en partenariat avec l’Association canadienne des organismes provinciaux de lutte contre le cancer, la Société canadienne du cancer, l’Institut national du cancer du Canada et d’autres intervenants à l’élaboration de la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer (SCLC). La stratégie vise à optimiser les avantages que présentent les connaissances actuelles et les ressources disponibles pour la lutte contre le cancer, tout en améliorant la durabilité du système de soins de santé grâce à une planification, à une fixation des priorités, ainsi qu’à l’élaboration et la mise en œuvre de politiques publiques axées davantage sur la collaboration. Il est prévu que l’intégration et la coordination des activités chapeautées par la SCLC pourra contribuer à réduire l’incidence du cancer, les taux de morbidité et de mortalité et à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cancer.

Comment le Canada réussit-il dans sa lutte contre le cancer?

Pour comprendre comment le Canada réussit dans sa lutte contre le cancer, il faut comprendre la nature même du cancer. Le cancer n’est pas qu’une seule et même maladie, mais plutôt de nombreuses maladies apparentées qui sont caractérisées par une croissance cellulaire incontrôlée. Certains cancers progressent lentement, tandis que d’autres sont très invasifs. Certains types de cancer sont très faciles à traiter, tandis que d’autres sont presque invariablement mortels.

La nature divergente et complexe du cancer constitue un défi permanent pour la lutte contre le cancer. Comme ce rapport l’indique, la réaction du Canada envers ce défi a généralement été positive et des percées importantes ont été faites au cours des 15 dernières années. De faibles diminutions des taux de mortalité associés au cancer, tant chez les hommes que chez les femmes, ont été observées depuis la fin des années 1980, principalement en raison de la diminution des taux de mortalité du cancer du sein, de la prostate et colorectal. Les progrès les plus importants ont peut-être été accomplis par la chute de la prévalence du tabagisme. Cela a entraîné la diminution des taux de cancer du poumon chez les hommes et il est prévu qu’une diminution similaire soit observée chez les femmes au cours de la prochaine décennie.

Les progrès réalisés dans ces domaines peuvent être attribués aux grandes tendances sociales, aux initiatives de prévention spécifiques contre le cancer, ainsi qu’aux progrès réalisés au niveau du dépistage et du traitement du cancer. Grâce à ces efforts combinés, le Canada se positionne bien dans la lutte contre le cancer. Une comparaison avec d’autres pays révèle que le taux des nouveaux cas de cancer (incidence) et que les taux de mortalité associés au cancer au Canada sont comparables à ceux des États-Unis et que bien que les taux d’incidence au Canada soient supérieurs à ceux des pays de l’Europe occidentale, les taux de mortalité sont en général plus faibles, ce qui signifie que le Canada a de meilleurs taux de survie au cancer.

En dépit de ces étapes positives dans la lutte contre le cancer, le cancer est toutefois actuellement la principale cause de mortalité prématurée au Canada et il est prévu qu’il soit la principale cause de décès au cours des prochaines années. Il est attendu qu’en 2004, plus de 145 000 nouveaux cas de cancer seront diagnostiqués au Canada; il est prévu que ces chiffres doubleront d’ici 2020 avec l’augmentation et le vieillissement de la population canadienne. Le nombre de personnes vivant avec le cancer ou ayant reçu un diagnostic de cancer augmente environ deux fois plus que le taux d’augmentation de nouveaux cas de cancer.

Les obstacles qui s’opposent aux futurs progrès dans la lutte contre le cancer comprennent le défaut d’appliquer entièrement les connaissances émanant de la recherche qui a déjà été effectuée et du manque de connaissances sur la manière de prévenir et de traiter efficacement de nombreux cancers. En plus d’une recherche meilleure et plus abondante, il faut accorder plus d’importance à la prévention du cancer et à l’élaboration de programmes efficaces de détection précoce et de dépistage, ainsi qu’à l’expansion de soins palliatifs de qualité.

Quels sont les principaux éléments et observations du rapport?

Prévention

  • Selon nos connaissances actuelles, environ la moitié des cancers au Canada sont évitables. La plupart des facteurs importants qui ont été identifiés jusqu’à présent sont liés au style de vie; malheureusement, les styles de vie sont difficiles à modifier à l’échelle de la population.
  • La plus grande réussite de la lutte contre le cancer s’est peut-être produite en réduisant l’usage du tabac. Le tabac est la principale cause évitable de cancer au Canada. Le tabagisme a diminué de plus de moitié chez les Canadiens au cours du dernier tiers de siècle. En 1965, 50 % des Canadiens de 15 ans et plus fumaient, par rapport à 21 % en 2002. La réduction du tabagisme a entraîné des diminutions importantes du cancer du poumon chez les hommes, mais pas assez de temps s’est écoulé pour que l’on commence à observer une diminution des taux de cancer du poumon chez les femmes.
  • Certains succès ont aussi été constatés dans le cadre de la diététique. Les Canadiens consomment davantage de fruits et de légumes et les taux de cancers du tractus gastro-intestinal sont en train de diminuer. Malheureusement, les Canadiens prennent de l’embonpoint et cela contribue à l’augmentation d’autres cancers.

Dépistage

  • Il n’y a pas de technique éprouvée de dépistage de la population pour la plupart des formes de cancer.
  • Le dépistage du cancer du col utérin est très efficace pour détecter et permettre le traitement des lésions avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. On estime qu’au Canada, la grande réduction des taux de mortalité associés au cancer du col utérin au cours des 30 dernières années découle principalement du dépistage du cancer du col utérin. La proportion de Canadiennes qui disent avoir subi un test de Papanicolaou (test de Pap) au cours des trois années précédentes est demeurée stable depuis sept ans et s’établit à environ 73 %.
  • Les mammographies de dépistage courant réduisent le risque de mourir du cancer du sein des femmes âgées de 50 à 69 ans d’environ 30 %. Environ 50 % des Canadiennes appartenant à ce groupe d’âge ont déclaré avoir subi des mammographies de dépistage au cours des deux années précédentes dans l’Enquête nationale sur la santé de la population de 1994-1995 et dans l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2000-2001.
  • Bien que des essais de dépistage aient démontré que la recherche de sang occulte dans les selles puisse réduire de 20 % la mortalité associée au cancer du côlon, le public n’y a adhéré que d’une façon limitée et aucune province n’a amorcé de programme de dépistage au sein de la population.
  • Le test de dépistage de l’antigène prostatique spécifique (APS, en anglais Prostate-Specific Antigen [PSA]) est très utilisé pour dépister le cancer de la prostate, mais les chercheurs attendent encore les résultats de plusieurs essais de dépistage en cours qui indiqueront si le dépistage de l’APS est efficace.

Traitement

  • Plusieurs milliards de dollars ont été dépensés au cours des dernières décennies dans le monde entier pour étudier le fondement cellulaire et moléculaire du cancer, avec l’intention ultime d’améliorer les traitements du cancer. Malheureusement, à part quelques exceptions notables pour certains cancers rares, les progrès réalisés dans le traitement du cancer ont été modestes. Les améliorations du taux de survie ont été limitées beaucoup plus par le manque de nouvelles thérapies efficaces que par une incapacité à administrer les thérapies actuelles au bon moment et de manière complète.
  • Il faut davantage de recherche et de meilleurs traitements, mais il y a aussi un besoin urgent de coordonner la planification des futures ressources humaines et d’augmenter le nombre de postes de formation, ainsi que d’améliorer les stratégies de conservation et de recrutement du personnel. Plusieurs provinces ont adopté ou sont en voie d’adopter des programmes complets de lutte contre le cancer gérés par des organismes.
  • Le grand volume d’informations nouvelles et parfois conflictuelles sur les meilleures pratiques de lutte contre le cancer a attribué une plus grande importance aux examens méthodiques des preuves scientifiques émanant de la recherche et à l’élaboration de lignes directrices pour la pratique clinique. Plusieurs provinces collaborent de façon active à la préparation de lignes directrices pour la pratique clinique, ainsi que de protocoles de chimiothérapie.

Soins palliatifs

  • La plupart des soins palliatifs au Canada sont dispensés aux patients qui ont reçu un diagnostic de cancer. Des stratégies de soutien et de maintien de services efficaces de soins palliatifs deviendront de plus en plus importantes avec la croissance et le vieillissement de la population du Canada.
  • Certaines institutions et services de soins à domicile intègrent des services de soins palliatifs aux soins qu’ils prodiguent aux personnes atteintes de cancer, mais dans l’ensemble, ce domaine n’est pas assez développé. Là où ces programmes existent, ils sont de plus en plus intégrés dans une variété de milieux de soins de santé institutionnels et communautaires et ils offrent une gamme complète de services, y compris de soulagement de la douleur et d’autres symptômes, de traitements psychologiques et de soutien spirituel, un système de soutien pour aider les patients à vivre pleinement jusqu’à leur mort, ainsi que du soutien aux familles.

Défis à venir

Bien que le rapport mette en évidence les obstacles qui se dressent devant le progrès de la lutte contre le cancer, il souligne le fait que le Canada a, dans plusieurs domaines, bien répondu au défi du cancer. Néanmoins, tel qu’identifié dans la Stratégie canadienne de lutte contre le cancer, l’approche du Canada dans la lutte contre le cancer doit englober une plus grande reconnaissance de la valeur de la promotion de la santé et de la prévention des maladies, un engagement plus soutenu envers l’intégration plus large des activités de lutte contre le cancer par une meilleure planification nationale et provinciale, la promotion d’une plus grande participation à des programmes efficaces de dépistage, l’utilisation de lignes directrices fondées sur des preuves pour éclairer les soins cliniques et la prestation des services, ainsi que la sensibilisation envers la valeur des soins palliatifs et la nécessité d’accroître la capacité des soins palliatifs en fonction de la croissance et du vieillissement de la population de notre pays.

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