Bien que tous les enfants, préadolescents et adolescents aient en commun certains besoins et objectifs de développement, tel un profond besoin de faire confiance à autrui et à l'univers qui les entoure, l'âge et le stade de développement ont une influence déterminante sur la façon dont ils réagissent à une situation. Le fait de comprendre comment les enfants et les adolescents grandissent et se développent vous permettra de mieux prévoir les changements de comportement éventuels de vos enfants et le type de soutien dont ils auront besoin.
Cette section de la brochure vous permettra de :
Vous trouverez ci-après des renseignements précis, à chaque stade du développement - de la première enfance à l'adolescence, sur :
Quel que soit l'âge de vos enfants, vous lirez avec profit les renseigne-ments relatifs à chaque stade de développement. En prenant connais-sance de l'ensemble de cette section, vous serez en mesure de compren-dre les changements que subissent les enfants durant leur développe-ment et de prévoir les besoins et les changements de comportement de vos enfants. De plus, puisque chaque enfant est unique, il est fort possible que ni ses réactions ni la façon dont vous pouvez l'aider ne « cadrent » avec son groupe d'âge. Ayez à l'esprit que certains sentiments et certains besoins peuvent survenir à divers stades de développement. Enfin, rappelez-vous que ce qui fonctionne pour un enfant à une certaine étape peut tout aussi bien s'appliquer à des enfants d'un autre groupe d'âge.
Au cours des deux premières années de vie, l'enfant se développe à une vitesse incroyable. Depuis sa naissance, l'enfant a rapidement acquis la capacité de comprendre une grande partie de ce qu'on lui dit et de ce qui se passe autour de lui. La croissance physique est tout aussi rapide : hier encore il se traînait à quatre pattes, aujourd'hui il court. À mesure qu'il acquiert de nouvelles compétences, l'enfant devient plus autonome, mais il continue de dépendre presque totalement de ses parents. Le départ du parent qui lui donne des soins le plus souvent, même si celui-ci quitte tout simplement la pièce, suffit souvent à plonger l'enfant dans le désarroi. Le bébé trouve parfois très difficile d'être privé de la présence de ce parent, ne serait-ce que quelques heures, et même si on le confie aux soins d'une personne qu'il connaît.
Au cours de ce stade critique de leur développement, les nourris-sons et les tout-petits ont un intense besoin de stimulation et d'atten-tion chaleureuse. Lorsque les bébés sont cajolés et reçoivent des soins attentionnés, ils sont plus portés à se sentir en sécurité auprès des adultes qui s'occupent d'eux. Or, les très jeunes enfants peuvent sentir que leur parent est bouleversé et le devenir tout autant. Les enfants de tous âges sont remarquablement sensibles à l'anxiété et au désarroi de leurs parents.
Même s'ils progressent constamment sur le plan intellectuel, les bébés et les tout-petits ont toujours une compréhension limitée de leur univers. La modification de leurs habitudes de vie et les conflits entre les parents constituent des expériences troublantes et douloureuses pour les très jeunes enfants. Il arrive qu'après la séparation ou le divorce des parents, leur vie soit instable, déroutante, parfois même angoissante.
Beaucoup de parents ne réalisent pas à quel point les conflits perpétuels entre conjoints peuvent perturber les bébés et les tout-petits. Vous avez peut-être la fausse impression que votre enfant est indifférent aux disputes puisqu'il n'en comprend pas l'objet. En réalité, s'il est vrai que les bambins saisissent rarement la teneur des propos agressifs échan-gés entre leurs parents, ils sont parfaitement conscients des émotions qui sont exprimées. Il importe que vous conserviez une attitude calme et positive en présence de votre enfant.
tre séparé de ses parents est douloureux, quelles que soient les circons- tances. L'attachement d'un bébé envers la personne qui lui prodigue des soins est nécessaire à son développement et à sa santé psychologique. En autant que l'on évite les longues séparations et veille de façon constante et attentive à la santé du bébé, celui-ci s'attachera aux principaux dispensateurs de soins. Voilà pourquoi il est si important que les bébés et les tout-petits conservent un lien étroit avec les deux parents. De fréquents contacts avec le parent qui ne vit plus à la maison peuvent aider l'enfant à être moins anxieux. Les parents qui ne vivent pas avec leurs enfants doivent faire preuve de patience envers leurs jeunes enfants et prendre le temps de les réapprivoiser à chaque séjour. Le parent croit parfois que la timidité initiale de l'enfant démontre que ce dernier ne l'aime pas. Il se sent évidemment blessé et découragé, et a tendance à espacer de plus en plus les visites, ce qui ne fait qu'aggraver le problème. La solution ne consiste pas à voir l'enfant moins souvent, mais bien plus souvent. Le parent pourrait aussi faire en sorte que l'enfant ait une photographie de lui. Les deux parents devraient tout mettre en œuvre pour aider le bambin à se sentir à l'aise lors de ces visites.
Soyez à l'affût des indices qui donnent à penser qu'un jeune enfant est en difficulté - se réveiller la nuit, mouiller son lit, perdre l'appétit, avoir un comportement agressif, perdre les acquis sur le plan du langage et de la propreté. (Voir en outre « Réactions au stress »). Les bébés et les tout-petits expriment de la colère si leurs attentes sont insatisfaites. Attendez-vous à des crises si les soins ne leur sont plus prodigués avec la même régularité; si les activités amusantes sont moins fréquentes ou de plus courte durée; si l'enfant doit attendre avant qu'on le nourrisse, qu'on lui fasse la lecture, qu'on le berce ou qu'on joue avec lui. D'autres indices traduisent la détresse de l'enfant, notamment les frayeurs et les changements d'humeur; l'enfant fera des crises pour un rien, se repliera sur lui-même, sera sans entrain.
Les bébés et les tout-petits ont besoin de stabilité et de continuité. Une fois que les parents ont décidé du partage des responsabilités parenta-les et trouvé un service de garde, il leur incombe de respecter l'horaire de l'enfant :
Durant les années qui précèdent son entrée à l'école, l'enfant connaît une croissance accélérée sur les plans physique, intellectuel et affectif. L'objectif de l'enfant d'âge préscolaire est de devenir indépendant.
Si les enfants de ce groupe d'âge ont déjà fait des progrès notables physiquement et psychologiquement, leur compréhension de la séparation et du divorce n'en demeure pas moins sommaire. Ainsi, étant donné que l'enfant perçoit toutes les relations en fonction de lui-même, il arrive qu'il croit être la cause de certains événements. Les enfants sont souvent convaincus qu'ils sont responsables des soucis et des angoisses de leurs parents, voire même de la séparation ou du divorce.
Les enfants qui ont entre 3 et 5 ans ont aussi beaucoup de difficulté à faire la distinction entre ce qu'ils imaginent et la réalité. Ils risquent donc de devenir confus. L'enfant peut s'imaginer que sa mère l'a abandonné, que son père ne l'aime plus, ou croire qu'il est puni parce qu'il n'a pas été gentil. Les enfants d'âge préscolaire sont très curieux et ils tenteront activement de comprendre ce qui se passe dans leur vie. Ils demande-ront : « Pourquoi ? » « Comment ça se fait ? » et « Qu'est-ce qui arrivera si... » Et ils sont maintenant en mesure de tenter de trouver eux-mêmes des réponses. Cette capacité de comprendre certains événements risque d'alimenter leurs craintes.
Les enfants d'âge préscolaire aiment écouter des histoires et adorent inventer des choses. Ils aiment les histoires truffées d'exagéra-tions et, souvent, ils croient l'histoire qu'ils viennent tout juste de raconter. Les parents ne doivent pas se dire pour autant que leur enfant ment; en fait, ils devraient plutôt considérer ces fabulations ou ces « inventions » comme une occasion d'échanger de l'information et de renforcer la compréhension. (Voir l'encadré « Communiquer efficace-ment avec les enfants, les préadolescents et les adolescents »)
L'enfant d'âge préscolaire n'a pas encore atteint sa pleine autonomie sur les plans social et affectif. La présence des parents et la stabilité du foyer sont essentielles à sa sécurité affective. À ce stade, l'enfant a également besoin de son père et de sa mère - il commence à développer une relation avec son père qui diffère de celle qu'il entretient avec sa mère. Il ressent un profond sentiment de perte si l'un des parents est moins présent dans sa vie. Non seulement la présence et l'affection du parent absent lui manquent dans bien des cas, mais certains de ses besoins physiques et affectifs pourraient n'être pas comblés. Souvent, l'enfant est déchiré par la crainte insurmontable de perdre ses deux parents. Tout comme les bébés et les tout-petits, les enfants d'âge préscolaire ont besoin de voir le parent qui ne vit plus avec eux très souvent. Il convient que les parents tiennent compte de tout cela lors de l'élaboration du plan de partage des responsabilités parentales.
La personnalité joue un rôle crucial au cours du développement de l'enfant et la façon dont ce dernier réagit à la séparation ou au divorce est largement conditionnée par sa personnalité. Quand l'enfant a entre 3 et 5 ans, les parents ont déjà eu le temps de constater comment il réagit au stress. Certains boudent, d'autres répondent avec insolence ou manifestent de la colère, tandis que d'autres encore se montrent soumis ou obéissants à l'excès. Il est bon de savoir que dans certains cas, un enfant sera incapable d'exprimer ses émotions et de réagir au stress comme il le fait d'habitude et trouvera alors des moyens d'expression différents. Un enfant généralement direct ou bavard se repliera brusque-ment sur lui-même; un autre qui est normalement soumis ou obéissant se montrera soudain peu coopératif.
Il est essentiel que les parents résistent à la tentation de laisser un enfant soumis ou obéissant prendre soin d'eux et n'ignorent pas l'enfant qui a le moins d'exigences. Il importe en outre de ne pas se contenter de punir un enfant colérique et désagréable, mais de tenter aussi de com-prendre le désarroi qui a engendré ce comportement et de l'apaiser.
Une régression du comportement de l'enfant est souvent révélatrice de son désarroi. Il se peut que certaines habitudes de vie soient modifiées, par exemple :
Les enfants d'âge préscolaire peuvent adopter toute une gamme de comportements émotifs dans un court laps de temps. À ce stade, c'est généralement la colère qui révèle leur chagrin et leur détresse. Les jeunes enfants expriment couramment leur colère en frappant, en donnant des coups de pied, en lançant des objets, en pinçant les autres enfants ou en crachant sur eux. Ces manifestations de colère envers les amis ou les frères et sœurs traduisent souvent le trouble de l'enfant ou son ressen-timent face à la séparation ou au divorce.
Les peurs sont aussi un indice d'anxiété ou de tensions chez les enfants d'âge préscolaire, en particulier si elles sont causées par des événements face auxquels l'enfant était auparavant à l'aise. Les enfants d'âge préscolaire qui sont perturbés peuvent également témoigner de la tristesse, se replier sur eux-mêmes ou manquer d'énergie.
Vous devez cependant vous rappeler que beaucoup de ces sentiments et de ces réactions peuvent être simplement liés à l'évolution normale de l'enfant. Ils ne sont pas, en soi, un indice de problème. Il y a toutefois lieu de s'inquiéter si leur intensité est inhabituelle, s'ils durent très longtemps et entravent de façon notable la vie de l'enfant.
Vous pouvez aider votre enfant d'âge préscolaire à s'adapter à la sépa-ration et au divorce en éliminant ou en réduisant les événements qui le perturbent, en le rassurant et en veillant à sa stabilité et à son bien-être. En permettant régulièrement à votre enfant d'exprimer ses sentiments, ses craintes et ses fantasmes, vous l'aidez du même souffle à surmonter les événements qui sont, chez lui, générateurs d'anxiété. Vous devez, pour ce faire, être à l'écoute de votre enfant et être attentif à ses réactions. Vous devez en outre communiquer avec votre enfant avec attention et compréhension.
Le fait pour un enfant de savoir avec certitude qui le gardera et à quel endroit lui procure un sentiment de stabilité et de sécurité. Vous devez veiller à :
Dans la mesure du possible, il serait bon que votre enfant ne change pas de service de garde, du moins pendant la crise initiale qui accompagne la séparation et le divorce. La familiarité de la routine est une source de sécurité pour l'enfant. Tout bouleversement de leur horaire dérange les enfants d'âge préscolaire. S'il est inévitable ou nécessaire de modifier la routine quotidienne, vous devez expliquer les raisons de ce changement.
Vous aiderez votre enfant d'âge préscolaire à s'adapter à un nouveau lieu de garde si vous vous y rendez avec lui au préalable.
À cet âge, les enfants nouent des liens et des amitiés à l'extérieur du foyer, mais leur famille demeure le point d'ancrage de leur vie. Comme les enfants plus jeunes, ils ont besoin de passer du temps avec leurs deux parents ou avec des modèles de comportement des deux sexes. La relation avec le parent visiteur acquiert une grande importance dans la vie de l'enfant de cet âge.
Les enfants du premier cycle du primaire commencent à compren-dre qu'ils ne sont pas liés aux conflits qui opposent leurs parents. Ils continuent malgré tout de construire leur propre image à partir de l'idée qu'ils se font de leurs parents ou de la façon dont les autres gens perçoi-vent ces derniers. En effet, les enfants de cet âge deviennent très sensibles à la manière dont les autres peuvent les voir ou les juger.
Avoir recours au déni, cela signifie, en termes simples, refuser de s'avouer à soi-même que l'on a du chagrin ou que quelque chose ne va pas pour le mieux. Chez les enfants de cet âge, le déni constitue une réaction typique à la séparation et au divorce. Il arrive aussi que ces enfants se montrent colériques, irritables et bagarreurs avec leurs frères et sœurs ou leurs camarades de classe, ou qu'ils soient entêtés et peu coopératifs à la maison. Ces mécanismes leur permettent de se mettre temporairement à l'abri de la souffrance psychologique, mais ni le déni ni la colère ne constituent une défense efficace à long terme. Le déni empêche l'enfant d'accepter et de surmonter une situation difficile, tandis que la colère complique ses rapports avec les adultes et avec ses pairs, tant à la maison qu'à l'école. Enfin, aucun de ces mécanismes de défense n'aide l'enfant à échapper à la tristesse.
Les maux de tête et les maux de ventre inexpliqués peuvent être une manifestation de colère ou d'anxiété. Dans certains cas, la peur et l'anxiété ne sont pas rattachées à un événement ni à un objet précis et se traduisent par des habitudes nerveuses, comme se ronger les ongles.
Les enfants du premier cycle du primaire apprennent à jongler avec des idées complexes. Ils sont donc capables de faire des projections dans l'avenir. C'est ainsi que les enfants dont les parents ont divorcé sont plus susceptibles d'élaborer des fantasmes, comme d'imaginer que le parent avec qui ils vivent les abandonne. Ce type de fantasme est terrifiant pour l'enfant et il aggrave son désarroi face à la séparation et au divorce. Si le parent se remarie, l'enfant de cet âge risque de craindre d'être remplacé par un nouveau bébé.
Les enfants du premier cycle du primaire ont une plus grande compré-hension de la place qu'ils occupent dans la famille et de celle qu'occupe la famille dans la société. Par conséquent, leur identité demeure solidement liée au fait d'appartenir à une famille. Non seulement la relation particulière qu'ils entretiennent avec chacun de leurs parents est impor-tante à leurs yeux, mais ils commencent à se reposer sur la cellule familiale et à y être attachés. La séparation et le divorce viennent boule-verser ce sentiment d'appartenance à la famille qui est si important chez l'enfant de cet âge.
Chez les jeunes enfants du primaire, le processus de la séparation et du divorce est surtout marqué par de profonds sentiments de perte et de tristesse qui peuvent être suscités par :
Chez les enfants du premier cycle du primaire, comme chez les enfants de tous âges, les conflits intenses ou de longue durée entre les parents qui se séparent constituent une importante source de stress. À ce stade de leur développement, les enfants sont particulièrement sujets à élaborer des fantasmes sur ce qui pourrait se produire quand leurs parents se mettent en colère et ils craignent souvent d'être à l'origine des problèmes conjugaux de leurs parents.
Le jeune enfant du primaire souhaite aider ses parents en difficulté. Le fait de sentir qu'un parent a besoin de lui donne à l'enfant le sentiment d'être grand, d'être important et d'être aimé. Néanmoins, l'enfant souhaiterait en même temps retrouver le parent tel qu'il était auparavant afin que ce dernier puisse prendre de nouveau soin de lui. L'enfant qui est obligé d'assumer de trop lourdes responsabilités de « maternage » envers ses parents se voit privé de bon nombre d'heures de plaisir, d'insouciance et de légèreté propres à l'enfance. Il risque de devenir un « petit adulte » qui se sent responsable des autres et est incapable de se laisser aller à s'amuser.
Si les parents parlent clairement et simplement avec leurs jeunes enfants du primaire, ils les aideront à s'adapter à la séparation et au divorce. La communication indirecte peut également se révéler utile - les histoires mettant en scène d'autres enfants qui ont surmonté le divorce peuvent aider votre enfant à découvrir comment certains enfants s'adaptent et à se rendre compte qu'il n'est pas seul. (Pour plus d'information).
Informez votre enfant des raisons de la séparation ou du divorce, en ayant recours à une approche et à des termes adaptés à son âge. Dans certains cas, il n'est peut-être pas sage de préciser les raisons de façon trop directe ou de donner tous les détails. Répétez-lui encore et encore qu'il n'est pas responsable du divorce.
Un grand nombre de parents hésitent à aborder le sujet pour la première fois avec leur enfant, parce qu'ils ne veulent pas le faire souf-frir. Mais une certaine souffrance est parfois inévitable. Il est possible que les enfants soient déjà attristés et perturbés par les disputes entre les parents et le climat général de stress et de tension qui règne au foyer. Ils se sentiront peut-être soulagés de savoir ce qui se passe vraiment et ce qui va leur arriver.
Le premier entretien est l'occasion pour vous d'assumer la respon-sabilité des problèmes. Il permet à votre enfant de savoir à quoi s'attendre et d'apprendre avec soulagement que les disputes pourraient prendre fin.
Les enfants ont besoin de savoir exactement ce qui leur arrivera. Il importe de leur donner le plus d'information possible. Ils voudront savoir :
Lorsqu'un changement d'école est inévitable, assurez-vous que vos enfants auront le loisir de se familiariser avec la nouvelle école avant de commencer à la fréquenter. Si l'un des parents doit déménager dans une autre ville, laissez à vos enfants tout le temps nécessaire pour qu'ils s'ajustent à ce nouveau changement dans leur vie.
Pour un enfant du premier cycle du primaire, il est particulièrement important d'avoir l'occasion de faire part de ses sentiments et de poser des questions sur la séparation et le divorce et sur l'avenir de la famille. Si malheureux et désemparé que vous soyez, vous devez oublier votre propre chagrin pour parler aux enfants. Il serait bon de leur rappeler que la plupart des enfants dont les parents divorcent éprouvent toutes sortes de sentiments et que ces sentiments sont normaux.
Demandez aux professeurs et aux autres personnes qui s'occupent de votre enfant de noter chez lui toute modification d'attitude ou de comportement. Au cours de cette période de transition, vous serez mieux en mesure d'aider votre enfant à s'adapter si vous êtes bien informé à son sujet.
Les préadolescents ont fait des progrès importants sur les plans social et affectif, ce qui contribue à accroître leur sentiment d'autonomie.
Comme ils sont plus autonomes, ils attachent une plus grande importance à tout ce qui constitue leur univers à l'extérieur du foyer. L'école, les amis et les activités de loisirs occupent une plus large place dans leur vie.
Les préadolescents comprennent de mieux en mieux les relations humaines et voient le divorce de façon réaliste. Mais le fait qu'ils com-prennent davantage ne signifie pas pour autant qu'ils aient la capacité de surmonter tout ce qu'ils traversent sur le plan affectif. Durant cette période, les enfants se créent un code personnel de valeurs morales, fondées en grande partie sur ce que leur ont appris leurs parents et d'autres adultes.
Le repli sur soi est souvent un signe d'inquiétude ou d'anxiété chez le préadolescent. À cet âge, les relations qu'il entretient avec d'autres enfants et avec des amis ont une grande influence sur son évolution socio-affective. Le refus de s'adonner à des activités à l'extérieur de l'école en compagnie d'autres enfants ou une modification du groupe d'amis sont des indices que quelque chose ne va pas.
Chez le préadolescent, les sentiments tels que le désarroi et la tristesse s'expriment souvent par la colère. Être en colère l'empêche de se sentir malheureux et vulnérable sur le plan affectif - c'est un moyen de combattre sa souffrance. Certains préadolescents se montrent agressifs, soit de façon directe, par des bagarres avec des camarades de classe et avec leurs frères et sœurs, soit par le biais d'attaques verbales dirigées contre les parents ou un seul d'entre eux. D'autres exprimeront leur colère en argumentant sans fin avec vous ou en protestant contre les règlements familiaux concernant l'heure de rentrée, l'écoute de la télévision ou l'exécution des tâches domestiques. Parfois, ce sont des problèmes physiques qui traduisent le trouble de votre préadolescent : maux de tête ou de ventre qui n'ont rien d'imaginaire et qui causent une douleur réelle.
Dans certains cas, tous les efforts d'adaptation du préadolescent visent à maintenir à tout prix de bonnes relations avec les deux parents. Il tentera par exemple de se mériter des éloges en étant excessivement attentif et serviable envers un de ses parents (ou les deux) ainsi qu'à l'école. Cette maîtrise de soi et ce souci des autres l'empêchent parfois de s'affirmer et d'acquérir une certaine force de caractère.
À cet âge, les enfants aiment à ce qu'on les traite comme des adultes; les parents doivent néanmoins résister à la tentation de les mêler à leurs problèmes d'adultes. Par exemple, il y a une grande différence entre laisser un enfant choisir la couleur qui servira à repeindre sa chambre et lui demander son avis sur une question financière. Même si les enfants de cet âge peuvent être désireux d'aider leurs parents, ils sont trop jeunes pour assumer une telle responsabilité. Sachez que les enfants qui grandissent avec la responsabilité de s'occuper de leurs parents risquent d'éprouver des difficultés plus tard sur le plan affectif. Assurez-vous que les besoins de vos enfants en cours de développement sont comblés en les encourageant à se faire des amis et à participer à des activités à l'extérieur du foyer.
Quand les parents n'hésitent pas à mêler leurs préadolescents aux conflits qui les opposent, les répercussions affectives peuvent être considérables, même à long terme, chez ces enfants comme chez les plus jeunes ou leurs aînés. Les préadolescents se trouvent coincés dans un conflit de loyauté. Ils risquent de ressentir un violent sentiment de culpa-bilité, d'infidélité et d'appréhension. Le parent qui encourage l'enfant à se mêler au conflit le place dans la position insoutenable d'avoir à choisir entre l'un ou l'autre de ses parents. Or, les enfants de cet âge ne sont pas prêts à exercer ce pouvoir ni à subir le stress qu'il entraîne.
Quand un parent commence à fréquenter un autre adulte, le préado-lescent doit accepter le fait que le parent ait moins de temps et d'énergie à lui consacrer. Il arrive souvent :
Les préadolescents élaborent des mécanismes de défense plus complexes que les plus jeunes. Il arrive ainsi que leurs angoisses s'expriment de telle façon qu'ils ne semblent ni vulnérables ni perturbés. Ils peuvent donner l'impression qu'ils sont dérangés par quelqu'un d'autre - un autre enfant, un autre membre de la famille ou un professeur - ou qu'ils ne ressentent ni désarroi ni colère. Il est parfois préférable - tout dépendant du degré de maturité de votre enfant - de ne pas vous attaquer de front à ces mécanismes de défense. Ainsi, certains enfants de 9 ans pensent et agissent comme des adolescents de 15 ans, alors que d'autres se comportent plus conformément à leur âge. Exercez votre jugement en vous fondant sur les réactions qu'a pu avoir votre préado-lescent par le passé. Si la confrontation directe des sentiments ou méca-nismes de défense de votre enfant risque d'être perçue comme une menace ou une intrusion, il serait peut-être plus prudent d'avoir recours à la communication indirecte, par exemple, en discutant des sentiments ressentis par le personnage d'un film. Voici quelques mécanismes de défense utilisés par les préadolescents :
Les parents de préadolescents croient parfois qu'il est inutile de leur donner des explications concernant la séparation et le divorce, puisqu'ils ont assez de maturité pour comprendre ce qui se passe. Certains enfants de cet âge donnent une impression de grand sérieux, mais il ne faut pas se fier aux apparences.
Au cours de ces moments difficiles, les enfants cherchent tout naturellement auprès de leurs parents la compréhension, le réconfort et le soutien dont ils ont besoin. Quand vous refusez de discuter de la séparation et du divorce, vos enfants sont privés d'un moment privilé-gié pour formuler leurs questions, exprimer leurs craintes et démêler leurs émotions. Pour expliquer la séparation et le divorce à vos préadolescents, vous pouvez procéder d'une manière qui tienne compte de leur degré de maturité. Certains préadolescents sont jeunes pour leur âge et se sentiront plus à l'aise si vous communiquez avec eux comme avec des enfants plus jeunes du primaire; d'autres réagiront mieux si vous adoptez une approche plus directe, qui convient davantage aux adolescents.
Les préadolescents ont besoin que vous exprimiez par des actes votre attachement à leur égard. Quand vous prenez le temps d'assister à des réunions d'école, à des compétitions ou à des rencontres sportives, vous démontrez à vos enfants qu'ils comptent pour vous. Vous pouvez aider vos enfants à renforcer leur confiance et leur estime de soi : encouragez-les à s'engager dans les activités scolaires, sportives ou artistiques qui les intéressent, aidez-les à se faire des amis et faites-leur savoir que vous appréciez leurs nouveaux acquis et leur maturité crois-sante.
Les parents devraient continuer à imposer des restrictions, des règlements et des heures de couvre-feu raisonnables, car les préadoles-cents ont besoin d'un cadre et d'une routine pour se sentir en sécurité. Quand les parents assouplissent les règlements parce qu'ils ressentent des sentiments de culpabilité face à la séparation et au divorce, ils s'exposent souvent à des problèmes additionnels.
D'autres adultes peuvent servir de modèles de comportement ou être les alliés des préadolescents. Vous devriez faire en sorte que vos enfants passent du temps avec d'autres adultes en qui vous avez con-fiance et qui s'intéressent à eux, par exemple, des parents, des amis de la famille, des voisins ou des enseignants.
C'est durant l'adolescence que les enfants apprennent à définir qui ils sont et qu'ils forgent leurs propres valeurs, priorités et objectifs. Ils acquièrent par ailleurs le sentiment d'appartenir à un milieu et au monde qui les entoure. Bref, les adolescents construisent leur propre identité, une identité distincte de celle de leurs parents.
Être adolescent n'est pas facile, même quand tout va pour le mieux. Les adolescents se posent beaucoup de questions auxquelles vous n'avez pas toujours les réponses. L'adolescence constitue une période de profonds bouleversements, ce qui ajoute au stress et au sentiment de confusion qu'ils ressentent. Sur le plan psychologique, les adolescents tentent de s'adapter à des changements physiques et sociaux tout en acquérant une plus grande autonomie par rapport à leurs parents. Plus que jamais, les adolescents attendent de leurs parents le soutien affec-tif, l'amour et l'orientation ferme dont ils ont besoin pour relever ces défis de taille. En dépit de leur maturité physique (et de leurs revendications passionnées d'indépendance), ils ont toujours besoin de leurs parents.
La plupart des adolescents voient leurs parents comme des êtres qui, s'ils ont des qualités, n'en ont pas moins leurs limites et leurs torts. Il est possible qu'après la séparation ou le divorce, les adolescents ne voient plus leurs parents que sous un jour défavorable. Les adolescents ont de la difficulté à comprendre comment leurs parents ont pu laisser leur relation se détériorer à ce point. Ils jugeront alors que leurs parents sont égoïstes, stupides, faibles ou cruels. Ces jugements impitoyables sont souvent confirmés lorsque l'adolescent est témoin des disputes ou du ressentiment de ses parents.
L'élément de stabilité revêt une grande importance dans la vie des adolescents en raison des bouleversements et de la confusion qui caractérisent cette période. C'est pourquoi la séparation ou le divorce des parents constitue l'une des expériences les plus pénibles que vivront les adolescents. Ils sont cependant mieux armés pour affronter ces difficultés que les plus jeunes enfants.
Quand les parents divorcent, les adolescents sont souvent confron-tés à deux types de bouleversements : ceux qui précèdent la séparation et le divorce, et ceux qui surviennent au cours même du processus. Souvent, les adolescents sont véritablement sous le choc lorsqu'ils apprennent que leurs parents se séparent. Même s'ils ont généralement eu connaissance de disputes entre leurs parents, la plupart ne peuvent imaginer que leurs parents vont vraiment divorcer. Au choc et à l'incré-dulité succèdent rapidement la colère et la tristesse. Les adolescents n'aiment pas que leur vie soit perturbée. Et ils sont souvent déçus que les parents s'avèrent impuissants à préserver l'unité familiale. Si les adolescents sont souvent en mesure de déterminer la nature de leurs sentiments, il est rare toutefois qu'ils comprennent les raisons exactes de leur colère, de leur tristesse ou de leur attitude extrêmement critique envers leurs parents.
Voici certaines des contradictions auxquelles les adolescents sont couramment confrontés :
Les adolescents doivent également surmonter d'autres difficultés. Ils voient la séparation et le divorce comme une preuve que le parent qui quitte le foyer ne les aime pas vraiment ou ne souhaite pas réellement leur compagnie. Les adolescents sont en outre particulièrement vulné-rables parce qu'ils ont suffisamment de maturité pour que les parents les utilisent, à tort, comme des « espions » ou messagers, bien qu'il arrive que les adolescents rejettent fermement ce rôle.
L'adolescent se sent parfois submergé par sa propre colère et il risque d'être sérieusement perturbé quand des affrontements graves survien-nent entre ses parents. Il lui paraît inconcevable que ses parents se soient placés eux-mêmes dans une situation aussi pénible et qu'ils se fassent autant de mal l'un à l'autre. L'adolescent qui est témoin des disputes de ses parents risque en outre de conclure qu'il est acceptable d'exprimer sa colère sans aucune retenue (ou, au contraire, que la colère devrait être dissimulée ou camouflée). L'adolescent troublé par la séparation et le divorce manifestera souvent de la colère envers ses parents, ses frères et sœurs, ses professeurs, ses amis, d'autres enfants ou s'en prendra même à des objets. Les bagarres, le vandalisme, les éclats de voix, les hurle-ments sont autant de manifestations de sa colère. Certains comportements - consommation abusive d'alcool ou de drogues, repli sur soi ou refus de participer à des activités, rendement scolaire insatisfaisant, absence aux cours, vol et mauvaises habitudes alimentaires - tradui-sent souvent de la colère, même si l'adolescent n'en est pas lui-même conscient.
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« ... Au début, je ne savais pas comment exprimer ma colère. Je ne savais pas si je devais juste en parler ou crier. Je n'avais jamais vraiment parlé du divorce avec mes amis. Je pensais que personne au monde ne pourrait vraiment comprendre. » MELISSA, 17 |
En plus de ressentir de la colère, les adolescents peuvent :
Contrairement aux enfants plus jeunes, les adolescents réagissent mieux à la nouvelle de la séparation ou du divorce si les deux parents abordent le sujet directement. Il serait bon que vous annonciez simultanément la nouvelle à l'adolescent et aux autres enfants, puis abordiez à nouveau la question en tête-à-tête avec l'adolescent. Ce dernier aura ainsi l'impres-sion que l'on reconnaît sa plus grande maturité.
Les parents doivent parler de la séparation et du divorce en termes concrets, et expliquer en quoi, selon eux, cet événement aura des réper-cussions sur la vie de tous les jours de l'adolescent. Ils peuvent insister sur la nécessité que chacun fasse preuve de patience et de compréhen-sion : tout comme les adolescents ont besoin de temps pour s'adapter, les parents n'ont pas non plus la partie facile.
En communiquant directement avec l'adolescent et en se mon-trant disposé à faire des compromis sur certains points de désaccords, on l'aidera à s'adapter aux bouleversements et à poursuivre sa croissance et son développement. Avec des adolescents, la meilleure façon de procéder consiste à doser subtilement la communication directe, les négociations qui tiennent compte de leurs besoins tout en imposant des limites raisonnables et le respect de leur autonomie croissante.
Il est généralement préférable que l'adolescent demeure à la même école, puisqu'il y a tissé un réseau d'amis. Certains de ces amis ont peut-être déjà vécu un divorce dans leur propre famille. Faites en sorte que vos adolescents voient régulièrement leurs amis afin que la séparation et le divorce ne monopolisent pas tout leur temps et toute leur énergie. Que ses parents soient ou non séparés, il est normal qu'un adolescent préfère passer du temps avec ses amis ou avec des membres de la famille élargie plutôt qu'en compagnie d'un parent. Lorsque se produit un déménage-ment dans une autre ville ou que les parents habitent loin l'un de l'autre, les adolescents devront se faire de nouveaux amis et s'adapter à des situations nouvelles, ce qui peut rendre les événements encore plus pénibles et stressants. Il leur faudra du temps pour s'ajuster.
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