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Parce que la vie continue...Aider les enfants et les adolescents à vivre la séparation et le divorce - Section 3

Être parent, c'est pour toujours : établir une relation de collaboration parentale

Vos enfants ont besoin de la présence de leurs deux parents dans leur vie. Mais lorsque le divorce est vécu avec amertume, il peut être trop pénible de continuer d'avoir des rapports avec l'autre parent. C'est l'une des raisons pour lesquelles les parents devraient pouvoir compter sur l'aide de leurs amis et d'autres réseaux de soutien pour être en mesure de faire la part des choses. N'oubliez pas que le temps aide parfois aussi panser les plaies.

Aussi difficile que puisse être la collaboration entre parents dont la relation conjugale prend fin, cette relation n'en est pas moins extrême-ment importante. Lorsqu'on a des enfants, la séparation ou le divorce met fin au mariage, pas à la famille. Votre rôle de parent se poursuit.

«Mes parents n'ont jamais aimé se parler directement. Ma mère me disait des choses que je devais aller dire à mon père. Par exemple, elle me disait : ‘ Samara, va dire à ton père que tu as besoin d'un nouveau manteau d'hiver ' et mon père répondait : ‘ Samara, dis à ta mère que les temps sont durs en ce moment et que peutêtre on pourra y penser, la semaine prochaine...»

Si vous faites face à la rupture de votre union, il importe avant tout de vous efforcer d'établir une relation de collaboration parentale qui :

  • protégera vos enfants des conflits parentaux;
  • permettra à vos enfants de nouer des liens étroits avec les deux parents;
  • créera autour de vos enfants un climat d'amour, de sécurité et de stabilité.

Protéger les enfants des conflits parentaux

La plupart des enfants font preuve de résilience et ont une forte capacité d'adaptation. S'ils se sentent entourés et aimés, ils s'adapteront à la séparation et à la réorganisation familiale. En revanche, si les enfants sont témoins de disputes continuelles entre leurs parents, qu'ils les entendent crier ou proférer des menaces, leur développement affectif pourrait en souffrir.

« ... Un bon jour, j'en ai eu vraiment assez de faire la messagère, alors j'ai dit: ‘Ça ne peut plus continuer ' et ‘Je pense qu'il est temps que vous commenciez à vous parler, tous les deux, en personne ou par téléphone. '» SAMARA, 13

Il est extrêmement important de tenir les enfants à l'écart des conflits d'adultes. Se servir de ses enfants dans le but de punir l'autre parent est très destructeur pour eux, quel que soit leur âge. Le parent qui utilise ses enfants dans l'intention de blesser l'autre parent adopte toutes sortes de comportements néfastes, tel qu'empêcher l'autre parent de voir les enfants, le montrer sous un mauvais jour ou mentir sur ses actes ou intentions. Toutes ces tactiques, sans exception, portent davan-tage atteinte à la santé et au bien-être des enfants qu'à l'autre parent.

Permettre aux enfants de nouer des liens étroits avec les deux parents

Les enfants dont les parents séparés ou divorcés demeurent tous les deux présents auprès d'eux ont tendance à mieux réagir à la séparation ou au divorce. Les mères et les pères sont importants pour les enfants; ils leur apportent soutien affectif, protection, orientation, identité sexuelle et confiance en soi et envers le monde qui les entoure. Chaque parent joue un rôle irremplaçable dans l'éducation de ses enfants. Après la séparation, l'enfant doit apprendre à établir et à maintenir une relation distincte avec chacun de ses parents.

Il n'est pas rare pour un père ou une mère de nourrir des sentiments négatifs à l'égard de l'autre parent au point qu'il ou elle estime dans l'intérêt des enfants d'empêcher l'autre personne de les voir. Si cette réaction protectrice semble d'emblée bien naturelle, il est probable toutefois qu'elle nuira à la croissance et au développement affectif des enfants. Évidemment, il est parfois recommandé d'interrompre la relation parent-enfant ou de la modifier (en présence de sévices envers l'enfant ou le parent ou de troubles psychiatriques sévères). Dans ce cas, un professionnel peut vous aider à faire les choix qui s'imposent dans le meilleur intérêt de vos enfants.

« Mes parents n'ont jamais aimé se parler directement. Ma mère me disait des choses que je devais aller dire à mon père. Par exemple, elle me disait: ‘Samara, va dire à ton père que tu as besoin d'un nouveau manteau d'hiver' et mon père répondait :‘Samara, dis à ta mère que les temps sont durs en ce moment et que peut-être on pourra y penser, la semaine prochaine...»

CERTAINS PROBLÈMES particuliers se présentent aux femmes et aux enfants qui cherchent à se sortir d'une situation d'abus ou de violence. S'efforcer d'assurer leur sécurité est primordial, bien avant l'objectif d'établir une relation de collaboration parentale. Il est plus important d'évaluer la nature dangereuse de la relation que d'encourager les parents à laisser le passé derrière eux.

Bâtir une relation de collaboration parentale : créer un climat d'amour, de sécurité et de stabilité

Remplir ensemble votre rôle de parent, cela veut dire partager la res-ponsabilité d'élever vos enfants et trouver des façons de prendre des décisions concernant leur santé, leur éducation et leur bien-être.

Si vous ne parvenez pas à vous entendre avec l'autre parent de vos enfants, essayez de penser à votre relation comme étant constituée de deux parties. Il y a la partie conjugale de la relation, celle qui a causé -et cause peut-être encore - la colère, la tristesse et l'angoisse. Et il y a l'autre partie, la relation de parent, qui se poursuivra. Il est dans l'intérêt de chacun, mais surtout dans celui de l'enfant, de s'efforcer d'y parvenir.

Pour beaucoup de parents, il peut être tout simplement trop pénible d'avoir à parler avec l'autre parent. La solution, en présence de cette situation très compréhensible, pourrait être d'établir une « relation parentale indirecte ». Cette forme d'entente permet aux parents de communiquer par lettre, par courriel ou par l'intermédiaire d'un autre adulte au lieu de se parler directement, que ce soit en personne ou par téléphone. Autre suggestion, les enfants peuvent faire le trajet entre leurs deux foyers accompagnés d'un autre adulte ou l'échange peut se faire par le biais de l'école ou de la garderie.

Plus vous serez en mesure d'établir une relation fonctionnelle et satisfaisante, mieux ce sera pour vos enfants. Efforcez-vous de :

  • respecter vos différences respectives;
  • vous concentrer sur les enfants et non pas sur ce qu'a pu faire l'autre personne durant votre mariage ou ce qu'elle continue de faire;
  • concilier vos différends en privilégiant le compromis;
  • ne pas présumer des intentions de l'autre parent ou de ses actes;
  • respecter vos ententes et vos promesses (par exemple, payer la pension alimentaire à temps ou venir chercher les enfants et les reconduire selon l'horaire convenu).

Ce qui importe avant tout, c'est de vous rappeler que vous collaborez par amour pour vos enfants. Continuez de tenir les conflits loin des oreilles et des yeux de vos enfants. Avec le temps, votre relation avec l'autre parent deviendra peut-être plus facile et vous pourriez même vous découvrir mutuellement sous un tout autre jour.

La manière dont les parents doivent s'y prendre pour conclure une entente sur le partage de leurs responsabilités (souvent appelée plan de partage des responsabilités parentales) dépend largement de la situation particulière de chacun. Dans certaines familles, les conflits sont plus intenses qu'ailleurs. Dans ce cas, il peut être difficile et même dange-reux pour les parents de communiquer directement. En revanche, dans les familles où les conflits sont moins graves, les parents peuvent s'asseoir ensemble et discuter des problèmes par eux-mêmes. Dans la plupart des cas, peu importe l'intensité des querelles, l'ampleur des conflits diminue avec le temps.

L'un des meilleurs moyens d'établir et de maintenir une bonne relation de collaboration parentale est d'élaborer un plan écrit. Un plan sur lequel s'entendent les deux parents présente en effet bien des avan-tages et permet de veiller à ce que l'enfant bénéficie des soins voulus de la part de ses deux parents. Une entente écrite dans laquelle sont préci-sées les décisions et les intentions liées aux responsabilités contribue à éviter les présomptions et à prévenir les malentendus. Par ailleurs, les déplacements des enfants d'un foyer à l'autre exigent beaucoup de planification et d'organisation. Par exemple, votre enfant insiste pour emporter ses poissons avec lui ou a besoin d'un uniforme propre pour la rencontre sportive du lendemain. Ces petits détails demandent une certaine planification. Le fait d'être organisé peut réduire le risque de disputes avec votre ex-conjoint au sujet de petites choses. (L'encadré des pages suivantes décrit le rôle des médiateurs familiaux en ce qui concerne notamment l'élaboration d'un plan de partage des responsa-bilités parentales).

Quelle que soit la situation dans laquelle vous vous trouvez, il existe plusieurs options pour la résolution de conflits. Consultez la section « Ressources » pour savoir comment rejoindre les thérapeutes, médiateurs familiaux et avocats en droit familial qui peuvent vous aider à choisir les meilleures avenues à emprunter en fonction de votre situation particulière.

Qu'est-ce que la médiation familiale ?

La médiation familiale est un processus qui vise à aider les parents à résoudre leurs problèmes et à établir un plan de partage des responsabilités parentales à l'amiable. Ce processus vous donne le pouvoir de prendre vos propres décisions et de concilier vos différends. La médiation n'est concluante que lorsque les deux parents sont prêts à faire des compromis. La médiation peut vous aider à :

  • séparer votre rôle de conjoint de votre rôle de parent;
  • veiller aux besoins de vos enfants;
  • vous concentrer sur le présent et non sur le passé;
  • explorer diverses options pour résoudre vos différends;
  • conclure une entente sur un plan de partage des responsabilités parentales ou d'autres questions ayant trait à la façon d'élever les enfants.

La médiation est une option intéressante quand vous êtes tous deux résolus à travailler ensemble à la conclusion d'un accord équitable qui protège le mieux possible les intérêts des enfants. Elle ne convient toutefois pas aux familles confrontées à des problèmes de violence, de négligence ou de mauvais traitements envers les enfants, d'abus chronique de drogues ou d'alcool ou lorsque l'un des parents ou les deux souffrent de troubles psychiatriques sévères.

Dans le cadre de la médiation, un professionnel neutre vous aide à établir un plan qui permettra de prévoir comment partager la responsabilité de vos enfants et prendre des décisions à leur sujet après la séparation ou le divorce. Une solution qui vous satisfait tous deux est en effet généralement préférable à une solution imposée de l'extérieur, par un juge notamment. Plutôt que de vous dresser l'un contre l'autre, la médiation mise sur la volonté des deux parents de veiller ensemble au bonheur de leurs enfants.

La médiation exige un effort considérable. Négocier avec un ex-conjoint en pleine période de crise peut paraître une tâche surhumaine. Une telle démarche contribue toutefois à diminuer les conflits à venir et à s'assurer que les discussions demeurent axées sur le meilleur intérêt de l'enfant.

Le rôle du médiateur

Un avocat ou un professionnel de la santé mentale ayant une formation particulière dans le domaine de la médiation familiale peut remplir le rôle de médiateur. Il incombe au médiateur de guider le processus de réorganisation de la vie familiale et de prise de décisions, sans prendre parti pour l'un ou l'autre des ex-conjoints ni prendre de décisions lui-même. Bien que le médiateur doive être familier avec la dynamique familiale, le développement de l'enfant, la gestion des conflits et la loi, son rôle ne consiste pas à donner des conseils juridiques, ni à rédiger un contrat, ni à mener une thérapie. Le médiateur est plutôt là pour vous aider à peser les avantages et les inconvénients des diverses options possibles, dans un esprit de coopération. Le médiateur n'exerce aucune pression visant à infléchir la position que vous adoptez chacun de votre côté, mais il vous invite à faire part de ce que vous êtes prêt à faire.

Le processus de médiation

Les principes de la médiation demeurent les mêmes, qu'il s'agisse de déterminer les responsabilités parentales ou d'aborder des questions financières, de discuter de la répartition du temps de garde ou des biens familiaux. Le médiateur vous informe de ce qu'est le divorce et vous aide à prévoir les points à aborder et les décisions à prendre. Il ou elle vous renseigne et vous aide à comprendre ce que sera votre rôle pendant et après la séparation ou le divorce.

La participation des enfants à la médiation

Les enfants (en général, ceux qui ont 5 ans ou plus) peuvent être invités à intervenir au cours de certaines étapes de la médiation. Le médiateur souhaitera, par exemple :

  • donner aux enfants et aux adolescents l'occasion d'exprimer leurs appréhensions concernant la séparation et le divorce de leurs parents (par le dessin ou la rédaction d'une lettre aux parents, notamment);
  • comprendre les besoins liés au développement de l'enfant;
  • permettre aux enfants d'exprimer leur point de vue concernant les décisions qui auront des répercussions sur leur vie. Consultez la section « Ressources » pour savoir comment trouver des services de médiation familiale dans votre région.

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