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ARCHIVÉ - Parce que la vie continue...Aider les enfants et les adolescents à vivre la séparation et le divorce - Section 2

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Aider les enfants de tous âges

Voir le divorce à travers le regard de votre enfant

Les jeunes enfants

Il est important de garder à l'esprit que la façon dont vous envisagez et vivez la situation diffère de celle dont vos enfants l'envisagent et la vivent.

Quel que soit leur âge, les enfants ont une compréhension sommaire de ce qui se passe au cours d'une séparation ou d'un divorce, de ce qu'ils ressentent et pourquoi. Toutefois, cela ne les empêche pas de tenter de se faire une idée générale de la situation. Les jeunes enfants n'ont pas la capacité de voir et de comprendre les facteurs « extérieurs ». Les jeunes enfants ne voient les choses qu'en fonction d'eux-mêmes, c'est-à-dire qu'ils se croient la cause des événements extérieurs. C'est pourquoi, bien souvent, les jeunes enfants se reprochent la séparation ou le divorce de leurs parents ou lui inventent des raisons imaginaires. Par exemple : « Si j'avais été plus sage ou si j'avais aidé papa et maman à mieux s'entendre, ils seraient encore ensemble ». Ils vont parfois même jusqu'à s'imaginer que leurs parents vont franchir le seuil de la porte pour ne plus jamais revenir. Ils ont trop peur d'en parler à qui que ce soit et croient souvent qu'ils sont les seuls au monde à ressentir cela.

La plupart des enfants sont convaincus, ou du moins espèrent, que leurs parents vont reprendre la vie commune. Leur capacité restreinte d'imaginer l'avenir les amène à se cramponner à la seule réalité qu'ils connaissent. Parfois, même les enfants qui sont victimes ou témoins de violence souhaitent sincèrement que leurs parents restent toujours ensemble. Quelles que soient les circonstances, les enfants développent des liens très forts avec leurs deux parents et une profonde loyauté envers eux.

Parce qu'ils acquièrent et construisent leur identité personnelle en observant leurs parents et en interagissant avec eux, les enfants qui sont témoins des disputes de leurs parents se sentent souvent impliqués personnellement. Il est impossible aux jeunes enfants de se dissocier de leurs parents. Pis encore, ils ont du mal à comprendre pourquoi les deux personnes qui leur sont les plus chères au monde et dont dépendent totalement leur sécurité et leur survie ne réussissent pas à s'entendre. Le simple fait de se disputer avec leurs frères et sœurs ou un ami n'a pas fait partir papa ou maman. Alors pourquoi l'un d'eux déménagerait-il à cause d'une dispute ? Les enfants ne comprennent pas qu'en raison d'une dispute, l'un des parents parte de la maison.

Lorsque les parents se disputent continuellement, les enfants se retrouvent coincés au milieu. Ils s'inquiètent d'avoir à prendre parti et voudraient plaire aux deux parents - un lourd fardeau pour un enfant.

Les préadolescents et adolescents

Les enfants de cet âge sont plus en mesure de comprendre les problèmes humains alors qu'ils font, en parallèle, l'acquisition de leur propre identité. Les préadolescents et adolescents subissent de grands change-ments au plan de leur développement. Ils éprouvent des sentiments et manifestent des besoins conflictuels; ils se sentent déchirés entre leur volonté d'indépendance, de détachement et de liberté et le besoin d'être protégés, conseillés et aimés. Si les jeunes enfants considèrent généra-lement le divorce comme étant l'ennemi, les préadolescents et adolescents ont tendance à tenir leurs parents responsables de la situation. Souvent, ils réagissent avec colère à l'annonce de la séparation ou du divorce de leurs parents; les plus âgés en viendront même parfois à remettre en question leur propre capacité de nouer des relations solides.

« Ils se disputaient très souvent, j'étais très jeune et je ne savais pas vraiment ce qui se passait, alors je pensais que c'était de ma faute. Je m'assoyais dans ma chambre en me demandant quoi faire. J'ai toujours cru, au fond de moi, que tout était de ma faute. » LAUREN, 13

Il faut savoir que l'expérience émotionnelle de la colère est commune à tous les enfants, comme chez les adultes d'ailleurs. Seulement, les enfants, les préadolescents et les adolescents l'expriment différem-ment. Au cœur de la colère réside l'expérience de la douleur.

Parler à vos enfants de la séparation et du divorce

Parler à vos enfants de la séparation et du divorce est sans doute l'un des moments les plus difficiles et les plus bouleversants du processus. Or, la manière dont les parents abordent cette étape cruciale détermine souvent le déroulement futur des discussions tout comme elle influence la capacité de confiance dont les enfants feront preuve dans l'avenir.

L'annonce de la séparation ou du divorce provoque chez les enfants diverses réactions, qui vont de la confusion au choc, en passant par la peur, la tristesse, la colère et la culpabilité. Vos enfants voudront s'assurer que vous ne les abandonnerez pas, ni sur le plan physique ni sur le plan affectif.

Prenez le temps d'aborder la question de manière posée et réfléchie. Efforcez-vous avant toute chose de créer un environnement sûr pour ces entretiens avec vos enfants. Par exemple, s'il y a trop de différends entre les parents, il est préférable qu'un seul d'entre eux explique la situation. Voici quelques suggestions pratiques :

  • Déterminez à l'avance le moment et le lieu propices à un tel entretien. Choisissez un endroit où vos enfants se sentiront à l'aise. Il serait bon de prévoir des entretiens séparés avec chacun de vos enfants, surtout si leur différence d'âge est grande. Leur compréhension de la situation ainsi que leur réaction seront tout à fait différentes.
  • Ayez en tête que, pour la plupart des enfants, plusieurs courts entre-tiens valent mieux qu'une longue conversation au cours de laquelle vous leur transmettez tous les renseignements d'un seul coup.
  • Quand la situation le permet, il serait préférable d'être ensemble lors-que vous annoncerez la nouvelle à vos enfants. Cela les rassurera sur le fait qu'ils ne seront pas abandonnés et que vous coopérerez face à leur avenir.
  • N'attendez pas à la dernière minute pour parler de la séparation. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, retarder l'annonce ne met pas pour autant les enfants à l'abri de l'anxiété.
  • Expliquez les raisons de la séparation en termes généraux. N'oubliez pas d'adapter vos explications à l'âge et au stade de développement de votre enfant. Si vous ne donnez pas les motifs de la séparation, les jeunes enfants risquent de s'en croire responsables. Il faut dire aux enfants qu'ils ne sont pas en cause. Autrement dit, leur faire compren-dre qu'il s'agit d'un problème d'adultes : « Papa et maman ne trouvent pas de solution pour régler leurs problèmes ou arranger les choses. Nous avons fait des erreurs et nous sommes désolés de vous causer du chagrin. »
  • Préparez à l'avance ce que vous allez dire. Ce qui importe par-dessus tout, c'est d'être sincère. Voici quelques suggestions qui pourront vous être utiles, selon les circonstances :
    • « La séparation, c'est une affaire de grandes personnes. Ce n'est pas toi qui es responsable. C'est notre problème à nous et nous allons le régler. »
    • « Je/nous savons que tu peux trouver injuste que ces problèmes te causent du chagrin et te rendent malheureux. Je/nous aimerions nous aussi que les choses se passent autrement, mais ce n'est pas possible et nous allons tous faire de notre mieux pour accepter la réorganisation de la famille. »
    • « Nous ne vivrons plus ensemble, mais nous continuerons tous les deux de t'aimer même si nous n'habitons plus dans la même maison. »
    • « Tu feras toujours partie d'une famille. »
    • « Je/nous aimerions que tu dises ce que tu penses et ce que tu ressens. Tu as le droit d'être inquiet, d'être en colère et d'avoir de la peine. Je/nous comprenons, parce que les grandes personnes ressentent aussi les mêmes choses. »

Faites en sorte que vos enfants aient souvent la possibilité de poser des questions et d'exprimer leurs pensées et leurs émotions. Parce que les jeunes enfants ont parfois peur de poser des questions ou n'ont pas encore assez d'expérience pour exprimer leurs idées, vous pouvez soulever certaines questions qu'ils pourraient avoir à l'esprit. S'ils ne parlent pas durant la discussion, souvenez-vous que les enfants ont besoin de temps pour digérer l'information. Soyez préparé à revenir sur la discussion et faites-leur savoir que vous êtes disposé à en parler aussi souvent qu'ils le veulent ou en ont besoin.

Certains enfants auront déjà pressenti la rupture, mais d'autres seront complètement abasourdis par cette nouvelle. Les enfants ont besoin de temps pour s'adapter. Si certains sont soulagés que les choses éclatent au grand jour, ils n'en demeurent pas moins vulnérables et anxieux. Au début, certains enfants - et ce, quel que soit leur âge -ne peuvent concevoir la vie sans la présence de leurs deux parents sous le même toit, quelque tendue ou difficile qu'ait pu être la vie familiale. Devant le chagrin de leurs enfants ou adolescents, les parents doivent s'armer de patience.

Les adolescents présentent l'avantage d'avoir plus de maturité et une plus grande compréhension des relations humaines. Cette plus grande compréhension les rend toutefois conscients de la réorganisa-tion qui va en résulter, que ce soit à la maison, à l'école ou dans leur vie sociale en général. C'est pourquoi les préadolescents et adolescents s'inquiéteront des conséquences de la séparation et du divorce sur eux-mêmes, dans l'immédiat et dans l'avenir. Vous pouvez les aider en les encourageant à parler de leurs sentiments, à exprimer leurs déceptions et leurs craintes et en écoutant ce qu'ils ont à dire sur la façon de composer avec les changements susceptibles de se produire.

Vous serez surpris par l'ampleur du chagrin que l'annonce de la séparation ou du divorce peut causer à vos enfants. Certains enfants en seront profondément chagrinés. Il peut être très pénible et bouleversant d'avoir à y faire face. Être un parent aimant implique qu'il y aura des moments où vous vous sentirez coupable. Il est important, néanmoins, de ne pas vous laisser aller à croire des choses telles que : « J'aurais pu faire plus ». Il est tout à fait naturel pour un parent de toujours vouloir ce qu'il y a de mieux pour ses enfants, mais se laisser envahir par la culpabilité n'est généralement ni dans votre intérêt ni dans le leur. La culpabilité peut alimenter des sentiments de perte et de tristesse déjà exacerbés, voire générer des pensées autodestructrices. En outre, le sentiment de culpabilité peut nous amener à être sur la défensive et à nous fermer aux autres.

Communiquer efficacement avec les enfants, les préadolescents et les adolescents

Communiquer avec vos enfants vous permet de leur donner confiance et de leur apporter le sentiment qu'ils sont en sécurité et que vous veillez à leurs besoins. Voici quelques suggestions destinées à vous aider à communiquer plus efficacement avec vos enfants.

Soyez attentif aux signes et recherchez les indices. Les enfants et les adultes communiquent différemment. Les enfants n'ont pas la maturité affective et intellectuelle qui leur permet de s'exprimer seulement avec des mots. Souvent, les jeunes enfants expriment leurs pensées profondes en jouant, dessinant, écrivant ou construisant. Si vous êtes attentif, vous apprendrez à reconnaître et à comprendre le sens des activités, des mimiques et du langage corporel de vos enfants.

Sachez bien écouter. « L'écoute active » est une technique que vous pouvez apprendre afin de communiquer plus efficacement avec des adultes comme avec vos jeunes enfants. La reformulation, par exemple (c'est-à-dire répéter lentement les paroles de votre enfant avec des mots sensiblement différents), vous permet de rassurer les enfants sur le fait qu'ils sont entendus et compris. L'écoute active aide aussi les enfants à nommer leurs sentiments. En reformulant les paroles de votre enfant, vous pouvez «mettre des mots » sur ses sentiments, par exemple : «On dirait que tu te sens frustré/que tu es en colère/que tu as peur ».

Renforcez leur compréhension au fil du temps. Les enfants sont en mesure de mieux comprendre une situation à mesure qu'ils grandissent et qu'ils acquièrent de nouvelles compétences intellectuelles. N'hésitez pas à revenir sur certains sujets et à en reparler.

Laissez vos enfants et adolescents exprimer leurs points de vue au sujet des questions qui les concernent. Vous êtes la personne en charge, pas vos enfants. Mais être un bon parent requiert d'écouter ses enfants et de les laisser faire les choix appropriés de sorte qu'ils ne se sentent pas toujours dépourvus de moyens. Encouragez-les autant que possible à exprimer leurs besoins et leurs opinions et à participer aux décisions familiales qui concernent les activités récréatives, les vacances, les occasions spéciales ou les vêtements, par exemple. Il y a évidemment une marge entre permettre à un enfant de faire des choix au sujet des activités quotidiennes et le placer dans une position où il doit prendre des décisions d'adultes. Les enfants ont besoin de savoir qu'ils ont la possibilité d'exprimer leur point de vue au sujet des décisions d'adultes qui les touchent de près.

Pratiquez la communication indirecte avec les jeunes enfants. La communication indirecte est un outil merveilleux qui peut faciliter les échanges entre parents et enfants. Beaucoup de parents utilisent instinctivement la communication indirecte lorsqu'ils doivent expliquer à leurs enfants des idées complexes ou obscures. Les livres, les contes, les marionnettes, les poupées, les figurines articulées, le dessin sont autant de moyens susceptibles d'aider les enfants à exprimer ou à mettre en scène leurs sentiments. Les parents utiliseront l'un ou l'autre de ces outils selon qu'ils se sentent eux-mêmes plus ou moins à l'aise avec l'un d'eux et selon l'âge et les intérêts de leur enfant.

Raconter à votre enfant une histoire dont l'un des personnages vit une situation semblable à la sienne constitue un moyen efficace d'amorcer la communication indirecte. Un tel récit sera d'autant plus efficace que les personnages éprouvent des appréhensions et des craintes analogues à celles de l'enfant. Le parent racontera, par exemple, une histoire mettant en scène un enfant qui se sent triste parce qu'il ne peut plus embrasser à la fois son papa et sa maman avant d'aller au lit. « Comment crois-tu qu'il se sent, le petit garçon de l'histoire ? » demande ensuite le parent. L'enfant peut alors en profiter pour exprimer ses propres sentiments. Cette façon de procéder est particulièrement utile quand parents et enfants ont de la difficulté à exprimer leurs sentiments.

La communication indirecte peut vous aider à :

  • donner à vos enfants l'occasion d'exprimer leurs émotions, sans crainte de vous fâcher ou de vous décevoir;
  • faire constater à vos enfants que d'autres vivent la même situation qu'eux;
  • percer à jour les sentiments de vos enfants;
  • renforcer le climat de complicité et de compréhension entre vous et vos enfants;
  • donner à vos enfants des exemples de bonnes stratégies d'adaptation.

Communiquez de façon directe avec les préadolescents et les adolescents. Les préadolescents et les adolescents veulent être respectés pour leur maturité croissante et leurs opinions. Lorsqu'on s'adresse à des enfants plus âgés comme à de jeunes enfants, il y a de fortes chances qu'ils se sentent insultés - tout comme vous le seriez d'ailleurs. Il est de loin préférable d'être direct avec les préadolescents et les adolescents en évitant de leur faire la morale ou d'éluder la question. Mais n'oubliez pas que vous connaissez vos enfants mieux que quiconque. Fiez-vous à votre jugement.

Les préadolescents et les adolescents veulent pouvoir s'exprimer sur les choses qu'ils considèrent importantes. Il n'est pas toujours aisé de communiquer avec des adolescents, mais vous pouvez leur donner la chance d'exprimer leurs pensées et leurs sentiments. À ce stade de leur développement, ils éprouvent un urgent besoin d'indépendance et veulent qu'on les traite comme des personnes à part entière, et cela peut donner lieu à bien des disputes. Certains parents choisissent d'être conciliants à certains égards, notamment ce que porte leur adolescent pour aller à l'école, alors que l'heure du coucher ne sera pas négociable.

La communication directe ne devrait toutefois pas empêcher d'éviter de mêler les enfants à des problèmes d'adultes. Même si vos préadolescents ou adolescents pourraient être tentés de vous épauler ou de vous conseiller, ne leur faites pas jouer ce rôle. Partagez vos réflexions et sentiments sur la séparation et le divorce avec d'autres adultes.

Préserver le réseau naturel d'entraide de votre enfant

Le réseau naturel d'entraide d'un enfant lui procure un lieu d'apparte-nance. Ce réseau comprend la famille, la garderie, l'école et les amis -les personnes et les lieux avec lesquels l'enfant est en contact et qui l'influencent presque quotidiennement durant les premières années de sa vie.

Les grands-parents, les autres membres de la famille élargie et les amis sont très importants pour les enfants, en particulier s'ils ont déjà noué des liens étroits avec eux. S'ils évitent de prendre ouvertement le parti de l'un des parents, les proches peuvent être une source de stabi-lité affective et avoir une grande influence sur les enfants. Les grands-parents, les oncles et les tantes peuvent aider les enfants en demeurant en contact avec eux, en passant du temps seuls en leur compagnie et leur assurant qu'ils ne sont pas responsables du divorce de leurs parents. Les préadolescents et les adolescents, en particulier, ont besoin de contacts réguliers avec leurs amis, que ce soit en parlant au téléphone ou en passant du temps avec eux durant les heures d'école ou lors d'activités parascolaires.

Les professeurs et le personnel de garde devraient être avisés lorsqu'il y a séparation ou changement d'adresse. Il est très important de leur laisser savoir qui viendra prendre l'enfant et à quel moment, et qui appeler en cas d'urgence. Les professeurs et les éducateurs de garderie jouent un rôle de premier plan, puisqu'ils passent beaucoup de temps auprès de l'enfant. Ils peuvent contribuer à lui fournir un milieu stable et un horaire de vie rassurant. Ils peuvent aussi l'aider à comprendre qu'il n'est pas seul et que d'autres enfants font également l'expérience de la séparation et du divorce. Une bonne communication entre les professeurs, les gardiennes et gardiens et les parents peut aider l'enfant à s'adapter aux bouleversements que la séparation ou le divorce occa-sionne dans sa vie. Ils peuvent être des alliés importants en vous informant des changements de comportement de votre enfant. Souvent l'enfant n'exprime pas ses sentiments de manière directe, mais le professeur peut remarquer des signes qui indiquent que quelque chose ne va pas.

Ce que les parents peuvent faire pour aider les enfants, quel que soit leur âge

  • Les enfants ont besoin de savoir à quel point leurs parents les aiment. Soyez démonstratif - montrez votre affection par des mots et des actes.
  • Créez un environnement où les enfants sont protégés des conflits (par exemple, évitez de vous disputer en leur présence).
  • Ne mêlez pas les enfants aux problèmes d'adultes.
  • Incitez vos enfants à exprimer leurs sentiments.
  • Jouez avec les enfants. Le jeu est littéralement le «Ê laboratoireÊ » de l'enfance. À tous les stades du développement, jouer seul ou avec des adultes ou des amis aide les enfants à acquérir des habiletés sur le plan affectif, intellectuel et social.
  • Évitez de parler de l'autre parent en termes défavorables.
  • Passez du temps seul avec chacun de vos enfants, ne serait-ce que quelques minutes.
  • Faites en sorte que la vie soit la plus structurée et la plus régulière possible.
  • Veillez à ce que les enfants aient l'occasion de fréquenter les membres de la famille élargie et leurs amis.
  • Restez en contact avec le personnel de garde et le professeur de votre enfant. La plupart d'entre eux apprécieront vos commentaires et votre présence et seront ravis de partager leurs impressions et leurs idées. Ils constituent également une excellente source d'information sur le développement de l'enfant et les services communautaires.
  • Fixez des règles et des limites raisonnables en ce qui touche la conduite de vos enfants, selon le stade de développement de chacun.
  • Si vous faites des promesses à vos enfants, tenez-les.
  • Prenez soin de vous-même. Vos enfants comptent sur vous.

Quand solliciter de l'aide pour vous et votre enfant

Certaines situations exigent une aide professionnelle. En tant que parent, il est important d'aller chercher de l'aide lorsque vous composez mal avec le flot de demandes ou que vous vivez une situation de violence, d'abus de drogues ou d'alcool ou que votre enfant donne des signes de détresse. Certaines écoles comptent un conseiller parmi leur personnel ou bénéficient des services à temps partiel d'un psychologue ou d'un travailleur social. Les parents et les professeurs ne devraient pas hésiter à faire appel à ces personnes pour obtenir des conseils et de l'information. Pour en savoir plus sur l'aide professionnelle et où la trouver, consultez la section « Ressources ».

La violence au foyer

Parfois, la séparation et le divorce augmentent la probabilité de violence au foyer, même dans les familles où elle n'a jamais eu lieu auparavant. Pour les femmes et les enfants qui cherchent à quitter un milieu familial violent, la période qui suit la séparation est souvent caractérisée par une intensification des actes de violence. Les victimes doivent avant tout trouver un lieu sûr où se réfugier et concevoir un plan précis destiné à les mettre hors de danger à plus long terme. Les centres d'hébergement pour femmes victimes de violence peuvent vous aider durant cette période de transition.

« On ressent toutes sortes de choses bizarres. Des sentiments qu'on n'a jamais eus avant. Tout le monde dit qu'on n'y est pour rien, mais parfois, on doute. » ANDREW, 14

Chez les enfants et les adolescents, les effets de la violence fami-liale sont dévastateurs et modifient leur comportement habituel. La plupart sont effrayés, bouleversés et éprouvent de la colère. Même lorsque vos enfants paraissent s'en sortir sans trop de mal, ils ont besoin de plus de soins et d'attention.

Quel que soit leur âge, les enfants provenant d'un milieu familial violent risquent davantage de manifester des problèmes de comportement et de développement. Souvent, ils souffrent d'anxiété et de dépres-sion et affichent un comportement plus agressif, antisocial, refoulé ou inquiet. Même s'ils ne sont pas agressés directement, les enfants témoins de violence subissent de la violence émotionnelle. Ils manifestent les mêmes symptômes que les enfants agressés physiquement.

Les enfants qui sont témoins de violence à la maison manifestent souvent une peur persistante pour leur propre sécurité comme pour celle de leurs frères et sœurs et du parent battu. Ils tendent à se repro-cher leur incapacité de mettre fin à la violence entre leurs parents (par exemple, en se comportant mieux). Chez ces enfants, l'impression qu'ils sont à blâmer, de même que les sentiments de culpabilité, de colère ou encore la peur d'être différents des autres enfants peuvent être plus marqués. Ils ont besoin d'aide pour comprendre qu'ils n'ont pas causé la violence et n'auraient pu l'empêcher. Ils doivent savoir qu'ils ont le droit d'éprouver de la colère et de la tristesse en raison des pertes engendrées par cette situation de violence.

Il y a plusieurs choses que vous pouvez faire pour aider vos enfants à faire face à la violence familiale :

  • leur dire et redire que vous les aimez;
  • leur en dire le plus possible sur la situation sans recourir au taxage;
  • les écouter lorsqu'ils expriment leurs sentiments, leur confirmer qu'il n'y a pas de mal à ressentir ces choses et leur faire part de certains de vos sentiments;
  • ne pas craindre d'imposer des limites, d'une manière ferme et aimante à la fois;
  • prendre un peu de temps chaque jour pour vous amuser avec eux;
  • les encourager à se faire des amis et à participer à des activités dès que vous êtes réinstallés;
  • leur permettre d'être dépendants - ils ont besoin de pouvoir compter sur vous;
  • leur expliquer clairement que personne ne mérite d'être maltraité et que toute forme de violence est inacceptable;
  • leur dire que vous aussi avez besoin d'avoir des amis et d'être seul de temps à autre.

Tous les parents devraient pouvoir reconnaître les signes qui indiquent qu'un enfant est maltraité. Les parents dont les enfants sont violentés ou qui le soupçonnent devraient aller chercher de l'aide. Vous pouvez communiquer avec les services de protection de l'enfance de votre région ou demander conseil auprès d'un centre de ressources pour la famille. Même les enfants qui n'ont pas subi de sévices, mais qui sont néanmoins exposés à la violence familiale pourraient avoir besoin d'aide. Les services de counseling et de soutien pour vous et pour vos enfants peuvent vous aider à surmonter cette situation difficile. Vous trouverez de l'information sur les sources de soutien et d'information aux pages 82-83 de la section « Ressources ».

Rappelez-vous que vous avez fait des choix positifs pour vous-même et vos enfants. Reconnaissez tout le courage et la force dont vous avez fait preuve.

L'enfant qui vit l'abandon

L'abandon peut se manifester sous plusieurs formes : le parent qui part et refuse de rester en contact avec l'enfant, le parent absent qui commu-nique rarement ou passe peu de temps avec l'enfant et le parent qui disparaît peu à peu de la vie de l'enfant au fil du temps.

Les enfants abandonnés par un parent peuvent éprouver de graves difficultés. Souvent, ils vivent le rejet de manière accablante. L'idée que l'un de leurs parents ne les aime plus, ne veut plus d'eux ou ne s'inté-resse plus à eux peut ravager l'estime de soi, de même que la capacité future de construire des relations saines et aimantes. L'enfant abandonné peut vivre un sentiment d'intense nostalgie à l'égard du parent absent et son développement s'en verra perturbé.

Les enfants abandonnés ont besoin qu'on leur garantisse :

  • qu'ils n'ont pas causé le départ du parent;
  • qu'ils sont aimés profondément et dignes de cet amour;
  • que les adultes ont parfois du mal à interagir avec les autres et que cela les pousse parfois à faire les mauvais choix.

La plupart des enfants qui ont vécu l'abandon d'un parent gagneront à fréquenter d'autres adultes qui peuvent leur servir de modèles et leur offrir le type d'expérience qu'ils auraient partagée avec le parent absent.

L'enfant en détresse

Souvent, les enfants réagissent au stress par une régression de leur comportement. Lorsque de tels comportements persistent ou s'il devient évident que votre enfant ne s'adapte pas à la situation, il est temps d'aller chercher de l'aide.

Il existe des signes qui révèlent qu'un enfant a des problèmes : l'anxiété, la tristesse, la dépression, les troubles de l'alimentation ou du sommeil, les problèmes à l'école, un comportement anormalement agressif, la consommation abusive de drogues ou d'alcool, le refus de se joindre à la famille et aux amis ou tout autre problème persistant inhabituel. N'hésitez pas à solliciter de l'aide si vous remarquez qu'un problème persiste et empire avec le temps. Certains parents soupçon-nent que leur enfant a subi des sévices sexuels si celui-ci se fait des attouchements ou se caresse. Il est normal que les jeunes enfants explorent leur corps et se consolent en se caressant les parties génitales. Cependant, si ce comportement persiste ou vous inquiète, n'hésitez pas en discuter avec votre médecin de famille.

Si votre enfant refuse de passer du temps avec l'autre parent ou même de le voir, ce comportement signifie quelque chose. Puisque l'enfant ne dispose pas des mêmes outils que l'adulte pour affronter le conflit et la douleur, il peut réagir en excluant un parent. L'enfant et le parent ont besoin l'un de l'autre pour affronter leurs sentiments. La réticence que manifeste un enfant à voir l'un de ses parents peut s'aggraver avec le temps et risquer à la longue de perturber son dévelop-pement affectif. Il est donc conseillé, dans un tel cas, de recourir à des services de counseling.

Pour plus de détails, reportez-vous à la section intitulée « Des réactions différentes, selon l'âge et le stade de développement ». Pour trouver les ressources communautaires qui peuvent vous aider, vous et votre enfant, consultez la section « Ressources ».

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