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Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire : 3e édition 2004

Chapitre 2 Sécurité biologique

2.1 Groupes de risque

D'une façon générale, la répartition des organismes infectieux par groupe de risque sert à classer ces derniers en fonction du risque qu'ils présentent pour la santé. Les facteurs qui déterminent ces groupes de risque sont basés sur les caractérisques particulières de l'organisme :

  • pathogénicité,
  • dose infectieuse,
  • mode de transmission,
  • gamme d'hôtes,
  • disponibilité des mesures préventives efficaces,
  • disponibilité des traitements efficaces.

Les catégories de risque sont établies sur la base des situations courantes vécues en laboratoire de recherche ou de la croissance des organismes utilisés en petites quantités à des fins diagnostiques ou expérimentales. Quatre niveaux de risque sont définis comme suit(1).

Groupe de risque 1 (risque faible pour la personne, faible pour la collectivité)

Agent biologique peu susceptible d'infecter une personne saine ou un animal sain.

Groupe de risque 2 (risque modéré pour la personne, faible pour la collectivité)

Agent pathogène susceptible de provoquer une maladie humaine ou animale, mais qui constitue rarement à priori un danger grave pour le personnel de laboratoire, pour la collectivité, pour le bétail ou pour l'environnement. L'exposition en laboratoire provoque rarement une infection grave. Toutefois, il existe en pareil cas des mesures préventives et thérapeutiques efficaces, et le risque de propagation est limité.

Groupe de risque 3 (risque élevé pour la personne, faible pour la collectivité)

Agent pathogène provoquant généralement une maladie humaine grave ou ayant de lourdes conséquences économiques, mais qui se transmet rarement par simple contact de personne à personne et qui cause rarement des maladies ne pouvant être traitées par des agents antimicrobiens ou antiparasitaires.

Groupe de risque 4 (risque élevé pour la personne, élevé pour la collectivité)

Agent pathogène entraînant généralement une maladie humaine très grave, souvent impossible à traiter, facilement transmissible par simple contact, directement ou indirectement, de personne à personne ou d'un animal à une personne et vice-versa.

La classification des agents pathogènes humains par groupe de risque est disponible au Bureau de la sécurité des laboratoires, au (613) 957-1779, ou sur le site Web du Bureau, à http://www.phac-aspc.gc.ca/ols-bsl/index_f.html

2.2 Niveaux de confinement

L'objectif d'une telle classification n'est pas d'établir des règles de manipulation du risque biologique en laboratoire, et celle-ci exclut par exemple les protocoles de manipulation d'organismes donnés. L'objectif des niveaux de confinement est de décrire le niveau de confinement minimum approprié à une manipulation sans danger d'un organisme en laboratoire. En plus des caractéristiques inhérentes de chaque organisme, telles que décrites à la section 2.1, les niveaux de confinement tiennent non seulement compte des besoins de conception et d'aménagement des installations, mais aussi des exigences opérationnelles et techniques associées à la manipulation d'un agent pathogène donné(2). Ils s'appliquent à toutes les installations, y compris aux laboratoires cliniques et aux laboratoires de diagnostic, de recherche, d'enseignement ou de production travaillant à l'échelle de laboratoire (pour les installations de production à grande échelle, voir le chapitre 6). Les quatre niveaux de confinement sont définis comme suit.

Niveau de confinement 1

Ce niveau de confinement s'applique au laboratoire de base pour la manipulation des agents du groupe de risque 1. Le niveau de confinement 1 n'exige aucune caractéristique de conception particulière autre que celles propres aux laboratoires fonctionnels et bien conçus. Il n'est pas nécessaire de prévoir des enceintes de sécurité biologique. Les manipulations peuvent se faire sur des paillasses à découvert. Les pratiques normales des laboratoires de microbiologie de base assurent le confinement nécessaire.

Niveau de confinement 2

Ce niveau de confinement convient à la manipulation des agents du groupe de risque 2. Les principaux risques d'exposition associés à des organismes devant être manipulés en niveau de confinement 2 sont l'ingestion, l'inoculation et l'exposition des membranes muqueuses. Les agents pathogènes manipulés dans un niveau de confinement 2 ne sont généralement pas transmissibles par voie aérienne, mais il est important d'éviter la production d'éclaboussures et d'aérosols (qui peuvent se répandre sur les paillasses et se révéler dangereux pour la santé s'ils sont ingérés après contamination des mains)(3). Les principaux dispositifs de confinement sont les enceintes de sécurité biologique et les centrifugeuses à rotors scellés ou munis de godets de sécurité. Le personnel doit porter des équipements de protection personnels appropriés (gants, sarraus, lunettes, etc.). Des éviers seront prévus pour se laver les mains. Des installations de décontamination (autoclaves) limiteront le risque de contamination environnementale.

Niveau de confinement 3

Ce niveau de confinement convient à la manipulation des agents du groupe de risque 3. Les agents pathogènes manipulés en niveau de confinement 3 sont transmissibles par voie aérienne et ont souvent une dose infectieuse faible, mais suffisante pour provoquer une maladie grave, voire mortelle. Des barrières primaires et secondaires additionnelles limiteront la libération d'organismes infectieux en laboratoire et dans l'environnement. Les autres exigences liées à la prévention de la transmission de tels organismes sont une protection respiratoire appropriée, des filtres HEPA pour traiter l'air évacué du laboratoire et un accès strictement contrôlé au laboratoire.

Niveau de confinement 4

Ce niveau de confinement extrême autorise la manipulation d'agents transmissibles par aérosol, comportant souvent une faible dose infectieuse et entraînant des maladies graves, souvent mortelles, pour lesquelles en général aucun traitement ou vaccin n'est disponible. Il représente une unité fonctionnellement isolée et, si nécessaire, structurellement indépendante des autres unités. Le périmètre du laboratoire sera scellé afin d'isoler complètement l'agent infectieux, et la pression à l'intérieur de l'installation sera négative. Le chercheur portera une combinaison de surpression pour être également isolé de l'agent pathogène, ou bien l'agent sera maintenudansuneenceinte de sécurité biologique de niveau 3. L'air et les autres effluents produits en laboratoire seront décontaminés.

2.3 Évaluation du risque

L'évaluation du risque est une étape décisive dans le choix du niveau de confinement nécessaire à un travail microbiologique. Le niveau de confinement et les pratiques opérationnelles devraient être déterminés par une évaluation détaillée du risque entreprise par chaque laboratoire, à laquelle devraient participer des personnes ayant des expertises et des responsabilités variées (directeurs et responsables du laboratoire, chercheur principal, microbiologiste expérimenté, responsable de la biosécurité et comité de biosécurité, etc.).

L'évaluation du risque peut s'appuyer sur les informations disponibles, notamment sur le groupe de risque des organismes en cause (voir le chapitre 2, section 1, Groupes de risque). Outre cette classification fondée sur les facteurs de risque propres aux organismes, d'autres facteurs liés à la manipulation en laboratoire devraient être évalués, à savoir :

  • possibilité de production d'aérosols,
  • quantité d'agents pathogènes,
  • concentration des agents,
  • stabilité dans l'environnement (taux de dégradation de l'agent),
  • type de travail envisagé (p. ex., in vitro , in vivo , exposition expérimentale à des aérosols),
  • utilisation d'organismes recombinants (p. ex., insertion de gènes pouvant coder pour des toxines ou des facteurs de virulence, modification de la gamme d'hôtes, pouvoir oncogène, faculté de réplication, réversion vers un type sauvage).

Le niveau de confinement requis pour un agent pathogène dépend des procédures cliniques et des manipulations généralement associées au travail à l'échelle laboratoire. Il est possible d'envisager de réduire le niveau de confinement lorsqu'une procédure donnée, par exemple l'identification primaire d'un agent, entraîne un risque moindre que celui qu'entraînerait la manipulation d'une culture vivante. Ainsi, des épreuves diagnostiques initiales pour le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) pourraient être établies dans un laboratoire de niveau 2 à condition de respecter les protocoles opérationnels des laboratoires de niveau 3, mais la croissance et la manipulation d'une culture de VIH pourrait exiger à la fois un aménagement de laboratoire et des protocoles de niveau 3.

À l'inverse, il peut être nécessaire d'accroître le niveau de confinement lorsque l'évaluation locale du risque conclut que les procédures posent un danger plus grand que la routine à l'échelle laboratoire ou entraînent des manipulations à des fins diagnostiques. Par exemple, un travail diagnostique ou un travail de recherche sur Corynebacterium diphtheriae (transmission par aérosol) à l'échelle laboratoire peut être réalisé dans des installations de niveau 2, mais une exposition expérimentale d'animaux à des aérosols de cette bactérie pourrait exiger des niveaux supérieurs de confinement et des procédures opérationnelles plus strictes.

L'introduction d'une production à grande échelle pourrait signifier l'utilisation d'installations de confinement de niveau plus élevé. L'expression « grande échelle » signifie le plus souvent des volumes manipulés dans un seul contenant de plus de 10 litres. La manipulation de grandes quantités de matières infectieuses exige des précautions particulières (voir le chapitre 6). Le seuil de 10 litres n'est cependant pas une valeur absolue. L'analyse du risque d'une étude caractérisée par une pathogénicité élevée, un mode de transmission particulier et une dose infectieuse faible et nécessitant des volumes inférieurs à 10 litres, mais supérieurs aux volumes à l'échelle de la recherche, peut signifier un risque plus important que des manipulations à l'échelle de la recherche et entraîner un aménagement et des procédures opérationnelles de niveau de confinement plus élevé. Par exemple, une analyse du risque d'une procédure exigeant la production de quantités de 5 litres de Mycobacterium tuberculosis multirésistante peut indiquer qu'un niveau de confinement 3 à grande échelle est plus approprié qu'un niveau de confinement 3 à échelle diagnostique et laboratoire. Par conséquent, le seuil de 10 litres entre l'échelle laboratoire et la grande échelle n'a qu'une valeur indicative. Une analyse approfondie du risque devrait être réalisée dans chaque cas.

Pour d'autres conseils sur les évaluations de risque et pour des informations facilitant ce type d'évaluations, veuillez consulter CDC/NIH Biosafety in Microbiological and Biomedical Laboratories (4) ou le site Web du CDC, à http://www.cdc.gov/od/ohs/

2.4 Surveillance médico-sanitaire

Les programmes de surveillance médico-sanitaire (y compris les examens précédant les affectations et les examens périodiques) doivent être adaptés aux agents utilisés et aux programmes des laboratoires mis en place. Il convient donc de déterminer et d'établir les détails d'un programme de surveillance médico-sanitaire en utilisant une méthode d'évaluation des risques, basée sur les pratiques canadiennes et internationales(1,4,5) démontrant clairement les raisons, les indications et les avantages du programme. Celui-ci peut entre autres comprendre mais n'est pas limité par un examen médical, un dépistage ou des tests sérologiques, l'entreposage de sérum ou des immunisations, mais il peut aussi comprendre d'autres examens jugés nécessaires d'après les résultats de l'exercice d'évaluation. L'évaluation des risques devrait être effectuée par un groupe multidisciplinaire incluant la direction et les professionnels de santé en sécurité et santé au travail. Cette évaluation tiendrait également compte de la santé des personnes qui manipulent des organismes à haut risque lorsque l'état immunitaire de ces personnes doit être connu avant toute décision d'immunisation, de prophylaxie, etc.(1).

Seul le personnel respectant ces exigences médicales (p. ex., immunisations) peut pénétrer dans un laboratoire à moins que celui-ci n'ait été correctement décontaminé. D'autres protocoles précis peuvent être élaborés et appliqués pour protéger de la même façon les autres personnes qui pénètrent dans ces installations.

2.5 Gestion de la biosécurité

Bien que la sécurité du personnel soit du ressort des directeurs et des responsables des laboratoires de microbiologie, il peut se révéler utile de confier la gestion de la biosécurité à une ou plusieurs personnes. Beaucoup de laboratoires confient officieusement cette tâche à une personne qualifiée (p. ex., microbiologiste expérimenté) qui s'en acquitte à temps partiel, ou bien la répartisse à un groupe de personnes. Ce mandat peut aussi être officiellement confié à un expert désigné en biosécurité ayant une connaissance concrète des pratiques et des procédures du laboratoire.

La gestion de la biosécurité peut aussi comprendre l'instauration d'un comité institutionnel chargé de l'application d'un programme de biosécurité (ce type de comité est obligatoire dans certains établissements et universités). Le responsable de la biosécurité (ou la personne chargée de ce dossier) devrait travailler en collaboration avec le comité grâce à des réunions régulières, présenter des problèmes et des sujets de préoccupation précis et suggérer des améliorations aux directives et protocoles. Par ailleurs, le comité est à la disposition du responsable de la biosécurité en cas d'évaluation de risque, de différend sur des questions de biosécurité ou d'autres questions connexes. La composition du comité doit être pensée avec le plus grand soin. Lorsque possible, celui-ci devrait regrouper des personnes ayant des expertises diverses, le responsable de la biosécurité, au moins un membre de chaque équipe de recherche (le chercheur) et du personnel technique (le technicien), et un représentant de la direction. La participation d'un conseiller médical est également souhaitable.

Il convient aussi d'établir la structure de la gestion de la biosécurité dans chaque installation. Cette structure sera fonction du degré de coordination et des ressources disponibles pour sa mise en application. Les facteurs déterminants sont entre autres :

  • la taille de l'installation (superficie et nombre d'employés),
  • la concentration de laboratoires multiples
  • les niveaux de confinement (laboratoire de niveau 2, laboratoires multiples de niveau 3),
  • la complexité des méthodes (diagnostics de routine, recherche, grande échelle, travail recombinant),
  • le partage éventuel d'espace de laboratoire (chercheurs multiples, organismes divers),
  • la réalisation d'activités expérimentales ou diagnostiques avec des animaux (souris hébergées dans des cages placées dans des isolateurs, installations pour animaux de grande taille).

La gestion de la biosécurité peut entraîner les questions suivantes :

  • l'inventaire des besoins de formation et l'aide à la création et à l'implantation de programmes de formation en biosécurité (biosécurité générale, utilisation d'enceintes de sécurité biologique, biosécurité des animaux, initiation et perfectionnement du personnel, formation pour les unités de confinement supérieur),
  • évaluation du risque, le cas échéant, et préparation des recommandations de modification des procédures ou d'aménagement des laboratoires,
  • vérification régulière de l'efficacité du programme de biosécurité et du système de gestion associé,
  • participation à des enquêtes en cas d'accident et incitation à divulguer tout incident survenu dans l'installation ou le laboratoire,
  • diffusion d'informations nouvelles et pertinentes au sein du personnel de laboratoire,
  • coordination et surveillance des procédures de décontamination, de désinfection et d'élimination des matières infectieuses dans l'installation ou le laboratoire,
  • coordination de la réception, de l'expédition et du transport dans l'installation des matières infectieuses, en conformité avec le Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail et avec le Règlement sur le transport de marchandises dangereuses,
  • constitution d'un système de conservation des dossiers et d'un système d'entreposage sécuritaire pour toutes les matières infectieuses pénétrant dans l'installation,
  • coordination des opérations d'intervention en cas d'urgence,
  • coordination constante des questions de biosécurité avec le personnel de soutien, les équipes d'entretien des lieux et les fournisseurs.

Les installations équipées de laboratoires de niveaux 3 et 4 ont d'autres obligations en matière de biosécurité, à savoir :

  • accréditation et renouvellement d'accréditation du laboratoire (voir le chapitre 5),
  • enquête en cas de défaillance opérationnelle ou de bris du confinement lié à l'aménagement et la mise en place de mesures correctrices,
  • contrôle de l'accès aux zones de confinement,
  • coordination avec les organismes de réglementation concernés, dont la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Transports Canada, Santé Canada et l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

2.6 Sécurité biologique des laboratoires

De nos jours, les installations chargées de la manutention des agents infectieux ont besoin non seulement d'un programme de biosécurité, mais également d'un plan de sécurité biologique des laboratoires. Alors que la biosécurité concerne tous les aspects du confinement pour empêcher l'exposition ou le rejet accidentel des agents pathogènes, la sécurité biologique des laboratoires est mise en place pour prévenir le vol, le mauvais usage ou le rejet intentionnel des agents pathogènes. Que ce soit pour l'avancement de la science, le diagnostic des agents qui sont la cause de maladies ou la mauvaise utilisation de ces technologies, en raison de la nature des travaux (c.-à-d. procédures, matériel, etc.), il y a malheureusement une possibilité de double usage avec ces agents(6). Un grand nombre de recommandations internationales(7-10) et d'exposés de position(11-16) peuvent aider à gérer les menaces biologiques.

Puisque la planification et la mise en œuvre d'un plan de sécurité biologique des laboratoires doivent être adaptées à la nature de chaque établissement, aux types de recherches et de diagnostics effectués, à l'environnement local, il est nécessaire qu'un groupe de travail diversifié y prenne part. On doit envisager d'inclure des directeurs scientifiques, des chercheurs principaux, des employés de laboratoire, des administrateurs, des agents de sécurité, du personnel de sûreté, du personnel d'entretien et des organismes d'application de la loi, le cas échéant. En outre, on doit inclure l'agent responsable lorsqu'un tel agent est désigné dans un établissement. Un agent responsable est généralement responsable de l'élaboration et de la mise en œuvre des plans de sécurité, de sûreté et d'intervention d'urgence et de la formation qui s'y rattache. À ce titre, on communiquera en temps opportun les cas de vol, de perte ou de rejet des agents pathogènes à cet agent responsable. Cette personne a la responsabilité de ne permettre qu'aux personnes autorisées à avoir accès à ces agents pathogènes et a un rôle à jouer dans le transfert et le transport des agents pathogènes à partir de l'établissement. Cette personne peut contribuer à la mise à jour de dossiers d'information détaillés qui sont nécessaires pour obtenir un compte rendu complet de toutes les activités ayant rapport aux agents pathogènes.

Une évaluation détaillée des risques constitue un élément important d'un plan de sécurité biologique des laboratoires (voir aussi le chapitre 2.3)(7,10). Les responsables de l'évaluation des risques liés à la sécurité biologique des laboratoires doivent examiner et énumérer les biens pertinents, définir les menaces, souligner les vulnérabilités et déterminer les mesures de prévention ou les stratégies d'atténuation propres à chaque établissement. Ensuite, le plan de sécurité biologique des laboratoires doit porter sur les facteurs suivants(8,11,15) : protection matérielle; pertinence et fiabilité du personnel; responsabilisation relative aux agents pathogènes, intervention connexe en cas d'incident ou d'urgence.

Sachant l'importance et les évènements courants en ce qui a trait à la sécurité biologique des laboratoires, cette section a été rajoutée suite à la réunion finale des collaborateurs. Cependant, les exigences spécifiques ont été incluses dans les matrices telles que révisées par les collaborateurs.

Protection matérielle

L'évaluation des risques liée à la protection matérielle doit inclure tous les niveaux de l'examen de la sécurité biologique des laboratoires : sûreté du périmètre, sûreté de l'établissement, sûreté des laboratoires et sûreté propre aux agents pathogènes, et on doit y souligner les procédures visant à protéger l'endroit, p. ex., accès par carte, claviers numériques, verrous de sécurité, etc. Tous les laboratoires doivent adopter des pratiques de biosécurité dans le but de réduire au minimum les possibilités d'entrée non autorisée sur les lieux, dans les endroits réservés aux animaux et à l'entreposage ainsi que l'enlèvement non autorisé de matières infectieuses de l'établissement. De même, il est nécessaire de traiter de la sécurité de l'information relative aux données et à la technologie électronique.

Pertinence et fiabilité du personnel

La vérification des références et des autorisations de sécurité peut être exigée avant que l'accès aux installations de confinement soit autorisé aux employés. Durant le processus de l'évaluation des risques locaux, ces éléments devraient être considérés lorsqu'un plan de sécurité biologique des laboratoires est élaboré. L'utilisation d'insignes d'identité avec photo pour les employés et d'insignes temporaires pour les visiteurs accompagnés peuvent également permettre d'identifier les personnes qui ont l'autorisation d'entrer dans les zones réglementées. Des procédures sont nécessaires afin d'approuver et d'accorder l'accès aux visiteurs dans les zones contrôlées. Dans cette mesure, l'accès aux installations réservées aux agents pathogènes et à l'entreposage est limité aux utilisateurs et aux personnes légitimes seulement. On doit s'assurer de fournir une formation en matière de biosécurité à tous les membres du personnel auxquels on a donné l'accès à ces installations.

Responsabilisation relative aux agents pathogènes

Les procédures de responsabilisation relatives aux agents pathogènes doivent comporter les exigences relatives à l'inventaire en ce qui concerne l'étiquetage approprié, le contrôle de la possession interne, l'inactivation et l'élimination des cultures après utilisation ainsi que les transferts à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement. Ces contrôles d'inventaire permettent également de vérifier les secteurs d'entreposage des agents pathogènes et de savoir à qui incombe la responsabilité de ces agents. On doit mettre régulièrement les inventaires à jour afin d'inclure les nouveaux ajouts résultant des diagnostics, de la vérification des épreuves de compétence, ou de la réception d'autres emplacements ainsi que l'enlèvement des agents pathogènes après les transferts ou l'utilisation de méthodes appropriées d'inactivation et d'élimination. La tenue des dossiers doit comprendre les inventaires d'agents pathogènes, le nom des personnes qui ont accès aux agents pathogènes ainsi qu'aux endroits où ils sont entreposés ou utilisés, et les documents de transfert. En outre, il doit exister une méthode de notification pour permettre de définir, de signaler et d'apporter des mesures correctives aux problèmes en matière de sûreté, c'est-à-dire, les divergences contenues dans les inventaires, les défectuosités du matériel, les manquements à la sûreté, le rejet des agents pathogènes, etc.

Intervention en cas d'incidents ou d'urgence en matière de biosécurité

Il est nécessaire de mettre au point un protocole de déclaration et d'enquêtes sur les incidents de sûreté, p. ex., matières infectieuses manquantes ou entrée non autorisée. Il doit exister un mécanisme pour le signalement et l'expulsion des personnes non autorisées. Les plans d'intervention en cas d'incidents ou d'urgence en matière de sécurité biologique des laboratoires doivent comporter des mesures d'intervention en cas d'événements intentionnels (alertes à la bombe, etc.), d'événements non intentionnels (rejet accidentel) ou d'événements naturels (pannes électriques, phénomènes météorologiques violents). On doit s'assurer d'offrir une formation à tout le personnel concerné.

Les exigences en matière de sécurité biologique des laboratoires concernant les installations chargées de la manutention des agents infectieux, de niveaux de sécurité 3 et 4, seront en général plus rigoureuses que celles qui sont exigées dans les laboratoires cliniques et de recherche de niveau de sécurité 2. Les recommandations relatives aux pratiques de sécurité biologique des laboratoires (p. ex., entreposage des agents pathogènes, inventaires, registres pour l'inscription des entrées) et des dispositifs de sécurité de conception matérielle (verrous de sécurité, accès réglementé) ont été intégrées aux exigences relatives à chaque niveau de sécurité aux chapitres 3 et 4.

On doit demander conseil aux experts en sûreté et/ou en application de la loi lors de l'élaboration de protocoles en matière d'évaluation des menaces et de sûreté propres à chaque établissement. Les pratiques de sûreté et d'évaluation des menaces doivent régulièrement faire l'objet d'examens et de mises à jour en vue de refléter les nouvelles menaces identifiées.

Références

  1. Manuel de sécurité biologique en laboratoire, Organisation mondiale de la Santé (OMS), Genève : 1993;1-133.
  2. Collins, C.H., et Kennedy, D.A. Equipment-and technique-related hazards. Dans : Laboratory-acquired infections: history, incidence, causes and preventions. Oxford, U.K: Butterworth-Heinemann, 1999; 65-109.
  3. Collins, C.H., et Kennedy, D.A. Exposure, sources and routes of infection. Dans : Laboratory-acquired infections: history, incidence, causes and preventions. Oxford, U.K: Butterworth-Heinemann, 1999; 38-53.
  4. Richmond, J.Y. et McKinney, R.W. Biosafety in microbiological and biomedical laboratories. U.S. Government Printing Office, Washington, DC: 1999;1-250.
  5. The management, design and operation of microbiological containment laboratories. Advisory Committee on Dangerous Pathogens, UK: Health and Safety Executive, 2001; 7-16.
  6. Biotechnology Research in an Age of Terrorism : Confronting the Dual Use Dilemma. Washington, DC: The National Academic Press, 2004.
  7. Public Health Response to Biological and Chemical Weapons: WHO Guidance. Geneva: World Health Organization, Draft 2003.
  8. Interim Final Rule: CDC; Possession, Use, and Transfer of Select Agents and Toxins. Federal Register, Department of Health and Human Services, 2002; 240 (67): 76885-76905.
  9. Richmond, J.Y. et McKinney, R.W. Biosafety in microbiological and biomedical laboratories. Washington, DC: U.S. Government Printing Office, 1999;1-250.
  10. Laboratory Security and Emergency Response Guidance for Laboratories Working with Select Agents. MMWR, 2002;51(RR-19):1-6.
  11. ABSA Biosecurity Task Force White Paper: Understanding Biosecurity Lien externe American Biological Safety Association, January 2003. (http://www.absa.org/0301bstf.html).
  12. Biosafety, Biosecurity, and Biological Weapons. Germany: The Sunshine Project, October 2003;1-22.
  13. Salerno, R., et Koelm, J.G. Biological Laboratory and Transportation Security and the Biological Weapons Convention. Albuquerque, New Mexico: Sandia National Laboratories, SAND No.2002-1067P, February 2002; 1-9. (http://cns.miis.edu/ research/cbw/biosec/ pdfs/sandia.pdf).
  14. Barletta, M., Biosecurity Measures for Preventing Bioterrorism. Center for Nonproliferation Studies, Monterey Institute of International Studies, 2002; 1-11.
  15. Tucker, J.B., Biosecurity: Limiting Terrorist Access to Deadly Pathogens. Washington, DC: United States Institute of Peace, Peaceworks, 2003; 1-51.
  16. Controls Over Biological, Chemical, and Radioactive Materials at Institutions Funded by the U.S. Department of Agriculture (Document PDF - 2.68 Mo - 51 pages) Lien externe. Washington, DC: United States Department of Agriculture, Report No. 50099-14-At, September 2003; 1-43. (http://www.usda.gov/oig/webdocs/50099-14-At.pdf).

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