Bien que l'importance des pratiques de biosécurité et de confinement soit aujourd'hui plus reconnue, la manipulation des microorganismes demeure source d'infection, voire de mortalité, au sein du personnel de laboratoire (1-4). Des cas de transmission secondaire éventuellement dus à une contamination probable du personnel ou de l'environnement peuvent aussi atteindre le grand public(1-5). Au Canada, le nombre de laboratoires où sont manipulés des agents pathogènes est en augmentation constante, de même que le nombre de scientifiques désireux d'importer des souches nouvelles ou exotiques à des fins d'analyses poussées. Le personnel de laboratoire peut diminuer le risque de transmission en respectant des pratiques et des principes établis de biosécurité et de confinement biologique. Par ailleurs, les organismes de réglementation doivent de plus en plus relever le défi d'une manipulation d'agents pathogènes sûre et sans danger.
Le but des premières Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire était d'aider le gouvernement, l'industrie, les universités, les hôpitaux et les autres laboratoires de microbiologie et de santé publique à concevoir des programmes et des protocoles de biosécurité. Ce document, qui avait aussi une portée technique, proposait des recommandations et donnait des renseignements sur la conception, la construction et la mise en service des installations de confinement. Son influence sur les principaux intéressés a été telle qu'une consultation élargie (par courrier et sur le Web) a été organisée afin de permettre à tous les intervenants d'exprimer leurs opinions et de commenter les conséquences des recommandations. Les observations et la rétroaction suscitées par cet avant-projet ont été examinées et, le cas échéant, intégrées.
Cette troisième édition tient compte des pratiques et des principes de biosécurité et de confinement biologique les plus récents et propose une approche fondée sur le rendement. Les mesures simples et raisonnables qu'elle contient ne négligent cependant pas les dernières techniques et les solutions toujours nouvelles qui contribuent à la réussite du confinement. Elle a été rédigée parallèlement à la deuxième édition des Normes sur le confinement des installations vétérinaires de l'Agence canadienne d'inspection des aliments(6) pour que ces deux documents puissent, chaque fois que possible, préciser des exigences de confinement semblables. Ses ajouts sont notamment un chapitre sur les primates non humains. Une section distincte sur la manipulation des mycobactéries sera aussi disponible. Cette section répondra aux préoccupations constantes des professionnels de la biosécurité et esquissera les grandes lignes d'une approche à plusieurs niveaux, en fonction des procédures utilisées. Ces sections seront disponibles sur le site Web du Bureau de la sécurité des laboratoire à l'adresse ci-dessous.
Contrairement à la version précédente, celle-ci ne propose aucune liste de groupes de risque d'agents pathogènes humains. La liste sera disponible au Bureau de la sécurité des laboratoires de Santé Canada et peut être consultée sur le site Web du Bureau. En effet, la publication de listes ponctuelles ne permettait ni d'actualiser le risque de façon permanente et dynamique, ni d'ajouter des agents pathogènes nouveaux ou en émergence au moment opportun. Le choix du niveau de confinement approprié aux matières éventuellement infectieuses tient compte de la reconnaissance et de l'examen des nouveaux facteurs de risque, ainsi que de l'acquisition des nouvelles connaissances. La liste des groupes de risque d'agents pathogènes humains sera disponible sur le site Web du Bureau de la sécurité des laboratoires, à http://www.phac-aspc.gc.ca/ols-bsl/index_f.html
Enfin, il convient de souligner l'importance des pratiques et des procédures utilisées par le personnel de laboratoire compétent. Comme l'indique le Manuel de biosécurité en laboratoire de l'Organisation mondiale de la Santé, « aucune enceinte de sécurité biologique, installation, ou méthode, ne peut garantir seule la sécurité si l'opérateur n'utilise pas des techniques sûres, dont le fondement est une solide information »(7). Il incombe à chacun, y compris aux responsables et au personnel de laboratoire, d'utiliser à bon escient les informations de ces Lignes directrices et de travailler de manière sûre et sécuritaire.
Références
Collins, C.H., et Kennedy, D.A. Laboratory-acquired infections. Dans : Laboratory-acquired infections: history, incidence, causes and preventions. Oxford, UK: Butterworth-Heinemann, 1999;1-37.
Harding, A.L, et Brandt Byers, K. Epidemiology of laboratory-associated infections. Dans : Fleming, D.O., et Hunt, D.L. Biological safety: principles and practices. Washington, DC: ASM Press, 2000; 35-54.
Sewell, D.L. (1995) Laboratory-associated infections and biosafety. Clin Microbiol Rev. 1995;8:389-405.
Gaidamonvich, S.Y., Butenko, A.M., et Leschinskaya, H.V. Human laboratory acquired arbo-, arena-, and hantavirus infections. J Am Biol Safety Assoc. 2000; 5:5-11.
Richmond, J.Y. et McKinney, R.W. Biosafety in microbiological and biomedical laboratories. Washington, DC: U.S. Government Printing Office, 1999;1-250.
Normes sur le confinement des installations vétérinaires. Agriculture et Agro-alimentaire Canada, Ministre des Approvisionnements et Services Canada, No. 1921/F, 1996.
Manuel de sécurité biologique en laboratoire, Organisation mondiale de la Santé (OMS), Genève : 1993;1-133.
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