Agence de la santé publique du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Partagez cette page

Guide des termes d’usage dans l’épidémiologie et la surveillance du VIH/sida

[Précédente] [Table des matières] [Prochaine]

Termes d'usage dans la surveillance et la recherche épidémiologique sur le VIH/sida au Canada

T

TAUX
(Voir aussi RATIO)

Le taux exprime la fréquence à laquelle un événement se produit dans une population, à un moment donné. Dans la recherche sur le VIH/sida, le taux peut être la proportion d'une population qui est touchée par un « événement » (p. ex., l'infection à VIH) pendant une période donnée.

On obtient un taux en divisant le nombre de cas survenus (pendant une période donnée) par la population vulnérable pendant la même période, puis en multipliant habituellement le résultat par un multiple de 10. Dans les rapports épidémiologiques, on utilise souvent « 100 000 » à titre de multiplicateur. Le taux est alors le nombre de personnes touchées par « l'événement », dans une population de 100 000 personnes. Le taux s'exprime en « nombre de personnes sur 100 000 par année », afin de permettre des comparaisons entre les populations et les années.

Il est possible de comparer des taux s'appliquant à des populations différentes, à condition qu'ils aient été calculés à l'aide du même multiplicateur.

Par exemple, nous pourrions calculer le taux d'échange de seringues dans un site canadien, en 2000. Disons que 1 500 utilisateurs de drogues par injection (UDI) ont eu recours aux services de ce site en 2000, et que 27 000 seringues y ont été échangées durant la même année. Le taux d'échange de seringues dans ce site, en 2000, serait :

Nombre de seringues échangées
 = 
27 000
 = 
18 seringues par utilisateur
Nombre d'UDI clients
1500

Cela signifie qu'en 2000, 18 seringues ont été échangées par chaque utilisateur de drogues ayant visité le site.

TAUX D'INCIDENCE

Le taux d'incidence est le taux auquel surviennent de nouveaux événements ou cas, pendant une période donnée, dans une population « vulnérable » à la maladie ou à un incident.

Taux d' incidence =
   Nombre de nouveaux cas pendant une période donnée   
Nombre de personnes vulnérables pendant cette période

Il est très important de connaître le nombre de nouveaux cas d'infection (incidence), par rapport à l'ensemble de la population vulnérable.

Par exemple, un rapport d'infection à VIH diagnostiquée chez cinq nouvelles personnes pendant une période de 12 mois ne permet de connaître que le nombre de nouvelles infections survenues au cours d'une période donnée. Cependant, il y a une différence entre les deux situations suivantes : cinq personnes nouvellement diagnostiquées séropositives au VIH, pendant 12 mois, parmi une population de 10 personnes vulnérables (exemple 1); et cinq personnes nouvellement diagnostiquées séropositives au VIH, pendant 12 mois, parmi une population de 100 personnes vulnérables (exemple 2).

Pour illustrer cela, on exprime l'incidence sous la forme d'un taux.

*Nous pourrions ainsi calculer les taux d'incidence pour ces situations :

Exemple 1 :

Taux d'incidence = 
     5 nouveaux cas de VIH     
 = 0,50
Population de 10 personnes

Exemple 2 :

Taux d'incidence = 
     5 nouveaux cas de VIH     
 = 0,05
Population de 100 personnes

Dans l'exemple 1, le taux d'incidence est de 0,50 (× 100 = 50 %). Cela signifie que dans un groupe de 100 personnes, on s'attendrait à ce que 50 % (ou 50 sur 100) reçoivent un nouveau diagnostic de VIH pendant les 12 mois. Dans l'exemple 2, on s'attendrait à une proportion de nouvelles infections de 5 % (ou 5 sur 100).

Le taux d'incidence peut aussi être calculé en années-personnes :

Taux d'incidence

 =

Nombre de nouveaux cas pendant une période donnée

Nombre d'années-personnes

Par exemple, une étude sur le nombre de nouveaux cas d'infection à VIH parmi des jeunes hommes gais et bisexuels a révélé un taux d'incidence de 1,3 par 100 années-personnes (Martindale et coll., 2001).

Pour comprendre ce que signifie le « 1,3 », considérez ceci :
si 1 000 hommes ont participé à l'étude et qu'on les a suivis pendant deux ans, 26 d'entre eux sont devenus séropositifs pendant cette période. Pour arriver à cette conclusion, il faut :

1. Calculer les années-personnes de l'étude :
(1 000 hommes × 2 ans = 2 000 années-personnes)

2. Multiplier ce résultat par le taux d'incidence en années-personnes :
(1,3 nouvelles infections/100 années-personnes) × (2 000 années-personnes) = 26 nouvelles infections

Une explication plus détaillée du taux d'incidence et des termes connexes « incidence cumulative » et « densité de l'incidence » se trouve en annexe.

TAUX DE PRÉVALENCE
(Voir aussi PRÉVALENCE PONCTUELLE)

Le taux de prévalence correspond au nombre de cas existants d'une maladie à un moment donné, divisé par la population « vulnérable » à cette maladie.

Taux de prévalence

 =

   Nombre de cas existants pendant une période donnée  

Nombre de personnes vulnérables pendant cette période

Il est très important de connaître le nombre de personnes qui vivent avec une maladie, par rapport à l'ensemble de la population vulnérable.

Par exemple, si 25 personnes vivaient avec le VIH dans une population vulnérable de 100 personnes, leur situation serait différente de celle où 25 personnes vivaient avec le VIH dans une population vulnérable de 500 personnes. Pour illustrer cela, on exprime la prévalence sous forme de taux.

Nous pouvons calculer les taux de prévalence comme suit :

Taux de prévalence

 =

25 personnes vivant présentement avec le VIH

 = 0,25

Population de 100 personnes


ou

Taux de prévalence

 =

25 personnes vivant présentement avec le VIH

 = 0,05

Population de 500 personnes


Dans le premier exemple, le taux de prévalence est de 0,25 (´ 100 = 25 %). Cela signifie que dans un groupe de 100 personnes, on s'attendrait à ce que 25 % (ou 25 sur 100) soient séropositives à un moment établi (p. ex., l'année 2000). Dans le deuxième exemple, on s'attendrait à ce que 5 % (ou 5 personnes sur 100) soient séropositives à ce moment.

Autre exemple : calculons le taux de prévalence du VIH parmi la clientèle d'un médecin généraliste. Ce médecin a 1 000 dossiers de patients. En examinant ses dossiers à la fin de 2001, pour vérification annuelle, il remarque que 200 de ses patients vivent alors avec le VIH (prévalence).

Le taux de prévalence du VIH parmi ses patients, à la fin de 2001, correspond au nombre de patients vivant avec le VIH à ce moment, divisé par le nombre total de patients (population vulnérable).

Le taux de prévalence du VIH parmi les patients du médecin, à la fin de 2001 :

nombre de patients vivant avec le VIH au moment établi
 = 
200
 = 0,20 (20 %)
population vulnérable
1 000

TAUX DE SÉROPOSITIVITÉ AU VIH
(Voir aussi PRÉVALENCE)

Le taux de séropositivité au VIH indique la proportion de résultats positifs parmi tous les tests du VIH effectués au sein d'une population spécifique pendant une période donnée. Ce taux sert à surveiller les tendances de la proportion de résultats positifs au test du VIH parmi une population spécifique.

Taux de séropositivité au VIH

 = 
nombre de résultats positifs au test du VIH
nombre total de tests du VIH

Le nombre total de tests du VIH comprend à la fois ceux qui ont donné des résultats positifs et négatifs.

TENDANCES

Les tendances sont des changements à la fréquence, aux proportions ou aux taux d'une maladie (telle le VIH) ou d'un événement observé dans le temps. Elles peuvent être irrégulières, stables ou orientées dans un sens. Elles s'illustrent de diverses façons, notamment sous la forme de tableaux, de diagrammes et de graphiques circulaires.

Par exemple, le Rapport de surveillance en date du 31 décembre 2000 révèle un déclin du nombre de déclarations de résultats positifs au test du VIH, depuis 1995. En 1995, 2 983 résultats positifs au test du VIH ont été déclarés au Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses (CPCMI); 2 772 l'ont été en 1996; 2 537 en 1997; 2 330 en 1998; 2 240 en 1999; et 2 104 en 2000. (Santé Canada, 2000)

On constate que le nombre de déclarations de résultats positifs au VIH diminue avec le temps. On pourrait dire qu'il y a eu une tendance décroissante ou à la baisse, entre 1995 et 2000.

Cette tendance est mieux illustrée par un graphique :

Nombre de déclarations de résultats positifs au test du VIH

Schéma 1. Nombre de déclarations de résultats positifs au test du VIH

TEST ANONYME DU VIH
(Voir OPTIONS DE TEST DU VIH)

TEST DU VIH NOMINAL/SIGNALÉTIQUE
(Consulter OPTIONS DE TEST DU VIH)

TEST DU VIH NON NOMINAL/NON SIGNALÉTIQUE
(Consulter OPTIONS DE TEST DU VIH)

TEST VOLONTAIRE DU VIH
(Voir aussi DÉPISTAGE DU VIH ANONYME NON RELIÉ)

À l'exception de quelques circonstances adéquatement identifiées (et expliquées ci-dessous), les Canadiens ne peuvent subir un test du VIH que s'ils y ont exprimé un consentement éclairé et qu'ils ont accepté volontairement de subir le test.

Le test volontaire du VIH ne s'applique pas, par exemple, aux donneurs d'organes, de sperme ou d'autres liquides organiques. De plus, en Ontario, le projet de loi 105 (« Loi modifiant la Loi sur la protection et la promotion de la santé pour exiger le prélèvement d'échantillons de sang afin de protéger les victimes d'actes criminels, les travailleurs des services d'urgence, les bons samaritains et d'autres personnes ») a été adopté en décembre 2001. Cette loi permet d'imposer à une personne des tests obligatoires (sans consentement requis) pour le VIH et d'autres infections transmissibles, lorsqu'un professionnel a été exposé à des liquides corporels de cette personne, dans son milieu de travail, ou lorsqu'un bon samaritain ou une victime de crime pourrait avoir été exposé à un risque d'infection par le contact avec cette personne.

[Précédente] [Table des matières] [Prochaine]