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Guide des termes d’usage dans l’épidémiologie et la surveillance du VIH/sida

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Termes d'usage dans la surveillance et la recherche épidémiologique sur le VIH/sida au Canada

C

CARACTÉRISTIQUES DÉMOGRAPHIQUES

L'expression « caractéristiques démographiques » est souvent employée pour décrire les traits d'une population ou d'un groupe. Ces caractéristiques peuvent comprendre des données sur l'âge, le sexe, l'occupation et l'origine ethnique. Les caractéristiques démographiques n'incluent pas le comportement individuel.

Par exemple, on a effectué des entrevues pour obtenir des renseignements personnels de patients externes séropositifs au VIH, identifiés par la HIV Ontario Observational Database (HOOD). L'entrevue comprenait des questions relatives au sexe, à l'âge, au revenu, à la scolarité et à la situation d'emploi des répondants. Ces données ont servi à déterminer s'il y a des différences entre les caractéristiques démographiques des patients externes qui prennent des antirétroviraux et de ceux qui n'en prennent pas (Furler et coll., 2001).

Un « profil démographique » décrit les caractéristiques actuelles d'une population ou d'un groupe.

Des chercheurs ont dressé le profil démographique d'un groupe de 229 jeunes adultes qui s'injectent des drogues à Baltimore, au Maryland : « L'âge médian est 23,5 ans (étendue = 18-29 ans); 79 % sont d'origine afro-américaine; 54 % sont des femmes; et 61 % n'ont pas terminé leurs études de niveau secondaire ou l'équivalent. » (Garfein et coll., 1998)

CAS
(Voir aussi CAS DE SIDA)

Un cas est une personne atteinte d'une maladie particulière. Divers critères peuvent être utilisés pour identifier les cas. Les cas peuvent inclure les personnes inscrites dans les bases de données et rapports de surveillance. Le terme « cas » sert souvent à désigner les individus qui consultent un professionnel de la santé.

Par exemple, on peut considérer qu'une personne qui a reçu un diagnostic de VIH est un cas de VIH; 2 119 cas de VIH ont été déclarés au Canada, en 2000. Dans un contexte plus général : « Le Dr Smith a examiné les dossiers des 100 cas rencontrés à sa clinique ce mois-ci. »

CAS DE SIDA
(Voir aussi DÉCLARATION DES CAS DE SIDA, CAS)

Un cas de sida est une personne qui a reçu un diagnostic de sida. Lorsqu'un professionnel de la santé signale ce cas de sida aux autorités locales de santé publique, la personne est considérée comme un cas de sida déclaré, dans les bases de données et rapports de surveillance.

CAS DE SIDA DÉCLARÉS
(Voir aussi DÉCLARATION DES CAS DE SIDA et items 6, 8, 14, 16 et 17 de la FAQ)

Les cas de sida déclarés sont ceux pour lesquels des renseignements sur le patient ont été transmis au gouvernement provincial ou territorial, qui a ensuite déclaré les cas au Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses (CPCMI). (Ils sont aussi appelés « cas de sida répertoriés » ou « rapportés ».)

Par exemple, s'il est affirmé que « La proportion des cas de sida répertoriés attribués à l'injection de drogue est passée de 8,3 % en 1995 à 21,7 % en 2000 » (Bureau du VIH/sida, des MTS et de la tuberculose, Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses, Santé Canada, 2001d), cela signifie que l'on a signalé que l'injection de drogues était le plus important facteur de transmission du VIH dans 8,3 % des cas de sida déclarés au CPCMI, en 1995.

Il faut souligner que le nombre de cas de sida déclarés pendant une période ne reflète pas exactement le nombre total de cas de sida qui ont été diagnostiqués au Canada depuis le début de l'épidémie. Certains cas ne sont jamais déclarés pour diverses raisons, notamment si le médecin n'est pas au courant que la déclaration des cas de sida est requise par la loi. Ce phénomène est souvent appelé « sous-déclaration ».

Il y a aussi des délais importants dans la déclaration des cas de sida. On estime présentement que 23 % des nouveaux cas sont signalés au CPCMI dans les trois mois, 45 % dans les six mois, 65 % dans l'année, 82 % dans les deux années et 95 % dans les cinq années qui suivent le diagnostic. On parle alors de « retards dans la déclaration ».

CATÉGORIE D'EXPOSITION
(Voir aussi items 1-3 et 8 de la FAQ)

Dans la surveillance du VIH/sida, la catégorie d'exposition représente la voie la plus probable par laquelle une personne a pu contracter le VIH (la façon la plus probable par laquelle le VIH lui aurait été transmis).

Une personne peut signaler aucun ou plusieurs facteurs de risque associés au VIH. Même si tous les facteurs de risque sont associés à un cas et compilés dans la base de données nationale sur le VIH/sida, l'enregistrement du cas dans la base de données sur la surveillance nationale du VIH retiendra une seule catégorie d'exposition. Une personne qui déclare plusieurs facteurs de risque sera classée dans la catégorie liée à l'activité ou à la situation comportant le plus grand risque de transmission du VIH.

Par exemple, Jean-François explique au professionnel de la santé qui transmet sa requête de test, qu'il s'injecte des drogues et qu'à quelques reprises il n'a pas utilisé de condom, lors de rapports sexuels avec sa partenaire sexuelle, qui est séropositive.

Puisque l'injection de drogues est considérée plus risquée, selon la hiérarchie des catégories d'exposition, Jean-François serait classé dans la catégorie d'exposition des utilisateurs de drogues par injection (UDI).

Autre exemple : Damien explique au professionnel de la santé qui transmet sa requête de test, qu'il s'injecte des drogues et qu'à quelques reprises il n'a pas utilisé de condom, lors de rapports sexuels avec son partenaire sexuel, qui est séropositif.

Dans le système de surveillance du VIH/sida, on considère que les faits de s'injecter des drogues et d'être un homme qui a des rapports sexuels avec des hommes comportent un risque égal de transmission du VIH. Damien serait donc classé dans la catégorie HRSH/UDI.

Les catégories d'exposition utilisées dans le système canadien de surveillance du VIH/sida sont les suivantes :

  • Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HRSH)
    Hommes qui déclarent avoir eu des rapports sexuels avec des hommes - y compris des contacts homosexuels ou bisexuels (i.e. certains expliqueront avoir eu aussi des rapports sexuels avec des femmes). Cette catégorie fait référence au comportement sexuel (à « l'activité sexuelle ») et non à l'identité sexuelle auto-déclarée de l'individu.

    (Autres expressions utilisées : hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes; hommes homosexuels et bisexuels; autres acronymes rencontrés : HRH ou HARSAH.)
  • Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et qui sont utilisateurs de drogues par injection (HRSH/UDI)
    Hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et qui s'injectent des drogues. (On rencontre aussi l'acronyme HRH/UDI.)
  • Utilisateurs de drogues par injection (UDI)
    Le terme désigne les personnes qui consomment de la drogue en se l'injectant. (L'expression « utilisateur de drogues injectables » a aussi été utilisée.)

    L'acronyme « UDI » est parfois utilisé aussi pour désigner l'« usage de drogues par injection ». Dans le présent guide, pour éviter la confusion possible entre la personne et l'activité, nous ne l'utilisons pas dans ce deuxième sens, choisissant d'écrire plutôt « injection de drogues ».
  • Sang/produits sanguins

    (a)    Receveur de sang/produits sanguins : Avant 1998, il était impossible de subdiviser cette catégorie d'exposition. Cependant, depuis 1998, on la sépare en sous-catégories (b) et (c), lorsque cela est possible.

    (b)    Receveur de sang : personne qui a reçu une transfusion de sang entier ou de composants sanguins, comme des concentrés de globules rouges, du plasma, des plaquettes ou des cryoprécipités.

    (c)    Receveur de facteurs de coagulation : personne qui a reçu des produits provenant d'un regroupement de concentrés de facteurs de coagulation VIII ou IX, pour le traitement de l'hémophilie ou d'une autre coagulopathie.
  • Contact hétérosexuel/endémique
    Avant 1998, il s'agissait d'une catégorie d'exposition combinée, mais elle a depuis été divisée en deux sous-catégories :

    (a)    Originaire d'un pays de profil II : personne née dans un pays où les contacts hétérosexuels sont la principale voie de transmission du VIH.

    (b)    Contact hétérosexuel avec une personne à risque : personne déclarant des contacts hétérosexuels avec une personne séropositive au VIH ou très vulnérable à l'infection.

    Dans ce cas, les personnes très vulnérables au VIH pourraient inclure : utilisateurs de drogues par injection; HRSH; personnes nées dans un pays où les contacts hétérosexuels sont la principale voie de transmission du VIH; personnes hémophiles ou ayant une coagulopathie; personnes que l'on suspecte d'avoir le VIH ou le sida.
  • Transmission hétérosexuelle (ARS-HET)
    Si les contacts hétérosexuels sont le seul facteur de risque signalé et que l'on ne connaît pas les risques d'exposition du partenaire, le cas est classé dans la catégorie « Aucun risque signalé - hétérosexuel (ARS-HET) ».
  • Exposition professionnelle
    Exposition à du sang ou des liquides organiques contenant du VIH, ou au virus concentré, en milieu professionnel.
  • Autres
    Cette catégorie est utilisée pour classer les cas dont la voie de transmission du VIH est connue, mais qui ne peuvent être classés dans aucune des catégories d'exposition définies ici.
  • Aucun risque signalé (ARS)
    Lorsque les antécédents d'exposition au VIH par l'une des voies énumérées sont inconnus ou qu'aucun antécédent n'est signalé. Cette catégorie d'exposition peut inclure :
    • les personnes qui font actuellement l'objet d'un suivi des services de santé locaux;
    • les personnes dont les antécédents sont incomplets parce qu'elles sont décédées;
    • les personnes dont les antécédents sont incomplets parce qu'elles ont refusé d'être interrogées ou n'ont pas eu de suivi;
    • les personnes incapables d'identifier une voie de transmission.
  • Catégorie d'exposition non signalée
    Dans certaines provinces, il est impossible de transmettre l'information sur la catégorie d'exposition. Ces cas sont classés dans la catégorie d'exposition « non signalée », utilisée uniquement pour la déclaration de résultats positifs au test du VIH.
  • Transmission périnatale
    Transmission du VIH d'une mère séropositive à son fotus ou nourrisson :
    • durant la grossesse;
    • durant la phase de travail;
    • à l'accouchement; ou
    • par l'allaitement maternel.

L'expression « transmission du VIH de la mère à l'enfant » est aussi utilisée.

CATÉGORIE ETHNIQUE
(Voir aussi DÉCLARATION DE L'ORIGINE ETHNIQUE)

Dans la déclaration de résultats positifs au test du VIH et des cas de sida, au Canada, le patient (et/ou le professionnel de la santé) a sept options pour décrire son origine ethnique.

Une communauté ethnique est un ensemble d'individus qui partagent une tradition culturelle et historique distincte, souvent associée à la race ou à la nationalité.

Les catégories ethniques sont les suivantes :

  • Autochtone
    Inclut par exemple, les Inuits, Métis, Amérindiens et les personnes appartenant à des « groupes autochtones non spécifiés ».
  • Asiatique
    Inclut les personnes originaires de l'Est de l'Asie; par exemple, du Cambodge, de la Chine, de l'Indonésie, du Japon, du Laos, de la Corée, des Philippines et du Viêt-nam.
  • Noir
    Inclut par exemple, les personnes originaires du Zimbabwe, de l'Angola, d'Haïti et de la Jamaïque.
  • Latino-américain
    Inclut par exemple, les personnes originaires de l'Amérique centrale, de l'Amérique du Sud et du Mexique.
  • Asiatique du Sud/de l'Ouest/Arabe
    Inclut par exemple, les personnes originaires de l'Arménie, du Bangladesh, de l'Égypte, de l'Iran, du Liban, du Maroc, du Pakistan et du Sri Lanka.
  • Blanc
    Inclut les personnes qui s'identifient comme blanches ou dont le médecin les identifie ainsi.
  • Autres
    Si aucune des catégories ci-dessus ne correspond au patient, l'option « Autres » est cochée sur le formulaire.

COHORTE

Une cohorte est un ensemble de personnes que l'on observe de manière suivie pendant une période donnée. Le terme peut être utilisé de façon générale, par exemple pour désigner un groupe d'étudiants inscrits au même programme scolaire, mais il s'applique plus souvent à un groupe d'individus faisant l'objet d'une étude.

En recherche, chaque membre d'une cohorte a des caractéristiques particulières. Ces caractéristiques connues peuvent inclure :

  • le fait de ne pas être atteint de la maladie observée, au début de l'étude;
  • le fait de s'adonner ou non à certains comportements à risque (facteurs de risque); ou
  • le fait d'avoir ou non une expérience antérieure du traitement à l'étude.

Dans des recherches sur le VIH, par exemple, des individus ayant obtenu un résultat négatif sont suivis pendant une longue période pour observer, ultérieurement, comment l'avènement de nouvelles infections à VIH s'associe aux facteurs de risque.

Le terme « cohorte » est souvent employé en recherche sur le VIH/sida pour référer aux participants d'une étude de cohorte.

Par exemple, les participants à l'étude OMEGA de Montréal sont souvent appelés « la cohorte OMEGA »; celle-ci est décrite sous « ÉTUDE DE COHORTE ».

CO-INFECTION

Le fait d'avoir deux infections en même temps. Par exemple, une personne vit avec une co-infection si elle est porteuse du VIH et du virus de l'hépatite C (VHC), ou du VIH et de la tuberculose (TB). Une infection peut stimuler la progression de l'autre.

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