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8.2 Obstacles à l'identification des femmes enceintes alcooliques ou toxicomanes ou les deux
Aperçu : non planifiée et pas la bienvenue...
Bien des femmes qui ont des problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie déclarent que leur grossesse n'avait pas été planifiée et n'était pas la bienvenue, résultant parfois d'une agression sexuelle214. Les femmes enceintes qui se trouvent dans ces circonstances tendent à ne pas demander de soins prénatals ou de services en alcoolisme et en toxicomanie (aux États-Unis, on a estimé que seulement environ 5 à 10 p. 100 des femmes enceintes souffrant d'alcoolisme ou de toxicomanie recevait un traitement professionnel)215. Les principales raisons données par les femmes pour ne pas demander une aide médicale ou un traitement sont les sentiments de honte et la crainte de perdre la garde de leur enfant216,217. Bien des femmes qui sont dans cette situation sont tellement envahies par le sentiment que des problèmes de mauvais traitement et de garde d'enfant surviendront inévitablement qu'elles ont de la difficulté à prendre des mesures concertées. Ironiquement, les interventions punitives qui visent à protéger le foetus ont l'effet contraire et éloignent encore les femmes des services de soutien dont elles ont pourtant besoin. La recherche indique clairement que le meilleur moyen de protéger le foetus est de protéger la mère en offrant des interventions thérapeutiques non punitives218,219.
Souvent, lorsque les femmes cherchent à obtenir de l'aide d'autres services, leurs problèmes de consommation d'alcool et d'autres drogues ne sont pas reconnus par les professionnels, dont bon nombre manquent de connaissances et ont des attitudes négatives envers les femmes qui ont des problèmes de consommation d'alcool ou de drogues, particulièrement les femmes enceintes. Le manque de formation professionnelle sur le dépistage de l'alcoolisme et de la toxicomanie et sur les conseils à donner pour éviter que les femmes consomment de l'alcool pendant la grossesse continue de poser un obstacle. Les divers autres obstacles mentionnés sont les longues listes d'attente, l'accès limité aux services à seuil bas, le manque d'accès à un traitement axé sur les femmes pour les femmes enceintes ayant des problèmes d'alcoolisme ou de toxicomanie, le manque de personnel spécialisé, l'insuffisance du personnel, les protocoles d'aiguillage insuffisants, la faiblesse des liens au moment de l'aiguillage (personnel hésitant à identifier un cas, à moins de pouvoir fournir promptement de l'aide), la mauvaise coordination des services et le manque de transport et de garderies220-223.
Les obstacles sont multipliés dans les collectivités « en détresse ». Une étude qualitative menée par Kowalsky et Verhoef a démontré les difficultés inhérentes à la vie dans une collectivité autochtones isolée. Ils décrivent une collectivité Déné du Nord du Canada, mentionnant divers obstacles auxquels font face les personnes qui ont des problèmes d'alcoolisme ou de toxicomanie, notamment la crainte d'être stigmatisé, le manque de conscience face aux problèmes en jeu, et d'autres problèmes sociaux dans leur collectivité. Ils observent que les problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie sont imbriqués dans le tissus de ces autres problèmes sociaux et doivent être pris en charge dans leur contexte224.
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