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Le point sur la recherche

Consommation d'alcool et grossesse : Une importante question sociale et de santé publique au Canada

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8 Mesures de prévention indiquées des problèmes de consommation d'alcool pendant la grossesse

Ce que révèlent les études Les mesures de prévention indiquées visent à prévenir ou à réduire les méfaits chez les femmes enceintes souffrant d'alcoolisme ou de toxicomanie. Ces femmes ont souvent été victimes d'une série de mauvais traitements physiques ou sexuels et ont des problèmes concomitants de santé mentale. Par conséquent, les programmes qui fonctionnent le mieux sont ceux qui offrent des soins respectueux et souples avec un soutien à l'égard de certains aspects, y compris l'accès aux garderies. Le counselling motivationnel et la coordination intensive des cas se sont toutes deux révélées prometteuses pour aider les femmes à risque à prendre des décisions saines en matière de contraception et (ou) de consommation d'alcool.

Les mesures de prévention indiquées s'adressent aux femmes qui risquent fortement d'avoir un enfant atteint de l'ETCAF. Cette population inclut les femmes en âge de procréer qui ont une dépendance à l'alcool, les femmes qui ont consommé de l'alcool lors de grossesses précédentes et les femmes enceintes qui ont accouché d'un bébé atteint de l'ETCAF et continuent de consommer de l'alcool199. Les femmes elles-mêmes atteintes de l'ETCAF risqueraient aussi d'avoir un enfant atteint de l'ETCAF200. À ce niveau, les mesures de prévention incluent le traitement de la dépendance à l'alcool pour les femmes qui sont enceintes ou sont susceptibles de le devenir, un soutien pour les nombreux autres problèmes auxquels elles sont typiquement confrontées, et des mesures encourageant la prévention de la grossesse201,202. Réduire les méfaits découlant d'une consommation continue d'alcool en réduisant la consommation des types les plus risqués, promouvoir un bon état de santé général de la mère, et accroître sa capacité de bien s'occuper de ses enfants constituent aussi des buts légitimes203. La présente section examine la recherche effectuée dans les domaines connexes suivants :

  • identification des femmes qui profitent des mesures de prévention indiquées;
  • obstacles à l'identification des femmes enceintes qui ont des problèmes importants d'alcoolisme et de toxicomanie;
  • mesures d'intervention directe;
  • messages ciblés de mesures de prévention indiquées;
  • attention prénatale médicale et sociale;
  • gestion du sevrage;
  • traitement pour les femmes qui ont des problèmes importants d'alcoolisme et de toxicomanie
  • traitement pour les femmes enceintes qui ont des problèmes importants d'alcoolisme et de toxicomanie
  • philosophie du service respectueux
  • prestation de soins complets et pratiques
  • collaboration entre organismes et services de coordination
  • continuum élargi et souple de services en alcoolisme et en toxicomanie
  • coordination ou gestion des cas
  • attention à porter aux problèmes familiaux
  • soins continus ou suivi
  • utilisation des approches de counselling motivationnel
  • modèles canadiens
  • la prévention par le biais du diagnostic
  • traitement pour les femmes autochtones adapté aux différences culturelles
  • efficacité du traitement par rapport au coût

8.1 Identification des femmes qui profitent des mesures d'intervention indiquées

Les femmes qui n'ont pas pu cesser, de leur propre chef ou par le biais d'une intervention de courte durée, de consommer de l'alcool pendant la grossesse, peuvent profiter d'un accès à une intervention intensive de soutien. Bien que certains faits laissent croire que les femmes autochtones canadiennes puissent différer à cet égard204, lorsque les femmes demandent de l'aide, celles qui ont des problèmes d'alcool tendent à rechercher des services de santé et des services en santé mentale plutôt que des services en alcoolisme et en toxicomanie205. Cela est probablement attribuable, en partie, au stigmate additionnel ressenti par les femmes qui ont des problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie. Toutefois, lorsqu'on les a interrogées sur l'utilisation des services en alcoolisme et en toxicomanie, les femmes qui participaient à une recherche qualitative, en Colombie-Britannique, ont également indiqué « ne pas savoir quel traitement était disponible » et « ne pas savoir à quoi ressemblerait le traitement » comme obstacles206.

Les femmes de cette population cible connaissent une gamme de facteurs de risque concomitants. Typiquement, ces femmes n'ont pas bien réussi au niveau des facteurs réputés avoir une influence fondamentale sur la santé des individus et des populations, notamment l'éducation, l'emploi et un revenu adéquat207. De plus, une grande proportion de ces femmes ont été victimes de violence physique et sexuelle au cours de leur vie. Pour certaines, la violence a débuté pendant la grossesse, pour d'autres sa fréquence et sa gravité ont augmenté pendant la grossesse208. Dans le cas de nombreuses mères autochtones, ces circonstances sont exacerbées par les séquelles intergénérationnelles des pensionnats indiens et d'autres éléments de l'oppression coloniale209. La dépression et l'anxiété peuvent être le résultat de la violence et d'autres difficultés en apparence insolubles, mais les femmes qui n'ont que peu ou pas d'appui social les ressentent davantage encore. Par conséquent, l'évaluation devrait inclure une exploration de l'état de santé mentale, des problèmes de violence familiale et d'autres facteurs de risque fréquents concomitants210. Étant donné que l'âge de la mère et le nombre d'enfants qu'elle a déjà eus semblent être des facteurs importants en ce qui concerne la probabilité qu'elle donne le jour à un bébé atteint de l'ETCAF à cause de sa consommation d'alcool, certains croient que la période suivant la première grossesse constitue le meilleur moment d'identifier les femmes et d'intervenir211. Tous les autres facteurs étant égaux, les mères plus âgées, qui ont déjà eu un enfant et continuent de boire pendant la grossesse semblent être plus susceptibles d'avoir un enfant atteint de l'ETCAF qu'une femme plus jeune sans enfant. Ces femmes peuvent montrer leur enfant, en apparence en bonne santé, pour démontrer que leur consommation d'alcool ne représente pas un problème et elles perçoivent les messages de prévention comme n'étant pas plausibles212. Néanmoins, une grossesse stimule souvent un intérêt pour les comportements de promotion de la santé qu'un fournisseur de services positif, qui ne pose pas de jugement pourra utiliser efficacement comme un point d'engagement213.

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