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Consommation d'alcool et grossesse : Une importante question sociale et de santé publique au Canada

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7 Prévention sélective des problèmes liés à la consommation d'alcool pendant la grossesse

Les cuites d'un soir – sontelles liées aux grossesses non voulues, non planifiées ou inattendues?

Puisque la consommation d'alcool et les grossesses imprévues sont deux phénomènes fréquents, il est possible qu'une femme consomme de l'alcool avant de se rendre compte qu'elle est enceinte. Aux États- Unis, Naimi et autres ont constaté que 45 % des quelque 72 900 femmes qui ont accouché entre 1996 à 1999 ont dit que leur grossesse était imprévue (non planifiée ou non voulue) et que celles qui prenaient des cuites d'un soir (cinq verres ou plus lors de la même occasion) avant la conception (dans les trois mois précédents) couraient le plus grand risque de tomber enceinte de façon inattendue. Tout en reconnaissant qu'il s'agit d'une question complexe, les auteurs ont constaté que plus une femme prend de cuites d'un soir avant la conception, plus elle risque de devenir enceinte de façon inattendue159.

Ce que révèlent les études Les mesures de prévention sélective visent des sous-ensembles de la population qui sont plus à risque, afin d'axer les interventions sur ces groupes. Dans le cas qui nous concerne, il s'agit des femmes qui sont en âge de procréer et qui consomment de l'alcool. Les mesures de prévention sélective à l'intention de ces femmes comprennent les mesures d'action directe, de dépistage et d'orientation, ainsi que les interventions de courte durée. Bien que certains chercheurs prônent le recours à des mesures systématiques de dépistage de la consommation d'alcool chez toutes les femmes en âge de procréer, le consensus tend davantage à se créer en faveur d'un dépistage systématique chez les femmes enceintes. De nombreuses femmes ont réussi à arrêter de boire dès qu'elles se sont rendu compte qu'elles étaient enceintes ou dès qu'elles planifiaient une grossesse. Le simple fait de répondre à des questions à des fins de dépistage incitera d'autres femmes à arrêter de boire. Les interventions de courte durée qui comprennent une à trois séances menées par des professionnels de la santé ou des services sociaux semblent efficaces auprès de femmes enceintes qui ne sont pas dépendantes à l'alcool.


Les interventions de prévention sélectivesont orientées vers des personnes qui courent un risque élevé d'éprouver un problème donné, parce qu'elles appartiennent à un sous-groupe reconnu pour être plus à risque par rapport à la population en général. La prévention sélectivecontre l'ETCAF s'adresse aux femmes qui sont en âge de procréer et qui consomment de l'alcool. Habituellement, ces interventions sont davantage ciblées et plus dynamiques que les interventions de prévention universelle. Elles peuvent comprendre des mesures d'action directe, de dépistage et d'aiguillage, ainsi que des interventions de courte durée dans le but de promouvoir la santé des mères et de prévenir ou de réduire les dommages chez le foetus. La présente section aborde les mesures de prévention sélective suivantes : la communication de messages de prévention sélectifs et ciblés, le dépistage des femmes alcooliques ou toxicomanes et les interventions de courte durée.

Selon les résultats d'une autre enquête importante menée auprès de la population américaine, 60 % des femmes qui ont déclaré une consommation fréquente d'alcool (plus de six verres par semaine) au cours des trois mois qui ont précédé le test de grossesse ne s'étaient rendu compte qu'elles étaient enceintes qu'après la quatrième semaine de gestation. La grande majorité des femmes avaient cessé de boire ou réduit considérablement leur consommation dès qu'elles s'étaient rendu compte qu'elles étaient enceintes160. Comme on l'a mentionné au début du présent rapport au sujet de la consommation générale d'alcool chez les femmes, les études canadiennes indiquent que les jeunes ont davantage tendance à avoir des relations sexuelles sans moyens de contraception lorsqu'ils ont consommé de l'alcool161.

7.1 Messages ciblés de prévention sélective

Compte tenu des enjeux, certains préconisent le dépistage systématique des problèmes d'alcool chez toutes les femmes qui sont en âge de procréer. Toutefois, les mesures de dépistage sont actuellement très inégales, car le personnel du système de soins de santé est débordé et n'a pas la formation nécessaire162. Il faut néanmoins informer clairement ces femmes qu'en ayant des relations sexuelles sans moyen de contraception efficace et qu'en buvant même modérément (p. ex. moins de sept verres ordinaires par semaine), elles courent le risque d'exposer leur foetus à l'alcool, ce qui, dans les cas extrêmes, peut causer des lésions cérébrales et d'autres anomalies congénitales au foetus163. Il serait logique d'axer les messages sur les adolescentes et les jeunes femmes, car non seulement prennent-elles fréquemment des cuites d'un soir et ont-elles souvent des relations sexuelles, mais elles ont aussi tendance à se rendre compte tardivement qu'elles sont enceintes164. Toutefois, on n'a trouvé aucune étude sur les messages relatifs à la consommation d'alcool et à la grossesse qui sont diffusés à l'intention de ce segment de la population. Il est nécessaire de renseigner les femmes en âge de procréer sur les dangers que fait courir au foetus la consommation d'alcool. Après avoir pris connaissance de ces renseignements, la vaste majorité de celles qui consomment de l'alcool sans en être dépendantes cesse de boire. Toutefois, ces renseignements se révéleront insuffisants pour inciter à l'abstinence celles qui sont dépendantes à l'alcool et qui vivent dans une situation difficile.

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