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Le point sur la recherche

Consommation d'alcool et grossesse : Une importante question sociale et de santé publique au Canada

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5.2 Recommandations et répercussions

Comme pour la section précédente, les recommandations de recherche ont pour objectif d'améliorer la collecte des données et de cerner des questions de recherche valables permettant de mieux comprendre les caractéristiques des femmes qui consomment de l'alcool pendant la grossesse et les circonstances entourant leur consommation. Les répercussions indiquées sur les politiques et les programmes visent le même objectif. Plusieurs des recommandations de recherche de la section précédente s'appliquent également ici.

Recommandations de recherche
Collecte des données

  • Il faudrait que la recherche s'intéresse davantage aux caractéristiques et à la situation des femmes qui consomment de l'alcool lorsqu'elles sont enceintes et aussi au contexte dans lequel elles boivent (p. ex. influence du conjoint et des pairs). Cela peut se faire en recueillant des données d'enquête et en effectuant des études plus qualitatives et représentatives à petite échelle.
  • Il faudrait éviter que les études se concentrent uniquement sur des souspopulations particulières qui sont sur-représentées (p. ex. les femmes pauvres, jeunes, les femmes autochtones). Par exemple, les études de l'ESCC et les études américaines indiquent que les femmes qui ont un revenu supérieur et font partie du groupe des plus âgées sont plus susceptibles de consommer de l'alcool pendant la grossesse.
  • Il faudrait continuer à recueillir des données et poursuivre les analyses à propos des femmes qui prennent des cuites d'un soir pendant la grossesse (en particulier les jeunes femmes) et de celles qui ont une dépendance envers l'alcool, comme ces types de consommation présentent les risques potentiels les plus élevés pour le foetus.
  • Il faudrait mener des études qualitatives bien conçues, sur plusieurs sites et sur plusieurs années, recueillir de l'information approfondie sur les caractéristiques et la situation des femmes qui consomment à des niveaux et des fréquence variés pendant la grossesse.
  • Il faudrait continuer à mener des études sur les femmes qui ont donné naissance à des enfants atteints du SAF, afin d'en apprendre davantage sur les risques associés à la consommation d'alcool pendant la grossesse et (ou) sur les raisons de cesser ou de diminuer la consommation.
  • Plusieurs recommandations relatives aux données sur la consommation d'alcool chez les femmes pendant la grossesse ont également leur place ici, notamment l'élaboration d'environnements de recherche dans lesquels les femmes se sentent à l'aise pour discuter de leur vie, l'adoption d'une approche de collecte des données centrée sur la femme, l'analyse des données actuelles, la réalisation d'études longitudinales, la publication des résultats au moment opportun et la collecte et l'analyse des données par province et territoire.

Questions de recherche

  • Quelles sont les liens entre la consommation d'alcool et la consommation d'autres substances (p. ex. les drogues illicites, le tabac, la caféine, les médicaments d'ordonnance et les médicaments en vente libre) pendant la grossesse et chez les femmes en âge de procréer?
  • Les femmes considèrent-elles la consommation d'alcool pendant la grossesse comme un comportement à risque élevé (et comment cela se compare-t-il aux autres comportements, comme l'injection de drogue)?
  • Pourquoi les femmes les plus jeunes et les femmes les plus âgées sont-elles celles qui consomment le plus fréquemment? Qu'ont-elles en commun, si tel est le cas, qu'est-ce qui permettrait de l'expliquer?
  • Pourquoi les femmes plus jeunes ont-elles tendance à prendre des cuites d'un soir pendant la grossesse? Quel lien existe-t-il entre la consommation excessive d'alcool et le revenu?
  • Pour quelles raisons certaines conditions de vie favorisent-elles la consommation d'alcool chez les femmes enceintes, et plus particulièrement quelle est l'influence de leur conjoint?
  • Quel est le lien entre la consommation d'alcool chez les femmes pendant la grossesse et des troubles concomitants, comme la dépression?
  • Quels sont les besoins et services particuliers nécessaires aux femmes enceintes dépendantes de l'alcool, à comparer à ceux que requièrent celles qui prennent des cuites d'un soir et, le cas échéant, les femmes qui consomment de l'alcool occasionnellement pendant la grossesse?
  • Quelle est l'explication des taux élevés de consommation d'alcool pendant la grossesse chez les femmes du Québec et des taux plus bas dans les Provinces atlantiques? Ces différences sont-elles culturelles et (ou) peut-on les expliquer par le choix de la méthodologie?

Répercussions sur les politiques et les programmes

  • Augmenter les ressources reliées aux soins périnatals pour les femmes à risque, comme celles qui consomment beaucoup d'alcool pendant la grossesse.
  • Cerner les interventions fondées sur des preuves qui aident les femmes à diminuer ou à cesser leur consommation d'alcool pendant la grossesse, en particulier les interventions faisant appel à des stratégies variées pour mieux rejoindre les diverses sous-populations de femmes.
  • Concevoir et évaluer des campagnes pour faire comprendre succinctement à la population canadienne les risques bien documentés associés à la consommation d'alcool pendant la grossesse, et adapter l'information aux divers types de public. Par exemple, un message insistant sur l'abstinence ne sera peut-être pas le meilleur moyen d'atteindre certains publics (en particulier les femmes enceintes qui ont l'habitude de consommer d'importantes quantités d'alcool). Envisager d'inclure de l'information sur les comportements généraux qui contribuent à une saine grossesse (p. ex. la nutrition) aussi bien que sur ceux qui sont nuisibles (p. ex. le tabac).
  • Soutenir les centres périnatals et de désintoxication qui s'attaquent aux éléments de la vie des femmes reliés à leur consommation de substances.
  • Encourager la prise de conscience et la sensibilisation dans tous les organismes et chez toutes les personnes qui oeuvrent dans le domaine des dépendances en ce qui concerne les risques particuliers que courent les femmes qu'elles desservent, puisque ces femmes qui reçoivent un traitement peuvent être enceintes ou le devenir.
  • Offrir une formation aux organismes et aux travailleurs sociaux oeuvrant dans les services de suivi, s'ils interrogent les femmes sur leur consommation d'alcool pendant la grossesse. Il faudra porter une attention toute particulière au poste qu'occupent les personnes qui posent les questions, puisqu'elles pourraient être ou être perçues comme des personnes occupant des positions de pouvoir (p. ex. aide à l'enfance).
  • Problèmes liés à une consommation d'alcool pendant la grossesse.

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