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Le point sur la recherche

Consommation d'alcool et grossesse : Une importante question sociale et de santé publique au Canada

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4.2 Recommandations et répercussions

Les recommandations de recherche qui suivent ont pour objectif d'améliorer les efforts de collecte des données et de définir les questions de recherche qui permettront de mieux comprendre les habitudes de consommation d'alcool des femmes pendant la grossesse.

Collecte des données

Il faudrait mettre en oeuvre des pratiques de surveillance systématique afin de pouvoir suivre la consommation d'alcool et d'autres drogues dans toutes les provinces et territoiresxxi. Cela devrait inclure l'élaboration de mesures plus valables et fiables des habitudes de consommation de substances pendant la grossesse, en tenant compte de l'expérience actuelle des enquêtes, des entrevues et des instruments de dépistage. Il faudrait, par exemple, normaliser les définitions de consommation importante dans les enquêtes (ex. : consommation importante correspond à quatre consommations ou plus par occasion pour les femmes, et à cinq ou plus pour les hommes) et comparer les questions se rapportant spécifiquement à l‘alcool uniquement pour la période de grossesse de chaque répondante. Il faudrait également accorder une attention particulière aux problèmes de méthodologie non résolus, comme celui des petits échantillons de femmes enceintes et la sous-utilisation de méthodologies qualitatives.

  1. Il faudrait, conjointement à la mise en oeuvre de pratiques de surveillance systématiques permettant de suivre la consommation d'alcool et d'autres drogues chez les femmes pendant la grossesse, concevoir des milieux de recherche et développer des relations fondées sur le respect, attentionnées, exemptes de jugement et portant attention aux raisons pour lesquelles les femmes consomment de l'alcool pendant la grossesse. Ces conditions pourraient rassurer les femmes et les encourager à donner des informations plus spontanées.

  2. Il faudrait adopter une approche de collecte des données centrée sur les femmes. Une telle approche faciliterait la compréhension de la question de la consommation d'alcool chez les femmes pendant la grossesse. Bien qu'il n'y ait pas de consensus pour une définition complète d'une approche de recherche centrée sur les femmes, l'on s'entend sur le fait qu'elle devrait contribuer à l'amélioration des conditions individuelles et de groupe pour les femmes et les hommes, grâce aux progrès sociaux, politiques et économiques réalisés pour les femmes.

  3. Il faudrait éviter les biais de sélection dans les études. Il faut s'efforcer de compiler un échantillon aléatoire de femmes enceintes et ne pas s'attarder uniquement aux femmes qui s'adressent aux services en raison de leur consommation.

  4. Il faudrait utiliser des méthodes adaptées pour recueillir de l'information sur les populations particulières et sur les groupes marginaux (p. ex. : des filles et des jeunes femmes impliquées dans le milieu de la rue, des travailleuses du sexe). Il est essentiel d'aborder de telles études en tenant compte de tout l'ensemble des facteurs de risque auxquels les femmes sont exposées et de leurs répercussions sur leur consommation d'alcool.

  5. Il faudrait analyser les ensembles de données nationales actuelles et publier régulièrement, au moment opportun des rapports sur la consommation d'alcool chez les femmes pendant la grossesse et sur la consommation d'alcool chez les femmes en âge de procréer. Il faudrait continuer de documenter les tendances de consommation de substances des femmes enceintes en utilisant l'ELNEJ et l'ESCC. L'analyse des données sur les femmes en âge de procréer est importante en raison de la fréquence et des niveaux de consommation d'alcool documentés chez cette population associés à la prévalence des grossesses non planifiées.

  6. Il faudrait mener des études longitudinales sur la consommation d'alcool, en commençant par les jeunes filles et les jeunes femmes en âge de procréer. C'est une question importante si l'on considère les taux élevés de consommation d'alcool chez cette population.

  7. Il faudrait que des services de diagnostic soient disponibles et accessibles dans les collectivités canadiennes afin d'établir les taux d'incidence et de prévalence de l'ETCAF.

Questions de recherche

  1. Dans quelles conditions les femmes sont-elles capables de diminuer ou de cesser leur consommation d'alcool lorsqu'elles deviennent enceintes? Qu'est-ce qui fait qu'une femme enceinte continue de consommer pendant la grossesse et (ou) après l'accouchement?

  2. Quels sont les facteurs responsables des taux plus élevés de consommation d'alcool chez les adolescentes et les jeunes femmes et de leurs niveaux plus élevés de consommation?

  3. La diminution apparente du taux de consommation d'alcool pendant la grossesse à partir du milieu des années 90 est-elle exacte, et si tel est le cas, pourquoi? Quel rapport cela présente-t-il avec les taux pour 2000 au Canada?

  4. Quels risques pour la santé les femmes imposent-elles à leur corps, physiquement, socialement, mentalement et spirituellement lorsqu'elles consomment de l'alcool alors qu'elles sont enceintes? Outre le SAF et l'ETCAF quelles répercussions négatives ces risques peuvent-ils avoir sur l'issue de la grossesse?

  5. Bien que le nombre de femmes qui disent consommer de l'alcool pendant la grossesse soit généralement bas, tout comme le sont les niveaux de consommation signalés, il y a encore des femmes qui en consomment, dont certaines à des niveaux élevés. Peut-on trouver dans la vie de ces femmes des aspects concomitants qui n'ont pas encore été cernés ou étudiés complètement?

  6. Quelles combinaisons d'alcool et d'autres substances (p. ex. benzodiazépinesxxii), d'alcool et de circonstances de la vie (p. ex. traumatisme) et d'alcool et d'autres comportements néfastes (p. ex. mauvaise nutrition) sont les plus courantes chez les femmes en âge de procréer?


Le Système canadien de surveillance périnatale (SCSP) de l'Agence de la santé publique du Canada lance une Enquête sur l'expérience de la maternité afin de contrôler d'importants indicateurs pendant la grossesse, tel que la consommation d'alcool et de drogues. Cette enquête sera la première en son genre au Canada. La population cible consiste entièrement de femmes ayant donné naissance à un enfant vivant dans les mois précédant l'enquête. La phase s'est achevée en janvier 2001 avec l'essai des stratégies d'échantillonnage et de l'instrument de collecte de données. Santé Canada et le SCSP élaborent actuellement l'Enquête nationale.

Les benzodiazépines sont des antidépresseurs du système nerveux central.

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