avril 2003
Télédéchargement de
toutes les Actualités en épidémiologie
VIH/sida
88 pages (1,305 KB) en format PDF ![]()
(Télédéchargement de
documents en format PDF)
Dépistage et déclaration de l'infection à VIH au Canada
Introduction
Le dernier rapport de surveillance du VIH et du sida au Canada chiffre à 18 336 et à 51 470, respectivement, le nombre total de cas de sida et de tests positifs pour le VIH signalés au Canada en date du 30 juin 20021. Les rapports de test positif transmis au Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses (CPCMI) ne concernent que les personnes qui ont obtenu un résultat positif à un test nominatif, non nominatif ou anonyme de dépistage du VIH et dont les résultats sont communiqués au CPCMI par les autorités sanitaires ou le laboratoire de dépistage du VIH de leur province ou territoire.
Ce numéro des Actualités en épidémiologie présente les informations les plus récentes sur la déclaration de l'infection à VIH au Canada. Il décrit les types de tests offerts dans chaque province ou territoire et identifie les endroits au Canada où la déclaration de l'infection à VIH est obligatoire.
Une maladie à déclaration obligatoire est une maladie jugée à ce point importante du point de vue de la santé publique que sa survenue doit obligatoirement être déclarée aux autorités sanitaires. Lorsqu'elle est à déclaration obligatoire, l'infection à VIH doit, en vertu de la loi, être signalée aux autorités sanitaires de l'endroit où le diagnostic a été posé. Comme les maladies à déclaration obligatoire doivent être signalées, les deux termes déclarer et signaler sont utilisés de façon interchangeable lorsqu'il est question de déclaration des cas d'infection à VIH/sida au Canada.
Infection à VIH : maladie maintenant à déclaration obligatoire dans tout le Canada
Depuis janvier 2003, la loi oblige à déclarer tous les cas d'infection à VIH dans toutes les provinces et tous les territoires, sauf en Colombie-Britannique; on s'attend toutefois à ce que cette infection devienne à déclaration obligatoire en Colombie-Britannique à partir du 1er mai 2003. Huit provinces et territoires ont adopté des lois sur la déclaration des cas d'infection à VIH au milieu ou à la fin des années 80. Entre 1995 et 2003 des lois ont été ou seront mises en place dans les cinq autres.
La plupart du temps lorsque des tests sont effectués, c'est aux laboratoires et aux médecins qu'il incombe de déclarer les infections à VIH, mais les pratiques varient d'une province ou d'un territoire à l'autre.
Lorsque l'infection à VIH est à déclaration obligatoire, des renseignements « nominatifs » ou « non nominatifs/non identificateurs » concernant les personnes qui ont obtenu des résultats positifs au test de dépistage du VIH sont transmis aux autorités sanitaires provinciales ou territoriales. Au nombre de ces renseignements figurent des données démographiques, telles que l'âge et le sexe de la personne; les risques associés à la transmission du VIH; et des données de laboratoire, telles que la date du premier test positif.
Il n'est pas requis par la loi de déclarer les infections à VIH à l'échelle nationale, les cas étant signalés volontairement au CPCMI. Tous les rapports de test positif pour le VIH qui sont transmis au CPCMI ne comportent pas de données permettant d'identifier les cas.
Les habitudes de dépistage du VIH dans la population générale, de même que le profil des personnes qui subissent des tests, sont des renseignements importants qui permettent de mieux concevoir et cibler les programmes d'intervention2 et de replacer les données de surveillance du VIH/sida en contexte.
Dépistage du VIH : trois types de tests offerts au Canada
Les Canadiens qui décident de subir un test de dépistage de l'infection à VIH peuvent choisir entre trois options différentes selon la province ou le territoire où se déroule le test :
1. Dépistage nominatif du VIH
Il peut être effectué à de nombreux endroits, y compris dans des cliniques et au cabinet d'un professionnel de la santé.
La personne qui fait faire le test connaît l'identité de la personne testée.
C'est le nom de la personne testée qui figure sur la demande de test de détection du VIH.
On recueille toute une gamme de données sur le patient (telles que l'âge et le sexe, de même que la ville de résidence, le nom du professionnel de la santé traitant, le pays de naissance), de l'information décrivant les facteurs de risque d'infection à VIH de la personne testée et des données de laboratoire. La quantité d'information recueillie dépend de la province ou du territoire.
Si le résultat au test de détection du VIH est positif, la personne qui a fait faire le test est tenue par la loi d'en aviser les autorités sanitaires dans les provinces ou territoires où l'infection à VIH est une maladie à déclaration obligatoire.
Le résultat du test est consigné dans le dossier médical de la personne testée.
2. Dépistage non nominatif/non identificateur
Ces tests sont similaires aux tests nominatifs à tous égards sauf pour l'aspect suivant :
3. Dépistage anonyme :
Il est habituellement offert dans des cliniques spécialisées, organisées et financées par des services de santé publique et par certains professionnels de la santé.
La personne qui fait faire le test ne connaît pas l'identité de la personne testée.
Un code est utilisé pour identifier le test de détection du VIH. La personne qui fait faire le test et le laboratoire qui teste l'échantillon de sang ne savent pas à qui renvoie le code. Seule la personne testée connaît le code unique non identificateur.
Les données sur l'âge, le sexe, les facteurs de risque associés au VIH et l'origine ethnique de la personne testée peuvent être recueillies durant le dépistage anonyme, selon la province ou le territoire où le test est demandé ou selon le lieu où le test est effectué.
Les résultats du test ne sont pas consignés dans le dossier médical de la personne testée. C'est cette dernière seulement qui peut décider de dévoiler son nom et de verser le résultat du test dans son dossier.
L'information relative aux endroits où l'on est tenu de déclarer l'infection à VIH et aux types de services de dépistage du VIH offerts au Canada est présentée au tableau 1.
Tableau 1 : Dépistage du VIH et législation relative à la déclaration des cas d'infection à VIH selon la province ou le territoire
|
N = Nominatif, NN = Non nominatif/Non
identificateur, A = Anonyme, L = Lab.,
M = Médecin
I = Infirmière
1 Renvoie à la législation
régissant le type de déclaration des cas
d'infection à VIH aux autorités sanitaires
provinciales/territoriales et à l'année de son
entrée en vigueur.
2 L'infection à VIH devrait devenir à
déclaration obligatoire en Colombie-Britannique le
1er mai 2003.
3 En Ontario et en Colombie-Britannique, les
résultats positifs pour le VIH obtenus au dépistage
anonyme du VIH (DAV) sont signalés sans mention du nom
à l'échelle provinciale.
Accès au dépistage anonyme du VIH (DAV) : façon de promouvoir le dépistage
Comme le dépistage anonyme protège au plus haut point la confidentialité des renseignements recueillis, il peut encourager un plus grand nombre de personnes à se présenter à des tests de dépistage du VIH et à solliciter un counseling3.
Une étude d'évaluation du DAV en Ontario semble indiquer que ce genre de tests rend le dépistage accessible à des populations qui ne se feraient pas autrement tester4.
Plusieurs études aux États-Unis ont montré que les programmes de DAV encouragent les gens à subir un test de détection du VIH, en particulier les personnes à risque élevé ou celles qui ne solliciteraient pas volontairement un test si le dépistage était nominatif ou non nominatif5,6,7.
Au cours de leur première année de fonctionnement, les centres de DAV en Ontario ont offert des services de dépistage à environ 5 % de l'ensemble de la population testée et très souvent à des personnes à risque élevé d'infection à VIH, en particulier les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes8.
Le tableau 2 donne un aperçu des services de dépistage anonyme offerts et de la déclaration des cas d'infection à VIH au Canada.
Tableau 2 : Dépistage anonyme du VIH (DAV) selon la province ou le territoire
|
** Le DAV est accessible sur demande, mais il n'est pas
inclus dans les lignes directrices officielles de la province ou du
territoire.
1 Renvoie aux services de DAV offerts dans la province
ou territoire respectif, et l'année de mise en oeuvre du
DAV.
2 Renvoie à la déclaration ou non des
résultats positifs pour le VIH obtenus au DAV au Centre de
prévention et de contrôle des maladies Infectieuses,
Santé Canada.
3 Si quelqu'un obtient un résultat positif au
DAV, cette personne est intégrée au système
nominatif, où les services de counselling, le suivi et les
rapports de données sur le VIH sont tous identifiés
au nom du patient.
Commentaire
À compter du 1er mai 2003, l'infection à VIH devrait légalement devenir une maladie à déclaration obligatoire dans toutes les provinces et tous les territoires, mais les pratiques relatives à la déclaration des cas d'infection peuvent varier d'un endroit à l'autre. La législation touchant la déclaration de l'infection à VIH dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens peut contribuer à accroître le nombre de tests transmis au CPCMI. Un changement apporté à la déclaration obligatoire de l'infection à VIH en Alberta en 1998 s'est soldé par une hausse importante du nombre de tests de dépistage effectués chez les hommes et les femmes9. L'obligation de déclarer les infections à VIH dans tout le Canada devrait permettre de recueillir des données épidémiologiques plus complètes et d'exercer une surveillance plus exacte et plus à jour de l'épidémie d'infection à VIH.
Toutes les provinces et tous les territoires au Canada offrent au moins une forme de dépistage du VIH : 1) nominatif, 2) non nominatif/non identificateur ou 3) anonyme. À l'heure actuelle, le dépistage nominatif et non nominatif est très répandu au Canada, alors que le dépistage anonyme n'est offert que dans huit provinces. Une plus grande acessibilité aux différents types de dépistage du VIH peut permettre aux gens de choisir le cadre dans lequel ils se sentent le plus à l'aise pour subir un test et recevoir des conseils, ce qui devrait inciter un plus grand nombre de personnes à subir un test et aider à mieux cibler les programmes d'intervention et de traitement10.
Pour obtenir plus d'information sur le dépistage de l'infection à VIH, prière de communiquer avec le service de santé publique de votre province ou territoire.
Références
Santé Canada. Le VIH/sida au Canada : rapport de surveillance en date du 30 juin 2002. Division de l'épidémiologie et de la surveillance du VIH/sida, CPCMI, Santé Canada, novembre 2002.
Houston S, Archibald CP, Strike C, Sutherland D. Factors associated with HIV testing among Canadians: results of a population-based survey. International Journal of STD and AIDS 1998; 9:341-346.
Jürgens R, Palles M. HIV testing and confidentiality: a discussion paper. pp. 52-69. Canadian HIV/AIDS Legal Network and the Canadian AIDS Society, 1997.
Anonymous HIV testing Evaluation: January 1992 to June 1993. AIDS Bureau, Ontario Ministry of Health, novembre 1994.
Keagles SM, Catania JA, Coates TJ et al. Many people who seek anonymous HIV-antibody testing would avoid it under other circumstances. AIDS 1990;4(6):585-588.
Hoxworth T, Hoffman R, Cohn D et al. Anonymous HIV testing: does it attract clients who would not seek confidential testing? AIDS and Public Policy Journal 1994;9(4):182-188.
Hertz-Picciotto I, Lee LW, Hoyo C. HIV test-seeking before and after the restriction of anonymous testing in North Carolina. American Journal of Public Health 1996;86(10):1446-1450.
Browne J, Major C, Galli R, et al. HIV anonymous testing-does it make a difference? (Abstract no. PO-C28-3249). IXth International Conference on AIDS. Berlin, du 6 au 11 juin , 1993;9(2):758.
Jayaraman GC, Preiksaitis JK, Larke B. Mandatory reporting of HIV infection to public health authorities and opt-out prenatal screening for HIV in Alberta: Effect on testing rates. CMAJ (in press).
Hong BA, Berger SG. Characteristics of individuals using different HIV/AIDS counseling and testing programs. AIDS 1994;8:259-262.
Pour obtenir plus de renseignements consulter :
| Division de
l'épidémiologie et de la surveillance du
VIH/sida Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses Agence de la santé publique du Canada Pré Tunney, Indice de l'adresse 0900B1 Ottawa, (Ontario) K1A 0L2 Téléphone : (613) 954-5169 Fax: (613) 946-8695 |
Notre mission est d'aider les Canadiens et les Canadiennes à maintenir et à améliorer leur état de santé
Santé Canada
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.