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Le pourcentage des rapports de tests positifs pour le VIH attribués à la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique est à la hausse.
De 1998 à 2004, 15 876 rapports de tests positifs pour le VIH et 2 989 cas de sida relatifs à des personnes âgées de 15 ans ou plus ont été communiqués au CPCMI. Le tableau 1 résume les données de surveillance du VIH/sida pour la catégorie d'exposition « contact hétérosexuel » en ce qui concerne les rapports de tests positifs pour le VIH et les cas de sida accompagnés de renseignements sur les catégories d'exposition, pour la période de 1998 à 2004. Sont attribuables à la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique 467 rapports de tests positifs pour le VIH et 340 cas de sida. Cette catégorie représente ainsi 5,6 % des rapports de tests positifs pour le VIH et 12,7 % des rapports sur les cas de sida qui comportent des renseignements sur la catégorie d'exposition.
Tableau 1. Pourcentage et nombre des cas dans la catégorie d'exposition « contact hétérosexuel », de 1998 à 2004
Rapports de tests positifs pour le
VIH (n = 8 324*) |
Cas de sida (n = 2
669*) |
|
| Catégorie d'exposition | Pourcentage
(nombre) |
Pourcentage
(nombre) |
| Contact hétérosexuel | 29,7 % (2,468) |
29,1 % (776) |
| VIH endémique | 5,6 % (467) |
12,7 % (340) |
| HET-Risque | 14,1 % (1,176) |
7,2 % (191) |
| ARS-HET | 9,9 % (825) |
9,2 % (245) |
| * n = nombre de cas comportant des renseignements sur les catégories d'exposition | ||
En ce qui concerne les données de surveillance du VIH, le nombre absolu de rapports de tests positifs pour la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique a augmenté, passant de 34 en 1998 à 98 en 2004 (figure 1). Le pourcentage des rapports de tests positifs attribués à la catégorie du VIH endémique est passé de 2,8 % en 1998 à 7,8 % en 2004.
Figure 1. Nombre de rapports de tests positifs pour le VIH attribués à la souscatégorie d'exposition au VIH endémique, et proportion de tous les rapports positifs, par année (1998-2004)

Bien que le nombre absolu des cas de sida attribués à la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique ait diminué au fil du temps (de 58 en 1998 à 30 en 2004), le pourcentage de cas de sida attribuables à cette sous-catégorie est passé de 9,6 % en 1998 à 15,9 % en 2004 (figure 2).
L'augmentation du nombre de rapports de tests positifs pour le VIH observée dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique pourrait être attribuable à une augmentation réelle des nouveaux cas d'infection chez les personnes nées dans des pays où le VIH est endémique, à l'adoption par les provinces et les territoires de meilleures méthodes de communication des rapports de tests pour cette sous-catégorie ou à une augmentation du dépistage du VIH dans ce groupe de la population. On peut conclure que l'augmentation du dépistage est responsable au moins en partie de cette hausse, en raison de l'adoption récente, par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), d'une politique qui prévoit le dépistage du VIH chez les immigrants et les réfugiés à des fins de consultation (voir la section intitulée « Immigration et surveillance du VIH/sida »). En fait, on observe des tendances semblables dans d'autres pays (comme le Royaume-Uni) accueillant un grand nombre d'immigrants nés dans des pays où le VIH est endémique14. Les données fournies par 12 pays du réseau européen de surveillance de l'infection à VIH révèlent une augmentation, entre 1997 et 2002, du nombre de cas diagnostiqués chez les personnes provenant de pays confrontés à une épidémie généralisée de VIH (le nombre de cas diagnostiqués est passé de 1 382 à 3 861, ce qui représente une augmentation de 179 %)15. Cette tendance est en bonne partie attribuable au Royaume-Uni, qui représente 30 % de la population et environ 40 % des diagnostics d'infection à VIH signalés dans les 12 pays au cours de cette période. Il n'est pas surprenant qu'un pourcentage élevé des diagnostics d'infection à VIH soient posés au Royaume-Uni, puisque ce pays accueille de nombreuses personnes nées dans des pays où le VIH est endémique14,16,17.
Un pourcentage élevé des rapports de tests positifs pour le VIH et des rapports sur les cas de sida dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique concerne les jeunes
La ventilation de la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique par groupe d'âge permet de tirer des conclusions importantes. Quatre-vingts pour cent des rapports de tests positifs pour le VIH attribués à cette sous-catégorie concernent des personnes de moins de 40 ans (34,2 % des rapports concernent les moins de 30 ans, et 45,8 %, les 30 à 39 ans). En ce qui touche les cas de sida attribués à la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique, près de la moitié d'entre eux (45,9 %) sont signalés chez les 30 à 39 ans, et 14,4 % chez des personnes de moins de 30 ans. Environ les deux tiers (60,3 %) des cas de sida signalés dans la catégorie d'exposition au VIH endémique sont recensés dans ces deux groupes d'âge.
Figure 2. Nombre de cas de sida déclarés qui sont attribués à la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique, et proportion de tous les cas de sida, par année (1998-2004)

Lorsqu'on effectue une comparaison entre les sous-catégories incluses dans la catégorie d'exposition « contact hétérosexuel », on constate que le contraste le plus marqué en ce qui touche la répartition des âges est en lien avec le sida (figure 3). Dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique, les personnes âgées de 39 ans ou moins représentent 60,4 % des cas, comparativement à 41,9 % des cas dans la catégorie des contacts sexuels avec une personne à risque et à 44,5%des cas dans la catégorie ARS-HET.
On relève une tendance semblable en ce qui a trait aux rapports de tests positifs pour le VIH : le nombre de rapports de tests positifs correspondant aux groupes d'âge plus jeunes est plus élevé dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique que dans les autres sous-catégories de la catégorie « contact hétérosexuel ». Comme l'illustre la figure 4, 80 % des rapports de tests positifs pour le VIH dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique concernent des personnes de 39 ans ou moins. Or, 60 % des rapports de tests positifs établis pour les personnes qui déclarent avoir eu des relations sexuelles avec une personne à risque et 73,7 % des rapports de tests positifs dans la sous-catégorie d'exposition ARS-HET se rapportent à ce groupe d'âge.
Figure 3. Répartition selon l'âge des cas de sida dans les sous-catégories d'exposition par contact hétérosexuel, 1998-2004

Figure 4. Réparition selon l'âge des rapports de tests positifs pour le VIH dans les sous-catégories d'exposition par contact hétérosexuel, 1998-2004

Le pourcentage élevé des rapports de tests positifs pour le VIH dans les groupes d'âge plus jeunes, au sein de la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique, donne à penser que les personnes dans cette sous-catégorie contractent le VIH à un âge plus précoce que d'autres personnes infectées par des contacts hétérosexuels. Cette constatation pourrait bien s'avérer un premier avertissement pour les responsables de la santé publique; elles indiquent en effet que les programmes de prévention et de contrôle du VIH pourraient être plus efficaces s'ils ciblaient un public plus jeune.
L'origine ethnique dans la souscatégorie d'exposition au VIH endémique
Des 247 rapports de tests positifs pour le VIH appartenant à la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique et incluant des renseignements sur l'origine ethnique, 90,3 % se rapportent à des personnes qui ont déclaré être noires, 4,9%concernent des Asiatiques, 2,8 % concernent des personnes qui ont déclaré appartenir à la catégorie « autres » et 2 % se rapportent à des Blancs.
En ce qui touche les cas de sida définis selon les mêmes paramètres, 87,4 % des personnes atteintes ont déclaré être noires, 7,1 % se considéraient comme asiatiques, 3,4 % disaient appartenir à la catégorie « autres » et 2 % étaient des Blancs. Deux des plus grandes provinces du Canada, l'Ontario et le Québec, ne fournissent pas de renseignements sur l'origine ethnique dans les rapports de tests positifs pour le VIH transmis au palier fédéral. Cette lacune restreint la surveillance de la prévalence du virus chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique, du fait que plus des deux tiers des rapports de tests positifs pour le VIH sont établis dans ces deux provinces. Celles-ci incluent en outre deux grands centres urbains, Toronto et Montréal, dans lesquels vivent un pourcentage élevé des personnes originaires de pays où le VIH est endémique.
Les femmes représentent plus de la moitié des sujets inclus dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique
De 1998 à 2004, 239 rapports de tests positifs pour le VIH et 143 rapports sur des cas de sida classés dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique portaient sur des femmes. La figure 5 montre la répartition des rapports de tests positifs pour le VIH et de cas de sida concernant des femmes correspondant aux sous-catégories de la catégorie « contact hétérosexuel ». Dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique, 51,6 % des rapports de tests positifs pour le VIH concernent des femmes. Dans les autres sous-catégories de la catégorie « contact hétérosexuel », les femmes représentent également un pourcentage élevé des cas : 44,4 % des personnes ayant eu des contacts sexuels avec une personne à risque (HET-Risque) et 40,4%des personnes dans la sous-catégorie ARS-HET sont des femmes. En ce qui touche les données de surveillance du sida, 41,9 % des rapports sur les cas de sida classés dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique concernent des femmes, comparativement à 44,0 % dans la catégorie des contacts sexuels avec une personne à risque et à 23,7 % dans la catégorie ARS-HET. Toutefois, ces données se fondent sur des échantillons restreints.
Figure 5. Proportion des rapports de tests positifs pour le VIH et des cas de sida attribués aux femmes des sous-catégories d'exposition par contact hétérosexuel, 1998-2004
Tel qu'il a été précisé dans l'introduction, un certain nombre de déterminants de la santé (comme la pauvreté) peuvent influer sur la vulnérabilité à l'infection à VIH et sur l'accès aux services offerts dans la collectivité. Alors que les femmes originaires de pays où le VIH est endémique sont touchées par bon nombre de ces déterminants, on a laissé entendre que certains groupes (comme les femmes et les réfugiés) étaient particulièrement marginalisées et plus susceptibles que les autres d'être confrontées à ces obstacles.18
Femmes en âge de procréer et transmission périnatale
Comme un nombre important de rapports de tests positifs pour le VIH classés dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique portent sur des femmes, et comme l'épidémie de VIH semble toucher des groupes d'âge plus jeunes dans cette sous-catégorie, il est important de tenir compte des femmes en âge de procréer (âgées de 15 à 44 ans) et de la possibilité d'une transmission périnatale du VIH. Chaque année, de nombreux bébés sont exposés au VIH, avant ou après leur naissance, du fait que leur mère est porteuse de ce virus. Le Programme de surveillance périnatale du VIH au Canada recueille des données sur l'état sérologique de ces bébés relativement au VIH par le truchement d'enquêtes confidentielles nationales et non nominatives portant sur des bébés suivis par des pédiatres dans les centres de soins tertiaires et par des spécialistes du VIH travaillant en clinique partout au Canada. Le Groupe canadien de recherche sur le sida chez les enfants (GCRSE) surveille les enfants exposés, leur accès à des traitements préventifs, et les cas d'infection résultant de ce genre d'exposition.
La figure 6 expose des données sur le pays de naissance des mères de bébés vivant au Canada qui ont été exposés au VIH au cours de la période périnatale et où la mère appartient à la catégorie d'exposition « contact hétérosexuel ». Jusqu'en 1998, trois régions du monde représentaient environ 90 % des cas d'exposition : 31 % des bébés exposés étaient nés d'une mère née en Amérique du Nord, 31 %, d'une mère née dans les Antilles, et 28 %, d'une mère née en Afrique. En 2004, les pourcentages des cas d'exposition attribuables aux mères nées en Amérique du Nord et en Afrique avaient atteint 47 % et 42 %, respectivement. Le pourcentage des cas d'exposition attribuables aux mères nées dans les Antilles ne représentait plus que 5 % de l'ensemble des cas d'exposition.
Quand on interprète les données fournies dans la présente section, on doit garder à l'esprit qu'elles tiennent compte des bébés nés d'une mère reconnue comme étant porteuse du VIH. Ces données n'incluent pas tous les bébés exposés au VIH au cours de la période périnatale, du fait que les femmes enceintes ne connaissent pas toutes leur état sérologique relativement au VIH. En outre, les données sur la région de naissance présentées par le GCRSE ne sont pas ventilées selon les différentes régions de l'Afrique subsaharienne.
Bien que toutes les provinces et tous les territoires du Canada font la promotion du dépistage volontaire du VIH chez les femmes enceintes et celles qui souhaitent le devenir, l'application de cette politique varie d'une administration à l'autre. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la transmission périnatale, on peut consulter le numéro des Actualités en épidémiologie intitulé « Transmission périnatale du VIH »19.
La Division de la surveillance et de l'évaluation des risques (DSER) a récemment publié un rapport sur la répartition des souches VIH-1 fondé sur 1 994 échantillons recueillis entre 1986 et 200420. Dans l'ensemble, on a constaté que la vaste majorité des échantillons positifs appartenaient à une souche VIH-1 du groupe B, et que très peu appartenaient à une souche VIH-1 du groupe non-B (89 % et 11 % respectivement). Toutefois, la vaste majorité (82,2 %) des personnes porteuses d'une souche VIH-1 du groupe non-B étaient classées dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique.
Figure 6. Bébés exposés au VIH au Canada pendant la période périnatale et dont la mère était classée dans la catégorie d'exposition par contact hétérosexuel, selon la région de naissance de mère, de 1984 à 2004

La concentration élevée des souches VIH-1 du groupe non-B dans la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique a été étayée par une étude ontarienne menée par Njihia21 et ses collègues. Ceux-ci ont utilisé certaines des données fournies par la DSER. Ces données étaient fondées sur des échantillons recueillis entre octobre 2003 et octobre 2004. La majorité des personnes porteuses d'une souche du groupe non-B (77,3 % des échantillons, ou 17 échantillons sur 22) entraient dans la catégorie d'exposition au VIH endémique. Les chercheurs ont également examiné la répartition des souches par région de naissance et constaté que 91,5%des personnes séropositives pour le VIH et nées en Amérique du Nord présentaient une souche VIH-1 du groupe B, tandis que 86,7 % des personnes séropositives nées en Afrique subsaharienne étaient du groupe non-B. De toute évidence, le type de souche est lié au pays de naissance qui, lui, se rapporte au fait que les souches non-B prédominent en Afrique et dans les autres régions du monde, à l'exception de l'Amérique du Nord, de l'Europe, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.
Les variations de souches observées entre la sous-catégorie d'exposition au VIH endémique et les autres catégories d'exposition ont plusieurs répercussions sur la prévention, le dépistage et le traitement du VIH/sida dans le système de santé publique. En raison de la fluctuation constante des divers sous-types du VIH, les responsables de la santé publique devront sans cesse s'assurer que les tests de diagnostic existants détectent tous les sous-types, y compris les diverses souches du groupe non-B. En outre, les renseignements sur les types de souches permettront d'orienter la mise au point de futurs vaccins et d'évaluer leur utilité dans le contexte canadien22.
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