En se basant sur les examens formels des preuves scientifiques publiées, de même que sur l'opinion des spécialistes et sur un large éventail de consultations tenues dans l'ensemble du Canada, le Groupe de travail canadien sur l'audition chez les enfants (GTCAE) a déterminé que les programmes de développement précoce de l'audition et de la communication (DPAC) fondés sur le dépistage universel des troubles de l'audition chez les nouveau-nés (DUTAN) étaient non seulement réalisables, mais qu'ils pouvaient aussi produire de grands avantages généraux comparativement aux méthodes classiques d'identification des troubles permanents de l'audition chez les très jeunes enfants au Canada.
Il faut cependant considérer ces inférences dans une perspective et un contexte généraux. Diverses variations géographiques, démographiques, épidémiologiques et d'infrastructure des services de santé influencent le rendement des systèmes, de nombreux aspects de la conception et de la mise en oeuvre de nouveaux programmes, ainsi que les coûts (et avantages) différentiels de ces programmes.
Les résultats examinés indiquent que bien qu'il soit possible d'élaborer avec succès des programmes de DPAC, il faut néanmoins apporter un grand soin à la préparation de tous les aspects de la conception d'un programme et de la gestion de la qualité, pour obtenir de réels avantages nets dans un cadre axé sur l'économie des moyens. De tels programmes constituent une chaîne d'activités. L'intégrité et le rendement de cette chaîne sont tributaires de ses maillons les plus faibles. Le but final n'est pas seulement de dépister tous les bébés, mais de vraiment fournir des services efficaces à tous les enfants et familles dans le besoin.
On peut attribuer à divers facteurs l'absence d'un plein consensus quant au mérite des programmes de DPAC fondés sur le DUTAN. Premièrement, l'accent est clairement mis sur les résultats à long terme en matière de langage comme indice primaire d'amélioration. Si, d'une part, ces résultats sont importants, d'autre part, ils sont complexes et soumis à une foule de limites variables encore mal comprises. Cependant, le trouble ciblé est la déficience auditive et, par conséquent, l'amélioration de l'état et la diminution de sa durée constituent les résultats de santé primaire les plus directs. En outre, il y a eu relativement peu d'études sur les avantages potentiels concomitants découlant d'une identification précoce, comme les retombées sur la communication, la prise de décision et le niveau de vie au sein de la famille. Ces avantages possibles, encore mal compris, peuvent souligner un fait, à savoir que la plupart des familles accueillent favorablement l'identification précoce.
Deuxièmement, dans ce domaine, le développement est rapide. Par conséquent, les essais cliniques fastidieux et les inférences qui en découlent peuvent ne pas refléter à juste titre le rendement courant. On voit le plus souvent cela dans le cas des acheminements de faux positifs dépistés, des erreurs de diagnostic et de la qualité des processus d'intervention. On a enregistré de nouvelles données probantes pendant les délibérations du GTCAE.
Enfin, la justification de nouveaux programmes doit refléter les valeurs sociétales et éthiques, bien que ces dernières n'aient pas reçu l'attention que méritait leur évidente importance.
Ces questions sont cruciales et il faut les pondérer, de pair avec les constats disponibles lorsqu'on envisage la mise en oeuvre d'un nouveau programme de DPAC.
En bref, les tests de dépistage chez les nouveau-nés mènent à une identification précoce des troubles de l'audition. Cette identification entraîne l'amélioration de l'audition et favorise le développement de la communication.
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