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Le fardeau économique de la maladie au Canada, 1993

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1993

Coûts directs

Coût des médicaments

Méthodes

Le coût total des médicaments en 1993 pour l'ensemble du pays se fonde sur les estimations présentées par Santé Canada dans Dépenses nationales de santé au Canada, 1975-1994 (DNSC)1 et par le Bureau de la politique sur les médicaments et de la coordination, de Santé Canada. Le document DNSC contient une estimation du coût des médicaments vendus sans ordonnance et des articles d'hygiène personnelle. Les estimations du Bureau de la politique sur les médicaments et de la coordination visent essentiellement le coût des médicaments de prescription canadiens pour le consommateur, en 1993. Ces estimations reposent sur trois vérifications effectuées par l'IMS 2-4 et sur la Morbidité hospitalière de Statistique Canada 5,6 (voir les définitions à l'annexe 2).

Les vérifications de Canadian Compuscript (CS)2 et de l'Index canadien des maladies et traitements (ICMT)3 servent à calculer le coût des médicaments achetés directement par le consommateur. La vérification du CS estime la valeur, en dollars, des ordonnances exécutées par les pharmacies canadiennes, selon la classe thérapeutique. Pour sa part, l'ICMT estime la fréquence avec laquelle les médecins exerçant en cabinet recommandent des médicaments, selon la catégorie diagnostique, l'âge et le sexe. Ces données servent à répartir selon la catégorie diagnostique, le groupe d'âge et le sexe la valeur pécuniaire des ordonnances exécutées pour chaque classe thérapeutique.

Pour calculer le coût des médicaments administrés dans les hôpitaux, on se sert du document Canadian Pharmaceutical Market : Drug Store and Hospital Purchases (CDH)4 , des vérifications de l'ICMT 3 et de Morbidité hospitalière 5,6 . Le CDH contient une estimation du coût des médicaments achetés pour les hôpitaux, par classe thérapeutique. On a majoré les coûts de 33 % pour calculer de façon approximative la valeur de vente au détail, en supposant que les coûts assumés par les hôpitaux pour l'exécution des ordonnances (services de pharmaciens, entreposage, etc.) équivalent à la somme des frais d'exécution des ordonnances dans les pharmacies de détail et de la marge bénéficiaire 7* . On se sert de l'ICMT pour calculer la valeur en dollars des médicaments de chaque classe thérapeutique, selon la catégorie diagnostique. Les répartitions selon l'âge et le sexe des patients reposent sur les données de Statistique Canada relatives à la durée du séjour à l'hôpital pour chaque catégorie diagnostique.

Hypothèses

  • Nous présumons que le coût national des médicaments en 1993 1 inclut tous les médicaments vendus dans les pharmacies de détail, d'après les estimations du Bureau de la politique des médicaments et de la coordination.
  • Nous supposons aussi que, pour chaque catégorie diagnostique, la répartition des médicaments appartenant à la même classe thérapeutique est semblable, que les médicaments aient été prescrits au cabinet d'un médecin ou dans un hôpital. Bien que les médicaments puissent varier, les classes thérapeutiques de médicaments sont assez vastes.
  • La répartition de la durée du séjour à l'hôpital (en jours) selon la catégorie diagnostique, l'âge et le sexe, est censée correspondre à la répartition des médicaments administrés dans les hôpitaux.

Limites

  • Une partie du coût national des médicaments n'a pu être ventilée selon la catégorie diagnostique. C'est le cas de la plupart des médicaments vendus sans ordonnance et de tous les articles d'hygiène personnelle.
  • On ne sait pas dans quelle mesure les Dépenses nationales de la santé au Canada recoupent celles des trois vérifications de l'IMS. Ces dernières portent essentiellement sur les médicaments de prescription et sur certains médicaments vendus sans ordonnance dans les pharmacies de détail.
  • Les vérifications de l'IMS reposent sur des échantillons. Il est donc possible que le coût des médicaments correspondant à certaines catégories ou sous-catégories diagnostiques ait été sous-estimé.
  • Les données de l'ICMT se fondent sur les médicaments prescrits, que l'ordonnance ait été exécutée ou non.
  • Les données de CS comprennent les médicaments vendus sans ordonnance seulement s'ils ont été prescrits par un médecin et si l'ordonnance a été exécutée par un pharmacien dans une pharmacie.
  • Quant aux statistiques du CDH, elles n'englobent pas l'activité des cliniques spécialisées. Il est donc possible que, pour certaines catégories diagnostiques (par exemple le cancer ou la grossesse), le coût des médicaments soit sous-estimé.

Résultats

Le coût total des médicaments vendus au Canada en 1993 est estimé à 9,9 milliards de dollars. De ce montant, environ 7,2 milliards ont pu être attribués à des catégories diagnostiques particulières. Cette somme correspond essentiellement au coût des médicaments de prescription vendus dans les pharmacies de détail (6,12 milliards) ou administrés dans les hôpitaux (1,04 milliard). Un montant additionnel de 2,7 milliards, qui s'applique essentiellement aux médicaments vendus sans ordonnance et aux articles d'hygiène personnelle, n'a pu être classé par catégorie diagnostique.

La plus grande part (1,6 milliard) des 7,2 milliards classés par catégorie diagnostique s'appliquait aux affections cardio-vasculaires. Venaient ensuite les affections respiratoires (962 millions) et les troubles mentaux (602 millions).

Plus de 15,3 % (239 millions) du coût des médicaments prescrits pour traiter les affections cardio-vasculaires ont été consacrés aux médicaments pour les personnes souffrant de coronaropathies. Le coût des médicaments servant à traiter la bronchite chronique, l'emphysème et l'asthme (401 millions) représentait 41,7 % de l'ensemble du coût des médicaments prescrits pour des affections respiratoires. Les médicaments prescrits aux diabétiques ont coûté 161 millions, soit 32,2 % du coût des médicaments servant à traiter les maladies endocriniennes et connexes. Le quart (25,7 %) du coût des médicaments anticancéreux est imputable aux médicaments servant à traiter les cancers féminins (60 millions).

Les soins aux bien-portants (définis par la CIM-8 comme les affections particulières et les examens en l'absence de maladie) ont sensiblement accru le coût des médicaments (280 millions). Cette catégorie de médicaments comprend les contraceptifs, le lait maternisé, les vitamines, les produits biologiques et les antipaludéens d'usage prophylactique.

* Cette estimation est fondée sur l'expérience des pharmaciens et d'autres praticiens des soins de santé. Bien qu'il nous ait été impossible d'obtenir des données pour appuyer cette estimation, il semble qu'elle soit généralement acceptée.7

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Coût des soins médicaux

Méthodes

L'estimation du coût national total des services dispensés par des médecins en 1993 repose sur les Dépenses nationales de santé au Canada, 1975-1994 1 de Santé Canada. Elle comprend les honoraires de médecins et de psychologues. (On trouvera des définitions plus détaillées dans l'annexe 2). La plus grande partie de ce coût correspond aux honoraires professionnels payés essentiellement par l'entremise des régimes provinciaux d'assurance-maladie.

Sept provinces (Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie-Britannique, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve) ont réparti par catégorie diagnostique et par sexe leurs dépenses totales correspondant principalement aux honoraires de médecins payés à l'acte. La répartition des coûts est semblable dans les sept provinces, sauf pour les catégories des soins aux bien-portants et des affections mal définies (voir à l'annexe 3). D'après les représentants provinciaux, les disparités constatées dans ces deux catégories seraient attribuables au classement d'un trop grand nombre d'affections dans l'une ou l'autre de ces catégories qui regroupent des diagnostics mal définis 2 .

Les statistiques du Manitoba ont été validées 3,4 ; c'est pourquoi nous nous sommes fondés sur la répartition du coût des services médicaux comptabilisés par le ministère de la Santé du Manitoba en 1993-1994 pour ventiler le coût national des soins médicaux par catégorie diagnostique, par âge et par sexe 4,5 . Nous avons appliqué cette répartition aux données nationales sur le coût des soins dispensés par les médecins en 1993, afin d'estimer les sommes qui ont été consacrées au paiement de soins médicaux en 1993 dans l'ensemble du Canada, selon la catégorie diagnostique, l'âge et le sexe. Nous avons ajouté une catégorie qui ne figure pas dans la CIM, «Sans diagnostic», pour pouvoir établir une correspondance avec les catégories utilisées par le Manitoba.

Hypothèses

  • Au moment de notre comparaison des dépenses des différentes provinces au chapitre des soins médicaux, la plupart des provinces ne pouvaient nous fournir que les statistiques de 1991-1992. Nous avons supposé que la répartition de ces coûts, à l'intérieur de chaque province, était restée relativement constante de 1991-1992 à 1993-1994.
  • Nous avons aussi présumé que la répartition du coût des soins médicaux en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans les territoires était semblable à celle qu'on trouve dans les sept autres provinces.
  • La répartition par diagnostic, par groupe d'âge et par sexe du coût des services médicaux au Manitoba est censée être représentative de la répartition des honoraires des médecins à l'échelle nationale, d'après les comparaisons faites avec sept autres provinces.

Limites

  • Les fichiers de données provinciaux que nous avons utilisés ont été conçus pour l'administration du paiement des services et non pour recueillir de l'information sur les patients. La plupart des régies provinciales d'assurance-maladie recueillent de l'information sur les diagnostics posés, mais tous les médecins ne sont pas tenus de consigner le code du diagnostic. Le codage comporte d'autres lacunes : changements dans le diagnostic initial par suite d'une investigation plus poussée, utilisation d'une série limitée de codes diagnostiques, classement d'un trop grand nombre d'affections dans des catégories fourre-tout mal définies (par exemple, les affections mal définies, les consultations sans diagnostic, les soins aux bien-portants) et absence de validation.
  • Les honoraires professionnels des psychologues représentent une très petite partie du coût national des soins médicaux. Toute somme déboursée par le patient lui-même pour les services de psychologues est incluse dans la catégorie Autres professionnels de la santé, qui figure sous la rubrique Autres coûts directs relatifs à la santé. Les honoraires des psychologues qui travaillent dans les hôpitaux et dans d'autres établissements sont inclus dans le Coût des soins hospitaliers et dans le Coût des soins dispensés dans d'autres établissements.
  • Le coût des services dispensés par des médecins salariés, contractuels ou rémunérés à la séance est comptabilisé ailleurs (Coût des soins hospitaliers et Coût des soins dispensés dans d'autres établissements).
  • Il a été impossible d'obtenir la répartition des frais médicaux par catégorie diagnostique en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans les territoires, régions où sont dépensées 67,5 % des sommes consacrées à l'échelle nationale au paiement des services médicaux 1 . Or, la répartition du coût de la maladie dans ces régions ne peut que retentir considérablement sur la répartition du coût de la maladie à l'échelle nationale.

Résultats

Le coût des services donnés par des médecins s'élevait à 10,4 milliards de dollars en 1993. La catégorie des soins aux bien-portants (définie par la CIM-9 comme des «facteurs influant sur l'état de santé et des motifs de recours aux services de santé») représentait la principale dépense médicale (1,1 milliard), soit 10,6 % du coût des services médicaux. Les soins aux bien-portants comprennent les examens médicaux généraux et les investigations spéciales. Les affections respiratoires et les maladies du système nerveux et des organes des sens ont elles aussi largement contribué au coût des services médicaux, chacune de ces catégories ayant engendré des coûts d'environ 1 milliard.

Le coût des soins dispensés aux diabétiques représentait 47,3 % du coût national des soins médicaux dispensés pour traiter des maladies endocriniennes et connexes. Les soins dispensés aux victimes de coronaropathies et d'accidents cérébro-vasculaires ont coûté 338 millions, soit près de 40 % du coût total des soins médicaux pour les affections cardio-vasculaires. La plus grande partie de cette somme a été consacrée au traitement de coronaropathies (263 millions). Le traitement de la bronchite chronique, de l'emphysème et de l'asthme a coûté 289 millions de dollars, ce qui équivaut à 28,3 % du coût des soins médicaux dispensés aux personnes souffrant d'affections respiratoires.

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Coût des soins hospitaliers

Méthodes

Les données sur le coût total national des soins hospitaliers en 1993 sont tirées de Dépenses nationales de santé au Canada, 1975-1994, de Santé Canada 1 . Nous avons déduit le coût des médicaments administrés dans les hôpitaux (1,04 milliard), puisqu'il est comptabilisé dans la composante Coût des médicaments.

Statistique Canada recueille systématiquement des statistiques pour tous les hôpitaux publics, privés et fédéraux du Canada. Plus de 90 % des lits d'hôpital sont comptabilisés dans La statistique hospitalière, rapport annuel préliminaire, 1993-1994 2 ; cependant, seuls les hôpitaux publics sont tenus de déclarer de l'information financière. Nous avons estimé le coût total des soins hospitaliers en 1993-1994, par type d'hôpital, en multipliant le coût par lit dans les hôpitaux publics répondants, pour chaque type d'hôpital, par le nombre total de lits en service dans ce type d'hôpital. Le coût des médicaments administrés dans les hôpitaux a été soustrait du total.

Le coût des soins hospitaliers par catégorie diagnostique, par groupe d'âge et par sexe, est estimé séparément pour trois grandes catégories d'hôpital : les hôpitaux de soins actifs, les hôpitaux de soins prolongés et les hôpitaux psychiatriques (voir les définitions dans l'annexe 2). Nous avons appliqué aux données de Santé Canada sur le coût des soins hospitaliers en 1993 la répartition faite par Statistique Canada des dépenses hospitalières de 1993-1994 entre ces trois catégories d'établissement.

Le coût des soins dispensés dans les hôpitaux de soins actifs a été réparti par catégorie diagnostique et par sexe à l'aide de la pondération totale de la consommation des ressources de 1993 établie par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS)3 . La pondération totale de la consommation des ressources représente à la fois les cas typiques et atypiques de malades hospitalisés dans des hôpitaux de soins actifs; elle tient compte du coût total des soins actifs (coûts fixes et variables) et du coût des services utilisés pour les soins actifs. Le coût des soins dispensés dans les hôpitaux des soins actifs a été réparti selon le groupe d'âge à l'aide des statistiques sur les jours d'hospitalisation.

Les coûts applicables aux hôpitaux de soins prolongés ont été répartis selon le profil de la durée d'hospitalisation en 1993-1994 dans les hôpitaux généraux et les hôpitaux spécialisés, selon la catégorie diagnostique, le groupe d'âge et le sexe, pour les séjours de 100 jours ou plus effectués par des patients qui ont reçu leur congé en 1993-1994 4 .

Le coût total des soins dispensés dans les hôpitaux psychiatriques, classé dans la catégorie Troubles mentaux, a été réparti par groupe d'âge et par sexe en fonction du profil de la durée d'hospitalisation en 1993-1994 dans les hôpitaux psychiatriques, pour les patients qui ont reçu leur congé en 1993-1994 5,6 .

Hypothèses

Hôpitaux de soins actifs

  • Nous avons supposé que les hôpitaux de soins actifs mentionnés ci-dessus étaient ceux sur lesquels on s'était fondé pour calculer la pondération totale de la consommation de ressources. La plupart des coûts de fonctionnement des «hôpitaux avec unités de soins prolongés qui n'offrent pas d'enseignement» et des hôpitaux «d'enseignement» sont censés être liés au traitement de maladies aiguës. Nous avons présumé que la répartition par catégorie diagnostique, par âge et par sexe du coût des soins prolongés, des consultations externes et des soins dispensés en salle d'urgence (compris dans le coût national) était semblable à la répartition du coût des soins actifs. Nous avons aussi postulé que le coût des médicaments administrés dans les hôpitaux (inclus dans la pondération totale de la consommation des ressources) a peu d'effets sur la répartition globale du coût des soins dispensés dans les hôpitaux de soins actifs; avant d'être exclus, les médicaments représentaient 4 % de l'ensemble des frais hospitaliers.

Hôpitaux de soins prolongés

  • Il n'existe pas de définition claire de ce qu'on entend par «soins prolongés»; cependant, la durée moyenne du séjour dans les hôpitaux de soins prolongés est de 100 jours; cette durée est également le critère en fonction duquel certaines provinces exigent du malade le paiement d'une quote-part 7 . Nous avons supposé que, pour les patients qui ont reçu leur congé pendant l'année 1993-1994, le profil de la durée d'hospitalisation pour les séjours de plus de 100 jours à l'hôpital en 1993-1994 reflétait la répartition des malades admis dans les hôpitaux de «soins prolongés». Nous supposons aussi que le coût quotidien moyen d'hospitalisation dans les hôpitaux de soins prolongés est similaire pour toutes les catégories diagnostiques. Enfin, le profil de la durée d'hospitalisation dans les hôpitaux publics (sur lesquels les statistiques de la morbidité hospitalière se fondent) est censé être à peu près le même que dans les hôpitaux privés et fédéraux.

Hôpitaux psychiatriques

  • Pour les patients qui ont reçu leur congé pendant l'année 1993-1994, nous avons supposé que le profil de la durée de séjour dans un hôpital psychiatrique pour l'année 1993-1994 reflétait la répartition par âge et par sexe des malades internés dans les hôpitaux psychiatriques.

Limites

  • Statistique Canada 2 recueille de l'information financière uniquement auprès des hôpitaux publics répondants. Les hôpitaux privés et fédéraux, qui représentent 4 % des lits, ne déclarent pas de données financières.

Hôpitaux de soins actifs

  • L'ICIS 3 recueille des données sur 80 % de ces hôpitaux au Canada, et dans une moins grande proportion, sur les hôpitaux du Québec, du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse. Il est impossible de classer les hôpitaux en catégories clairement distinctes (par exemple, parce que les hôpitaux dotés d'unités de soins prolongés qui n'offrent pas d'enseignement fournissent à la fois des soins actifs et des soins prolongés). Il est possible que les hôpitaux sur lesquels se fonde le calcul de la pondération totale de la consommation des ressources ne soient pas les mêmes que ceux que nous avons inclus dans la catégorie des hôpitaux des soins actifs. La pondération totale de la consommation des ressources comprend le coût des médicaments administrés dans les hôpitaux.
  • Plus de 20 % des lits des hôpitaux généraux et des autres hôpitaux de soins de courte durée (c'est-à-dire les hôpitaux de soins actifs) sont occupés par des malades nécessitant des soins prolongés. La pondération totale de la consommation des ressources ne s'applique qu'aux soins actifs dispensés dans ces hôpitaux.

Hôpitaux de soins prolongés

  • Statistique Canada4 ne tient pas de statistiques sur la morbidité hospitalière selon le type d'hôpital (par exemple, les hôpitaux de soins prolongés ou de réadaptation). Par ailleurs, les données n'incluent pas les hôpitaux du Yukon, ni ceux des Territoires du Nord-Ouest, ni les hôpitaux fédéraux ou les hôpitaux privés à but lucratif.

Hôpitaux psychiatriques

  • Les données sur les sorties comprennent les décès et les congés survenus pendant l'année visée, mais elles ne sont peut-être pas représentatives de l'ensemble des patients traités à l'hôpital pendant cette année-là. Il est donc possible que notre répartition des coûts selon l'âge et le sexe des malades s'écarte de la répartition réelle de la clientèle des hôpitaux psychiatriques pendant l'année.

Résultats

Nous avons estimé à 26,1 milliards de dollars le coût total des soins hospitaliers dispensés en 1993 dans l'ensemble du Canada. Les hôpitaux de soins actifs, de soins prolongés et les hôpitaux psychiatriques ont coûté, respectivement, 22,6 milliards, 1,8 milliard et 1,7 milliard de dollars.

Le traitement des affections cardio-vasculaires a entraîné des dépenses de 4,9 milliards, soit près du cinquième du coût total des soins hospitaliers. Le traitement des troubles mentaux a coûté 3,6 milliards, tandis que les soins dispensés aux personnes atteintes de cancer et ayant subi des blessures ont engendré des coûts de 2,5 milliards et de 2,3 milliards respectivement.

Le traitement des victimes de coronaropathies et d'accidents cérébro-vasculaires a coûté 2,83 milliards, ce qui correspond à 58,2 % du coût total des soins hospitaliers dispensés aux personnes souffrant d'affections cardio-vasculaires. Le traitement du diabète a, quant à lui, accaparé 52,1 % des ressources hospitalières consacrées aux maladies endocriniennes et connexes. Le coût du traitement de la bronchite chronique, de l'emphysème et de l'asthme a représenté 35,6 % du coût des soins hospitaliers dispensés aux personnes souffrant d'affections respiratoires.

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Coût des soins dispensés dans d'autres établissements

Méthodes

Les données sur le coût total national des soins dispensés en 1993 dans d'autres établissements sont tirées du document de Santé Canada intitulé Dépenses nationales de santé au Canada, 1975-1994 1 . Santé Canada définit les «autres établissements» comme les établissements de soins pour bénéficiaires internes qui sont agréés, subventionnés ou titulaires d'un permis délivré par les ministères provinciaux ou territoriaux de la Santé ou des Services sociaux. (Des définitions plus détaillées figurent à l'annexe 2.)

Les pensionnaires de ces établissements (appelés centres d'hébergement dans le présent rapport) sont le plus souvent des malades chroniques ou des personnes handicapées qui y résident plus ou moins en permanence. Bien que ces établissements n'offrent pas le même niveau de soins médicaux ni de services diagnostiques et thérapeutiques que les hôpitaux, il y a un certain chevauchement dans les services. Les médicaments prescrits dans ces établissements sont inclus dans le coût des soins dispensés.

Statistique Canada établit chaque année, à l'aide des données que lui communiquent les provinces et les territoires, le répertoire de tous les centres d'hébergement au Canada. Pour l'année 1993-1994, ce répertoire présente la répartition des dépenses de ces établissements selon le principal type de soins et la principale caractéristique de la clientèle prédominante de l'établissement 2 . Les établissements qui offrent des soins de type II et plus correspondent à la définition de Santé Canada. C'est sur ces établissements que nous nous sommes fondés pour répartir les données de Santé Canada pour 1993 selon la principale caractéristique des pensionnaires.

Hypothèses

  • Nous avons supposé que la répartition du coût total des soins dispensés en 1993-1994 dans les centres d'hébergement qui ont déclaré des données et qui offrent essentiellement des soins de type II et plus 2 était représentative de la répartition du coût des soins dispensés dans d'autres établissements en 1993 1 .
  • La répartition des centres d'hébergement selon le principal type de soins et la principale caractéristique de la clientèle 2 est censée correspondre à celle du Québec.

Limites

  • Il a été impossible de classer par catégorie diagnostique le coût des soins dispensés en 1993 dans d'autres établissements 1 .
  • Les données de Statistique Canada en ce qui concerne les dépenses engagées en 1993-1994 par les centres d'hébergement ayant déclaré des données ne s'appliquent qu'à 70 % des centres en activité et à 75 % des lits en service, et elles excluent le Québec. Par conséquent, le coût total national des soins dispensés dans ces établissements est sous-estimé.
  • Le Québec n'a pas signalé le principal type de soins offerts dans ces établissements.

Résultats

En 1993, le coût des soins dispensés dans d'autres établissements, pour l'ensemble du Canada, s'est établi à 7 milliards de dollars. La plus grande partie de ce montant (6,1 milliards) a été consacrée aux foyers pour personnes âgées. Un montant de 831 millions (12,1 % du coût total) s'appliquait aux soins dispensés aux personnes souffrant de troubles mentaux : les handicapés développementaux, les personnes souffrant de troubles psychiques, les alcooliques et les toxicomanes, de même que les enfants souffrant de troubles émotifs [terminologie de Santé Canada].

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Coût de la recherche en sciences de la santé

Méthodes

Pour calculer le coût de la recherche en sciences de la santé en 1993-1994, nous avons utilisé le Répertoire de recherches en santé au Canada, 1993-1994 1 , le rapport annuel de 1993 de la Fondation de recherche sur les blessures de la route au Canada 2 et les Statistiques relatives à l'enseignement médical au Canada pour 1993-1994, de l'Association des facultés de médecine du Canada (AFMC)3 .

Le Répertoire donne le montant des bourses et subventions de recherche en sciences de la santé octroyées au Canada par des organismes fédéraux, provinciaux et bénévoles pour l'exercice 1993-1994 (voir l'annexe 4). Malheureusement, les bourses et les subventions ne sont pas classées par catégorie diagnostique. Nous avons attribué ces coûts au secteur de recherche correspondant en reliant chaque projet, d'après son titre, à la catégorie diagnostique appropriée. Nous avons créé des sous-catégories lorsqu'un grand nombre de bourses et de subventions correspondaient à la même catégorie de maladie, et créé des catégories supplémentaires pour les bourses ou subventions qui ne pouvaient être attribuées à une catégorie diagnostique (voir l'annexe 2).

Nous avons ajouté à la catégorie des blessures le coût des recherches effectuées en 1993-1994 sur les accidents de la route d'après le rapport annuel de la Fondation de recherche sur les blessures de la route au Canada 2 .

L'AFMC 3 donne d'autres estimations de coût pour les recherches biomédicales faites en 1993-1994 dans les facultés de médecine du Canada; ces coûts ne sont pas classés par catégorie diagnostique. Parmi les sources de financement figurent le gouvernement fédéral et les provinces, les organisations nationales et provinciales sans but lucratif et les associations de bienfaisance, les organisations communautaires locales, les universités et les hôpitaux non affiliés, de même que diverses sources étrangères et autres.

Nous avons exclu les frais de recherche cités par l'AFMC qui recoupent 4 des dépenses de recherche figurant dans le Répertoire 1 pour éviter de compter deux fois certains coûts. Pour la même raison, nous avons exclu le coût des recherches effectuées par le secteur privé (c'est-à-dire les sociétés pharmaceutiques) parce que ces coûts sont récupérés à même les recettes de la vente des produits.

Hypothèses

  • Le Répertoire donne les chiffres de 1993-1994 pour la plupart des organismes. Cependant, parce qu'ils fonctionnent selon une année financière différente ou pour d'autres raisons, certains organismes n'ont pu fournir de statistiques pour 1993-1994. Dans ces cas, nous avons utilisé les données sur les subventions de 1992-1993, en supposant que le type et la valeur des recherches étaient restés les mêmes pendant l'année suivante.

Limites

  • Bien que ces sources donnent une estimation prudente, la somme de leurs données englobe la grande majorité des recherches en santé effectuées au Canada en 1993-1994 (voir les exclusions à l'annexe 2).
  • Le Répertoire 1 a été dressé en juillet 1993 et il ne comprend aucun changement ou ajout subséquent.
  • Nous n'avons pu rajuster nos estimations en fonction des dépenses de 1993 parce que le Répertoire de 1993-1994 faisait état des dépenses combinées pour 1992-1993, 1993 et 1993-1994. Au moment de la rédaction de ces pages, le Conseil de recherches médicales du Canada (CRM) n'a pas encore produit le Répertoire de 1994-1995. Par conséquent, nous ne disposons pas des données de 1993-1994 pour les organismes qui ont déclaré des dépenses en 1992-1993.
  • Il est possible que les coûts correspondant aux sous-catégories diagnostiques soient sous-estimés puisqu'ils ne correspondent qu'aux projets que nous avons pu classer d'après leur titre. Le coût total pour chaque catégorie diagnostique est plus complet.

Résultats

Le coût total de la recherche en sciences de la santé au Canada en 1993-1994 s'élevait, selon nos estimations, à 752 millions de dollars, dont 512 millions ont pu être répartis par catégorie diagnostique. Un montant supplémentaire de 239 millions a été consacré à des recherches biomédicales qui n'ont pu être classées dans aucune catégorie.

La plus grande partie (18,1 %) des 512 millions de dollars qui ont pu être classés par catégorie diagnostique a été affectée à la recherche fondamentale (93 millions). Les recherches sur le cancer, les maladies du système nerveux et des organes des sens et les affections cardio-vasculaires ont coûté respectivement 73, 62 et 60 millions de dollars.

Une grande partie du coût total des recherches sur les maladies endocriniennes et connexes était liée à la recherche sur le diabète (35,2 %), tandis qu'une grande proportion des sommes affectées à la recherche sur les maladies infectieuses a été consacrée aux recherches sur le VIH/sida (25,5 %). La recherche en médecine dentaire (31,2 %) a accaparé près de la moitié des sommes consacrées à la recherche sur les maladies de l'appareil digestif.

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Autres coûts directs relatifs à la santé

Méthodes

Nous avons puisé directement dans le document Dépenses nationales de santé au Canada, 1975-1994 (DNSC)1 le coût total national des soins dispensés par d'autres professionnels de la santé en 1993, de même que les autres coûts directs et immobilisations dans le domaine de la santé (voir les définitions à l'annexe 2).

Même si les dépenses de 1993 ne sont pas réparties par sous-catégorie de coût, cette répartition existe pour les années antérieures et elle est constante 1 . Nous avons utilisé la répartition en pourcentage des dépenses de 1992 pour répartir les coûts de 1993 par sous-catégorie. Bon nombre de ces coûts sont soit des coûts systémiques qui ne devraient pas être attribués à une catégorie diagnostique particulière (par exemple, santé publique ou administration d'assurance), soit des coûts qui pourraient être combinés et affectés à une catégorie (médecine dentaire et denturologie : maladies de l'appareil digestif; verres correcteurs et appareils auditifs : maladies du système nerveux et des organes des sens).

Les coûts de la recherche en sciences de la santé figurent également dans les autres dépenses indiquées dans les DNSC, mais nous les avons exclus ici puisqu'ils sont compris dans la section précédente, Coût de la recherche en sciences de la santé.

Hypothèses

  • Nous avons supposé que la répartition des coûts de 1992 entre les différentes sous-catégories 1 était représentative de la distribution de 1993, en nous fondant sur le fait que cette répartition avait très peu changé depuis 20 ans.

Résultats

En 1993, les autres coûts directs relatifs à la santé ont totalisé 17,6 milliards de dollars. Ces coûts supplémentaires se divisent en deux grandes catégories : les coûts liés aux soins de santé (10,2 milliards) et les coûts administratifs (7,4 milliards).

Les coûts liés aux soins de santé comprennent les services de professionnels de la santé et les appareils médicaux. Les honoraires des dentistes et des denturologistes s'élevaient à 4,7 milliards, ce qui équivaut à près de 80 % du coût des soins dispensés par d'autres professionnels de la santé. Ces coûts pourraient être combinés et affectés à la catégorie des maladies de l'appareil digestif. Le coût des verres correcteurs et les appareils auditifs (1,4 milliard) a été attribué à la catégorie des maladies du système nerveux et des organes des sens. Les coûts résiduels liés aux soins de santé n'ont pu être attribués à une catégorie diagnostique quelconque.

Pour ce qui est des coûts administratifs, les programmes de santé publique (3,6 milliards) constituaient la plus grande dépense. Venaient ensuite les immobilisations liées à des établissements médicaux (2,3 milliards). Une autre partie des coûts administratifs correspondait aux coûts d'assurance et à diverses autres activités du domaine de la santé : dépenses liées à la formation des travailleurs de la santé, aux organisations bénévoles et aux programmes de santé et sécurité au travail.


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