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Diabète au Canada

MORBIDITÉ

Incapacité

Chez les diabétiques, les jours d'incapacité sont plus nombreux et, par conséquent, la perte de productivité plus importante que chez les non-diabétiques. Dans la population en âge de travailler (groupe d'âge des 35 à 64 ans), 23 % des diabétiques ont signalé un ou plusieurs jours d'incapacité (pendant lesquelles ils ont été alités ou ont dû limiter leurs activités) au cours d'une période de deux semaines, comparativement à 11 % des non-diabétiques. Dans le groupe des 35 à 64 ans, 9,3 % des répondants avaient souffert d'incapacité pendant toute la période de deux semaines (c.-à-d. avaient connu 14 jours d'incapacité au cours des deux semaines précédentes), alors que ce n'était le cas que de 2,9 % des non-diabétiques (tableau 5).

  TABLEAU 5

Distribution du nombre autodéclaré de jours d'incapacité au cours
d'une période de 2 semaines, selon le groupe d'âge et le statut à
l'égard du diabète - Canada sauf les territoires, 1996/97

Nombre
de jours d'incapacité

Distribution en % par groupe d'âge

35 - 64

65+

Diabétiques

Non-diabétiques

Diabétiques

Non-diabétiques

0

77,3

89,1

77,7

85,6

1-4

 8,7

 5,5

 5,1

 4,4

5-13

  4,7*

 2,6

  3,8*

 3,2

14

 9,3

 2,9

13,4

 6,7

* Variabilité d'échantillonnage élevée liée à l'estimation.

Remarques : Jour d'incapacité = jour pen dant lequel le sujet a été alité ou a dû limiter ses activités. Le diabète n'est pas forcément la cause du jour d'incapacité. Dans le groupe des diabétiques de 12 à 34 ans, la taille des échantillons était trop réduite pour être exprimée en pourcentage.

Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

Parmi les personnes ayant signalé au moins une journée d'incapacité au cours des deux semaines précédentes, le nombre moyen de jours d'incapacité était de neuf chez les diabétiques, comparativement à six chez les non-diabétiques (tableau 6).

  TABLEAU 6

Nombre moyen de jours d'incapacité au cours d'une période de 2 semaines chez les
personnes signalant au moins un jour d'incapacité, selon le statut à l'égard du diabète et
le groupe d'âge - Canada sauf les territoires, 1996/97

Nombre moyen de jours d'incapacité par groupe d'âge

12-34

35 - 64

65+

Population (12 ans +)

Diabétiques

Non-
diabétiques

Diabétiques

Non-
diabétiques

Diabétiques

Non-
diabétiques

Diabétiques

Non-
diabétiques

4,37

4,61

8,13

6,51

10,27

8,93

8,88

6,10

Remarques :    Le diabète n'est pas forcément la cause du jour d'incapacité. Jour d'incapacité = jour pendant lequel le sujet a été alité ou a dû limiter ses activités.

Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

Il convient de noter que ces jours d'incapacité (sujet alité ou ayant limité ses activités) ne sont pas forcément dus au diabète, car les répondants de l'ENSP n'étaient pas invités à préciser la cause de l'incapacité. Ils devaient toutefois indiquer la cause principale de tout trouble physique ou mental ou problème de santé de longue durée qui les avaient obligés à limiter leurs activités (n'équivaut pas au «jour d'incapacité»). En réponse à cette question visant à obtenir des précisions sur les maladies chroniques qui avaient entraîner une limitation des activités, c'est la «maladie» qui est apparue comme la principale cause de la limitation des activités; elle a en effet été citée par 64 % des sujets diabétiques âgés de 35 à 64 ans, et 66 % des non-diabétiques de 65 ans et plus.

Perception de l'état de santé général

On a observé que la perception personnelle de l'état de santé était liée au taux de mortalité, ce qui indique que les personnes ayant une perception plus négative de leur état de santé meurent généralement plus jeunes que celles ayant une perception plus positive(13).

Les diabétiques avaient une perception beaucoup plus négative de leur état de santé que les non-diabétiques (tableau 7). Parmi la population en âge de travailler (entre 35 et 64 ans), 34 % des diabétiques jugeaient que leur santé était «passable» ou «mauvaise», comparativement à 9 % seulement des non-diabétiques. Dans la même veine, dans le groupe des sujets de plus de 65 ans, 43 % des diabétiques estimaient que leur santé était «passable» ou «mauvaise», alors que c'était le cas de 19 % des non-diabétiques.

  TABLEAU 7

Distribution de la perception de l'état de santé général, selon le groupe d'âge
et le statut à l'égard du diabète - Canada sauf les territoires, 1996/97

Perception de l'état de santé général

Distribution en % par groupe d'âge

35 - 64

65 +

Diabétiques

Non-diabétiques

Diabétiques

Non-diabétiques

Mauvaise

12,9

 1,9

12,8

 5,2

Passable

21,2

 7,2

30,5

13,9

Bonne

33,7

27,3

34,6

37,8

Très bonne

28,4

39,0

18,1

29,8

Excellente

  3,8*

24,6

  4,1*

13,3

Remarques : Le diabète n'est pas forcément la cause du jour d'incapacité. Jour d'incapacité = jour pendant lequel le sujet a été alité ou a dûlimiter ses activités.

Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

Utilisation des soins de santé

  • Consultations externes

    Selon les déclarations des médecins (données de l'Index canadien des maladies et traitements IMS), 79 % de l'ensemble des consultations dues au diabète au cours d'une période de 12 mois sont le fait de patient âgés de 50 ans et plus. Ce chiffre est demeuré constant entre 1992 et 1996. Les plus récentes données (figure 4) indiquent que le pourcentage de consultations par groupe d'âge augmente avec l'âge, atteignant un sommet entre 60 et 69 ans (30,3 %), pour diminuer par la suite. Les consultations liées à un traitement (nouveau traitement ou renouvellement d'une ordonnance) et non liées à un traitement présentent le même profil en fonction de l'augmentation de l'âge. Alors que dans le groupe d'âge le plus jeune, 58 % des consultations sont liées à un traitement, c'est le cas de 74 % des consultations dans le groupe des 60 à 69 ans.

    FIGURE 4
    Distribution, selon l'âge, des consultations de médecins dues
    au diabète liées à un traitement* et non liées à un traitement
    - Canada sauf les territoires, 1996

    FIGURE 4

    * Prescription d'un médicament pour traiter le diabète.
    Source : LLCM 1997 - à partir des données de l'Index canadien des maladies et traitements IMS - année se terminant en décembre 1996.

    Les données relatives au nombre de consultations par personne par groupe d'âge en 1996 (figure 5) révèlent que c'est dans le groupe d'âge le plus jeune que l'on retrouve le plus fort pourcentage de consultations uniques. Le pourcentage de sujets ayant consulté le médecin quatre fois ou plus et 11 fois ou plus augmente avec l'âge.

    FIGURE 5
    Consultations de médecins dues au diabète par groupe d'âge
    - Canada sauf les territoires, 1996


    FIGURE 5

    Source : LLCM 1997 - à partir des données de l'Index canadien des maladies et traitements IMS - année se terminant en décembre 1996.

    Consultations autodéclarées d'un médecin. Dans tous les groupes d'âge, les diabétiques ont dit avoir consulté plus souvent le médecin (pas forcément pour le diabète) au cours de l'année précédente que les non-diabétiques (tableau 8). C'est dans le groupe des 35 à 64 ans que l'écart était le plus marqué; dans ce groupe, en effet, les sujets diabétiques ont signalé en moyenne sept consultations d'un médecin de famille ou d'un omnipraticien au cours des 12 mois précédents, alors que les non-diabétiques en ont signalé trois en moyenne.

      TABLEAU 8

    Nombre moyen de consultations* d'un médecin de famille ou d'un omnipraticien au cours des 12 mois précédents, selon le groupe d'âge et le statut à l'égard du diabète - Canada sauf les territoires, 1996/97

    Nombre moyen de consultations par groupe d'âge

    12-34

    35 - 64

    65+

    Population (12 ans +)

    Diabétiques

    Non-
    diabétiques

    Diabétiques

    Non-
    diabétiques

    Diabétiques

    Non-
    diabétiques

    Diabétiques

    Non-
    diabétiques

    4,09

    2,74

    7,36

    2,92

    7,04

    4,43

    7,00

    3,04

    * Les consultations ne sont pas forcément liées au diabète

    Remarque : Consultation = sujet a vu ou consulté par téléphone un médecin de famille ou un médecin omnipraticien pour des troubles physiques, émotifs ou mentaux.

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

    Éducation du diabétique. Le diabète est une affection qui nécessite la participation active du patient à son traitement. L'éducation du diabétique est la pierre d'assise d'un bon contrôle du diabète. On ne sait pas quel est le pourcentage de Canadiens diabétiques qui reçoivent une formation structurée sur le diabète.

    Utilisation autodéclarée des services de soins à domicile. Parmi les répondants de 65 ans et plus, les diabétiques avaient près de deux fois plus recours aux soins à domicile que les non-diabétiques. Dans ce groupe d'âge, 16 % des répondants ont dit avoir reçu des services de soins à domicile au cours de l'année précédente, comparativement à 9 % des non-diabétiques (ENSP 1996/97).

    Fréquence autodéclarée des examens de la vue. Dans ses lignes directrices pour la pratique clinique, publiées en 1998, l'Association canadienne du diabète recommande un examen annuel de dépistage de l'atteinte oculaire liée au diabète (rétinopathie) chez les patients atteints d'un diabète de type 1, le premier examen devant être effectué cinq après le diagnostic; et un examen de dépistage au moins tous les quatre ans chez les patients atteints d'un diabète de type 2 qui présentent une rétinopathie débutante ou aucune rétinopathie.

    Les données de l'ENSP de 1996/97 révèlent clairement que les diabétiques subissent plus souvent des examens de la vue que les non-diabétiques. Plus de 60 % des répondants diabétiques ont indiqué avoir eu un examen de la vue au cours de l'année précédente, comparativement à 40 % des non-diabétiques (tableau 9).

      TABLEAU 9

    Temps écoulé depuis le dernier examen de la vue, selon le statut à l'égard du diabète et
    le groupe d'âge - Canada sauf les territoires, 1996/97

    Temps écoulé depuis le dernier examen

    Nombre moyen de consultations par groupe d'âge

    12-34

    35 - 64

    65+

     Population (12 ans +)

    Diabét.

    Non-
    diabét.

    Diabét.

    Non-
    diabét.

    Diabét.

    Non-
    diabét.

    Diabét.

    Non-
    diabét.

    moins de 1 an

    54,1

    37,7

    57,2

    39,7

    70,2

    55,7

    62,8

    40,9

    1-2 ans

    ---

    17,6

    25,2

    20,8

    15,0

    18,6

    20,4

    19,3

    2-3 ans

    ---

    11,0

     8,9

    13,8

      6,5*

    11,4

     7,6

    12,4

    3 ans+

    ---

    25,9

     7,5

    21,3

     8,2

    13,6

     8,5

    22,1

    N'a jamais subi d'examen

    ---

     7,8

    ---

     4,4

    ---

     0,8

    ---

     5,3

    *Variabilité d'échantillonnage élevée liée à l'estimation.

    Remarques : --- = la taille de l'échantillon est trop réduite pour être exprimée en pourcentage. Le diabète a été autodéclaré. Les données sur la fréquence des examens de la vue sont tirées de deux variables de l'ENSP.

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

    Parmi les diabétiques, 30 % ont indiqué que cette affection était l'une des raisons de l'examen de la vue; d'autres raisons étaient souvent évoquées, soit le désir de «s'assurer que tout va bien» (40 %) et la «nécessité d'un changement d'ordonnance» (31 %).

    Évaluation autodéclarée de la pression artérielle. Une pression artérielle élevée (hypertension) favorise les complications associées au diabète, comme les maladies cardio-vasculaires et les maladies du rein (néphropathies). Des vérifications régulières de la pression artérielle sont donc indiquées chez les diabétiques.

    Un examen des données autodéclarées révèle que presque toutes les personnes diabétiques (99 %) avaient fait vérifier leur pression artérielle et que plus de 90 % des diabétiques, dans tous les groupes d'âge, avaient fait prendre leur pression artérielle au cours de l'année précédente; il semble que la grande majorité des diabétiques font l'objet d'un dépistage de l'hypertension (tableau 10).

      TABLEAU 10

    Parmi les personnes dont on avait déjà vérifié la pression artérielle*, pourcentage ayant indiqué que cette vérification avait été effectuée au
    cours de l'année précédente, selon le statut à l'égard du diabète et
    le groupe d'âge - Canada sauf les territoires, 1996/97

    Statut à l'égard du diabète

    % ayant indiqué que leur pression artérielle avait été vérifiée au cours de l'année précédente, par groupe d'âge

    12 - 34

    35 - 64

    65+

    Diabétiques

    94,9

    94,4

    97,2

    Non-diabétiques

    68,9

    76,0

    90,6

    * 96 % des répondants de l'ENSP avaient déjà fait prendre leur pression artérielle (99 % des diabétiques et 95 % des non-diabétiques).

    Remarque : Le diabète a été autodéclaré.

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.
  • Utilisation de médicaments Données des pharmacies. Le nombre total de doses unitaires de médicaments pour traiter le diabète délivrées dans les pharmacies au Canada a augmenté pour tous les types de médicaments entre 1993 et 1997. Les sulfonylurées étaient les médicaments les plus souvent utilisés, venaient ensuite les biguanides, l'insuline et les inhibiteurs de l'alpha-glucosidase (1996 et 1997 seulement) (figure 6). Dans le cas des hypoglycémiants oraux, le nombre de comprimés variera en fonction du schéma posologique quotidien. Étant donné que les sulfonylurées doivent généralement être administrées 1 à 2 fois par jour, alors que les biguanides le sont 2 à 3 fois par jour, on pourrait s'attendre à ce que l'écart entre ces deux groupes en ce qui concerne le nombre total de personnes recevant les médicaments soit plus important en réalité que ne le laisse croire le graphique.

    FIGURE 6
    Doses unitaires totales* de médicaments pour le diabète
    délivrées par année - Canada sauf les territoires, 1993-1997

    FIGURE 6

    * Comprimés, capsules et millilitres.
    Source : LLCM 1997 - à partir de Compuscript d'IMS Canada - années se terminant en décembre 1993, 1994, 1995, 1996, 1997

    La figure 7 met en parallèle la distribution des médicaments pour traiter le diabète délivrés par type de médicament au fil du temps. Au cours de la même période de cinq ans, la proportion de sulfonylurées délivrées, par rapport au total, a chuté de 68 % à 57 %, alors que la proportion de biguanides a augmenté, passant de 27 % à 37 %. La place occupée par l'insuline par rapport à l'ensemble des médicaments pour traiter le diabète est demeurée relativement constante.

    FIGURE 7
    Distribution des médicaments pour le diabète délivrés
    par année - Canada sauf les territoires, 1993-1997


    FIGURE 7

    * Comprimés, capsules et millilitres.
    Source : LLCM 1997 - à partir de Compuscript d'IMS Canada - années se terminant en décembre 1993, 1994, 1995, 1996, 1997.

    Données des ordonnances de médecins. Les ordonnances délivrées par les omnipraticiens et les spécialistes de la médecine familiale représentaient 86 % de l'ensemble des hypoglycémiants oraux et 63 % de toutes les doses unitaires d'insuline délivrées en 1997 (figure 8).

    FIGURE 8
    Distribution des médicaments délivrés pour le diabète, selon la
    spécialité du médecin - Canada sauf les territoires, 1997


    FIGURE 8

    * Comprimés, capsules et millilitres.
    Source : LLCM 1997 - à partir de Compuscript d'IMS Canada - années se terminant en décembre, 1997.

    Utilisation autodéclarée des médicaments. On estime que 28 % des Canadiens atteints d'un diabète diagnostiqué ne prenaient que de l'insuline pour équilibrer leur diabète, 54 % prenaient des médicaments (mais pas de l'insuline), 8 % prenaient à la fois de l'insuline et des médicaments, et 10 % suivaient uniquement un traitement diététique (tableau 11).

      TABLEAU 11

    Utilisation autodéclarée des médicaments pour le diabète, par groupe d'âge -
    Canada sauf les territoires, 1996/97

    Groupe d'âge

    Utilisation autodéclarée des médicaments pour le diabète distribution en % (nombre estimatif de cas)

    Diète seulement

    Médicaments/pas d'insuline

    Médicament + insuline

    Insuline seulement

    Autre

    12 - 34

    ---

    ---

    ---

    60,2*
    (21 000)

    0

    35 - 64

    13,0
    (39 000)

    46,4
    (141 000)

    7,7*
    (23 000)

    32,7
    (99 000)

    ---

    65+

    6,5
    (20 000)

    65,1
    (198 000)

     9,0*
    (27 000)

    19,3
    (59 000)

    ---

    Tous (12+)

    9,8
    (63 000)

    53,8
    (345 000)

    8,4
    (54 000)

    27,8
    (178 000)

    ---

    * Variabilité d'échantillonnage élevée liée à l'estimation.

    Remarques : Autre = non précisé. - = la taille de l'échantillon est trop réduite pour être exprimée en pourcentage. Le diabète et l'utilisation des médicaments ont été autodéclarés.
    Médicament = tout médicament autre que l'insuline

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

    Les régimes provinciaux d'assurance-médicaments pourraient être une source importante de données sur la prise en charge du diabète chez les personnes de plus de 65 ans. Dans le groupe des sujets de plus de 65 ans, on estime que 198 000 personnes ayant déclaré être atteintes du diabète prenaient des médicaments (mais pas de l'insuline) pour contrôler leur maladie; dans le même groupe d'âge, 59 000 personnes ne prenaient que de l'insuline pour traiter leur diabète, et 27 000 prenaient à la fois de l'insuline et des médicaments (tableau 11).

    Bien que les chiffres soient restreints, les données fondées sur la cohorte de l'ENSP font ressortir une tendance à la hausse dans l'utilisation de l'insuline et une diminution de la prise en charge non pharmacologique du diabète (tableau 12).

      TABLEAU 12

    Tendances, fondées sur une cohorte, dans l'utilisation des médicaments contre le diabète - Canada sauf les territoires, 1994/95-1996/97

    Utilisation des médicaments

    Distribution en % par groupe de diabétiques

    Diabétique en 1994/95-1996/97

    Nouveau cas de diabète, 1996/97

    1994/95

    1996/97

    1994/95

    1996/97

    Ni comprimés/ni insuline

    31,5

     20,8*

    100

    56,3*

    Comprimés/pas d'insuline

    47,4

    47,5

    0

    37,4*

    Comprimés + insuline

    ---

    ---

    0

    ---

    Insuline seulement

     17,9*

     25,5*

    0

    ---

    * Variabilité d'échantillonnage élevée liée à l'estimation.

    Remarques : -- = la taille de l'échantillon est trop réduite pour être exprimée en pourcentage. Nouveau cas de diabète, 1996 = absence de diabète dans l'ENSP de 1994, mais diabète déclaré dans l'ENSP de 1996 et année déclarée du diagnostic postérieur à 1994. Un pourcentage extrêmement réduit des répondants qui avaient affirmé ne pas avoir le diabète en 1994 et en 1996 avaient également affirmé prendre de l'insuline seulement (n = 4) ou des comprimés seulement (n = 7) en 1994; et de l'insuline seulement (n = 17), des comprimés seulement (n = 17) ou des comprimés et de l'insuline (n = 3) en 1996. Diabétique en 1994-1996 : n = 713 000 (nombre approximatif pondéré). Nouveau cas de diabète 1996 : n = 114 000 (nombre approximatif pondéré).

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.
  • Hospitalisations

    Le diabète est généralement diagnostiqué et traité en consultation externe, aussi est-il généralement peut représenté dans les registres de congés des hopitaux. En outre, les personnes atteintes du diabète sont habituellement hospitalisées à cause des complications du diabète, il arrive donc que la maladie ne soit pas mentionnée dans les registres de congés des hôpitaux. Ainsi, les données de l'Ontario pour l'année financière 1995-1996 indiquent que le diabète a été cité comme étant la principale raison de l'hospitalisation dans le cas de 12 046 séjours à l'hôpital. Toutefois, le diabète a probablement influé sur la durée du séjour dans le cas de 28 586 autres hospitalisations(15).

    Taux actuels (1995). Il y a eu environ 34 000 congés des hôpitaux (fin du séjour à l'hôpital due à la sortie du patient ou à son décès) attribuables au diabète en 1995. Ce chiffre représente plus de 400 000 jours d'hospitalisation dus au diabète. Les taux actuels de diabète (1995) standardisés pour l'âge (en fonction de la population canadienne de 1991) s'établissent comme suit : 112 congés des hôpitaux pour 100 000 habitants (121/100 000 chez les hommes; 104/100 000 chez les femmes) et 1 368 jours d'hospitalisation pour 100 000 habitants (1 511/100 000 chez les hommes; 1 240/100 000 chez les femmes).

    Les taux bruts d'hospitalisation dus au diabète en 1995 s'établissent à 115 congés des hôpitaux et 1 427 jours d'hospitalisation pour 100 000 par année.

    Comparaison entre les hospitalisations dues au diabète et celles dues à certaines maladies, selon le sexe, 1995. Afin de mettre en perspective le fardeau représenté par le diabète sur le plan des soins de santé, nous avons comparé les hospitalisations (calculées à partir du nombre total de congés des hôpitaux et du nombre total de jours d'hospitalisation) dues au diabète à celles dues à certaines autres maladies, soit le cancer du sein, le cancer de la prostate, le VIH/sida, qui sont considérées comme de graves problèmes de santé publique.

    Si l'on prend en considération les coûts directs en soins de santé dus aux hospitalisations en 1995, on observe qu'un plus grande nombre de congés des hôpitaux sont liés au diabète qu'au cancer de la prostate ou au VIH/sida chez les hommes (figure 9); les hommes ont en outre passé plus de jours à l'hôpital pour des problèmes liés au diabète que pour des problèmes liés aux deux autres maladies (figure 10). Chez les femmes, on dénombre davantage de congés des hôpitaux liés au cancer du sein qu'au diabète ou au VIH/sida (figure 9); toutefois, les femmes ont passé un plus grand nombre de jours à l'hôpital à cause du diabète qu'à cause du cancer du sein ou du VIH/sida (figure 10).

    FIGURE 9
    Nombre total de congés des hôpitaux* liés au diabète,
    au cancer (prostate, sein) et au VIH/sida, selon le sexe -
    Canada sauf les territoires, 1995


    FIGURE 9

    Codes de la CIM-9 : diabète (250), cancer de la prostate (185), cancer du sein (174, 175), VIH/sida (042-044).
    * Les congés des hôpitaux ne sont pas établis par individu.
    Source : LLCM 1998 - à partir des données sur la morbidité de Statistique Canada.

    FIGURE 10
    Nombre total de jours d'hospitalisation dus au diabète,
    au cancer (prostate, sein) et au VIH/sida, selon le sexe -
    Canada sauf les territoires, 1995


    FIGURE 10

    Codes de la CIM-9 : diabète (250), cancer de la prostate (185), cancer du sein (174, 175), VIH/sida (042-044).
    * Les congés des hôpitaux ne sont pas établis par individu.
    Source :LLCM 1998 - à partir des données sur la morbidité de Statistique Canada.

    Tendances dans les taux d'hospitalisation : 1971-1995. Les taux des congés des hôpitaux, standardisés pour l'âge, et les taux de jours d'hospitalisation dus au diabète ont continué d'augmenter aussi bien chez les hommes que chez les femmes et dans tous les groupes d'âge depuis les annes 70 (figures 11 et 12). Depuis 1983, le nombre de jours d'hospitalisation a chuté de 42 %, et le nombre de congés des hôpitaux, d'environ 25 %. Cette diminution de l'hospitalisation reflète très probablement l'évolution générale du système de santé canadien, où les soins ambulatoires remplacent de plus en plus les soins aux malades hospitalisés, et fait ressortir la nécessité, pour les diabétiques, d'apprendre à contrôler leur glycémie dans leur milieu de vie habituel.

    FIGURE 11
    Taux standardisés pour l'âge de congés des hôpitaux (pour 100 000) liés au
    diabète, selon le sexe et l'année - Canada sauf les territoires, 1971-1995


    FIGURE 11

    Code 250 de la CIM-9, diabète; données standardisées en fonction de la population canadienne de 1991.
    Source : LLCM 1998 - à partir des données sur la morbidité de Statistique Canada.

    FIGURE 12
    Jours d'hospitalisation standardisés pour l'âge (pour 100 000) dus au diabète,
    selon le sexe et l'année - Canada sauf les territoires, 1971-1995


    FIGURE 12

    Code 250 de la CIM-9, diabète; données standardisées en fonction de la population canadienne de 1991.
    Source : LLCM 1998 - à partir des données sur la morbidité de Statistique Canada.

    Avant la fin des années 80, les taux standardisés pour l'âge de congés des hôpitaux et les taux correspondants de jours d'hospitalisation étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes, mais cet écart a été comblé depuis, et les hommes ont maintenant des taux légèrement supérieurs à ceux des femmes.

    Hospitalisation par province. Les comparaisons établies entre les provinces montrent que les trois provinces ayant les plus hauts taux standardisés pour l'âge de congés des hôpitaux (moyenne sur une période de cinq ans, 1991-1995) étaient l'Île-du-Prince-Édouard (225 pour 100 000), Terre-Neuve (223 pour 100 000) et la Saskatchewan (222 pour 100 000). C'est au Québec qu'on a enregistré le taux le plus bas (97 pour 100 000) (figure 13).

    FIGURE 13
    Taux standardisés pour l'âge de congés des hôpitaux
    (pour 100 000) liés au diabète, entre 1991 et 1995
    (moyenne sur 5 ans) par province - Canada


    FIGURE 13

    Code 250 de la CIM-9, diabète; données standardisées en fonction de la population canadienne de 1991.
    Source : LLCM 1998 - à partir des données sur la morbidité de Statistique Canada.

    Les différences dans le nombre de lits pour 1 000 habitants par province ainsi que dans les politiques en matière de santé et les pratiques des médecins à l'échelle provinciale peuvent expliquer dans une certaine mesure les variations provinciales dans les taux d'hospitalisation.

    Une comparaison entre les taux standardisés pour l'âge relatifs aux jours d'hospitalisation révèle que Terre-Neuve et la Saskatchewan ont les taux moyens les plus élevés sur cinq ans (1991-1995). Au Québec, les taux étaient supérieurs à la moyenne nationale, ce qui donne à penser que le séjour à l'hôpital est plus long au Québec (figure 14). Les données des hôpitaux ne sont pas disponibles pour le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest.

    FIGURE 14
    Jours d'hospitalisation (pour 100 000) standardisés pour l'âge dus au diabète,
    entre 1991-1995 (moyenne sur 5 ans) par province - Canada


    FIGURE 14

    Code 250 de la CIM-9, diabète; données standardisées en fonction de la population canadienne de 1991.
    Source : LLCM 1998 - à partir des données sur la morbidité de Statistique Canada.

    Séjours autodéclarés en établissement (hôpital, foyer de soins infirmiers ou maison de convalescence). Les données de l'ENSP 1996/97 ne précisent pas la cause du séjour d'une nuit en établissement. Les diabétiques ont toutefois signalé davantage de séjours à l'hôpital, dans un foyer de soins infirmiers ou dans une maison de convalescence que les non-diabétiques; le diabète est donc associé à de plus hauts taux de séjours en établissement. Les différences les plus importantes dans les taux ont été observés dans le groupe des 65 ans et plus. En effet, 24 % des diabétiques de ce groupe ont dit avoir passé au moins une nuit en établissement comparativement à 14 % des non-diabétiques (tableau 13).

      TABLEAU 13

    Séjour d'une nuit autodéclaré à l'hôpital, dans un centre de soins infirmiers ou une maison de convalescence au cours des 12 mois précédents, selon le groupe d'âge et le statut à l'égard du diabète - Canada sauf les territoires, 1996/97

    Statut à l'égard du diabète

    % ayant signalé au moins un séjour d'une nuit dans un hôpital,
    un centre de soins infirmiers ou une maison de convalescence
    au cours des 12 mois précédents

    Groupe d'âge

    35-64

    65+

    Diabétiques

    16,2

    23,9

    Non-diabétiques

     7,5

    13,9

    Remarques :    Le diabète a été autodéclaré. Dans le groupe des diabétiques de 12 à 34 ans, la taille de l'échantillon était trop réduite pour être exprimée en pourcentage.

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier Santé (données partagées), diffusion préliminaire.

    Selon les données longitudinales, les personnes qui souffraient du diabète en 1994 signalaient de plus fréquents séjours d'une nuit en établissement en 1996, et l'écart entre les diabétiques et les non-diabétiques en ce qui concerne les séjours en établissement s'élargissait (tableau 14).

      TABLEAU 14

    Tendances, fondées sur une cohorte, dans le pourcentage de personnes
    ayant signalé au moins un séjour d'une nuit à l'hôpital, dans un foyer
    de soins infirmiers ou dans une maison de convalescence au cours
    des 12 mois précédents, selon le statut à l'égard du diabète -
    Canada sauf les territoires, 1994/95-1996/97

    Statut à l'égard du diabète

    % ayant signalé au moins un séjour d'une nuit à l'hôpital,dans un foyer de soins infirmiers ou dans une maisonde convalescence au cours des 12 mois précédents

    Année

    1994

    1996

    Diabétiques 1994/1996

    15,0*

    20,1*

    Non-diabétiques 1994/1996

    8,6

    8,1

    * Variabilité d'échantillonnage élevée liée à l'estimation.

    Remarques : «Diabétiques 1994/1996» = répondants ayant dit avoir le diabète dans l'ENSP de 1994 et de 1996. «Non-diabétiques 1994/1996» = répondants n'ayant pas déclaré de diabète dans l'ENSP de 1994 et de 1996.

    Source : LLCM 1998 - à partir de l'Enquête nationale sur la santé de la population 1996, fichier longitudinal (données partagées), diffusion préliminaire.

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