Les personnes diabétiques sont moins susceptibles que les autres de se déclarer en bonne santé. En outre, elles signalent plus souvent des limitations de leurs activités. L'impact négatif du diabète peut être attribuable à ses complications ou aux défis que pose sa prise en charge.
Les taux de mortalité associés au diabète plus élevés chez les hommes que chez les femmes correspondent à la prévalence du diabète, qui est un peu plus grande chez les hommes. En outre, les hommes ont plus tendance que les femmes à avoir des complications cardiovasculaires, qui entraînent un taux de mortalité élevé.
Les données sur la mortalité compilées actuellement par Statistique Canada sous-estiment la contribution du diabète à la mortalité au Canada. Une étude de Statistique Canada sur les certificats de décès où l'on mentionne le diabète révèle qu'on le considère comme la cause sous-jacente du décès dans 28 % des cas seulement. Dans les autres cas, on indique des complications du diabète comme l'insuffisance rénale, la cardiopathie ou l'accident cérébral vasculaire comme la cause sous-jacente du décès et l'on mentionne que le diabète y a contribué.
Les taux de mortalité chez les 75 ans et plus ont une influence importante sur les taux globaux de mortalité attribuables au diabète, car ils sont beaucoup plus élevés dans ce groupe d'âge que chez les adultes plus jeunes. La stabilisation des taux de mortalité dans ce groupe d'âge, tant chez les hommes que chez les femmes, a stabilisé aussi les taux de mortalité générale. Cette tendance peut-être attribuable notamment à l'augmentation des interventions de préservation de la vie, aux progrès des techniques de diagnostic et de traitement et aux efforts de réduction des facteurs de risque. La stabilisation du taux de mortalité peut indiquer que l'on vit plus longtemps avec le diabète, mais ne signifie pas nécessairement que la qualité de vie des personnes diabétiques est meilleure.
Cette stabilisation des taux de mortalité peut inciter les planificateurs de la santé à croire à tort que le problème du diabète s'est stabilisé. On prévoit en fait que le nombre de décès augmentera, tant chez les hommes que chez les femmes, parce que la population vieillit. Ces personnes auront besoin de tout un éventail de services de soins actifs, de soins chroniques et de soins à domicile, pendant des années avant leur mort. C'est pourquoi il faut se préparer sans tarder à faire face à ce besoin croissant de services, non seulement dans le contexte actuel, mais aussi si nous voulons être efficaces pendant les 20 prochaines années.
Il faudra des données supplémentaires pour surveiller intégralement l'évolution de l'état de santé des personnes diabétiques ou l'impact de la maladie sur leur vie. On prévoit que le SNSD pourra produire des données sur les complications du diabète. Un raffinement plus poussé des données existantes permettrait en outre d'analyser l'évolution de l'état de santé en fonction du type de diabète de la personne en cause (type 1 et type 2). Les enquêtes sur la population pourraient aussi chercher à réunir de l'information sur la qualité de vie à la fois des personnes diabétiques et des membres de leur famille en explorant des questions comme la nécessité de s'absenter du travail ou de l'école, la limitation des activités et la capacité de jouer le rôle familial et social.
1. De Souza TT, Santini L, Wada SA, Vasco, CF, Kimura M. The quality of life of diabetics. Rev Esc Enferm USP 1997,31(10):150-64.
2. Santé Canada. Le diabète au Canada : statistiques nationales et possibilités d'accroître la surveillance, la prévention et la lutte. Ottawa : Santé Canada, 1999:28-29.
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