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Faits saillants

Chapitre 1 Diabète

Le diabète est une affection chronique causée par l'incapacité du corps de produire suffisamment d'insuline ou de l'utiliser comme il se doit. Hormone sécrétée par les cellules bêta du pancréas, l'insuline aide à convertir le glucose en énergie. Sans insuline, les cellules du corps, et principalement celles des muscles, des graisses et du foie, ne peuvent absorber suffisamment de glucose en circulation dans le sang. Une glycémie toujours élevée peut causer des dommages à long terme et provoquer la dysfonction et la défaillance de divers organes comme les reins, les yeux, les nerfs, le cœur et les vaisseaux sanguins. Les complications qui touchent ces organes peuvent entraîner la mort.

Il y a plusieurs formes de diabète : le type 1, le type 2 et le diabète gestationnel. Les types 1 et 2 sont les deux formes les plus répandues de cette affection chronique et touchent respectivement environ 10 % et 90 % de la population totale des personnes diabétiques.

Chapitre 2 Prévalence et incidence

Le diabète demeure un important problème de santé au Canada. Fondées sur des renseignements provenant de l'ensemble des provinces et des territoires sauf le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, les données administratives tirées du SNSD indiquent que la prévalence du diabète diagnostiqué par un médecin s'établit à 4,8 % chez les 20 ans et plus (environ 1 054 100 personnes en 1998-1999). La prévalence réelle peut toutefois être beaucoup plus élevée, car on a estimé que jusqu'au tiers des cas de diabète ne sont pas diagnostiqués au Canada. C'est pourquoi il pouvait y avoir au total 1,7 million de Canadiens diabétiques en 1998-1999.

Chapitre 3 Facteurs de risque

La Stratégie canadienne sur le diabète repose sur une démarche fondée sur la santé de la population afin de prévenir le diabète et de mieux le contrôler. Cette stratégie réduira le risque d'apparition du diabète chez les personnes qui ne l'ont pas, ainsi que le risque de complications chez celles qui l'ont. Ce chapitre présente des données tirées de l'Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP) qui portent sur la prévalence des facteurs de risque du diabète.

Les facteurs de risque du diabète de type 2 demeurent très répandus dans la population générale. Le pourcentage des hommes qui ont de l'embonpoint est en fait à la hausse. Si l'on n'inverse pas cette tendance, elle aura de graves répercussions sur la prévalence future du diabète. Même s'il est encourageant de constater que l'activité physique est à la hausse chez les hommes autant que chez les femmes, il faut continuer d'encourager l'activité physique régulière. Chez les personnes diabétiques, les facteurs de risque comme l'hypertension artérielle, le tabagisme, l'embonpoint et l'inactivité physique, qu'on associe à un mauvais contrôle de la glycémie et à des complications reliées au diabète, demeurent très répandus. Comme les complications du diabète réduisent à la fois l'espérance de vie et sa qualité, il est très prioritaire d'intervenir en la matière.

Chapitre 4 Évolution de l'état de santé

Le diabète a un effet important sur la qualité de vie des personnes diabétiques. L'obligation constante de surveiller les aliments ingérés (horaire des repas, type d'aliments et portions), de prendre des médicaments (pilules ou injections d'insuline), de surveiller leur glycémie et de prévoir et planifier des activités qui peuvent avoir un effet sur le contrôle du diabète peut exercer de lourdes pressions sur la vie quotidienne. C'est particulièrement difficile dans le cas des enfants et des jeunes qui ont le diabète, qui doivent s'intégrer à leur pairs tout en s'adaptant aux exigences du traitement. Les complications découlant du diabète peuvent en outre causer d'autres graves problèmes de santé qui peuvent entraîner une incapacité ou menacer la vie.

Les personnes diabétiques sont moins susceptibles que les autres de se déclarer en bonne santé. Elles signalent en outre plus souvent des restrictions de leurs activités. L'impact négatif du diabète peut être attribué à des complications reliées à la maladie ou aux défis posés par sa prise en charge.

Le taux de mortalité attribuable au diabète est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, ce qui correspond à la prévalence un peu plus importante de la maladie chez les premiers. Les complications cardiovasculaires, qui entraînent un taux de mortalité élevé, ont en outre tendance à faire leur apparition plus souvent chez les hommes que chez les femmes.

La stabilisation des taux de mortalité peut inciter les planificateurs de la santé à croire à tort que le problème du diabète s'est stabilisé. On prévoit en fait que le nombre de décès augmentera, tant chez les hommes que chez les femmes, parce que la population vieillit. Ces personnes auront besoin, pendant des années avant de mourir, de tout un éventail de services de soins actifs, de soins chroniques et de soins à domicile. C'est pourquoi il faut se préparer sans tarder à faire face à ce besoin croissant de services, non seulement dans le contexte actuel, mais aussi si nous voulons être efficaces pendant les 20 prochaines années.

Chapitre 5 Utilisation des services de santé et coûts

Les personnes diabétiques ont besoin de tout un éventail de services de santé, non seulement pour contrôler leur maladie, mais aussi pour faire diagnostiquer et traiter les complications qui en découlent. Chez les personnes diabétiques, le traitement vise à contrôler la glycémie, la tension artérielle et la lipidémie, à atténuer les symptômes et à réduire le risque de complications, ainsi qu'à améliorer la qualité de vie. Il est possible de contrôler la glycémie par l'alimentation et l'administration d'hypoglycémiants pris sous forme de pilules ou d'injections d'insuline, conjugués à des modifications des habitudes de vie (alimentation saine, vie active, évitement ou abandon du tabac et gestion du stress). Les interventions pharmacologiques alliées à ces modifications des habitudes de vie constituent aussi un élément essentiel de la prise en charge des complications du diabète.

Les données sur l'utilisation des médicaments indiquent qu'il est possible de contrôler le diabète de type 2 au début de la maladie, dans certaines circonstances, sans recourir à l'insuline. L'augmentation du nombre total d'unités d'hypoglycémiants distribuées peut être attribuable à leur utilisation importante chez les personnes âgées, segment de la population qui s'accroit avec le temps. Cette augmentation peut aussi découler de la prise en charge active de la maladie dans le cadre de laquelle on a recours aux médicaments pour mieux contrôler la glycémie puisque le diabète de type 2 est une maladie évolutive.

Le taux d'hospitalisation plus élevé chez les hommes que chez les femmes peut découler du taux plus élevé de complications cardiovasculaires chez les hommes. Les taux d'hospitalisation à cause du diabète ne diminuent dans un aucun groupe d'âge, contrairement au taux d'hospitalisation en général, qui fléchit régulièrement depuis quelques années. Ce phénomène peut indiquer que le taux de problèmes de santé graves chez les personnes diabétiques n'a pas diminué. Il témoigne aussi de la pression qui continue de s'exercer sur le budget des hôpitaux.

Au Canada, le fardeau économique du diabète seulement est estimé à 1,6 milliard de dollars en 1998, soit 0,4 milliard (25 %) en coûts directs et 1,2 milliard (75 %) en coûts indirects. Cette estimation très conservatrice n'inclut pas les coûts médicaux. De plus, les coûts hospitaliers n'incluent que la cause principale de l'hospitalisation, et l'on sous-estime ainsi le fardeau réel du diabète parce qu'on ne tient pas compte du coût des complications de la maladie.

Chapitre 6 Le diabète dans les collectivités autochtones

La prévalence élevée du diabète chez les Autochtones (où elle est plus élevée que dans la population générale), le caractère plus grave de la maladie au moment du diagnostic et le taux élevé de complications ne sont que quelques-un des indicateurs de l'importance du problème pour toutes les collectivités autochtones. Plusieurs facteurs de risque ont en outre un impact énorme sur la prévalence du diabète chez les groupes autochtones et ont aggravé la maladie pour une population déjà à risque.

On s'attend à ce que la prévalence globale du diabète chez les Autochtones et les complications qui en découlent augmentent au cours des années à venir et représentent un fardeau énorme pour les autorités de la santé. Une étude réalisée au Manitoba a révélé l'ordre de grandeur du problème. On estime qu'entre 1996 et 2016, le taux des maladies cardiovasculaires déclupera, celui des accidents cérébraux vasculaires quintuplera, celui des nouvelles dialyses déclupera, tout comme ceux des amputations des membres inférieurs et de la cécité.

Même si l'on manque d'information sur les coûts précis du diabète chez les Autochtones, on estime qu'ils sont importants à cause à la fois de la prévalence élevée du diabète et de la grande utilisation que les personnes diabétiques font des services de soins de santé.

Étant donné les graves conséquences du diabète pour les personnes en cause et leur collectivité, il est donc impératif de pratiquer la prévention, stratégie clé qui permettra de réduire cette épidémie. Il faut élaborer des politiques sur la santé publique, et plus particulièrement des projets communautaires sur le diabète, et les mettre en œuvre afin de réduire le fardeau du diabète chez les peuples autochtones.

Un dernier mot

Pour comprendre à fond les répercussions du diabète sur la vie de la population canadienne et distinguer les types de diabète, il faudra davantage de données sur les aspects suivants :

  • incidence et prévalence;
  • facteurs de risque chez les enfants et les adolescents;
  • complications du diabète;
  • utilisation des services externes;
  • participation à des programmes d'information;
  • impact économique du diabète;
  • qualité de vie et impact sur la vie familiale, scolaire et professionnelle.

Comme il est difficile d'obtenir des données exactes sur la prévalence et l'incidence du diabète, on a d'autant plus besoin d'un système de surveillance intégrée et continue. Le SNSD vise à combler les lacunes critiques de l'information sur le diabète au Canada. Le SNSD vise à créer une base de données nationales standardisées sur le diabète afin de surveiller à long terme les complications de la maladie et l'utilisation des services de santé. D'autres sources comme l'ENSP et l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) continueront de produire d'importantes données socioéconomiques et il est donc impératif de maintenir ces enquêtes..


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