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Problèmes de santé humaine liés à l'influenza aviaire au Canada

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2 Antécédents

L'influenza aviaire est une maladie infectieuse des oiseaux causée par des souches du virus d'influenza de type A. Étant donné que les signes cliniques de l'influenza aviaire peuvent ressembler à ceux d'autres maladies, telles que la maladie de Newcastle chez les volailles, le diagnostic d'influenza aviaire doit être basé sur une confirmation en laboratoire.

Chez les oiseaux, que l'on croit tous sensibles, ces virus d'influenza peuvent causer une infection asymptomatique ou un large spectre de symptômes, la maladie allant de bénigne à extrêmement contagieuse et à rapidement mortelle. La survenue de maladie principalement bénigne ou d'infection asymptomatique chez les oiseaux, imputable à l'influenza, est qualifiée d'« influenza aviaire faiblement pathogène » ou IAFP. Lorsque l'influenza a entraîné des épizooties graves caractérisées par une apparition soudaine, une maladie sévère et une mort rapide des oiseaux/bandes affectés, avec un taux de mortalité pouvant avoisiner 100%, on qualifie la souche d'« influenza aviaire hautement pathogène » ou IAHP en raison de la morbidité et de la mortalité observées dans les populations d'oiseaux touchées. Les épreuves de laboratoire (ex. analyse génétique et études biologiques in vivo menées chez des poulets) effectuées sur le virus d'influenza aviaire peuvent aussi entraîner la qualification d'un virus particulier comme étant « hautement pathogène ». Le degré de corrélation entre le potentiel pathogène déterminé en laboratoire et le comportement pathogène, tel qu'en témoignent les conséquences néfastes chez les populations d'oiseaux affectées, est incertain.

Pour les besoins du présent document, une observation clinique ou de laboratoire devrait déclencher les mesures de contrôle recommandées, et leur durée et leur vigueur seront déterminées en fonction des données épidémiologiques qui seront disponibles au moment de l'éclosion.

L'Organisation mondiale de la Santé animale (OIE) définit une éclosion de maladie ou d'infection comme :

« la survenue d'un ou plusieurs cas Lien externe[désigne un animal Lien externe individuel (mammifère, oiseau, abeilles) infecté par un agent pathogène, présentant ou non des signes cliniques manifestes] d'une maladie Lien externe ou d'une infectionLien externe faisant partie d'une unité épidémiologique ou d'un groupe d'animaux présentant un lien épidémiologique défini, caractérisé par une probabilité analogue d'exposition à un agent pathogène, soit parce qu'ils partagent le même environnement (animaux d'un même enclos, par exemple), soit parce qu'ils relèvent d'un même système de gestion. Il s'agit généralement d'un troupeau ou d'une bande, mais une unité épidémiologique Lien externe peut également se référer à des groupes tels que les animaux appartenant aux habitants d'un même village ou partageant un système communal de manipulation des animaux. Le lien épidémiologique peut varier d'une maladie Lien externe à l'autre, voire entre deux souches d'un même agent pathogène. »(6)

Cela comprend la toute première survenue d'une maladie ou d'une infection répertoriée par l'OIE dans un pays ou une zone/compartiment, la toute première survenue d'une nouvelle souche d'un agent pathogène d'une maladie répertoriée dans un pays ou une zone/compartiment, une maladie émergente présentant une morbidité/mortalité ou un potentiel zoonotique importants, ou des signes de changement de l'épidémiologie d'une maladie répertoriée (par ex. éventail des hôtes, pathogénicité, souche de l'agent pathogène causal), en particulier s'il y a un impact zoonotique. La portée de ce document a été élargie par rapport à celle de la version antérieure qui fournissait des recommandations à appliquer durant les éclosions chez des volailles, pour y inclure les questions de santé humaine qui pourraient émaner de cas confirmés d'IA chez des oiseaux sauvages ou de cas uniques chez des oiseaux domestiques.

2.1 Influenza aviaire dans la population d'oiseaux sauvages

Les oiseaux sauvages peuvent servir de réservoir passif aux virus d'influenza aviaire. Si des oiseaux sauvages infectés viennent en contact avec des oiseaux commerciaux/domestiques ou qu'ils contaminent une aire peuplée par ces oiseaux, le virus peut se propager à la bande d'oiseaux domestiques, offrant ainsi au virus une occasion de proliférer, voire de muter. Les virus introduits de cette manière peuvent commencer par des souches faiblement pathogènes et muter en des souches hautement pathogènes.

La première enquête canadienne sur les oiseaux sauvages, menée en 2005, a identifié de nombreux virus d'IA différents, dont quatre sous-types de H5 - H5N1, H5N2, H5N3 et H5N9. Dans tous les cas, ces virus ont été clairement caractérisés par les scientifiques comme étant des souches nord-américaines faiblement pathogènes. Il a été déterminé que la souche faiblement pathogène de H5N1 était similaire aux souches précédemment identifiées en Amérique du Nord[4]. Ces résultats de laboratoire ont été supportés par l'absence de toute augmentation de la mortalité chez les oiseaux canadiens. Tous les échantillons nord-américains provenaient d'oiseaux sauvages sains à qui l'on peut aussi attribuer la nature faiblement pathogène de la souche nord-américaine, par contraste avec les éclosions de la souche de H5N1 asiatique hautement pathogène observée en Eurasie et en Afrique. Une enquête menée en 2006 sera également effectuée dans le but de fournir un avertissement précoce de l'entrée possible d'influenza aviaire hautement pathogène au Canada.

2.2 Influenza aviaire dans les bandes de volaille

Dans les années 1960, les dindes étaient souvent élevées en plein air et des cas d'influenza aviaire faiblement pathogène étaient souvent signalés l'automne. Il a été trouvé plus tard que l'un des virus isolés au Canada en 1966 correspondait aux critères modernes de virus d'influenza hautement pathogène. Depuis 1975, des virus d'influenza aviaire faiblement pathogène - sous-types H5 et H7 - ont été détectés cinq fois chez des volailles domestiques au Canada, et plus récemment en 2005(7).

Des souches faiblement pathogènes (par exemple H9N2) ont à l'occasion causé une maladie bénigne qui évolue spontanément vers la guérison chez l'homme. Bien qu'aucun décès humain n'ait été relié à un virus d'IAFP(5), ces virus peuvent néanmoins posséder un potentiel pandémique. De plus, quelques souches de virus d'IAFP H5 et H7 ont subi des mutations en virus d'IAHP après avoir circulé dans des bandes de volailles domestiques(5). Lors de l'éclosion de 2004 en Colombie-Britannique, le virus H7N3 était initialement un virus d'IAFP, mais il s'est converti en un virus d'IAHP quelques jours après la première éclosion dans la ferme de référence par une recombinaison mineure(8). Il convient donc de prendre des précautions peu importe la pathogénicité du virus d'influenza aviaire dans la population aviaire.

Des souches de virus d'influenza aviaire hautement pathogène ont aussi causé la maladie chez l'homme(9). Jusqu'à présent, les souches en cause comprennent : H5N1, H7N2[5] , H7N3 et H7N7. Des cas de mort humaine ont été observés avec une souche H5N1 à Hong Kong en 1997 et un seul décès a été lié à l'éclosion de H7N7 aux Pays-Bas au début de 2003(10). À l'automne 2003, un nouveau sous-type de H5N1 a commencé à causer des éclosions chez des volailles en Asie et une infection d'envergure chez les oiseaux sauvages(11). Ce virus continue de circuler en 2006 et a provoqué des cas et des décès humains chez des personnes qui avaient été en contact étroit avec des oiseaux infectés. Il y a eu des cas humains en Asie, en Europe et en Afrique. La propagation du H5N1 à des populations aviaires en Europe a été observée suite à la migration d'oiseaux infectés. La liste des régions présentement touchées par l'influenza aviaire (H5N1), dont un tableau des régions touchées par le H5N1 humain et le H5N1, se trouve à l'adresse http://www.phac-aspc.gc.ca/h5n1/index-fra.php

2.3 Contexte de la santé humaine

L'infection par l'influenza aviaire chez l'homme a le potentiel de se produire suite au contact avec des volailles infectées et des produits avicoles insuffisamment cuits ou crus, des oiseaux sauvages ou domestiques infectés, des fientes et de la litière contenant des concentrations élevées de virus, des surfaces contaminées et par contact avec des véhicules, de l'équipement, des vêtements et des chaussures contaminés dans les lieux touchés (ex. exploitations avicoles infectées). La contamination directe des muqueuses par des gouttelettes infectieuses ou l'inhalation de virus projetés par aérosols sont d'autres voies de transmission possibles. Le contact étroit avec des volailles domestiques malades ou mortes (particulièrement les bandes vivant en liberté où les mesures de biosécurité sont inexistantes ou pas strictes), est devenu le facteur de risque prédominant pour l'infection par la souche asiatique de H5N1(12). En général, le risque pour la santé humaine provenant d'oiseaux sauvages infectés par un virus d'influenza aviaire (tant par des souches faiblement que hautement pathogènes) est considéré comme étant faible. Les recommandations sur les pratiques sécuritaires relatives à la manipulation des oiseaux sauvages, y compris des informations pour les chasseurs, sont présentées à : http://www.phac-aspc.gc.ca/influenza/fs-hwb-fr-mos-fra.php

La principale inquiétude mondiale pour la santé humaine est que des éclosions, particulièrement dans des bandes de volailles domestiques, constituent une occasion de mutation génétique continue ou de réassortiment viral. Étant donné que l'infection simultanée par des virus d'influenza humain et d'influenza aviaire chez un hôte intermédiaire, y compris l'homme, puisse donner au virus aviaire et au virus humain une occasion d'échanger des gènes, l'une des conséquences possibles est le développement d'un nouveau sous-type de virus d'influenza ayant le potentiel de causer une pandémie.

Selon les phases de pandémie établies par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'identification d'un nouveau virus (ex. aviaire) chez l'homme marque le début de la Phase 3, soit la première phase d'une période appelée l'alerte à la pandémie. Cette situation élève le niveau d'activité en préparation à une pandémie au sein de toutes les instances puisque ces résultats sont considérés comme étant un précurseur potentiel de pandémie. Au cours de cette phase, il n'y a pas ou tout au plus de rares cas de transmission interhumaine. Les Phases 4 et 5 de l'OMS sont caractérisées par une transmission interhumaine limitée mais de plus en plus efficace du nouveau virus, entraînant des grappes de cas humains[6].

L'éducation de tous les intervenants, idéalement à l'avance dans le cadre des activités de préparation à une pandémie, mais certainement lors de la première intervention contre une éclosion, devrait être considérée comme hautement prioritaire. La prise de conscience des conséquences potentielles de ces éclosions peut faciliter l'observation des mesures de contrôle recommandées.

2.4 Sources d'information supplémentaire

Site Web de l'Agence canadienne d'inspection des aliments Lien externe

Site(s) Web de l'Agence de la santé publique du Canada :
Grippe aviaire
Surveillance de l'influenza

Site Web de l'European Centre for Disease Prevention and Control Lien externe

Site Web de l'OIE (Organisation mondiale de la Santé animale) Lien externe

Site Web de l'OMS sur l'influenza aviaireLien externe

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