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Trois changements importants relativement aux agents d'immunisation passive ont été apportés depuis la publication du Guide canadien d'immunisation en 2002. Des recommandations concernant l'utilisation du palivizumab ont remplacé celles applicables à l'immunoglobuline contre le virus respiratoire syncytial (VRS), qui n'est plus offerte au Canada. Les recommandations touchant l'intervalle entre l'administration d'immunoglobulines et le vaccin contre la rougeole ont été généralisées de façon à inclure TOUS les vaccins à virus vivants, à l'exception du vaccin contre la fièvre jaune. Enfin, des recommandations ont été formulées pour la préparation d'immunoglobulines contre la varicelle et le zona, VariZIGMC, qui a remplacé l'immunoglobuline contre le virus varicelle-zona autrefois sur le marché.
L'administration d'anticorps préformés d'origine humaine ou animale peut offrir une protection contre certaines infections ou en réduire la gravité. Il existe deux types de préparations, l'immunoglobuline humaine ordinaire (Ig) d'origine humaine, souvent appelée « immunoglobuline sérique » ou « gammaglobuline », et les préparations spéciales de sérum humain ou animal contenant des titres élevés d'anticorps spécifiques dirigés contre un micro-organisme particulier ou sa toxine. Il est préférable d'utiliser les immunoglobulines d'origine humaine à cause des taux élevés d'effets secondaires associés aux sérums d'origine animale et de la protection plus durable qu'elles confèrent.
On recommande l'immunisation passive quand il n'existe pas d'agents d'immunisation active ou quand les vaccins existants sont contre-indiqués, ou parfois lorsqu'une personne n'a pas été vaccinée avant d'être exposée à un agent infectieux. L'immunisation passive peut également être utile chez les personnes immunodéprimées qui ne peuvent développer une réponse immunitaire à un vaccin. La protection offerte par les produits d'immunisation passive peut être incomplète et d'une durée relativement courte.
Les lignes directrices qui suivent portent surtout sur l'utilisation préventive des immunoglobulines. Leur utilisation thérapeutique pour lutter contre des infections établies ne sera abordée que sommairement.
Comme pour tous les agents immunisants, il faut expliquer les risques et les avantages de tous les agents d'immunisation passive avant leur administration et consigner le numéro de lot dans le dossier médical du patient.
L'immunoglobuline (Ig) se présente sous la forme d'une solution concentrée stérile contenant entre 100 g/L et 180 g/L (10 à 18 %) de protéines et du thimérosal comme agent de conservation. Elle est obtenue à partir d'un pool de plasmas humains et contient surtout des IgG de même qu'une petite quantité d'IgA et d'IgM. L'activité de chaque lot du produit est contrôlée au moyen d'étalons internationaux ou de préparations de référence pour au moins deux anticorps différents, l'un bactérien et l'autre viral. Conservée à des températures de +2 oC à +8 oC, l'Ig reste stable pendant de longues périodes. Les taux plasmatiques maximaux sont atteints environ 2 jours après l'injection par voie intramusculaire, et la demi-vie dans la circulation sanguine du receveur varie entre 21 et 27 jours.
L'immunoglobuline intraveineuse (IgIV) est une préparation qui contient 50 g/L (5 %) de protéines ainsi que du maltose, du sucrose ou de la glycine comme agent stabilisant. On l'utilise pour l'immunisation passive continue des patients présentant certains déficits congénitaux ou acquis ou atteints de certaines maladies. Nous n'entendons pas présenter ici une étude détaillée de l'IgIV. Le lecteur est prié de consulter les sources d'information pertinentes de même que la notice du fabricant.
Il a été établi que l'usage prophylactique de l'Ig est efficace dans un certain nombre de situations cliniques limitées, notamment en cas d'exposition à la rougeole, à l'hépatite A et à la rubéole. Les doses couramment recommandées sont utilisées dans les situations suivantes (la dose peut cependant varier selon le fabricant, et il faut suivre les recommandations qui figurent sur la notice à l'intérieur de l'emballage) :
On peut administrer l'Ig à un sujet réceptif pour prévenir la rougeole ou en modifier l'évolution dans les 6 jours qui suivent une exposition. Pour prévenir la maladie, l'Ig doit être administrée le plus tôt possible, de préférence dans les 3 jours suivant l'exposition. La dose recommandée est de 0,25 mL/kg de poids corporel jusqu'à concurrence de 15 mL. La dose d'Ig pour les sujets souffrant d'une affection maligne sous-jacente ou d'un déficit immunitaire sera de 0,5 mL/kg, et la dose maximale sera de 15 mL.
On doit envisager d'administrer l'Ig aux contacts réceptifs des cas de rougeole, particulièrement aux enfants de < 1an et aux personnes immunodéprimées pour qui le vaccin contre la rougeole est contre-indiqué. On peut également examiner cette possibilité dans le cas de personnes immunocompétentes réceptives qui consultent entre 72 heures et moins de 1 semaine après une exposition, c.-à-d. trop tard pour être vaccinées. Si la maladie clinique ne se développe pas chez une personne qui a reçu ce produit, il faut administrer le vaccin contre la rougeole 5 ou 6 mois plus tard, selon la dose d'Ig, à la condition que le sujet soit âgé de ≥ 1 an et qu'il n'y ait pas de contre-indication. (Voir le tableau 4 dans Administration récente d'immunoglobulines humaines et le chapitre Vaccin contre la rougeole).
On ne doit pas utiliser l'Ig pour tenter de circonscrire les éclosions de rougeole.
Le vaccin contre l'hépatite A est la meilleure prophylaxie pré-exposition contre l'hépatite A. L'Ig protège contre l'hépatite A lorsqu'elle est administrée par voie intramusculaire avant l'exposition ou durant la période d'incubation. Son efficacité relative dépend du moment de l'administration et de la dose. L'Ig peut être indiquée si le vaccin n'est pas accessible ou trop coûteux, si le sujet est âgé de < 1 an ou s'il s'agit d'une personne immunodéprimée qui peut ne pas développer de réponse immunitaire au vaccin ou d'un cas où le vaccin est contre-indiqué (pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Vaccin contre l'hépatite A).
La dose d'Ig recommandée varie selon la durée de la protection requise. Elle varie aussi selon le fabricant; avant de l'administrer, il faut donc consulter la notice dans l'emballage. En général, pour une protection d'une durée de < 3 mois, la dose est de 0,02 mL/kg; pour > 3 mois, une dose de 0,06mL/kg devrait être administrée; pour > 5 mois, il convient de répéter la dose de 0,06 mL/kg tous les 5 mois. Pour la prophylaxie post-exposition, la dose d'Ig est habituellement de 0,02 mL/kg. L'Ig utilisée à des fins prophylactiques devrait être administrée le plus tôt possible après l'exposition.
Administrée peu après une exposition, l'Ig peut atténuer ou supprimer les symptômes de la rubéole, mais il n'est pas certain qu'elle prévienne l'infection, notamment l'infection congénitale. C'est pourquoi on ne recommande pas l'administration systématique d'Ig aux femmes réceptives exposées à la rubéole au début de leur grossesse.
L'administration d'Ig n'est pas une méthode efficace de prévention ou de traitement de l'hépatite C et ne doit donc pas être utilisée à cette fin.
Les préparations d'Ig humaine comptent parmi les produits dérivés du sang les plus sûrs sur le marché. Le plasma des donneurs qui sont positifs à l'égard de l'antigène de surface de l'hépatite B, de l'anticorps contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ou du virus de l'hépatite C est rejeté. Comme pour d'autres dons de sang et d'organes, les sujets qui présentent des risques connus d'infection par des pathogènes transmissibles par le sang ne sont pas autorisés à donner du plasma pour la préparation d'Ig. La méthode de préparation englobe une ou plusieurs étapes qui excluent les dons contaminés par le virus de l'hépatite B, le virus de l'hépatite C et le VIH ou qui inactivent ces virus. Aucun cas de transmission de ces virus ni du virus du Nil occidental, de la variante de la maladie de Creutzfeld-Jakob ou d'autres agents infectieux n'a été signalé après l'injection intramusculaire d'Ig. Il y a cependant eu quelques rares cas de transmission de l'hépatite B ou de l'hépatite C imputables à l'usage de certaines préparations d'Ig intraveineuses n'ayant pas été soumises aux procédés d'inactivation qui sont maintenant obligatoires au cours du processus de fabrication.
Parmi les réactions au point d'injection, mentionnons une sensibilité, un érythème ainsi qu'une raideur musculaire localisée qui peuvent persister pendant quelques heures. On notera parfois une légère fièvre et un certain malaise. Au nombre des effets secondaires plus rares figurent les bouffées vasomotrices, les céphalées, les frissons et les nausées. Dans de rares cas, des réactions de type anaphylactique peuvent survenir après l'administration répétée de ces préparations.
Il ne faut pas administrer de l'Ig aux personnes souffrant d'un déficit isolé en IgA ou d'une allergie connue au thimérosal, agent de conservation dérivé du mercure. L'usage d'Ig n'est pas contre-indiqué durant la grossesse.
Les préparations qu'on trouve actuellement sur le marché, à l'exception de l'IgIV, ne doivent pas être administrées par voie intraveineuse en raison du risque de réactions anaphylactiques rares.
Les doses importantes qui doivent être administrées par voie intramusculaire doivent être fractionnées et injectées à au moins deux sites anatomiques différents.
Les personnes présentant une thrombopénie sévère ou des troubles de la coagulation, qui sont une contre-indication de l'injection par voie intramusculaire, ne doivent pas recevoir d'Ig par cette voie à moins que les avantages prévus ne l'emportent sur les risques (prière de se reporter au chapitre Immunisation des personnes atteintes de troubles hémorragiques).
L'administration d'Ig peut inhiber temporairement la réponse immunitaire subséquente au vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO). Le lecteur est prié de se reporter au tableau 4 dans le chapitre Administration récente d'immunoglobulines humaines, pour obtenir des recommandations spécifiques concernant l'intervalle recommandé entre l'administration d'Ig et ces vaccins.
Rien n'indique que l'administration d'immunoglobulines atténue la réponse aux vaccins inactivés, aux anatoxines ou aux vaccins vivants suivants : vaccin contre la fièvre jaune et préparations orales contre la typhoïde ou le choléra.
Les immunoglobulines (Ig) spécifiques sont préparées à partir d'un pool de sérums humains contenant des anticorps dirigés contre les agents infectieux spécifiques. Si l'on ne dispose pas de sérums humains, on peut également utiliser des sérums animaux, habituellement de chevaux qui sont hyperimmunisés contre un micro-organisme précis. Il est recommandé d'utiliser autant que possible l'immunoglobuline humaine à cause du risque relativement élevé de maladies sériques associées à l'administration de produits d'origine animale. Il faut procéder à des épreuves d'hypersensibilité, conformément aux recommandations du fabricant, avant d'administrer des immunoglobulines d'origine animale.
Il est difficile d'avoir accès à bon nombre des produits suivants et, dans certains cas, une demande d'accès spécial peut être requise. Il faut alors communiquer avec les services locaux et provinciaux de santé publique pour les obtenir plus facilement.
Antitoxine botulinique (équine)
Il existe des préparations d'antitoxines trivalentes (types A, B et E) et monovalentes (type E), contenant toutes du phénol comme agent de conservation, qui peuvent être utilisées en cas d'urgence avec l'aide des autorités sanitaires locales. On y a recours à des fins prophylactiques chez les personnes asymptomatiques qu'on soupçonne fortement d'avoir consommé des aliments vraisemblablement contaminés par la toxine botulinique, et à titre thérapeutique chez les cas déclarés ou suspects de botulisme. Le botulisme de type E est le plus souvent lié à la consommation de poisson ou de produits de poisson crus ou de chair de mammifères marins, dont la baleine et le phoque. L'antitoxine monovalente de type E ne doit être utilisée que si l'on croit que ces aliments représentent la source la plus probable de l'intoxication ou si des épreuves de laboratoire ont permis d'établir qu'il s'agit bien de la toxine de type E.
Dans les populations qui risquent de subir des expositions répétées à la toxine botulinique en raison de leurs habitudes alimentaires particulières, l'usage répété d'antitoxines à des fins prophylactiques peut faire augmenter le risque de réactions indésirables.
Antitoxine diphtérique (équine)
Cette préparation, qui contient
également du phénol comme agent de conservation,
peut être utilisée en cas d'urgence avec
l'aide des autorités sanitaires locales pour le
traitement de la maladie. On doit administrer l'antitoxine
diphtérique sans attendre la confirmation
bactériologique lorsque le tableau clinique évoque
la diphtérie. La méthode de détermination de
la sensibilité au sérum équin de même
que la posologie et la voie d'administration sont
indiquées dans la notice du fabricant.
L'administration par voie intramusculaire suffit
habituellement, mais il faut parfois recourir à la voie
intraveineuse. Si les épreuves de sensibilité sont
positives, on devra entreprendre une
désensibilisation conformément aux recommandations
du fabricant.
L'antitoxine diphtérique
n'est pas recommandée pour la prophylaxie
chez les contacts étroits non
immunisés des cas de diphtérie vu le risque
élevé de réaction allergique au sérum
équin et vu l'absence de données indiquant
que l'utilisation de l'antitoxine diphtérique
chez les contacts qui ont déjà
reçu une prophylaxie antimicrobienne offre
une protection supplémentaire.
Immunoglobuline contre l'hépatite B (HBIg)
Cette immunoglobuline est préparée à partir d'un pool de plasmas humains contenant des titres élevés d'anticorps dirigés contre l'antigène de surface du VHB. Elle confère une immunité passive immédiate et efficace de courte durée. Lorsqu'elle est administrée en même temps que le vaccin mais à un site différent, la réponse immunitaire au vaccin n'est pas atténuée. Cette immunoglobuline est indiquée chez les personnes réceptives exposées par voie percutanée ou muqueuse à du sang infecté par le virus de l'hépatite B, qui ont eu des contacts sexuels avec un cas aigu d'hépatite B et chez les nouveau-nés dont la mère souffre d'une infection aiguë ou chronique. Tous les bébés dont la mère est infectée devraient recevoir par voie intramusculaire une dose de 0,5 mL de HBIg tout de suite après la naissance en plus de la première des 3 doses de la série vaccinale contre l'hépatite B. Il importe d'administrer la HBIg dans les 12 heures qui suivent la naissance, car son efficacité diminue grandement après 48 heures. La dose à donner aux enfants et aux adultes est de 0,06 mL/kg par voie intramusculaire. En général, elle devrait être administrée aux personnes réceptives dans les 48 heures suivant l'exposition. Il existe cependant une exception : la HBIg peut être administrée à titre prophylactique aux contacts sexuels d'un cas infecté jusqu'à 2 semaines après le dernier contact connu. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Vaccin contre l'hépatite B pour obtenir plus de détails sur la prévention de l'hépatite B).
Immunoglobuline antirabique (RIg)
L'utilisation de ce produit pour l'immunisation passive fait partie de la prophylaxie après l'exposition à la rage chez les personnes non immunisées. L'immunoglobuline antirabique (RIg) confère une protection rapide qui persiste pendant une courte période seulement (demi-vie d'environ 21 jours). Le vaccin et la RIg peuvent être donnés simultanément mais dans aucun cas, le vaccin ne doit être administré dans la même seringue et au même site anatomique que la RIg . Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Vaccin contre la rage pour plus d'information sur l'utilisation de la RIg pour la prophylaxie post-exposition chez les sujets non immunisés.
Palivizumab (Ac anti-VRS)
L'immunoglobuline intraveineuse (humaine) contre le virus respiratoire syncytial (VRSIg) est une immunoglobuline intraveineuse obtenue à partir de pools de plasmas humains contenant des titres élevés d'anticorps protecteurs qui neutralisent le VRS. La VRSIg a été homologuée en août 1997 pour la prévention de l'infection due au VRS chez les enfants de < 2 ans atteints de dysplasie broncho-pulmonaire (DBP) ou nés prématurément (< 35 semaines de gestation). Elle n'est plus offerte au Canada.
Le palivizumab est un anticorps monoclonal de souris humanisé dirigé contre la protéine F du VRS. Il est efficace contre les deux types de VRS. Il est 50 à 100 fois plus puissant que la VRSIg. Le palivizumab est administré chaque mois, à une dose de 15 mg/kg de poids corporel, durant la période où le patient risque le plus d'être exposé au VRS. Il est injecté par voie intramusculaire seulement. Comme il est administré surtout aux nourrissons, le point d'injection privilégié est la face antérolatérale de la cuisse. Si la dose à injecter dépasse 1 mL, elle devrait être fractionnée. L'injection intramusculaire mensuelle de 15 mg/kg chez les enfants maintient les concentrations sériques minimales moyennes au-dessus de 40 mg/mL. Dans un important essai clinique, on a observé chez des enfants qui avaient reçu du palivizumab une réduction de 55 % du taux d'hospitalisation pour une infection à VRS, une baisse de 42 % de la durée de séjour à l'hôpital, de 40 % de la durée de l'oxygénothérapie et de 57 % du taux d'admission à l'unité de soins intensifs comparativement au groupe témoin. Un érythème et de la douleur peuvent être observés au point d'injection. Une fièvre peut survenir dans 1 à 3 % des cas.
La prophylaxie au palivizumab est réservée aux enfants qui risquent le plus d'être atteints d'une infection grave à VRS, notamment les enfants de ≥ 24 mois souffrant de DBP qui ont besoin d'oxygène ou d'un traitement médical contre cette maladie dans les 6 mois précédant la saison de l'infection par le VRS, ainsi que les nourrissons nés à 32 semaines et 0 jour de gestation ou plus tôt qui sont âgés de ≥ 6 mois (avec ou sans DBP) au début de la saison de l'infection à VRS. Le palivizumab n'inhibe pas la réponse aux vaccins contre la rougeole, la rubéole ou les oreillons. Les nourrissons nés entre 32 et 35 semaines de gestation dans des collectivités isolées où les soins hospitaliers ne sont pas facilement accessibles peuvent faire l'objet d'une évaluation spéciale en vue d'une prophylaxie contre le VRS. L'apparition du VRS varie d'une année à l'autre au Canada, et les cliniciens devraient vérifier auprès des spécialistes en maladies infectieuses ou des microbiologistes locaux à quel moment débute cette saison dans leur collectivité. La prophylaxie au palivizumab devrait être mise en route, s'il y a lieu, au début de la saison de l'infection à VRS et poursuivie de mois en mois jusqu'à la fin de la saison.
Le palivizumab n'est pas indiqué pour le traitement à l'hôpital d'une infection à VRS établie.
On devrait envisager une prophylaxie mensuelle au palivizumab durant la saison hivernale dans le cas des enfants de moins de 2 ans qui présentent une cardiopathie congénitale cyanogène ou non cyanogène hémodynamiquement significative (qui ont besoin d'une chirurgie correctrice ou reçoivent des médicaments pour le cœur pour des raisons hémodynamiques). La décision d'offrir une prophylaxie au palivizumab dans cette population devrait être fonction du degré d'atteinte cardiovasculaire physiologique. Les nourrissons nés après plus de 32 semaines de gestation qui présentent de petites malformations du septum auriculaire ou ventriculaire non compliquées, un canal artériel systémique, une légère coarctation de l'aorte, une sténose pulmonaire, un rétrécissement aortique non compliqué ou une cardiomyopathie bénigne, ou encore les nourrissons qui sont porteurs de lésions ayant été adéquatement corrigées par la chirurgie et qui n'ont pas besoin de médicaments pour une insuffisance cardiaque congestive et ne possèdent aucun autre facteur de risque, ne courraient pas un risque accru d'infection à VRS grave; la prophylaxie au palivizumab n'est donc pas recommandée dans le cas des nourrissons atteints de ces affections. Les enfants qui ont subi une dérivation cardiaque durant la chirurgie pourraient recevoir des doses répétées de palivizumab au début de la période postopératoire s'ils courent toujours un risque d'infection à VRS.
Le palivizumab coûte cher; pour réduire au minimum le gaspillage du produit, lorsque la fiole entière n'est pas administrée à un patient, le reste du produit peut être donné à un deuxième patient s'il est administré à l'intérieur de la période de péremption de 6 heures.
Immunoglobuline antitétanique (TIg)
L'usage de TIg dans le traitement des plaies est étudié dans le chapitre Anatoxine tétanique. Dans le traitement du tétanos, il y a lieu d'administrer la TIg par voie intramusculaire pour tenter de neutraliser la toxine tétanique dans les liquides organiques. Elle n'a cependant aucun effet sur les toxines déjà fixées sur les tissus nerveux. La dose thérapeutique optimale n'a pas été établie.
Immunoglobuline contre la varicelle et le zona (VarIg)
La préparation de VarIg offerte au Canada est VariZIGMC (Cangene Corporation, Winnipeg, Man.). VariZIGMC est une préparation stérile lyophilisée de gammaglobulines contenant des titres élevés d'anticorps dirigés contre les virus de la varicelle et du zona (anti-VVZ). VariZIGMC est accessible par l'entremise des centres de distribution de la Société canadienne du sang et d'Héma-Québec.
La décision d'administrer la VarIg devrait se fonder sur les quatre considérations suivantes :
Sont considérées immunes (non réceptives) à la varicelle les personnes :
Font cependant exception les receveurs d'une hétérogreffe de cellules souches qui devraient être considérés comme réceptifs dans les premiers temps qui suivent la greffe, même s'ils ont des antécédents de varicelle ou sont positifs à la sérologie. On devrait offrir la VarIg à ces personnes après une exposition connue à la varicelle.
Les personnes atteintes de varicelle sont le plus contagieuses le premier et le deuxième jour précédant l'apparition de l'éruption cutanée et jusqu'à 5 jours après. Les patients immunodéprimés peuvent être contagieux jusqu'à la formation de croûtes sur toutes les lésions. Les lésions cutanées du zona sont considérées contagieuses dès leur apparition et jusqu'à la formation de croûtes et l'assèchement des lésions. Les situations suivantes sont considérées comme des expositions importantes au virus varicelle-zona :
Il est recommandé d'administrer la VarIg aux personnes réceptives suivantes, à la condition qu'elles aient subi une exposition importante.
VariZIGMC n'est pas indiqué chez les adultes en santé. La varicelle peut être plus grave chez les adultes en santé que chez les enfants, mais le risque de pneumonie varicelleuse semble être plus faible que ce qu'on croyait auparavant. Le vaccin contre la varicelle administré dans les 3 à 5 jours suivant l'exposition est le traitement post-exposition de choix dans le cas des adultes en santé. Le traitement à l'acyclovir mis en route dans les 24 heures suivant l'apparition de l'éruption cutanée permet d'accélérer la cicatrisation des lésions et peut être utilisé dans cette population le plus tôt possible après l'apparition de l'éruption.
La posologie de VariZIGMC est basée sur le poids corporel. La dose recommandée est de 125 UI pour chaque 10 kg de poids corporel jusqu'à concurrence de 625 UI. La dose minimale est de 125 UI. VariZIGMC devrait être administré par voie intramusculaire. Il procure un maximum de bienfait s'il est administré dans les 96 heures suivant la première exposition. Toutefois, comme le moment exact de la transmission n'est pas connu, il peut être utilisé dans les 96 heures suivant l'exposition la plus récente. On pense que la protection dure environ 3 semaines. Si des expositions subséquentes se produisent plus de 3 semaines après une dose de VariZIGMC, des doses additionnelles devraient être administrées si les critères mentionnés ci-dessus pour l'usage de la VarIg sont toujours présents.
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