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Guide canadien d'immunisation

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Partie 4
Vaccins actifs

Vaccin contre la fièvre jaune

Principaux renseignements (Consulter le texte pour plus de précisions)

Objet

  • La fièvre jaune (FJ) se transmet à l’humain par la piqûre d’un moustique infecté.
  • La fièvre jaune est endémique et épidémique par intermittence en Afrique subsaharienne et dans les régions tropicales d’Amérique du Sud.
  • Le risque de contracter la fièvre jaune est faible pour la plupart des voyageurs, en particulier ceux qui ne sortent pas des grands centres urbains très développés.
  • La fièvre jaune est une maladie unique du fait qu’un règlement sanitaire international prévoit l’obligation d’avoir un certificat de vaccination pour se rendre dans certains pays. Au Canada, le vaccin contre la fièvre jaune n’est disponible que dans les centres de vaccination contre la fièvre jaune désignés par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).
  • Le taux de séroconversion après la vaccination contre la fièvre jaune est de 95 à 99 %; l’immunité persiste plus de 10 ans après la vaccination.
  • Les effets secondaires les plus fréquents suivant la vaccination antiamarile sont une douleur, une inflammation et une enflure au point d’injection, une faiblesse, des céphalées et des myalgies.

Personnes visées

  • La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée pour les voyageurs en bonne santé de plus de 9 mois à moins de 60 ans. Le vaccin contre la fièvre jaune peut être envisagé chez les nourrissons de 6 à 8 mois et chez les personnes de plus de 60 ans et plus qui se rendent dans des régions où le risque de fièvre jaune est plus élevé (régions d’endémie ou de transition).
  • Le vaccin contre la fièvre jaune est recommandé pour le personnel de laboratoire qui est exposé au virus de la fièvre jaune.

Comment

  • Une dose du vaccin antiamaril devrait être administrée.
  • Le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie devient valide 10 jours après la primovaccination et immédiatement après la revaccination.
  • En règle générale, les sujets immunodéprimés, les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes ayant des antécédents de maladie du thymus ne devraient pas recevoir le vaccin contre la fièvre jaune.
  • La revaccination des personnes immunocompétentes est recommandée tous les 10 ans, si elle est indiquée.

Raison d'être

  • La vaccination contre la fièvre jaune (documentée par un Certificat international de vaccination ou de prophylaxie) est requise pour entrer dans certains pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, et ce, quel que soit le pays d’origine du voyageur. D’autres pays exigent la vaccination contre la fièvre jaune des voyageurs qui ont traversé une zone d’endémie.
  • Depuis 1970, on a enregistré neuf cas de fièvre jaune parmi des voyageurs non vaccinés originaires des États‑Unis ou d’Europe qui se sont rendus dans une région d’endémie d’Afrique ou d’Amérique du Sud. Huit de ces personnes sont décédées.

Depuis la publication du Guide canadien d’immunisation 2006 :

  • L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis ont harmonisé les cartes des régions à risque de fièvre jaune.
  • Les recommandations relatives à la vaccination antiamarile des voyageurs ont été mises à jour.
  • Des cas de transmission du virus de la fièvre jaune par des produits sanguins après la vaccination du donneur ont été signalés.
  • Un cas de transmission à un nourrisson de la souche vaccinale du virus de la fièvre jaune par le lait maternel a été signalé et les recommandations relatives à la vaccination antiamarile chez les femmes allaitantes ont été modifiées.

Le lecteur trouvera plus de renseignements dans la Déclaration sur la fièvre jaune à l’intention des voyageurs du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV).

Épidémiologie

Description de la maladie

Agent infectieux
La fièvre jaune (FJ) est causée par un virus à acide ribonucléique (ARN) de la famille des Flaviviridae.

Réservoir
L’humain et les primates non humains

Transmission
Le virus de la fièvre jaune se transmet à l’humain par la piqûre d’un moustique infecté, principalement des genres Aedes et Haemogogus. La période d’incubation est de 3 à 6 jours. Chez les humains infectés par le virus de la fièvre jaune, la plus forte virémie et la période d’infectiosité s’observent peu avant le début de la fièvre et les 3 à 5 jours suivants. La virémie survient 4 à 10 jours après la primovaccination antiamarile et dure jusqu’à 5 jours. Comme la virémie est forte chez l’humain, la transmission par le sang du virus amaril est possible par suite d’une transfusion de produits sanguins, de l’injection intraveineuse de drogues ou de piqûres d’aiguilles. Une transmission mère-enfant probable de la souche vaccinale du virus de la fièvre jaune par l’allaitement a été signalée. La virémie liée au vaccin survient 4 à 10 jours après la primovaccination antiamarile et dure jusqu’à 5 jours. Au Canada, les moustiques vecteurs reconnus ne sont pas présents au pays, la transmission durable est donc impossible.

Facteurs de risque
Le risque de fièvre jaune chez un voyageur dépend de multiples facteurs, dont les suivants : statut vaccinal, utilisation de mesures de protection individuelle contre les piqûres de moustiques, destination, durée d’exposition, activités pratiquées pendant le voyage et taux local de transmission du virus. Le risque de contracter la fièvre jaune est faible pour la plupart des voyageurs, en particulier ceux qui ne sortent pas des grands centres urbains très développés. Le risque est plus élevé chez les voyageurs qui:

  • visitent des régions rurales ou y séjournent;
  • restent pour de plus longues périodes;
  • pratiquent des activités extérieures récréatives ou de travail de terrain.

Par exemple, le risque est plus élevé chez les voyageurs qui restent dans des régions rurales d'un pays d'endémie pendant plus de deux semaines, tandis que le risque est plus faible chez les voyageurs qui restent dans une région urbaine dans un pays de transition pendant une semaine.

Profil saisonnier/temporel
En Afrique occidentale et en Amérique du Sud, la transmission du virus de la fièvre jaune a habituellement lieu du milieu jusqu’à la fin de la saison des pluies, lorsque le nombre de moustiques est généralement augmenté. Le virus peut toutefois se transmettre pendant la saison sèche.

Spectre de la maladie clinique
Les manifestations cliniques de la fièvre jaune varient quant à leur gravité, allant de l’absence de symptômes au décès. Lorsqu’elle est symptomatique, la fièvre jaune se caractérise habituellement par l’apparition brutale des symptômes suivants : fièvre, frissons, céphalées, maux de dos, myalgies, arthralgies, nausées, vomissements, photophobie, ictère léger et douleurs épigastriques. Dans environ 85 % des cas, la maladie est spontanément résolutive lorsque les symptômes aigus disparaissent. Dans les autres cas, après une brève période de rémission pouvant durer quelques heures ou une journée, les symptômes s’aggravent et la maladie progresse, puis finit par causer une insuffisance rénale, des symptômes d’hémorragie et une thrombocytopénie. Le traitement consiste à atténuer les symptômes et à offrir des soins de soutien. Le taux de létalité général varie de 20  à 50 %.

Répartition de la maladie
Incidence et prévalence

A l’échelle mondiale
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la maladie frapperait chaque année environ 200 000 personnes et entraînerait quelque 30 000 décès. La fièvre jaune est endémique et épidémique par intermittence en Afrique subsaharienne et dans les régions tropicales d’Amérique du Sud. En Amérique du Sud, le virus se transmet surtout dans les régions boisées plutôt que dans les zones urbaines. En Afrique, la majorité des éclosions déclarées sont survenues en Afrique occidentale. Bien que des moustiques vecteurs soient présents en Asie, il n’existe aucun cas confirmé de transmission.

Depuis 1970, on a enregistré neuf cas de fièvre jaune parmi des voyageurs internationaux non vaccinés originaires des États‑Unis ou d’Europe qui se sont rendus dans une région d’endémie d’Afrique ou d’Amérique du Sud. Huit de ces personnes sont décédées. Un cas de fièvre jaune était un voyageur qui avait reçu le vaccin.

Le risque de fièvre jaune varie grandement à l’intérieur des zones de transmission. D'après un modèle mathématique, chez une personne non vaccinée qui voyagerait pendant deux semaines dans une région où sévit une épidémie de fièvre jaune, le risque de contracter la maladie serait de 1:267 et celui d’en mourir de 1:1 333. Même si chez la plupart des voyageurs le risque est probablement moins élevé, il est très difficile de l'évaluer. C'est pourquoi on a demandé la révision des lignes directrices en vue d'aider les fournisseurs à prodiguer des conseils et à offrir des soins aux voyageurs.

La fièvre jaune est une maladie unique du fait qu’un règlement sanitaire international prévoit l’obligation d’avoir un certificat de vaccination pour se rendre dans certaines régions. En 2011, l’Organisation mondiale de la Santé a publié des recommandations révisées relatives à la vaccination antiamarile des voyageurs internationaux, en consultation avec des experts internationaux en médecine des voyages. Les révisions comprennent notamment :

  • La révision des critères de désignation des zones où il existe un risque d’activité du virus de la fièvre jaune. La classification des zones géographiques, selon le risque de transmission de la fièvre jaune, comporte quatre catégories : zones d’endémie, zones de transition, zones à faible potentiel d’exposition et zones sans risque. Le tableau 1 comprend une liste des pays d'endémie et de transition où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune, et le tableau 2 procure une liste des pays à faible potentiel d’exposition au virus de la fièvre jaune.
  • Les pays et régions géographiques où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune ont été réévalués à l’aide des nouveaux critères, et les recommandations formulées relativement à la vaccination sont basées selon le niveau de risque. Le lecteur est prié de consulter la section Voyageurs pour connaître le mode d'application de ces critères.
  • De légères modifications ont été apportées aux règles concernant les voyageurs qui transitent rapidement (12 heures ou moins) dans les aéroports de régions où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune et qui entrent dans des pays où aucun cas de fièvre jaune n'a été signalé, mais où la transmission est possible (population primate et insectes vecteurs compatibles).

Tableau 1 : Pays d'endémie et de transitionTableau 1 - Note en bas de page *Tableau 1 - Note en bas de page + où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune, par continent, 2011

Afrique

Tableau 1 - Note en bas de page *
La désignation des régions à risque de transmission de la fièvre jaune est sujette à changement. Les voyageurs et les dispensateurs de soins de santé devraient consulter l’information la plus récente disponible sur le site Web de l’OMS à l’adresse : http://www.who.int/ith/chapters/ithchapterannex1FR.pdf
Tableau 1 - Note en bas de page +
Les pays en caractère gras exigent une preuve de vaccination antiamarile et sont sujets à changement. D’autres pays exigent une preuve de vaccination antiamarile des voyageurs qui arrivent d’un pays d’endémie.
Tableau 1 - Note en bas de page
Se reporter à la carte de l’Organisation mondiale de la Santé des régions des Amériques où la vaccination antiamarile est recommandée : http://gamapserver.who.int/mapLibrary/Files/Maps/ITH_YF_vaccination_americas.png ou à la carte des régions d’Afrique où la vaccination antiamarile est recommandée : http://gamapserver.who.int/mapLibrary/Files/Maps/ITH_YF_vaccination_africa.png.

Tableau 2 : PaysTableau 2 - Note en bas de page *Tableau 2 - Note en bas de page + à faible potentiel d’exposition au virus de la fièvre jaune, 2011

Afrique

Tableau 2 - Note en bas de page *
Les voyageurs et les dispensateurs de soins de santé devraient consulter l’information la plus récente disponible sur le site Web de l’Organisation mondiale de la Santé à l’adresse : http://www.who.int/ith/chapters/ithchapterannex1FR.pdf
Tableau 2 - Note en bas de page +
Les pays en caractère gras exigent une preuve de vaccination antiamarile et sont sujets à changement. Une liste complète des exigences par pays est disponible sur le site Web des Centers for Disease Control and Prevention : http://wwwnc.cdc.gov/travel/yellowbook/2010/chapter-2/yellow-fever-vaccine-requirements-and-recommendations.htm [en anglais seulement] ou de l’Organisation mondiale de la Santé : http://www.who.int/ith/chapters/ithcountrylistFR.pdf
Tableau 2 - Note en bas de page
Ces pays sont considérés comme « à faible potentiel d’exposition au virus de la fièvre jaune » dans certaines régions seulement; les autres régions du pays sont classées dans les zones sans risque d’exposition au virus de la fièvre jaune.

Il se peut que la désignation des régions où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune change. Certains pays exigent la vaccination antiamarile pour les voyages depuis un pays ou passant par un pays où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune. Une liste complète des exigences par pays est disponible sur le site Web des Centers for Disease Control and PreventionLien externe (disponible en anglais seulement) ou de l’OMS (Document PDF)Lien externe (disponible en anglais seulement).

A l’échelle nationale
À ce jour, aucun cas de fièvre jaune n’a été déclaré au Canada. La fièvre jaune est une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale et internationale; par conséquent, les cas diagnostiqués au Canada doivent être déclarés de toute urgence aux autorités sanitaires locales.

Éclosions récentes
Pour connaître les éclosions de fièvre jaune, le lecteur est prié de consulter la page Flambées épidémiques de l'Organisation mondiale de la SantéLien externe.

Préparation offerte au Canada

Au Canada, le vaccin contre la fièvre jaune n’est offert que dans les centres de vaccination contre la fièvre jaune désignés par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Une liste des Centres peut être obtenue auprès de l’Agence de la santé publique du Canada, par téléphone au numéro : 613-957-8739 ou par courriel à l’adresse : yfinfofj@phac-aspc.gc.ca.

Vaccin contre la fièvre jaune
  • YF-VAX® : vaccin à virus vivant atténué contre la fièvre jaune, sanofi pasteur Ltée (fièvre jaune)

Pour obtenir les renseignements thérapeutiques complets, le lecteur est prié de consulter le dépliant du produit ou la monographie de produit autorisée par Santé Canada, disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiquesLien externe. Se reporter au Tableau 1 du chapitre Considérations générales de la partie 1 pour voir la liste de tous les vaccins offerts au Canada et les ingrédients qu’ils renferment.

Efficacité potentielle, efficacité réelle et immunogénicité

Efficacité potentielle et efficacité réelle

Aucune étude d’efficacité potentielle du vaccin contre la fièvre jaune n’a été effectuée; néanmoins, des rapports non publiés comparant l’incidence de la fièvre jaune dans les populations vaccinées et les populations non vaccinées au Nigeria durant une épidémie, en 1986, font état d’une efficacité réelle estimée d’environ 85 %.

Immunogénicité

Plus de 80 % des personnes vaccinées contre la fièvre jaune produisent des anticorps neutralisants 10 jours suivant la vaccination, et plus de 99 % dans les 28 jours suivant la vaccination. L’immunité persiste plus de 10 ans.

Indications

Nourrissons et enfants en bonne santé (9 mois à 17 ans)

Le vaccin contre la fièvre jaune est recommandé pour les enfants en bonne santé de 9 mois et plus qui se rendent dans une région d’endémie ou de transition (voir le Tableau 1).

Le vaccin est contre-indiqué chez les nourrissons de moins de 6 mois en raison d’un risque accru d’encéphalite post-vaccination. Il faut déconseiller tout voyage dans un pays d'endémie ou de transition de la fièvre jaune aux enfants de moins de 6 mois. Si le voyage est inévitable, il faut insister sur la nécessité de protéger l'enfant contre les moustiques en tout temps. En règle générale, la vaccination antiamarile est contre-indiquée chez les enfants de 6 à 8 mois en raison du risque accru et continu des effets secondaires et de l'immunogénicité réduite. Dans la mesure du possible, les bébés de 6 à 8 mois ne devraient pas voyager dans un pays où il y a transmission de la fièvre jaune. Si le voyage est inévitable, la décision de vacciner ou non l’enfant devrait être basée sur une analyse du risque d’exposition à la fièvre jaune par rapport au risque de la vaccination. Bien que le risque d'effets secondaire graves d'ordre neurologique est moins élevé que chez les nourrissons de moins de 6 mois, il est plus élevé que chez les enfants de 9 mois et plus. À l'âge de 9 mois, le risque d'effets secondaires graves diminue et la production d'anticorps augmente, ce qui améliore la sécurité et l'efficacité du vaccin antiamaril.

Si on administre un vaccin antiamaril à un nourrisson âgé de 6 à 8 mois et qu'il voyage après ses 9 mois, il faut effectuer un test sérologique (si possible) et une dose de rappel doit être envisagée. Il faut insister sur la prise de mesures de protection individuelle.

Adultes (18 ans et plus)

Le vaccin antiamaril est recommandé pour les employés de laboratoire qui sont exposés au virus de la fièvre jaune et les voyageurs adultes en bonne santé âgés de moins 60 ans qui se rendent dans une région d’endémie ou de transition (voir le Tableau 1).

Les personnes de 60 ans et plus ne devraient recevoir la primovaccination antiamarile que s’il leur est impossible d’éviter un voyage dans une région d’endémie ou de transition et si une bonne protection contre les moustiques est impossible. On a constaté des réactions indésirables graves chez les personnes vaccinées plus âgées seulement après la primovaccination. Des doses de rappel du vaccin antiamaril peuvent être administrées aux personnes de plus de 60 ans. Le lecteur est prié de se reporter à la section Autres effets secondaires et affections déclarés pour obtenir davantage de renseignements.

Se reporter aux sections Voyageurs et Calendrier pour obtenir davantage de renseignements.

Grossesse et allaitement

En règle générale, le vaccin antiamaril, tout comme les autres vaccins à virus vivant, devrait être évité pendant la grossesse. Les femmes enceintes ou allaitantes ne devraient recevoir le vaccin antiamaril que si elles se rendent dans une région d'endémie ou de transition, si leur voyage ne peut pas être reporté et si une bonne protection contre les moustiques est impossible. Bien que les effets du vaccin contre la fièvre jaune administré pendant la grossesse soient mal connus, de nombreuses femmes enceintes ont reçu le vaccin sans effet secondaire majeur. Dans une étude menée auprès de femmes vaccinées contre la fièvre jaune tôt dans la grossesse, une faible hausse du risque de malformations mineures chez les bébés a été notée (surtout la peau). Aucun risque accru de malformations majeures n’a été constaté. La vaccination par inadvertance de femmes enceintes ne justifie pas l’interruption de la grossesse.

Les taux de séroconversion sont plus bas chez les femmes qui se font vacciner pendant la grossesse, notamment au cours du troisième trimestre. Il convient de vérifier les titres d’anticorps après l’immunisation pour s’assurer que la réponse immunitaire des femmes dont le risque de fièvre jaune persiste est adéquate. Si un test sérologique ne peut être effectué et qu'une femme se rend dans un pays d'endémie après sa grossesse, la revaccination avant le voyage doit être envisagée.

Si une femme enceinte doit se rendre dans un pays qui exige une preuve de vaccination contre la fièvre jaune, mais qui n’est ni une zone d’endémie ni une zone de transition, elle devrait se voir remettre une dérogation ou un Certificat de contre-indication médicale à la vaccination. Se reporter à la section Voyageurs pour plus de précisions.

Une transmission mère-enfant probable de la souche vaccinale du virus de la fièvre jaune par l’allaitement a été signalée; par conséquent, en règle générale, les femmes qui allaitent ne devraient pas recevoir le vaccin. Le lecteur est prié de se reporter à la section Contre‑indications et précautions pour en savoir plus. Il peut aussi se reporter au chapitre Immunisation durant la grossesse et l’allaitement de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Sujets immunodéprimés

En règle générale, les personnes immunodéprimées ne devraient pas recevoir le vaccin antiamaril en raison du risque de maladie lié à la souche vaccinale. Si l’on envisage de vacciner un sujet immunodéprimé, il faudrait obtenir au préalable l’approbation de son médecin traitant. Pour les cas complexes, il est conseillé de l’adresser à un consultant possédant une expertise en vaccination ou en immunodéficience.

Dans le cas du voyageur immunodéprimé, les risques associés à la vaccination antiamarile devraient être soupesés par rapport à ses éventuels bienfaits. Lorsqu’un pays exige la vaccination, mais que les risques l’emportent sur les bienfaits, le voyageur devrait se voir remettre un Certificat de contre-indication médicale à la vaccination. Les voyageurs dont l’immunodépression est légère à modérée et dont le risque de contracter la fièvre jaune sera grand (p. ex. voyage dans une région où il y a un risque de transmission transitionnelle ou endémique) devraient se voir offrir le vaccin contre la fièvre jaune et être informés des risques théoriques. Les voyageurs fortement immunodéprimés qui, même s’ils ont été informés des risques, planifient un voyage dans une région où le virus amaril est actif devraient consulter un expert en médecine des voyages et appliquer rigoureusement les mesures de protection contre les moustiques.

Immunodéficience acquise (secondaire)

Malignités
Le vaccin contre la fièvre jaune est contre-indiqué chez les personnes atteintes de leucémie, d'un lymphome, d'un thymoma et de malignités généralisées.

Greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH – autologue ou allogénique)
Les receveurs de greffe de cellules souches hématopoïétiques peuvent recevoir le vaccin contre la fièvre jaune s’il est clairement indiqué et si la greffe a eu lieu au moins 24 mois auparavant, s’ils n’ont pas reçu de médicament immunosuppresseur depuis au moins 3 mois et s’ils n’ont pas eu de réaction du greffon contre l’hôte depuis les 3 derniers mois. Les receveurs devraient être jugés immunocompétents par leur spécialiste en greffe de cellules souches hématopoïétiques.

Transplantation d’organe plein
Les receveurs d’organe plein ne devraient en aucun cas se faire vacciner contre la fièvre jaune après la transplantation.

Traitement immunosuppresseur
Le vaccin antiamaril est contre-indiqué chez les personnes dont la réponse immunitaire est supprimée ou modulée en raison d’un traitement en cours ou récent par un agent radiothérapeutique ou un médicament (p. ex. fortes doses de corticostéroïdes systémiques [2 mg/kg par jour chez un enfant ou 20 mg/jour ou plus de prednisone ou d’un médicament équivalent chez un adulte] pendant 14 jours ou plus; chimiothérapie; radiothérapie; azathioprine; cyclosporine; cyclophosphamide; infliximab).

S’il est indiqué, le vaccin contre la fièvre jaune devrait être administré au moins 4 semaines avant le début du traitement immunosuppresseur. En cas d’impossibilité, une période d’au moins 3 mois devrait s’écouler entre l’arrêt du médicament immunosuppresseur (à l’exception des corticostéroïdes systémiques à fortes doses) et l’administration d’un vaccin à virus vivant. Dans le cas des corticostéroïdes systémiques à fortes doses, il faudrait attendre au moins 4 semaines après l’interruption du traitement pour administrer un vaccin à virus vivant.

Le traitement par un corticostéroïde n’est pas une contre-indication de l’administration d’un vaccin à virus vivant lorsque le produit est donné pendant une courte période (moins de 14 jours); lorsque la dose est faible à modérée (moins de 2 mg/kg par jour chez un enfant ou moins de 20 mg/jour ou plus de prednisone ou d’un médicament équivalent chez un adulte); lorsqu’il s’agit d’un traitement au long cours par un agent à action brève donné tous les deux jours; lorsqu’il s’agit d’un traitement d’entretien visant un remplacement physiologique; ou lorsqu’il est administré par voie topique, par inhalation ou par injection locale (p. ex. dans une articulation).

Infection à VIH
Il convient de consulter un spécialiste de l’infection à VIH pour obtenir des conseils sur la vaccination antiamarile des personnes infectées par le VIH. La vaccination peut être envisagée chez les sujets dont l’infection est asymptomatique et qui ne sont pas fortement immunodéprimés (p. ex. numération des lymphocytes CD4 supérieure à 200 x 106/L), mais elle devrait avoir lieu bien avant le départ, de façon qu’on puisse surveiller les éventuels effets indésirables; de plus, il convient de mesurer les titres d’anticorps pour évaluer l’efficacité de la vaccination. Les personnes infectées par le VIH répondent moins bien à la vaccination contre la fièvre jaune : leurs titres d’anticorps sont plus bas, sont plus souvent non protecteurs et peuvent chuter plus rapidement après la vaccination. Des rappels peuvent être nécessaires.

Le lecteur est prié de se reporter aux sections Doses de rappel et revaccination, Tests sérologiques et Contre‑indications et précautions pour en savoir plus. Il peut aussi se reporter au chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Personnes ayant des pathologies chroniques

Hyposplénie ou asplénie
Les personnes souffrant d’hyposplénie ou d’asplénie (absence congénitale, ablation chirurgicale ou fonctionnelle [p. ex. drépanocytose]) peuvent recevoir le vaccin contre la fièvre jaune s’il est indiqué.

Maladie rénale chronique/dialyse
Les personnes atteintes d’une néphropathie chronique ou sous dialyse peuvent recevoir le vaccin antiamaril s’il est indiqué.

Maladie auto-immune
Même si on ne dispose pas de données définitives à cet égard, les personnes atteintes d’une maladie auto-immune qui ne prennent pas de médicament immunosuppresseur ne sont pas considérées comme très immunodéprimées et peuvent recevoir le vaccin contre la fièvre jaune après consultation auprès d’un médecin. Les agents modificateurs de la maladie, tels l’hydroxychloroquine, la sulfasalazine et l’auranofine, ne sont pas considérés comme des agents immunosuppresseurs.

L'innocuité et l'efficacité des vaccins à virus vivants administrés pendant une thérapie intermittente, à faibles doses ou d'entretien ayant recours à des médicaments immunosuppresseurs (autres que des corticostéroïdes) pour des maladies auto-immunes ne sont pas connues. Les anticorps monoclonaux thérapeutiques, en particulier les agents anti-facteur de nécrose tumorale (adalimumab, infliximab, étanercept) et d’autres agents (azathioprine, méthotrexate, léflunomide et abatacept) figurent parmi ces médicaments. On a signalé que ces médicaments entraînent la réactivation d'une infection tuberculeuse latente et crée une prédisposition pour d'autres infections opportunistes. Par conséquent, jusqu'à ce que de nouvelles données soient produites à ce sujet, il est préférable d'éviter d'administrer des vaccins à virus vivants à des personnes soumises à des traitements de chimiothérapie intermittents ou à faibles doses, ou à toute autre thérapie immunosuppressive.

Maladie du thymus
Il existe une association entre le syndrome viscérotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune (SVA-VFJ) et des antécédents de maladie du thymus. Par conséquent, le vaccin antiamaril n’est généralement pas recommandé aux personnes ayant des antécédents de thymome, de thymectomie ou de myasthénie grave. Le lecteur est prié de se reporter à la section Autres effets secondaires et affections déclarés pour obtenir davantage de renseignements.

Voyageurs

Le vaccin antiamaril est recommandé aux voyageurs en bonne santé (âgés de 9 mois à moins de 60 ans) qui traversent ou visitent une région d’endémie ou de transition ou qui y vivent (voir le Tableau 1) de même qu’aux voyageurs qui doivent recevoir le vaccin pour entrer dans un pays (voir le Tableau 1et le Tableau 2).

Les périodes de transit de 12 heures ou moins dans un aéroport international ne posent aucun risque de transmission du virus amaril, et ce, quelle que soit la classification relative au risque de fièvre jaune du pays où se situe l’aéroport. Par conséquent, un tel transit n'exige généralement pas une vaccination. Selon les récentes mises à jour des accords internationaux en matière de santé, les voyageurs qui répondent à ces critères stricts n'ont pas besoin de se faire vacciner. Il s'agit des voyageurs qui traversent un pays dont la vaccination contre la fièvre jaune constitue une exigence pour y entrer, mais qui n'ont pas d'antécédents de maladie endémique. Chaque pays établit ses propres exigences d'entrée. Certains pays n'autoriseront aucune entrée sans preuve de vaccination ou certificat de contre-indication médicale. Les voyageurs qui ne détiennent pas les documents appropriés peuvent se voir refuser l'entrée dans le pays en question ou être soumis à la vaccination à leur arrivée à l'aéroport. Ces points sont à envisager pendant le passage en revue des itinéraires et la consultation avant le voyage. Si l'on craint que le manque de documents expose le voyageur à des risques alors que la vaccination n'est pas médicalement indiquée, on peut envisager de lui fournir un certificat de contre-indication médicale. Malheureusement, certains pays peuvent refuser l'entrée même si le voyageur possède les documents appropriés de contre-indication médicale à la vaccination.

La vaccination antiamarile n’est généralement pas recommandée dans les régions à faible potentiel d’exposition au virus (voir le Tableau 2). Elle peut toutefois être envisagée pour les voyageurs qui se rendent dans une telle région et dont le risque d’exposition au virus est accru en raison d’un voyage prolongé, d’une forte exposition aux moustiques ou de l’impossibilité d’éviter les piqûres de moustiques. La vaccination n'est pas recommandée pour les voyageurs dont les itinéraires se limitent à des zones sans risque.

La décision de vacciner ou non un voyageur contre la fièvre jaune devrait reposer sur son itinéraire et le risque d’exposition au virus de la fièvre jaune, les exigences du pays visité (y compris les escales et les périodes de transit à l’aéroport), les facteurs de risque individuels (p. ex. âge, statut immunitaire) et la possibilité d’effets secondaires graves suivant la vaccination. Les fournisseurs de vaccin doivent vérifier le site Web des Centers for Disease Control and Prevention ou de l'Organisation mondiale de la Santé pour voir la liste mise à jour des pays considérés comme endémiques ou transitionnels pour la fièvre jaune et la liste des pays qui exigent la vaccination antiamarile pour y entrer.

Conformément au Règlement sanitaire international de l’Organisation mondiale de la Santé, la vaccination contre la fièvre jaune (documentée par un Certificat international de vaccination ou de prophylaxie) est requise pour entrer dans certains pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, et ce, quel que soit le pays d’origine du voyageur. D’autres pays exigent la vaccination antiamarile si le voyageur est passé par une zone d’endémie. Dans certains pays d’Asie et pays tropicaux où la fièvre jaune n’existe pas, mais où le moustique qui transmet la maladie est présent, la vaccination est requise pour les voyageurs qui arrivent d’un pays d’endémie afin de prévenir l’importation de la maladie.

Certains pays n’exigent pas la vaccination antiamarile des nourrissons ayant moins d’un certain âge (p. ex. moins de 1 an).

Le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie est valide pendant 10 ans, à partir du 10e jour suivant la primovaccination et immédiatement après la revaccination, si celle‑ci a lieu dans la période de 10 ans. Les voyageurs qui ont besoin d’un certificat, mais pour qui le vaccin est contre‑indiqué (voir Contre‑indications et précautions) peuvent se voir remettre par le Centre de vaccination contre la fièvre jaune un Certificat de contre‑indication médicale à la vaccination après une évaluation du risque individuel. Les voyageurs sans Certificat international de vaccination ou de prophylaxie ni Certificat de contre‑indication médicale à la vaccination valide peuvent se voir refuser l’entrée dans un pays qui exige un tel document, être mis en quarantaine ou se voir offrir la vaccination au point d’entrée (p. ex. à l’aéroport), ce qui peut entraîner un risque pour leur santé.

Au Canada, seuls les Centres de vaccination contre la fièvre jaune désignés par l’Agence de la santé publique du Canada peuvent fournir le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie et le Certificat de contre‑indication médicale à la vaccination. Le lecteur peut obtenir une liste des Centres auprès de l’Agence. en téléphonant au numéro : 613‑957‑8739 ou en envoyant un courriel à l’adresse : yfinfofj@phac-aspc.gc.ca.

Le lecteur trouvera d’autres renseignements à jour sur les pays où il existe un risque de transmission de la fièvre jaune et sur les exigences en matière de vaccination antiamarile auprès des autorités sanitaires locales, de l’Agence de la santé publique du Canada ou de l’Organisation mondiale de la Santé.

Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Immunisation des voyageurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Travailleurs

L’administration du vaccin contre la fièvre jaune est recommandée pour le personnel de laboratoire qui est exposé au virus de la fièvre jaune. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Immunisation des travailleurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Administration du vaccin

Au Canada, le vaccin antiamaril n’est actuellement offert que dans les Centres de vaccination contre la fièvre jaune désignés par l’Agence de la santé publique du Canada.

Dose, voie d’administration et calendrier

Dose
Chaque dose est de 0,5 mL.

Voie d’administration
Le vaccin contre la fièvre jaune devrait être administré par voie sous‑cutanée. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Méthodes d’administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Calendrier

Une dose de vaccin contre la fièvre jaune devrait être administrée. Le Certificat international de vaccination ou de prophylaxie devient valide 10 jours après la primovaccination.

Doses de rappel et revaccination

La revaccination des personnes immunocompétentes est recommandée tous les 10 ans, si elle est indiquée. La revaccination augmente le titre d’anticorps, bien que les résultats de plusieurs études laissent croire que l’immunité persiste au moins 30 à 35 ans après une dose unique et probablement à vie.

Si une personne immunocompétente est admissible au vaccin, des tests sérologiques devraient être réalisés et la revaccination, si elle est indiquée d’après les résultats de ces tests, devrait être envisagée 2 à 5 ans après la vaccination antérieure.

Tests sérologiques

Les tests sérologiques ne sont pas recommandés pour les hommes et les femmes non enceintes en bonne santé avant ni après l’administration du vaccin contre la fièvre jaune. Dans le cas des sujets immunodéprimés, des tests sérologiques devraient être envisagés 2 à 5 ans après la vaccination. Dans le cas des femmes vaccinées pendant la grossesse, il convient de vérifier le titre d’anticorps après l’immunisation pour s’assurer que la réponse immunitaire des femmes dont le risque de fièvre jaune persiste est adéquate. Un titre d'anticorps supérieur à 1:10 indique que la personne est immunisée.

Conditions d’entreposage

Il faut conserver le vaccin antiamaril au réfrigérateur à une température de +2 °C à +8 °C. Ne pas le congeler. Il faut réfrigérer le vaccin reconstitué et l’utiliser dans l’heure suivant sa reconstitution. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Manipulation et entreposage des agents immunisants de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Administration simultanée d’autres vaccins

Le vaccin contre la fièvre jaune peut être administré en même temps que les vaccins contre les maladies suivantes : rougeole, oreillons, rubéole, poliomyélite, diphtérie, tétanos, coqueluche, hépatite B, hépatite A, choléra (vaccin oral) et typhoïde (vaccin oral ou parentéral). Il faut utiliser des points d’injection différents et des aiguilles et seringues distinctes lorsqu’on administre plusieurs vaccins simultanément. Si les vaccins ne sont pas administrés en concomitance, un intervalle minimal de 4 semaines est recommandé entre l’administration du vaccin contre la fièvre jaune et celle d’autres vaccins à germes vivants donnés par voie parentérale. Le vaccin oral contre la typhoïde et le vaccin oral contre le choléra peuvent tous deux être administrés à n’importe quel moment avant ou après le vaccin antiamaril. On ne dispose d’aucune donnée concernant une interférence possible entre le vaccin contre la fièvre jaune et les vaccins contre la rage, le virus du papillome humain, l’encéphalite japonaise, le vaccin à virus vivant atténué contre l’influenza ni le vaccin contre la varicelle. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Moment propice à la vaccination de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Innocuité et effets secondaires du vaccin

Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Innocuité des vaccins de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Effets secondaires fréquents et effets secondaires locaux

Dans une étude comparative, 71,9 % des sujets vaccinés contre la fièvre jaune ont signalé un ou plusieurs effets secondaires bénins dont le lien avec la vaccination a été établi. Des réactions au point d’injection ont été signalées par 5,7  à 39,4 % des sujets (douleur au point d’injection 39,4 %; inflammation 29,4 %; œdème 19,9 %; autres réactions au point d’injection 5,7 %). Des réactions générales ont été signalées par 10,1  à 31,4 % des sujets (frissons 10,1 %; fièvre 14,0 %; faiblesse 29,5 %; céphalées 31,4 %; myalgies 25,1 %; malaise 17,8 %) jusqu’à 10 jours après la vaccination.

Effets secondaires moins fréquents et manifestations cliniques inhabituelles (MCI) graves ou sévères

Les manifestations cliniques inhabituelles graves sont rares après l’immunisation et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour établir un lien de causalité. Les réactions d’hypersensibilité (éruption cutanée, urticaire, asthme et anaphylaxie) sont très rares, leur incidence au cours des dernières décennies étant inférieure à 1 pour un million. Cependant, selon deux études réalisées à 10 ans d’intervalle, les taux déclarés au Vaccine Adverse Event Reporting System des États‑Unis étaient plus élevés : 0,8 pour 100 000 doses distribuées dans le première étude et 1,8, dans l’étude plus récente. Le principal facteur de risque semble être une sensibilité à la gélatine et à une protéine d’œuf.

Deux autres effets secondaires graves, le syndrome neurotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune (SNA-VFJ) et le syndrome viscérotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune (SVA-VFJ), sont décrits ci‑après.

Autres effets secondaires et affections déclarés

Syndrome neurotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune (SNA-VFJ)
Le terme SNA-VFJ désigne un groupe de syndromes cliniques comprenant la méningo‑encéphalite (maladie neurotropique), l’encéphalomyélite aiguë disséminée, le syndrome de Guillain‑Barré et la paralysie bulbaire aiguë de Leyden. Le syndrome neurotropique survient par suite de l’envahissement du système nerveux central (SNC) par la souche vaccinale du virus. Les autres syndromes sont des manifestations auto‑immunes dans lesquelles des anticorps et/ou des lymphocytes T produits en réponse au vaccin ont une réaction croisée avec des épitopes neuronaux, ce qui entraîne des lésions des nerfs du SNC ou des nerfs périphériques. En général, l’évolution clinique est brève et le rétablissement est complet. Les décès sont rares. Le SNA-VFJ peut toucher tous les groupes d’âge, se manifeste 4 à 23 jours après la vaccination (habituellement entre 7 et 21 jours) et s’observe presque exclusivement chez les primovaccinés. Le risque de SNA-VFJ est plus élevé chez les enfants de moins de 6 mois et les personnes âgées. Les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis signalent une incidence du syndrome neurotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune (SNA-VFJ) de 0,8 cas pour 100 000 doses administrées. Ce taux est deux fois plus élevé chez les personnes de 60 à 69 ans (1,6 cas pour 100 000 doses) et presque 4 fois plus élevé chez les personnes de plus de 70 ans (2,3 cas pour 100 000 doses). Lorsque les nourrissons et les personnes âgées ne sont pas vaccinés, les données de surveillance récentes indiquent que les taux d'incidence basés sur la population chutent à presque zéro.

Syndrome viscérotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune (SVA-VFJ)
Le SVA-VFJ se caractérise par une atteinte grave et une défaillance polyviscérale. Il évoque une infection par le virus amaril de type sauvage, et les symptômes débutent 2 à 5 jours après la vaccination. Le risque de SVA-VFJ augmente avec l’âge. L’incidence est estimée à 1,1 pour 100 000 chez les plus de 60 ans; à 3,2 pour 100 000 chez les plus de 70 ans; et de 0,1 pour 100 000 chez les moins de 60 ans. Le taux de létalité général est de 65 % et est plus élevé chez les femmes que chez les hommes (90  c. 50 %). Le SVA-VFJ s’observe presque uniquement chez les primovaccinés. Des enquêtes poussées sur les cas laissent croire que le SVA-VFJ est lié à différents facteurs inhérents à l’hôte, dont l’âge avancé et une maladie du thymus (thymome, myasthénie, thymectomie), et n’est pas attribuable à une modification de la virulence de la souche vaccinale.

Conseils pour la déclaration des manifestations cliniques inhabituelles (MCI) suivant l’immunisation

Les dispensateurs de vaccins sont priés de signaler aux autorités sanitaires locales les MCI suivantes :

  • Syndrome neurotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune
  • Syndrome viscérotropique associé au vaccin contre la fièvre jaune
  • tout effet secondaire grave ou inattendu qu’ils estiment être temporellement associés à la vaccination.
  • Un effet secondaire imprévu suivant l'immunisation inattendu est un effet secondaire qui ne figure pas dans les renseignements disponibles sur le produit, mais qui peut être dû à l'immunisation, ou encore une modification de la fréquence d’un effet secondaire imprévu suivant l'immunisation connu.

Veuillez-vous référer Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d’une immunisation au Canada du chapitre Innocuité des vaccins de la Partie 2 pour obtenir davantage de renseignements sur la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI aussi appelés manifestations cliniques inhabituelles [MCI]).

Contre-indications et précautions

Le vaccin antiamaril est contre-indiqué chez les personnes ayant déjà eu une réaction anaphylactique au vaccin et chez les personnes ayant une hypersensibilité immédiate ou anaphylactique établie à l’un ou l’autre des composants du vaccin ou de son contenant. Le lecteur est prié de se reporter au Tableau 1 du chapitre Considérations générales de la partie 1 pour voir la liste de tous les vaccins offerts au Canada et les ingrédients qu’ils renferment.

Dans le cas du vaccin antiamaril VAXMD, les allergènes potentiels sont une protéine de poulet, une protéine d’œuf, la gélatine et le latex dans le bouchon du flacon de diluant.

Les personnes qui doivent se faire vacciner contre la fièvre jaune et chez qui l’on soupçonne une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactic aux composants du vaccin devraient être adressées à un allergologue aux fins d'examen.

Nourrissons
En règle générale, les enfants âgés de 9 mois ne devraient pas recevoir le vaccin antiamaril. Les enfants âgés de moins de 6 mois présentent un risque plus élevé de SNA-VFJ après la vaccination contre la fièvre jaune et ne devraient pas recevoir le vaccin antiamaril. Toutefois, selon les recommandations de l’Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP) des États-Unis, la décision de vacciner ou non un enfant de 6 à 8 mois devant inévitablement séjourner dans une zone d’endémie ou de transition devrait être basée sur une analyse du risque d’exposition à la fièvre jaune par rapport au risque d’effets secondaires suivant la vaccination.

Personnes de 60 ans et plus
Les personnes âgées de 60 ans et plus présentent un plus grand risque de SNA-VFJ et de SVA-VFJ après la primovaccination contre la fièvre jaune; par conséquent, la primovaccination n’est généralement pas recommandée. Des rappels peuvent être administrés.

Grossesse et allaitement
Les effets du vaccin antiamaril à virus vivant administré pendant la grossesse sont mal connus et la vaccination devrait être évitée dans la mesure du possible. Si une femme enceinte doit voyager dans une zone d'endémie ou d'épidémie élevée, le risque de contracter la maladie peut l'emporter sur les risques de la vaccination pour la mère et le fœtus.

On a signalé la transmission probable d'une souche du vaccin du virus de la fièvre jaune de la mère à son nourrisson pendant l'allaitement. Par conséquent, en règle générale, les mères qui allaitent ne doivent pas être vaccinées. Jusqu'à récemment, il existait seulement un risque théorique de transmission du virus vivant dans le lait maternel et aucun n'avait été signalé malgré la vaccination de femmes qui allaitaient pendant des campagnes de vaccination d'urgence. Deux cas récents ont révélé la possibilité de transmission par le lait maternel. Au Brésil, un cas démontré en laboratoire a confirmé la transmission du virus de la fièvre jaune par le lait maternel. Au Canada, un cas de fièvre jaune chez un nourrisson qui avait été allaité par une mère récemment vaccinée a été déclaré, ce qui a été considéré comme un indice sérieux de transmission par le lait maternel. Ces deux cas doivent tirer la sonnette d'alarme en ce qui a trait à la vaccination des femmes qui allaitent de manière active. S'il n'y a aucun risque de contracter la fièvre jaune dans la région qui sera visitée, il faut procurer une dérogation à la personne concernée. Si la personne se rend dans une zone d'endémie élevée, les risques de la vaccination devraient être soupesés par rapport aux risques de la maladie.

Sujets immunodéprimés
En règle générale, le vaccin contre la fièvre jaune ne devrait pas être administré aux sujets immunodéprimés. Voir la section Sujets immunodéprimés.

Maladie du thymus
Il existe une association entre le SVA-VFJ et des antécédents de maladie du thymus; par conséquent, le vaccin antiamaril n’est généralement pas recommandé aux personnes ayant des antécédents de thymome, de thymectomie ou de myasthénie.

Chez les personnes atteintes d’une maladie aiguë d’intensité modérée ou sévère, la vaccination antiamarile devrait être reportée. Les personnes atteintes d’une maladie aiguë légère (avec ou sans fièvre) peuvent être vaccinées.

Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Contre-indications et précautions générales de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Interactions médicamenteuses

L’effet du vaccin contre la fièvre jaune sur la réactivité à la tuberculine est inconnu. Jusqu’à ce que des données soient disponibles, si un test cutané à la tuberculine ou un test de libération d’interféron-gamma (TLIG) est requis, il devrait être réalisé le même jour que la vaccination antiamarile ou au moins 4 semaines plus tard. La vaccination peut avoir lieu à n’importe quel moment après la réalisation du test cutané à la tuberculine et la lecture des résultats.

Autres considérations

Interchangeabilité des vaccins

Les personnes qui ont été vaccinées contre la fièvre jaune ailleurs qu’aux États‑Unis ou au Canada devraient être considérées comme protégées contre la maladie. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Principes de l’interchangeabilité des vaccins de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

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