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La rubéole est une maladie virale qui entraîne des éruptions exanthémateuses transitoires, une adénopathie rétro-auriculaire ou sous-occipitale, une arthralgie et une légère fièvre. Comme ces symptômes ne sont pas spécifiques, on peut confondre la maladie avec une infection attribuable à un parvovirus, un adénovirus ou un entérovirus. Chez l'adulte, l'infection s'accompagne souvent d'une polyarthralgie ou d'une polyarthrite transitoires. Les complications graves sont rares, et jusqu'à 50 % des infections sont infracliniques.
La vaccination a pour objectif principal de prévenir l'infection rubéoleuse pendant la grossesse, qui peut être à l'origine d'un syndrome de rubéole congénitale (SRC). Ce syndrome peut entraîner un avortement, la mort du fœtus ou des malformations fœtales telles qu'une cardiopathie congénitale, des cataractes, la surdité ou une déficience intellectuelle. L'infection chez le fœtus peut survenir à n'importe quel stade de la grossesse. Cependant, le risque d'atteinte du fœtus par suite de l'infection maternelle est particulièrement élevé durant les premiers mois qui suivent la conception (85 % pendant le premier trimestre) et diminue progressivement par la suite; il est très faible après la 20e semaine de grossesse. Le nourrisson infecté qui semble normal à la naissance peut présenter plus tard des troubles visuels, auditifs ou cérébraux. L'infection congénitale peut entraîner des troubles comme le diabète sucré ou la panencéphalite plus tard au cours de la vie. Les nourrissons atteints d'une infection congénitale peuvent excréter le virus dans leur urine et leurs sécrétions nasopharyngées pendant 1 an ou plus.
Les changements qui ont été apportés depuis la publication de l'édition antérieure du Guide canadien d'immunisation sont les suivants : 1) interruption de la vente du vaccin monovalent contre la rubéole (R) et du vaccin contre la rougeole et la rubéole (RR) au Canada, et 2) mise au point de nouvelles méthodes diagnostiques (amplification par la polymérase [PCR] et test d'avidité des IgG) pour la détection ou la confirmation de l'infection rubéoleuse.
Un programme universel de vaccination des nourrissons au moyen du vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) a été lancé au Canada en avril 1983. Le nombre moyen de cas de rubéole déclarés est passé d'environ 5 300 (1971-1982) à moins de 30 par année (1998-2004). L'incidence annuelle moyenne a connu une baisse, passant de 0,08 pour 100 000 en 1998 à 0,03 pour 100 000 en 2004 (intervalle de 0,02 à 0,09 pour 100 000 par année).
Durant les deux décennies qui ont suivi le début de l'immunisation systématique des nourrissons, des épidémies de rubéole ont continué de sévir tous les 3 à 10 ans, un sommet étant atteint au printemps et en hiver. Nombre de ces épidémies, y compris une au Manitoba en 1997 où le nombre de cas a dépassé les 3 900, ont touché principalement des sujets de sexe masculin de 15 à 24 ans non immunisés par suite de politiques d'immunisation sélective contre la rubéole (adoptées avant 1983) des filles prépubères dans certaines provinces. Depuis la fin des années 90, la plupart des éclosions ont été observées dans des groupes isolés de personnes non immunisées, notamment ceux qui refusent la vaccination pour des motifs religieux ou philosophiques.
De 2000 à 2004, moins de 30 cas sporadiques de rubéole et 0 à 3 cas de SRC ont été déclarés par année au Canada. Toutefois, en 2005, en plus des cas sporadiques signalés dans plusieurs provinces et territoires, une épidémie de rubéole ayant touché plus de 300 personnes s'est produite dans une communauté non immunisée du Sud-Ouest de l'Ontario qui était opposée à l'immunisation pour des raisons philosophiques. Ces cas liés à une épidémie représentaient la grande majorité des cas de rubéole dénombrés en 2005; il s'agissait principalement d'enfants non immunisés de < 19 ans (âge médian de 11 ans, intervalle de 0,3 à 34 ans). Dix cas étaient des femmes enceintes, mais aucun cas de SRC n'avait été signalé en date du 14 mars 2006. Étant donné que le taux d'immunisation dépassait les 95 % dans la population générale, l'éclosion ne s'est pas propagée dans la collectivité environnante.
Au Canada, les programmes de vaccination systématique des nourrissons se sont traduits par des taux d'immunité élevés et soutenus dans la population générale. En outre, les stratégies d'élimination de la rougeole en place depuis le milieu des années 90 ont entraîné indirectement une réduction de la proportion de la population réceptive, et ce, en raison de l'utilisation de vaccins ayant un composant antirubéoleux (RR et RRO) pour le programme systématique à deux doses et les campagnes de rattrapage visant l'élimination de la rougeole.
Le Canada fait des progrès en ce qui concerne l'élimination de l'infection rubéoleuse indigène chez les femmes enceintes grâce à ses programmes de vaccination systématique, à ses politiques de prévention du SRC au moyen du dépistage de la rubéole chez 100 % des femmes enceintes ainsi qu'à l'immunisation offerte à toutes les femmes réceptives après l'accouchement. Bien que la rareté du SRC au Canada témoigne de l'efficacité de ces stratégies d'élimination de la rubéole, le risque d'importation de cas et de transmission limitée demeure, tant chez les immigrants issus de régions où la couverture vaccinale contre la rubéole est faible que parmi les communautés canadiennes et les Canadiens qui refusent la vaccination pour des motifs religieux ou philosophiques. Des cas de SRC ont aussi été signalés chez des nourrissons nés de Canadiennes ayant contracté l'infection rubéoleuse durant leur grossesse à l'occasion d'un séjour à l'étranger. Le risque d'exposition à la rubéole lié aux voyages pourrait changer, étant donné que de plus en plus de pays mettent en œuvre des programmes de vaccination contre la rubéole pour les enfants. En 2003, la majorité des pays des Antilles, d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale avaient inclus la rubéole dans leur calendrier de vaccination des enfants afin de se conformer aux objectifs d'élimination de la rubéole de l'Organisation panaméricaine de la santé.
Le présent chapitre ne portera que sur les vaccins actuellement vendus au Canada.
Le vaccin à virus vivant contre la rubéole actuellement vendu au Canada contient un virus vivant atténué de la souche RA 27/3. Cette souche a remplacé les autres souches vaccinales, qui étaient moins immunogènes. Elle a été utilisée pour la première fois en 1980 et est préparée par culture sur des cellules diploïdes humaines. Le vaccin contre la rubéole n'est offert qu'en combinaison avec les vaccins contre la rougeole et contre les oreillons (RRO). Par conséquent, le terme « vaccin à composant antirubéoleux » est considéré comme un synonyme du RRO. Le vaccin est lyophilisé et doit être reconstitué juste avant l'administration avec le diluant fourni.
Pour consulter la liste de tous les produits homologués au Canada, prière de se reporter au tableau 1 du chapitre Considérations générales.
Le vaccin à composant antirubéoleux stimule la formation d'anticorps contre le virus de la rubéole chez plus de 97 % des personnes réceptives. Les titres sont généralement plus faibles que ceux observés en réponse à une infection rubéoleuse naturelle. Des cas de réinfection asymptomatique, objectivée par une élévation du titre d'anticorps, ont été observés chez certaines personnes vaccinées. On a également dénombré des cas de réinfection asymptomatique chez des femmes ayant acquis une immunité naturelle et présentant de très faibles titres d'anticorps. Il arrive exceptionnellement qu'une virémie transitoire survienne chez les personnes ayant contracté la maladie naturelle ou ayant déjà été immunisées, mais on estime que la transmission du virus au fœtus est rare dans de telles circonstances.
L'administration systématique d'une dose de vaccin à composant antirubéoleux (RRO) est recommandée pour tous les enfants le jour de leur premier anniversaire ou le plus tôt possible après. La deuxième dose, qui vise à conférer une protection contre la rougeole, doit être administrée après l'âge de 15 mois et avant l'entrée à l'école. L'intervalle minimal acceptable entre la première et la deuxième dose est de 1 mois. Bien qu'on ne croie pas qu'il soit nécessaire d'administrer une deuxième dose du composant antirubéoleux pour éliminer le SRC, cette dose n'est pas dangereuse et pourrait être bénéfique aux personnes qui ne répondent pas à la primovaccination (de 1 à 3 % des personnes).
Le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) doit être administré à tous les adolescents et adultes, à moins que leur immunité ne soit prouvée par un certificat de vaccination antérieure, un document attestant une rubéole confirmée en laboratoire ou des données sérologiques confirmant l'immunité. Des antécédents cliniques de rubéole sans confirmation en laboratoire ne constituent pas un indicateur fiable de l'immunité. Si aucun document attestant une immunisation antérieure n'est disponible, il faut administrer une dose de RRO pour s'assurer que ces personnes sont protégées contre la rubéole ainsi que contre la rougeole. Pour plus de détails concernant les indications de l'administration de deux doses du vaccin RRO, prière de se reporter au chapitre Vaccin contre la rougeole.
Il faut immuniser en priorité et le plus tôt possible après leur arrivée au Canada les adolescentes et les femmes non enceintes nées dans un pays étranger où le vaccin contre la rubéole n'est pas utilisé (voir la section Épidémiologie). De même, il conviendrait d'évaluer le statut immunitaire à l'égard de la rubéole des personnes qui prévoient se rendre dans un pays où la rubéole est endémique. La vaccination au moyen d'une dose unique du vaccin à composant antirubéoleux est recommandée si aucune preuve d'immunité ne peut être fournie.
Étant donné que jusqu'au tiers des cas de SRC surviennent au cours de la deuxième grossesse ou des grossesses ultérieures, il est essentiel que toutes les femmes jugées réceptives durant leur grossesse reçoivent une dose du vaccin à composant antirubéoleux au début du post-partum, avant leur congé de l'hôpital. Des études menées au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni révèlent qu'une grande proportion de femmes réceptives à la rubéole ne sont pas vaccinées après leur accouchement. Il est apparu que les politiques réglementaires des hôpitaux étaient efficaces pour accroître les taux d'immunisation post-partum.
Dans les établissements d'enseignement, comme les écoles, les collèges et les universités, on accordera une attention particulière à l'immunisation des travailleuses et étudiantes en âge de procréer qui sont réceptives, en raison de leur risque relativement élevé d'exposition.
Dans les établissements de santé, on évaluera soigneusement le statut immunitaire à l'égard de la rubéole des employées en âge de procréer, et celles qui n'ont pas de preuve d'immunité devront recevoir le vaccin RRO. Par ailleurs, il est important que les travailleurs de la santé des deux sexes soient activement immunisés contre la rubéole, car ils pourraient exposer les femmes enceintes à cette maladie par suite des contacts directs fréquents qu'ils ont avec les patients.
Une première dose du vaccin RRO doit être administrée pour conférer une protection contre la rubéole. Une deuxième dose assurera une protection contre la rougeole. La première dose doit être donnée le jour du premier anniversaire ou plus tard. La deuxième dose doit être donnée au moins 1 mois après la première dose et, chez les enfants, avant l'entrée à l'école. La dose normalisée est de 0,5 mL. Pour plus de détails sur les indications de la deuxième dose, prière de se reporter au chapitre Vaccin contre la rougeole.
Si l'on utilise une fiole à dose unique, tout le contenu de la fiole doit être injecté rapidement après la reconstitution (0,5 à 0,7 mL).
Le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) doit être administré par voie sous-cutanée.
Les titres d'anticorps produits en réponse aux vaccins antirubéoleux de génération antérieure diminuaient avec le temps, mais cette baisse n'a peut-être pas d'importance clinique étant donné que tout titre d'anticorps décelable, si faible soit-il, assure généralement une protection contre la virémie. On ne connaît pas encore la durée de la protection, mais certaines études indiquent que l'immunité tant cellulaire qu'humorale durerait plus de 20 ans. On ne juge pas nécessaire de donner des doses de rappel, mais, comme elles ne sont pas nocives, elles pourraient avoir un effet protecteur dans le petit groupe de personnes n'ayant acquis aucune protection après la première dose.
Tout document attestant la vaccination constitue une preuve d'immunité. Le dépistage sérologique n'est ni nécessaire ni recommandé avant la vaccination chez les personnes ne pouvant fournir de preuve d'immunité. Les tests sérologiques pourraient retarder indûment la vaccination et faire en sorte qu'on rate une occasion de vacciner.
Les tests sérologiques ne sont pas nécessaires après l'immunisation. Il est inutile de répéter la vaccination, même si les tests sérologiques effectués ultérieurement donnent des résultats négatifs.
La recherche d'anticorps contre la rubéole n'est pas nécessaire durant les soins prénataux chez les femmes disposant de documents attestant une immunité sérologique ou une vaccination antérieure. Les femmes sans certificat de vaccination qui subissent des tests sérologiques et s'avèrent non immunes devraient recevoir une dose du vaccin à composant antirubéoleux (RRO) au début du post-partum, avant leur congé de l'hôpital. Elles n'auront pas à se soumettre à un dosage des anticorps antirubéoleux après la vaccination ni au cours de leurs grossesses subséquentes, étant donné qu'elles seront probablement protégées contre le SRC.
Le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) doit être conservé au réfrigérateur à une température de +2 ºC à +8 ºC. Le vaccin doit être gardé à l'abri de la lumière, car celle-ci pourrait inactiver les virus vaccinaux. Une fois reconstitué, le vaccin doit être administré rapidement.
Le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) peut être administré en même temps que le vaccin contre l'hépatite B, le vaccin conjugué contre le pneumocoque, le vaccin conjugué contre le méningocoque de sérogroupe C, le vaccin contre Haemophilus influenzae de type b, le DCaT-VPI et le dcaT pour adolescents et adultes; cependant, il faut utiliser un point d'injection différent. D'autres vaccins à virus vivants, tel le vaccin contre la varicelle, peuvent être donnés en même temps que le RRO, mais à un site d'injection différent. S'ils ne sont pas donnés au cours de la même visite, les autres vaccins à virus vivants doivent être administrés après un délai d'au moins 4 semaines.
Les effets secondaires graves sont rares après l'immunisation et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour déterminer l'existence ou non d'un lien de causalité.
Une éruption cutanée et une adénopathie surviennent à l'occasion. On pourrait observer de 1 à 3 semaines après l'immunisation une arthrite ou une arthralgie transitoires aiguës qui persistent pendant environ 1 à 3 semaines et qui sont rarement récurrentes. Ces réactions ne sont pas courantes chez les enfants, mais leur fréquence et leur gravité augmentent avec l'âge. Elles sont plus fréquentes chez les femmes pubères, qui présentent une arthralgie dans 25 % des cas et des signes et symptômes rappelant l'arthrite dans 10 % des cas après l'administration du vaccin antirubéoleux. La fréquence des effets indésirables chez les femmes séronégatives est plus élevée chez celles qui n'ont jamais été vaccinées que chez celles qui ont été revaccinées.
D'après certaines études publiées, rien ne prouve que les femmes qui reçoivent le vaccin antirubéoleux courent plus de risques de voir réapparaître des arthropathies chroniques ou des troubles neurologiques. Certaines données évoquent la possibilité d'une prédisposition génétique aux manifestations articulaires après la vaccination contre la rubéole. En de rares occasions, on a noté une paresthésie ou des douleurs aux extrémités dont la durée variait de 1 semaine à 3 mois. Il reste néanmoins que la fréquence et la gravité des effets indésirables sont moins importantes que les manifestations associées à la maladie naturelle; par ailleurs, les effets secondaires graves sont rares.
Le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) ne doit pas être administré aux personnes ayant déjà eu des réactions anaphylactiques à des composants du vaccin, par exemple la néomycine. Selon certaines données, les enfants allergiques aux œufs peuvent être immunisés sans danger au moyen du RRO, étant donné que moins de 2 enfants immunisés allergiques aux œufs sur 1 000 risquent d'avoir une réaction anaphylactique au RRO. Pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Hypersensibilité anaphylactique aux œufs ou aux antigènes de l'œuf.
Comme c'est le cas avec les autres vaccins à virus vivants, le vaccin à composant antirubéoleux ne doit pas être administré aux personnes dont les mécanismes immunitaires sont affaiblis par suite d'une maladie ou d'un traitement, sauf dans des circonstances spéciales. La réponse immunitaire chez de telles personnes pourrait être altérée. Pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés.
Les nourrissons infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui ne présentent aucun symptôme devraient recevoir systématiquement le vaccin RRO. De plus, le RRO est recommandé pour la plupart des personnes infectées par le VIH qui présentent des symptômes, y compris les enfants ayant des symptômes, mais ne présentant aucun signe d'immunodépression importante. On peut consulter un spécialiste des maladies infectieuses ou un immunologue pour obtenir des conseils plus précis sur l'immunisation par le RRO des personnes infectées par le VIH.
L'administration d'un vaccin vivant à composant antirubéoleux doit être évitée durant la grossesse en raison du risque théorique de SRC chez le fœtus. Les femmes en âge de procréer doivent être avisées qu'il leur faut éviter de tomber enceintes durant le mois qui suit l'immunisation. Cette recommandation est basée sur la durée prévue de la virémie après l'infection naturelle et les données concernant l'innocuité du vaccin. Le vaccin à composant antirubéoleux a parfois été administré à des femmes qui étaient enceintes sans le savoir ou qui sont tombées enceintes peu de temps après la vaccination. On peut rassurer les femmes dans une telle situation en leur disant qu'aucun effet néfaste n'a été observé chez les bébés de plus de 1 000 femmes réceptives qui ont reçu le vaccin durant leur grossesse et ont mené celle-ci à terme. Le risque théorique de tératogénicité, s'il existe, est très faible. Par conséquent, une interruption de grossesse n'est pas justifiée lorsqu'une femme enceinte a reçu le vaccin à composant antirubéoleux durant sa grossesse ou au cours du mois précédent.
L'allaitement n'est pas une contre-indication de la vaccination contre la rubéole. S'il est vrai qu'on a isolé le virus provenant du vaccin dans le lait maternel et que ce virus est transmissible, on n'a observé en revanche aucun cas de maladie chez les nourrissons.
De petites quantités de virus de la souche vaccinale pourraient être détectées dans le nasopharynx de certains sujets vaccinés 7 à 28 jours après la vaccination, mais le risque de transmission aux contacts semble très faible. Après bien des années d'utilisation du vaccin, seuls quelques cas de transmission possible ont été documentés. Le vaccin peut donc être administré sans danger aux personnes (y compris les travailleurs de la santé) qui entrent en contact avec des femmes enceintes réceptives ou des personnes immunodéprimées.
Les immunoglobulines anti-Rh (RhIg) peuvent, en théorie, altérer la réponse au vaccin à composant antirubéoleux. Les femmes réceptives à la rubéole qui reçoivent des RhIg après l'accouchement devraient se faire administrer le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) à un point différent, faire vérifier après 2 mois leur immunité contre la rubéole et se faire revacciner si les résultats du test sont négatifs.
Le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) doit être donné au moins 2 semaines avant une injection d'immunoglobulines. L'intervalle recommandé entre l'injection de produits contenant des immunoglobulines et l'immunisation par le RRO varie de 3 à 11 mois. Pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Administration récente d'immunoglobulines humaines. Des données ont montré que la transfusion simultanée de globules rouges n'interférait pas avec la production d'anticorps après l'administration du RRO. Dans un tel cas, il est toutefois recommandé d'effectuer un test sérologique 6 à 8 semaines après la vaccination afin d'évaluer le statut immunitaire de la personne vaccinée. Si aucun anticorps n'est détecté, une deuxième dose du vaccin doit être administrée.
Les immunoglobulines données peu après l'exposition à la rubéole pourraient modifier ou supprimer les symptômes, mais il n'est pas certain qu'elles puissent prévenir l'infection, y compris l'infection congénitale. Par conséquent, l'utilisation systématique d'immunoglobulines chez les femmes réceptives exposées à la rubéole au début de leur grossesse n'est pas recommandée.
Au cours des éclosions de rubéole, les personnes non vaccinées ou ne disposant d'aucune preuve sérologique d'immunité doivent rapidement recevoir le vaccin à composant antirubéoleux (RRO) sans subir au préalable de test sérologique. Comme il a été mentionné, des antécédents cliniques de rubéole ne constituent pas un indicateur fiable de l'immunité. Bien que l'immunisation soit inefficace après une exposition au virus de la rubéole de type sauvage, elle n'est pas nocive et conférera une protection future si l'exposition actuelle n'entraîne pas d'infection. Elle assurera aussi une protection contre la rougeole et les oreillons.
Tous les cas suspects et confirmés de rubéole et de SRC doivent être signalés aux autorités sanitaires locales ou provinciales/territoriales compétentes. La confirmation en laboratoire de la rubéole s'effectue par des tests sérologiques, une culture virale et/ou par transcription inverse-amplification par la polymérase (RT-PCR). La confirmation du diagnostic est particulièrement importante chez les femmes enceintes (surtout durant le premier trimestre), les cas suspects qui ont des contacts avec des femmes enceintes et les cas suspects de SRC, ainsi que durant les éclosions.
Une confirmation rapide pourrait être obtenue par la détection d'anticorps antirubéoleux de type IgM dans un échantillon de sérum. La sensibilité des trousses commerciales de dosage immunoenzymatique des IgM antirubéoleux a été estimée à environ 50 % avec les échantillons prélevés ≤ 5 jours après le début de l'éruption cutanée et à > 90 % avec les échantillons prélevés 1 à 4 semaines après. Des résultats faussement négatifs pour les IgM pourraient être obtenus si l'échantillon de sérum est prélevé trop tôt ou trop tard après la maladie clinique.
Le test de détection des IgM comporte une limite notable : certaines personnes peuvent avoir des résultats positifs pendant une longue période (> 1 an), et le test a une faible valeur prédictive positive à l'extérieur du cadre d'une éclosion. Par conséquent, lorsqu'on soupçonne une rubéole chez une femme enceinte, un résultat positif au test de détection des IgM devrait être confirmé par un test d'avidité des IgG, qui est offert par le Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg. Une faible avidité des IgG témoigne d'une infection récente et confirme le résultat pour les IgM. Par contre, une forte avidité des IgG indique que le résultat pour les IgM est faussement positif (résultat positif de longue durée ou réinfection) et n'est donc pas un signe d'infection rubéoleuse récente; le risque de SRC est donc minime.
La séroconversion, qui se définit comme une augmentation par un facteur de plus de 4 du titre des IgG antirubéoleux entre les échantillons prélevés en phase aiguë et en phase de convalescence, confirme la maladie. Le premier échantillon est prélevé dans les 7 jours suivant le début de la maladie et le deuxième, 10 jours après le premier.
Les cas sporadiques sont ceux qui n'ont aucun lien épidémiologique avec un cas confirmé en laboratoire et qui n'ont aucun antécédent de voyage dans une région où l'on sait que le virus de la rubéole est actif. Ces cas doivent être confirmés en laboratoire par isolement du virus de la rubéole ou par séroconversion. Un résultat faussement positif pour les IgM pourrait être obtenu chez un cas sporadique, même au moyen d'épreuves très spécifiques de détection des IgM, et ce, en raison de la très faible incidence de la maladie au Canada (dans des situations non associées à une éclosion). Par conséquent, le dosage sérologique des IgM n'est pas fiable pour le diagnostic chez les cas sporadiques.
Pour tous les cas suspects de rubéole, en plus de prélever du sérum en vue de la confirmation sérologique, on doit effectuer un écouvillonnage nasopharyngé pour la culture virale et le génotypage. Le génotypage, ou épidémiologie moléculaire, est nécessaire pour retracer les voies de transmission, relier les cas durant une éclosion et démontrer l'élimination d'une souche du virus de la rubéole d'une région géographique. Le génotypage du virus de la rubéole s'effectue au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg.
Il est conseillé de consulter un obstétricien lorsqu'on tente de diagnostiquer une infection rubéoleuse chez le fœtus. Du liquide amniotique pourrait être prélevé en vue de la RT-PCR.
L'infection congénitale chez le nourrisson peut être confirmée par l'isolement du virus présent dans l'urine ou les sécrétions nasopharyngées, la détection des anticorps antirubéoleux de type IgM dans le sang ou la persistance des anticorps antirubéoleux de type IgG après l'âge de 6 mois, âge auquel disparaissent habituellement les anticorps d'origine maternelle.
On peut communiquer avec le laboratoire de virologie régional le plus près pour connaître les diverses méthodes de diagnostic de la rubéole qui y sont offertes et leur applicabilité.
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