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Guide canadien d'immunisation
Septième édition - 2006

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Partie 4
Agents d'immunisation active

Vaccin contre les oreillons

Les oreillons sont une maladie infectieuse aiguë causée par le virus des oreillons. Environ 40 % des sujets infectés présentent une parotidite aiguë, qui est unilatérale dans environ 25 % des cas. Près de la moitié des personnes touchées manifestent des symptômes non spécifiques ou principalement respiratoires. Les infections infracliniques sont courantes. Si les complications des oreillons sont relativement fréquentes, les séquelles permanentes sont par contre rares. Avant l'usage généralisé du vaccin contre les oreillons, cette maladie représentait une cause importante de méningite virale. Il arrive, quoique rarement, que la méningo-encéphalite associée aux oreillons entraîne des séquelles neurologiques permanentes, notamment la paralysie, les convulsions, la paralysie des nerfs crâniens et l'hydrocéphalie. On observe un taux de surdité, habituellement temporaire mais quelquefois permanente, de l'ordre de 0,5 à 5,0 pour 100 000 cas d'oreillons signalés. Les oreillons se compliquent d'une orchite chez 20 à 30 % des hommes pubères et d'une oophorite chez 5 % des femmes pubères. L'atteinte des organes sexuels est le plus souvent unilatérale et, par conséquent, il est rare que cette maladie entraîne la stérilité. Les oreillons contractés pendant la grossesse n'ont pas été associés à des malformations congénitales, par contre, si l'infection survient pendant le premier trimestre, elle peut accroître le risque d'avortement spontané.

Les préparations homologuées au Canada ont quelque peu changé depuis la publication du Guide canadien d'immunisation en 2002.

Épidémiologie

Depuis l'homologation du vaccin, en 1969, le nombre de cas d'oreillons déclarés a diminué de plus de 99 %. En effet, le nombre annuel de cas signalés, qui se chiffrait à 34 000 en moyenne au début des années 50, a chuté à moins de 400 au début des années 90. Une autre baisse de l'incidence a été observée après l'introduction de la seconde dose de RRO dans le cadre de l'immunisation systématique. Le nombre annuel de cas signalés n'a cessé de chuter. Au cours de la période de 2000 à 2004, le nombre moyen de cas par année s'est élevé à 87, l'intervalle se situant entre 32 (2004) et 205 (2002).

Au Canada, les éclosions d'envergure ont été rares ces dernières années, mais trois éclosions localisées sont survenues entre 2001 et 2005. La première, au cours de laquelle 193 cas ont été recensés, s'est produite entre septembre 2001 et mars 2002. Elle a frappé une collectivité du Nord de l'Alberta qui présentait une couverture vaccinale insuffisante, par suite de l'importation de la maladie de la Bolivie. La plupart des membres de la collectivité étaient philosophiquement réfractaires à la vaccination. Les taux d'immunisation dans la collectivité touchée étaient nettement inférieurs à la moyenne provinciale. La majorité des cas (80 %) sont survenus chez des sujets non immunisés. L'infection s'est propagée surtout dans les écoles de la région et, dans une moindre mesure, dans la collectivité environnante. Deux petites éclosions de 13 cas et de 19 cas ont eu lieu en Nouvelle -Écosse au printemps et en automne 2005, respectivement. L'âge des sujets touchés variait de 13 à 19 ans (moyenne de 14 ans) dans la première éclosion, et de 20 à 27 ans (moyenne de 23 ans) dans la deuxième (universitaires). Quatre des 13 cas associés à la première éclosion de la Nouvelle-Écosse et tous les cas associés à la seconde éclosion ont déclaré n'avoir reçu qu'une dose de RRO. La deuxième éclosion est à l'origine de trois cas secondaires survenus dans d'autres provinces.

À l'échelle mondiale, une épidémie de > 70 000 cas a sévi au Royaume-Uni entre 2004 et 2006. La plupart de ces cas sont survenus chez de jeunes adultes non vaccinés. Il a été établi que le virus en circulation appartenait au génotype G. Ce génotype n'est ni inhabituel ni rare et, à l'instar des autres génotypes connus du virus des oreillons, il circule dans le monde depuis des décennies, voire plus longtemps. En 2005-2006, aux États-Unis, des éclosions d'oreillons ont frappé divers États, touchant plusieurs centaines de personnes, essentiellement de jeunes adultes qui, dans bien des cas, avaient été vaccinés (au moyen d'une dose de vaccin contre les oreillons). Elles aussi ont été associées au génotype G. Les oreillons demeurent une infection endémique dans de nombreux pays, partout dans le monde, et le vaccin contre l'infection n'est utilisé que dans 57 % des pays membres de l'Organisation mondiale de la Santé, pour la plupart des pays économiquement plus développés.

Préparations homologuées au Canada

Le présent chapitre ne portera que sur les vaccins actuellement vendus au Canada.

  • M-M-RMD II (vaccin à virus vivants atténués contre la rougeole, les oreillons et la rubéole), Merck Frosst Canada Ltée.
  • PriorixMD (vaccin associé rougeole-rubéole-oreillons à virus vivants atténués), GlaxoSmithKline Inc.

Le vaccin contre le virus des oreillons est un vaccin à virus vivant atténué et n'est disponible que sous forme de vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO).

Pour obtenir une liste de tous les produits homologués au Canada, prière de se reporter au tableau 1 du chapitre Considérations générales.

Efficacité et immunogénicité

Une dose unique du vaccin contre les oreillons produit une réponse immunitaire chez plus de 95 % des sujets réceptifs. D'après des essais cliniques comparatifs, une dose de vaccin a réussi à prévenir la maladie dans 95 % des cas. Le taux d'efficacité du vaccin, estimé dans des études sur le terrain, est toutefois plus faible, généralement d'environ 80 %, dans le cas d'un calendrier prévoyant l'administration d'une dose unique. On ignore la durée de l'immunité conférée par le vaccin, mais les données sérologiques et épidémiologiques indiquent une persistance des anticorps, ce qui donne à penser que la protection contre l'infection dure au moins 20 ans. Bien qu'il n'existe actuellement aucune donnée sur le lien entre des titres particuliers d'anticorps et la réceptivité aux oreillons, des éclosions ont été signalées dans des populations où la couverture vaccinale était élevée. Par suite de l'application d'un calendrier de vaccination à deux doses contre la rougeole, la rubéole et les oreillons en Finlande, on a constaté une augmentation des titres des anticorps spécifiquement dirigés contre le virus des oreillons, une augmentation des taux de séropositivité et une diminution plus lente des titres d'anticorps.

Indications

On recommande l'administration du vaccin vivant atténué contre les oreillons en association avec les vaccins contre la rougeole et la rubéole (RRO) à tous les enfants de 12 mois. Le vaccin combiné devrait être utilisé même chez les sujets qui auraient déjà acquis une immunité contre l'un des composants et peut être utilisé pour immuniser contre les oreillons les adultes réceptifs.

Bien que l'administration du vaccin contre les oreillons après une exposition au virus ne prévienne peut-être pas la maladie, elle n'est pas nocive. Si l'exposition ne donne pas lieu à une infection, le vaccin devrait conférer une protection contre l'infection en cas d'exposition subséquente.

Calendrier et posologie

Il faudrait administrer une dose de vaccin RRO pour assurer une protection contre les oreillons, la seconde dose étant destinée à conférer une protection contre la rougeole. La première dose doit être donnée le jour du premier anniversaire ou après, la seconde, au moins un mois après la première et avant l'entrée à l'école. La dose standard est de 0,5 mL. Pour plus de détails concernant les cas où il est indiqué d'administrer une seconde dose, prière de se reporter au chapitre Vaccin contre la rougeole.

Pour les fioles unidoses, il faut injecter sans tarder tout le contenu de la fiole après reconstitution (0,5-0,7 mL).

Voie d'administration

Le vaccin RRO doit être administré par voie sous-cutanée.

Doses de rappel et revaccination

On ne juge pas nécessaire en ce moment de procéder à une revaccination après avoir administré la série standard de deux doses.

Tests sérologiques

La sérologie avant ou après la vaccination n'est pas systématiquement indiquée. On peut généralement supposer qu'une personne bénéficie d'une immunité à l'égard des oreillons si elle a des preuves écrites attestant qu'elle a été vaccinée le jour de son premier anniversaire ou après, des preuves d'immunité fournies par un laboratoire, des antécédents d'oreillons confirmés en laboratoire, ou si elle est née avant 1970.

Conditions d'entreposage

Le vaccin RRO doit être réfrigéré à une température variant entre +2 oC et +8 oC. Le vaccin doit être mis à l'abri de la lumière, qui peut inactiver les virus vaccinaux. Une fois reconstitué, le vaccin doit être administré sans tarder.

Administration simultanée d'autres vaccins

Le vaccin RRO peut être administré en même temps que d'autres vaccins, un site anatomique différent et une seringue distincte devant toujours être utilisés pour chaque vaccin. Lorsqu'il est administré en association avec d'autres vaccins vivants, comme le vaccin contre la varicelle, le vaccin RRO doit être donné en même temps ou décalé d'au moins 4 semaines.

Effets secondaires

Les effets secondaires graves consécutifs à la vaccination sont rares, et, dans la plupart des cas, on ne possède pas suffisamment de données pour établir un lien de causalité.

Le vaccin RRO occasionne le plus souvent (chez environ 5 % des enfants immunisés) un malaise et de la fièvre, accompagnés ou non d'une éruption cutanée qui dure jusqu'à 3 jours et qui survient entre 7 et 12 jours suivant son administration. Un enfant sur 3 000 qui fait de la fièvre peut présenter des convulsions fébriles. On a recensé à l'occasion des cas de parotidite après la vaccination. Il arrive, mais c'est rare, qu'une thrombopénie passagère survienne dans les 2 mois qui suivent l'immunisation. On pense que ce phénomène est lié au composant antirougeoleux du vaccin RRO. Des symptômes articulaires sont associés au composant antirubéoleux du vaccin RRO. Pour plus de détails, prière de se reporter aux chapitres Vaccin contre la rougeole, et Vaccin contre la rubéole.

Contre-indications et précautions

Étant donné que le vaccin RRO contient d'infimes quantités de néomycine et de gélatine, les personnes qui ont déjà eu des réactions anaphylactiques à l'administration antérieure de néomycine ou qui ont une allergie documentée à la gélatine ne devraient pas recevoir ce vaccin. Quiconque a déjà présenté des réactions anaphylactiques à une dose antérieure de RRO ne devrait pas recevoir le vaccin une autre fois. Pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Anaphylaxie : traitement initial en milieu non hospitalier.

Comme les autres vaccins vivants, le vaccin contenant le virus des oreillons est contre-indiqué chez les sujets dont les mécanismes immunitaires sont affaiblis par suite d'une maladie ou d'un traitement, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Il arrive que la réponse immunitaire de ces personnes soit faible. Pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés.

Les nourrissons infectés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui sont asymptomatiques devraient recevoir systématiquement le RRO. De plus, il est recommandé d'administrer ce vaccin à la plupart des sujets symptomatiques infectés par le VIH, y compris les enfants symptomatiques ne présentant pas de signes d'une immunodéficience importante. Il est conseillé de consulter un spécialiste des maladies infectieuses ou un immunologiste pour obtenir des conseils plus précis au sujet de l'immunisation au moyen du vaccin RRO des personnes infectées par le VIH.

Bien qu'il n'existe aucun risque connu associé à l'administration du vaccin contre les oreillons pendant la grossesse, il faut éviter de donner le vaccin aux femmes enceintes.

L'intervalle recommandé entre l'administration de produits contenant des Ig et l'immunisation au moyen du vaccin RRO varie entre 3 et 11 mois. Pour plus de détails, prière de se reporter au tableau 4 du chapitre Administration récente d'immunoglobulines humaines.

Selon certaines preuves concluantes, l'administration systématique des vaccins RRO à tous les enfants qui sont allergiques aux œufs ne présente aucun risque. Il a été établi que, parmi les enfants allergiques aux œufs qui recevaient le vaccin, moins de 2 pour 1 000 risquaient d'avoir une réaction anaphylactique au RRO. Pour plus de détails, prière de se reporter au chapitre Hypersensibilité anaphylactique aux œufs ou aux antigènes de l'œuf.

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