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Depuis la publication du Guide canadien d’immunisation 2006 :
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez-vous référer aux déclarations suivantes du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) : la Déclaration sur le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle et les Recommandations mises à jour sur l’utilisation du vaccin contre la varicelle et du RRO chez les personnes infectées par le VIH.
Agent infectieux
Le virus de la rougeole appartient à la famille des Paramyxoviridae.
Réservoir
Les humains.
Transmission
La rougeole est l’une des maladies infectieuses les plus transmissibles et les risques d’attaques secondaires dépassent les 90 % chez les personnes réceptives. Le virus est transmis par voie aérienne, par des gouttelettes aéroportées ou par contact direct avec des sécrétions du nez ou de la gorge de personnes infectées. La période d’incubation varie entre 7 et 18 jours, mais dure en moyenne 10 jours. L’intervalle entre l’exposition au virus et l’apparition des éruptions cutanées est d’environ 14 jours. La période de contagion débute une journée avant le stade prodromique et se termine 4 jours après l’apparition des éruptions cutanées. Les personnes qui se rétablissent de la rougeole développent une immunité permanente à la maladie.
Facteurs de risque
Les personnes qui n’ont pas jamais contracté la rougeole et qui n’ont jamais été vaccinées contre cette maladie sont susceptibles d’être infectées. En général, au Canada, il peut être supposé que les adultes nés avant 1970 ont développé une immunité naturelle à la rougeole. Les personnes les plus à risque de contracter la maladie sont les personnes qui voyagent hors de l’Amérique du Nord, les travailleurs de la santé, les étudiants de niveau postsecondaire et le personnel militaire.
Tendances saisonnières et temporelles
Historiquement, la rougeole apparaissait principalement à la fin de l’hiver et au printemps dans les régions tempérées. La maladie survient maintenant seulement dans des cas sporadiques ou dans le cadre d’éclosions.
Spectre de la maladie clinique
Les symptômes de la rougeole comprennent la fièvre prodomique, la toux, le coryza, la conjonctivite, les taches de Koplik (taches blanches sur la muqueuse buccale) et une éruption cutanée qui se manifeste habituellement en premier lieu sur le visage, ensuite sur le tronc, et finalement sur les bras et les jambes. Des complications, comme l’otite moyenne ou la bronchopneumonie, apparaissent dans environ 10 % des cas signalés; elles sont plus fréquentes chez les personnes mal nourries et atteintes d’une maladie chronique ainsi que chez les nourrissons âgés de moins d’un an. Dans environ un cas signalé sur 1 000, la rougeole se complique d’une encéphalite pouvant laisser des séquelles cérébrales permanentes. L’infection rougeoleuse peut entraîner une panencéphalite sclérosante subaiguë, une maladie rare mais mortelle. Dans les pays développés, le taux de mortalité par rougeole est estimé à un ou deux cas sur 1 000. Pendant la grossesse, la rougeole accroît le risque d’accouchement prématuré, d’avortement spontané et d’insuffisance pondérale à la naissance. La rougeole peut être très grave chez un sujet immunodéprimé.
À l’échelle mondiale
La rougeole est présente partout dans le monde et elle demeure une maladie courante et grave des pays en voie de développement. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la rougeole est l’une des principales causes de décès évitables par la vaccination chez les enfants.
L’objectif mondial de réduire de 90 % le taux de mortalité liée à la rougeole avant 2010 (par rapport aux niveaux de 2000) n’a pas été atteint. La rougeole avait été éliminée dans une large mesure dans l’hémisphère ouest en 2002; toutefois, en 2011, des éclosions d’envergure de la rougeole se sont produites à l’échelle mondiale. Plus de 26 000 cas sont survenus dans la Région de l’Europe de l’Organisation mondiale de la Santé; la France a enregistré le plus grand nombre de cas (plus de 14 000). Des éclosions d’envergure sont également survenues en Afrique, surtout dans la République démocratique du Congo. On a signalé plus de 106 000 cas et 1 100 décès.
À l’échelle nationale
Avant l’introduction du vaccin contre la rougeole en 1963-1964, l’infection se manifestait par cycles, l’incidence augmentant tous les 2 à 5 ans. Selon les estimations, il y avait à l’époque entre 300 000 et 400 000 cas par année. Depuis l’utilisation du vaccin, il s’est produit une diminution marquée de l’incidence de la maladie au Canada (voir la Figure 1). Entre 1989 et 1995, malgré une couverture vaccinale très élevée, de nombreuses éclosions ont été enregistrées, lesquelles touchaient surtout des enfants qui avaient reçu une dose du vaccin contre la rougeole. Il a été estimé qu’environ 10 à 15 % des enfants immunisés demeuraient sans protection lorsqu’ils avaient reçu une seule dose à l’âge de 12 mois.
En 1996-1997, dans le cadre des efforts déployés en vue d’atteindre l’objectif d’élimination de la rougeole, chaque province et territoire canadien a ajouté une deuxième dose du vaccin contenant le virus de la rougeole à son calendrier de vaccination systématique, et la plupart ont mis en œuvre des programmes de vaccination de rattrapage contre la rougeole ou contre la rougeole et la rubéole auprès des enfants d’âge scolaire. Ces interventions ont permis d’obtenir une couverture vaccinale de plus de 85 % pour la seconde dose, réduisant la proportion des enfants vulnérables à un niveau insuffisant pour assurer la transmission endémique de la rougeole. En 1998, on était parvenu à éliminer la transmission endémique de la rougeole.
Figure 1: Taux signalé d’incidence de cas confirmés de la rougeole au Canada, de 1924 à 2011Note de bas de page - Figure 1*

Le Québec a connu en 2007 une éclosion de rougeole de 94 cas confirmés. D’après les résultats de laboratoire, ces cas étaient dus à deux importations distinctes. Plus de la moitié des personnes infectées était âgée d’un à dix ans. Presque toutes les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus n’avaient pas reçu deux doses de vaccin contenant la rougeole.
En 2008, une éclosion de rougeole est survenue en Ontario. Près du tiers des 53 cas confirmés était âgé de moins de dix ans. Presque toutes les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus n’avaient pas été vaccinés contre la maladie.
Au printemps 2010, 77 cas de rougeole ont été confirmés en Colombie-Britannique. Les enfants de moins de cinq ans et les adultes de 30 à 39 ans ont été particulièrement touchés par cette éclosion. Parmi les personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus, 59 % n’avaient pas été vaccinées, 29 % n’avaient reçu qu’une dose de vaccin contenant la rougeole et 12 % avaient reçu deux doses de vaccin.
Au Canada, en 2011, les cas importés de la rougeole ont mené à une éclosion d’envergure, où plus de 700 cas ont été signalés, principalement au Québec. La plupart des personnes infectées était âgée de 10 à 19 ans. Environ 80 % des personnes infectées dont les antécédents vaccinaux étaient connus n’étaient pas adéquatement immunisées pour leur âge.
Au Canada, le vaccin contre la rougeole est seulement disponible sous forme de vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) ou de vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle (RROV). Dans de nombreux autres pays, seul le vaccin contre la rougeole est donné.
Pour connaître l’information posologique dans son intégralité, veuillez consulter le feuillet du produit ou les renseignements figurant dans les monographies de produit autorisées par Santé Canada qui sont accessibles par la Base de données sur les produits pharmaceutiques, à l’adresse suivante : Base de données sur les produits pharmaceutiques
. Veuillez consulter le Tableau 1 et le Tableau 2 du chapitre sur les Considérations générales de la Partie 1 pour obtenir les listes de tous les vaccins ainsi que de tous les agents d’immunisation passive homologués au Canada, et pour connaître leur contenu.
On estime que l’efficacité d’une dose unique de vaccin contre la rougeole administrée entre douze et quinze mois varie entre 85 et 95 %. Avec une seconde dose, près de 100 % des enfants sont protégés. Toutefois, des éclosions de la rougeole sont survenues au sein de populations ayant des taux de couverture vaccinale élevés. En raison de l’infectiosité élevée de la rougeole (chaque personne infectée peut en contaminer de 12 à 18 autres), au moins 95 % de la population doit être immunisée pour développer une immunité collective. Il n’y a pas de données concernant l’efficacité du vaccin RROV.
Dans les essais cliniques, l’administration d’une seule dose de vaccin RRO suffit pour induire des anticorps contre la rougeole, les oreillons et la rubéole chez 95 %, 96 % et 99 % des enfants auparavant séronégatifs, respectivement.
Dans une étude menée chez des enfants âgés de douze mois, le taux de séroconversion obtenu pour la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle après l’administration d’une seule dose de RROV était de 98 %, de 97 %, de 98 % et de 93 % respectivement. Le taux de séroconversion et les moyennes géométriques des titres pour chacun des composants vaccinaux ne différaient pas significativement de ceux obtenus après l’administration du RRO et d’un vaccin monovalent contre la varicelle ou du RRO seul. Dans une autre étude menée chez des enfants ayant reçu deux doses de RROV durant leur seconde année de vie, le taux de séropositivité pour la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle s’établissait, trois ans après la vaccination, à 99 %, 97,4 %, 100 % et 99,4 % respectivement. La persistance à long terme des anticorps contre la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle après l’administration du vaccin RROV fait l’objet d’une évaluation.
Il est recommandé que deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole soient administrées dans le cadre de la vaccination systématique des enfants et de l’immunisation des enfants et des adolescents n’ayant pas suivi le programme de vaccination systématique contre la maladie. Le vaccin RROV peut être administré aux enfants âgés de 12 mois à 12 ans.
Immunisation systématique : Il est généralement supposé que les adultes nés avant 1970 aient développé une immunité naturelle à la rougeole; toutefois, certaines de ces personnes peuvent demeurer réceptives.
Les adultes qui ne présentent pas de contre-indications, qui sont nés en 1970 ou après et qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu un vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire ou après celui-ci, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir une dose de vaccin RRO.
Les travailleurs de la santé qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir, quelle que soit leur année de naissance, deux doses de vaccin RRO. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Travailleurs.
Les étudiants qui fréquentent des établissements d’enseignement postsecondaire, qui sont nés en 1970 ou après et qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir deux doses de vaccin RRO. Dans le cas des étudiants nés avant 1970, l’administration d’une dose du vaccin RRO devrait être envisagée.
Les membres du personnel militaire qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir, quelle que soit leur année de naissance, deux doses de vaccin RRO.
Les personnes voyageant hors de l’Amérique du Nord qui sont nées en 1970 ou après qui n’ont pas une preuve attestant qu’elles ont reçu deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole. Les voyageurs qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu un vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir une dose du vaccin RRO s’ils sont nés avant 1970. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Voyageurs.
Le Tableau 1 ci-dessous présente un résumé des critères d’immunité à la rougeole. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Calendrier.
| Vaccination systématique | Travailleurs de la santé | Personnes voyageant à l’extérieur de l’Amérique du Nord | Étudiants de niveau postsecondaire | Personnel militaire |
|---|---|---|---|---|
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Preuve de vaccination
OU Antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, OU Preuve d’immunité fournie par un laboratoire, OU Être nés avant 1970. |
Preuve de réception de 2 dosesTable 1 - Note de bas de page * de vaccin (quelle que soit l’année de naissance), OU Antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, OU Preuve d’immunité fournie par un laboratoire. |
Preuve de vaccination
OU Antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, OU Preuve d’immunité fournie par un laboratoire. |
Preuve de vaccination
OU Antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, OU Preuve d’immunité fournie par un laboratoire. |
Preuve de réception de 2 dosesTable 1 - Note de bas de page * de vaccin (quelle que soit l’année de naissance), OU Antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, OU Preuve d’immunité fournie par un laboratoire. |
Les enfants et les adultes n’ayant pas une preuve d’immunisation adéquate doivent être considérés comme étant non vaccinés et doivent être vaccinés conformément au calendrier de vaccination adapté à leur âge et à leurs facteurs de risque, sauf si leur immunité a été établie au moyen d’un essai en laboratoire. Les vaccins RRO et RROV, au besoin, peuvent être administrés sans avoir à se préoccuper des antécédents de vaccination, car il a été démontré que l’administration répétée de ces vaccins ne provoque pas d’effets secondaires additionnels. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Immunisation des enfants et des adultes dont le dossier de vaccination est incomplet de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Il faut vérifier l’immunité à l’égard de la rougeole, des oreillons et de la rubéole chez les femmes en âge de procréer et recommander la vaccination à celles qui ne sont pas enceintes. Il est recommandé que les femmes évitent de devenir enceinte pour une période de quatre semaines après la réception d’un vaccin RRO.
Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués durant la grossesse, car il existe un risque théorique pour le fœtus; toutefois, rien n’indique que ces vaccins comportent un risque tératogène. Aucun cas de rubéole congénitale n’avait été observé chez les enfants de 226 femmes vaccinées par erreur pendant leur grossesse. Il ne faut pas recommander l’interruption de la grossesse après une vaccination malencontreuse contre la rubéole à cause des risques pour le fœtus liés à l’administration de ce vaccin à la mère.
Les femmes qui allaitent peuvent recevoir un vaccin RRO.
Le lecteur est prié de se reporter à la section Contre-indications et précautions. Veuillez également vous référer au chapitre Immunisation durant la grossesse et l’allaitement de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Les résidents réceptifs des établissements de soins de longue durée doivent recevoir un vaccin contenant les virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons, ainsi que tous les vaccins systématiques prévus pour leur âge et leurs facteurs de risque. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Immunisation des patients dans les établissements de santé de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
En général, les personnes immunodéprimées ne devraient pas recevoir de vaccins à virus vivants en raison du risque de maladie lié aux souches du vaccin. Avant de vacciner une personne immunodéprimée, il faut obtenir l’approbation de son médecin traitant. Pour les cas complexes, il est recommandé de consulter un expert-conseil spécialisé dans les domaines de l’immunisation et de l’immunodéficience.
Les personnes qui présentent des antécédents médicaux suspects d’immunodéficience (p. ex. des antécédents familiaux connus ou présumés d’immunodéficience congénitale ou d’infection à VIH ou antécédents de retard staturo-pondéral et d’infections récurrentes) ne devraient pas recevoir un vaccin vivant tant que leur cas n’a pas été étudié à fond et que la possibilité d’un déficit en lymphocytes T n’a pas été écartée.
Les vaccins vivants ne sont généralement pas recommandés dans le cas de personnes ayant une immunodéficience congénitale, mais certaines exceptions demeurent.
Déficits en lymphocytes B
Les personnes atteintes d’un déficit en lymphocytes B peuvent recevoir le vaccin RRO, conformément aux recommandations formulées pour leur âge, si elles ne sont pas soumises à un traitement avec une immunoglobuline de remplacement, lequel peut altérer l’efficacité du vaccin.
Déficits en lymphocytes T, en cellules tueuses naturelles et déficits de l’immunité à médiation cellulaire (p. ex. syndrome d’immunodéficience combinée aiguë)
Tous les vaccins à virus vivants, y compris le RRO et le RROV, sont contre-indiqués chez les personnes ayant des déficits en lymphocytes T.
Déficits phagocytaires ou neutrophiles (p. ex. neutropénie congénitale, déficience d’adhésion des leucocytes et déficits de migration, granulomatose septique chronique)
Les enfants ayant des déficits phagocytaires ou neutrophiles peuvent recevoir le vaccin RRO selon les recommandations formulées pour leur âge.
Déficits en complément
Le vaccin RRO n’est pas contre-indiqué chez les sujets souffrant de troubles de déficience en complément. Toutefois, l’immunité peut diminuer avec le temps. Le dosage des anticorps et la revaccination, au besoin, devraient être envisagés.
Troubles hématologiques malins
Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués pour les personnes ayant une immunodéficience élevée due à des conditions comme la dyscrasie sanguine, des lymphomes ou tout autre néoplasme malin affectant la moelle épinière ou le système lymphatique. Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués chez les personnes soumises à une thérapie immunosuppressive destinée à traiter une leucémie aiguë.
Tumeurs solides malignes
Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués pour les personnes soumises à une thérapie immunosuppressive pour traiter une tumeur solide maligne.
Greffe de cellules souches hématopoïétiques (autologue ou allogénique)
Greffe d’un organe plein
Si possible, les personnes qui doivent être opérées pour la greffe d’un organe plein devraient être immunisées avant la transplantation, conformément aux recommandations formulées pour leur âge. Le vaccin RRO devrait être administré au moins quatre semaines avant l’opération. En général, ce vaccin est contre-indiqué après la greffe.
Thérapie immunosuppressive
Pour les personnes immunocompétentes qui sont susceptibles d’être soumises à une thérapie immunosuppressive ou dont la maladie pourrait mener à une immunodéficience, les antécédents vaccinaux contre la rougeole, la rubéole et les oreillons doivent être vérifiés.
S’il est indiqué, le vaccin RRO devrait être administré au moins quatre semaines avant le début de la thérapie immunosuppressive (p. ex. fortes doses de corticostéroïdes à action générale [doses de 2 mg/kg par jour ou de 20 mg par jour ou plus de prednisone ou d’un médicament équivalent] pendant 14 jours ou plus; chimiothérapie, radiothérapie, azatioprine, cyclosporine, cyclophosphamide ou infliximab). Si la vaccination ne peut pas être effectuée, il faudra attendre au moins trois mois après l’arrêt des médicaments immunosuppresseurs (à l’exception des fortes doses de corticostéroïdes à action générale) avant d’administrer des vaccins à virus vivants. Dans le cas de fortes doses de stéroïdes à action générale, le délai entre l’arrêt des traitements et l’administration de vaccins à virus vivants diminue à quatre semaines. L’intervalle entre l’arrêt des médicaments immunosuppresseurs et l’administration du vaccin RRO peut varier selon l’intensité du traitement immunosuppresseur, la maladie sous-jacente et d’autres facteurs. Les vaccins vivants sont en général contre-indiqués si le traitement immunosuppresseur ne peut pas être interrompu, bien que le rapport risques-avantages puisse être en faveur de l’immunisation uniquement si de petites doses de médicaments immunosuppresseurs sont requises et s’il existe un risque important d’infection.
Il n’est pas contre-indiqué d’administrer un vaccin à virus vivants aux personnes soumises à des traitements aux corticostéroïdes si ces derniers sont de courte durée (c’est-à-dire moins de 14 jours); si les doses sont de faibles à modérées (moins de 20 mg de prednisone ou l’équivalent par jour pour un adulte); s’ils sont de longue durée mais offerts en alternance un jour sur deux avec des préparations à action brève; s’ils constituent une thérapie de substitution pour le maintien physiologique ou s’ils sont administrés de manière topique, par inhalation ou localement (p. ex. injection dans une articulation).
Personnes séropositives
Il est conseillé de consulter un spécialiste des maladies infectieuses ou un immunologiste pour l’administration du vaccin RRO aux personnes atteintes du VIH. Le vaccin peut être offert aux personnes récemment infectées, mais il est contre-indiqué pour les sujets qui sont à un stade avancé de la maladie. L’innocuité et l’immunogénicité du vaccin RROV pour les personnes séropositives n’ont pas encore été évaluées; il est donc impossible de le recommander de manière systématique.
Les contacts familiaux des personnes immunodéprimées qui sont réceptifs devraient recevoir un vaccin contenant la rougeole conformément aux recommandations formulées pour leur âge et leurs facteurs de risque.
Veuillez consulter la section Contre-indications et précautions. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Les personnes souffrant d’hyposplénie ou d’asplénie (absence congénitale, chirurgicale ou fonctionnelle [p. ex. maladie drépanocytaire]) doivent être immunisées contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, ou doivent recevoir le vaccin RRO ou RROV conformément aux recommandations.
Les personnes souffrant d’une maladie rénale chronique ou sous dialyse doivent être immunisées contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, ou doivent recevoir le vaccin RRO ou RROV conformément aux recommandations.
Les personnes ayant un trouble du spectre autistique ou un trouble neurologique démyélinisant (y compris la sclérose en plaques) devraient recevoir tous les vaccins systématiquement recommandés, y compris le vaccin RRO ou le vaccin RROV selon les recommandations. Veuillez consulter la section sur les troubles neurologiques du chapitre portant sur l'immunisation des sujets atteints de maladies chroniques dans la partie 3 pour obtenir d'autres renseignements généraux.
Malgré l’insuffisance de données complètes, les personnes ayant une maladie immune qui ne sont pas traitées à l’aide de médicaments immunosuppresseurs ne sont pas considérées comme ayant une immunodéficience trop importante et peuvent recevoir le vaccin RRO après avoir consulté un médecin. Les agents antirhumatismaux modifiant l’évolution de la maladie, par exemple l’hydroxychloroquine, la sulfasalazine ou l’auranofine, ne sont pas habituellement considérés comme des médicaments immunosuppresseurs. La nature de la maladie sous-jacente de la personne devrait être prise en considération.
L’innocuité et l’efficacité des vaccins à virus vivants administrés pendant une thérapie intermittente, à faibles doses ou d’entretien ayant recours à des médicaments immunosuppresseurs (autres que des corticostéroïdes) pour des maladies auto-immunes ne sont pas connues. Ces médicaments comprennent les anticorps monoclonaux thérapeutiques, particulièrement les inhibiteurs de facteur de nécrose tumorale (comme adalimumab, infliximab et etanercept) et autres (azatioprine, méthotrexate, leflunomide et abatacept). On a signalé que ces médicaments entraînent la réactivation d’une infection tuberculeuse latente et crée une prédisposition pour d’autres infections opportunistes. Par conséquent, jusqu’à ce que de nouvelles données soient produites à ce sujet, il est préférable d’éviter d’administrer des vaccins à virus vivants à des personnes soumises à des traitements de chimiothérapie intermittents ou à faibles doses, ou à toute autre thérapie immunosuppressive.
Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets présentant des pathologies chroniques de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Il est particulièrement important pour les personnes désirant voyager hors de l’Amérique du Nord de se protéger contre la rougeole. Les voyageurs nés en 1970 ou après et qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire ou après celui-ci, et qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir deux doses de vaccin contenant la rougeole. Il faut administrer le vaccin contre la rougeole plus tôt que l’âge habituel chez les enfants qui voyagent dans les pays à l’extérieur de l’Amérique du Nord. Le vaccin RRO peut être administré à partir de l’âge de six mois; toutefois, deux doses supplémentaires du vaccin contenant la rougeole doivent être administrées après le premier anniversaire de l’enfant pour assurer une immunité à long terme contre la rougeole. Les voyageurs qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu un vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir une dose du vaccin RRO s’ils sont nés avant 1970.
La rougeole est une maladie endémique dans bon nombre de pays. Pour connaître les taux d’incidence chez les pays membres de l’Organisation mondiale de la Santé, veuillez consulter le site Web suivant : Vaccine-preventable diseases
(disponible en anglais seulement).
Veuillez consulter le chapitre Immunisation des voyageurs de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Les dispensateurs de soins de santé qui examinent des personnes nouvellement arrivées au Canada devraient vérifier leurs antécédents vaccinaux et mettre leur immunisation à jour. Dans bon nombre de pays étrangers, les vaccins contre les oreillons et la rubéole sont offerts en quantité limitée et le vaccin contre la rougeole est administré seul. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des nouveaux arrivants au Canada de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Il est recommandé que tous les travailleurs du milieu de la santé soient immunisés contre la rougeole. Les travailleurs de la santé qui n’ont pas une preuve attestant qu’ils ont reçu deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole le jour de leur premier anniversaire, qui ne possèdent pas une preuve d’immunité fournie par un laboratoire ou qui n’ont pas d’antécédents de rougeole confirmés en laboratoire, devraient recevoir, quelle que soit leur année de naissance, deux doses de vaccin RRO.
Veuillez consulter le chapitre Immunisation des travailleurs de la Partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Les personnes réceptives et immunocompétentes âgées de 12 mois et plus qui ont été exposées à la rougeole peuvent être protégées de la maladie si elles reçoivent une injection du vaccin RRO dans les 72 heures suivant l’exposition. En cas d’épidémie, il peut être recommandé d’administrer le vaccin RRO aux enfants de six mois à un an. Par contre, ces derniers devront recevoir, après leur premier anniversaire, deux autres doses d’un vaccin contenant le virus de la rougeole pour assurer une immunité à long terme à la maladie.
L’administration d’immunoglobulines humaines à des personnes réceptives qui ont été exposées à la rougeole est une solution envisageable, particulièrement s’il s’agit de personnes immunodéprimées pour qui le vaccin contenant la rougeole est contre-indiqué ou d’enfants de moins de douze mois. Les immunoglobulines humaines devraient être administrées à un enfant de six à douze mois dans les 72 heures suivant une exposition à la maladie. Les enfants de moins de six mois sont normalement considérés comme étant immunisés grâce à des anticorps transférés à partir de la mère. Si, toutefois, la mère contracte le virus de la rougeole, ou si on sait qu’elle n’est pas immunisée contre celui-ci, il faut administrer des immunoglobulines humaines à l’enfant. L’efficacité de l’usage prophylactique de ces produits a été démontrée pour la modification et la prévention de la maladie s’ils sont administrés le plus tôt possible et au plus tard six jours après l’exposition. Les personnes réceptives qui se présentent trois jours (72 heures) après avoir été exposées à la maladie, c’est-à-dire lorsque le vaccin RRO n’offre plus de protection post-exposition, mais moins de six jours après l’exposition (lorsque les immunoglobulines humaines peuvent encore offrir une protection après l’exposition) peuvent recevoir des immunoglobulines humaines. Le titre d’anticorps anti-rougeoleux diminue plus rapidement chez les enfants infectés par le VIH que chez les enfants non infectés. Il est donc recommandé, après une exposition documentée à un cas confirmé de rougeole, d’administrer une dose d’immunoglobuline en prophylaxie aux enfants porteurs du VIH, même à ceux qui ont déjà reçu le RRO.
La dose recommandée de GamaSTAN® S/D pour les personnes en santé qui ont été exposées à la rougeole est de 0,25 ml/kg de poids corporel. La dose pour les sujets souffrant d’une affection maligne sous-jacente ou d’un déficit immunitaire est de 0,5 ml/kg, et la dose maximale est de 15 ml. Ce produit devrait être administré uniquement par voie intramusculaire. Pour connaître l’information posologique dans son intégralité, veuillez consulter le feuillet du produit ou les renseignements figurant dans les monographies de produit autorisées par Santé Canada qui sont accessibles par la Base de données sur les produits pharmaceutiques
.
À moins d’une contre-indication, les personnes qui reçoivent des immunoglobulines devraient également recevoir un vaccin contenant la rougeole après le délai recommandé. Pour connaître les intervalles recommandés entre l’administration d’immunoglobulines humaines ou de produits sanguins et l’injection d’un vaccin contenant la rougeole, veuillez consulter le chapitre Administration récente d’immunoglobulines humaines de la Partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Le lecteur est prié de se reporter à la Partie 5, Immunisation passive , pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Une analyse détaillée du contrôle des éclosions dépasse le cadre du Guide canadien d’immunisation. Toutefois, il continuera à y avoir des cas importés de la rougeole. Des éclosions peuvent survenir chez les populations réceptives. À des fins pratiques, tous les étudiants fréquentant un même établissement scolaire devraient être considérés comme des contacts. De manière générale, l’administration d’une dose de vaccin RRO dans les 72 heures suivant l’exposition permet de prévenir la maladie chez les personnes réceptives.
Dose
Chaque dose est de 0,5 ml.
Voie d’administration
Le vaccin RRO doit être administré par voie sous-cutanée; le vaccin RROV peut être administré par voie sous-cutanée ou par voie intramusculaire. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Méthodes d’administration des vaccins de la Partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Enfants (âgés de 12 mois à 12 ans)
Dans le cadre de l’immunisation systématique des enfants âgés entre 12 mois et 12 ans, il faut administrer deux doses de vaccin contenant le virus de la rougeole (RRO ou RROV). La première dose du vaccin contenant le virus de la rougeole devrait être administrée lorsque l’enfant est âgé entre 12 et 15 mois et la deuxième dose à 18 mois, ou à n’importe quel moment avant son entrée à l’école.
L’intervalle minimal recommandé entre les doses de vaccin RRO est de 4 semaines. Les enfants ayant déjà reçu une dose du vaccin RRO devraient recevoir une deuxième dose au moins 4 semaines après l’administration de la première dose. L’intervalle recommandé entre deux doses du vaccin RROV est d’au moins 3 mois; un intervalle minimal de 6 semaines entre les doses peut être utilisé si une protection rapide et complète est nécessaire.
Adolescents (de 13 à 17 ans)
Les adolescents qui sont réceptifs à la rougeole devraient recevoir deux doses de vaccin RRO à au moins 4 semaines d’intervalle.
Adultes (18 ans et plus)
Les adultes qui sont réceptifs à la rougeole devraient recevoir une ou deux doses du vaccin RRO en fonction de leur âge et de leurs facteurs de risque (voir le Tableau 1). Si l’administration de deux doses est nécessaire, il faut administrer les doses du vaccin RRO à au moins 4 semaines d’intervalle.
Il n'est pas nécessaire de procéder à une revaccination si un vaccin contenant le virus de la rougeole adapté à l’âge et aux facteurs de risque de la personne en question a été administré.
Des tests sérologiques peuvent être recommandés pour confirmer le diagnostic de rougeole ou pour déterminer l’état immunitaire. L’exécution d’un test sérologique n’est pas recommandée avant ou après la réception d’un vaccin contenant le virus de la rougeole. Il ne serait donc pas nécessaire de vacciner de nouveau si un test sérologique réalisé par inadvertance après une immunisation adéquate contre la rougeole ne démontrait pas une immunité à la maladie.
M-M-R® II : Il faut conserver le vaccin à une température égale ou inférieure à 10°C pendant le transport. Si le vaccin gèle pendant le transport, son efficacité n’en sera pas affectée. Le vaccin doit être protégé de la lumière. Avant le début du processus de reconstitution, il faut conserver les fioles de vaccins à une température variant entre +2°C et +8°C ou à une température moins élevée. Le diluant peut être conservé dans un réfrigérateur ou à la température ambiante et ne doit pas être congelé.
PRIORIX® : Le vaccin doit être réfrigéré à une température variant entre +2°C et +8°C. Le diluant peut être conservé séparément à la température ambiante. Le vaccin doit être protégé de la lumière.
PRIORIX-TETRA® : Le vaccin et le diluant doivent être réfrigérés à une température variant entre +2 °C et +8°C et il ne faut pas les congeler. Le vaccin doit être protégé de la lumière.
Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Manipulation et entreposage des agents immunisants de la Partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux. Veuillez consulter le chapitre Immunisation passive de la Partie 5 pour obtenir davantage de renseignements sur les exigences relatives à l’entreposage des immunoglobulines.
Le vaccin RRO ou RROV peut être administré en même temps que d’autres vaccins administrés systématiquement aux enfants, ou en même temps que le vaccin à virus vivant contre l’influenza (VVAI) administré par voie intranasale. Dans le cas des vaccins administrés par voie parentérale au cours de la même visite, les sites d’injection doivent être différents et l’on doit utiliser une aiguille et une seringue distinctes. S’ils ne sont pas administrés simultanément, il est recommandé d’attendre au moins 4 semaines entre l’administration de deux vaccins vivants afin d’éliminer le risque hypothétique que le premier vaccin nuise à l’efficacité du deuxième.
Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Moment propice à la vaccination de la Partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Le lecteur est prié de se reporter à la Partie 2, intitulée Innocuité des vaccins et effets secondaires suivant l’immunisation , pour obtenir davantage de renseignements généraux.
La fréquence et la gravité des effets secondaires consécutifs à l’administration d’un vaccin RRO sont moins importantes que les manifestations associées à la maladie naturelle. Les effets secondaires sont moins fréquents après la seconde dose du vaccin et ne se produisent en général que chez les sujets qui n’ont pas été protégés par la première dose. Dans les 6 à 23 jours suivant l’administration du vaccin RRO, environ 5 % des enfants vaccinés sont atteints d’un malaise ou d’une fièvre (accompagnés ou non d’une éruption cutanée) pouvant durer jusqu’à 3 jours. En outre, le vaccin RRO occasionne parfois une parotidite, une éruption cutanée, une lymphadénopathie ou des symptômes articulaires.
Une douleur et un érythème au site d’injection ou une légère fièvre sont observés chez 10% ou plus des vaccinés. Une éruption cutanée, y compris une éruption ressemblant à celle qui survient en cas de rougeole, de rubéole ou de varicelle, ainsi que de l’enflure au site d’injection et une légère fièvre (plus de 39°C), apparaissent chez 1 à 10% des vaccinés. Comme les éruptions varicelliformes qui apparaissent dans les deux semaines suivant la vaccination peuvent être causées par un virus sauvage, les professionnels de la santé doivent veiller à obtenir des échantillons à l’aide de prélèvements d’un milieu de transport viral à partir d’une lésion du vacciné afin de s’assurer qu’il s’agit bel et bien d’une réaction au vaccin et non de la varicelle.
De 1 à 3 semaines après l’administration d’un vaccin contenant le virus de la rubéole, il se peut qu’une arthrite ou une arthralgie transitoire aiguë se présente et persiste pendant environ 1 à 3 semaines; ces effets secondaires réapparaissent rarement. Ces réactions sont plus fréquentes chez les filles pubères, qui présentent une arthralgie dans 25 % des cas et une arthrite dans 10 % des cas après l’administration du vaccin contenant le virus de la rubéole. Rien n’indique que les personnes ayant reçu ce vaccin courent plus de risques de voir réapparaître des arthropathies chroniques ou des troubles neurologiques.
Le patient peut éprouver une douleur ou une sensibilité au site d’injection et développer de l’urticaire ou une angioneurose cutanée.
Les manifestations cliniques inhabituelles graves suite à la vaccination sont rares, et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour établir un lien de causalité. Comme dans le cas des autres vaccins, il se peut que l’administration du vaccin RRO ou RROV entraîne une anaphylaxie, mais cela se produit très rarement.
Purpura thrombocytopénique immun (PTI)
Dans de rares cas, un purpura thrombocytopénique immunse produit dans les 6 semaines suivant l’administration du vaccin RRO ou RROV. Chez la plupart des enfants, la thrombocytopénie post-vaccination se résorbe dans les trois mois qui suivent sans complications graves. Dans le cas des personnes ayant subi un purpura thrombocytopénique immunaprès l’administration de la première dose du vaccin RRO ou RROV, il y a lieu d’évaluer leur statut sérologique afin de déterminer si l’administration d’une deuxième dose est nécessaire. Dans de pareils cas, il faut évaluer avec soin les risques et les bienfaits potentiels avant d’envisager l’administration d’un vaccin.
Encéphalite
Des cas d’encéphalite associés au vaccin contre la rougeole ont été signalés à une fréquence d’environ 1 cas pour 1 million de doses distribuées en Amérique du Nord; cette incidence est beaucoup moins fréquente qu’après une infection naturelle (environ 1 cas pour 1 000).
Convulsions fébriles
De récentes études ont révélé la présence d’un risque accru de convulsions fébriles consécutives à l’administration de la première dose d’un vaccin RROV (ProQuad®, Merck, vaccin non autorisé au Canada) comparativement à l’administration simultanée d’un vaccin RRO et d’un vaccin monovalent contre la varicelle. Selon des données provenant des États-Unis, il est estimé que des convulsions fébriles surviennent chez des enfants de 12 à 23 mois dans les 5 à 12 jours suivant l’administration de la première dose de ce vaccin RROV à une fréquence d’environ un cas pour 2600 doses administrées. En ce qui a trait au vaccin RROV disponible au Canada, l’expérience est plus limitée; toutefois, une étude a montré un risque accru de convulsions fébriles après l’administration du vaccin RROV par rapport à l’administration simultanée d’un vaccin RRO et d’un vaccin monovalent contre la varicelle en tant que deux produits distincts. Le risque lié au vaccin canadien était moins important que celui lié au produit utilisé aux États-Unis. Une surveillance étroite et des recherches supplémentaires sont en cours.
Des réactions anaphylactiques ont été rapportées, quoique rarement, par suite d’une injection d’immunoglobulines humaines.
Dans la deuxième moitié des années 1990, des chercheurs du Royaume-Uni ont fait état d’une association entre le vaccin RRO et l’autisme ou les maladies inflammatoires de l’intestin. Des études scientifiques rigoureuses et des évaluations des données en cause réalisées partout dans le monde ont permis de recueillir suffisamment de données pour prouver que les conclusions initiales étaient fausses. En 2010, il a été révélé que l’étude initiale qui laissait entendre l’existence d’un lien entre le vaccin RRO et l’autisme était frauduleuse, et l’étude a été rétractée.
Les dispensateurs de vaccins sont invités à déclarer les effets secondaires suivant l’immunisation ci-dessous en particulier, et ce, par l’entremise des représentants locaux de la santé publique :
Le lecteur est prié de se reporter à l’Encadré 1 du chapitre Innocuité des vaccins de la Partie 2 et au site Web: Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d'une immunisation au Canada pour obtenir davantage de renseignements sur la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI aussi appelés manifestations cliniques inhabituelles [MCI]).
L’administration des vaccins RRO et RROV et d’immunoglobulines humaines est contre-indiquée chez les personnes ayant déjà présenté une réaction anaphylactique à l’un de ces produits ainsi que chez les personnes ayant une hypersensibilité immédiate ou anaphylactique démontrée à l’un deux (sauf une allergie aux œufs pour les vaccins RRO ou RROV [voir ci-après]) ou à leur contenant. Veuillez consulter le Tableau 1 et le Tableau 2 du chapitre sur les Considérations générales de la Partie 1 pour obtenir les listes de tous les vaccins ainsi que de tous les agents d’immunisation passive homologués au Canada, et pour connaître leur contenu. Dans le cas des vaccins contenant le virus de la rougeole, voici les allergènes potentiels :
Dans les cas où on soupçonne une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactique aux composants vaccinaux, une enquête est recommandée, qui peut comprendre l’immunisation dans un milieu contrôlé. Une consultation avec un allergologue est conseillée.
Les composants anti-rougeoleux et anti-ourliens des vaccins RRO et RROV sont produits dans une culture de fibroblastes de poulet et peuvent contenir des traces de protéines d’œuf. Le vaccin semble ne pas contenir suffisamment de protéines d’œuf pour causer une réaction allergique chez les personnes allergiques aux œufs. Il n’est pas recommandé d’effectuer un test cutané avant la vaccination. Les vaccins RRO et RROV peuvent être administrés de la façon courante aux personnes ayant des antécédents d’hypersensibilité anaphylactique aux œufs de poule. L’ingestion d’œufs dans le passé n’est pas une condition préalable à l’administration du vaccin. Comme pour tous les vaccins, l’immunisation devrait être effectuée par du personnel ayant la capacité et les ressources pour gérer les effets secondaires après la vaccination. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Hypersensibilité anaphylactique aux œufs ou aux antigènes de l’œuf de la Partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Les enfants pour qui l’administration de vaccins à virus vivants est contre-indiquée à cause de leurs antécédents familiaux connus ou présumés d’immunodéficience congénitale ou héréditaire ne devraient pas recevoir de vaccins vivants à moins que leur immunocompétence n’ait été établie.
L’administration du vaccin RROV est contre-indiquée chez les personnes ayant une fonction immunitaire affaiblie, notamment dans le cas de déficits immunitaires primaires ou secondaires. Le lecteur est prié de se reporter à la section Sujets immunodéprimés.
Les vaccins RRO et RROV sont contre-indiqués durant la grossesse. Le lecteur est prié de se reporter à la section Grossesse et allaitement.
L’administration du vaccin RRO est contre-indiquée chez les personnes souffrant de tuberculose active non traitée. Bien que l’infection naturelle par le virus de la rougeole puisse exacerber la tuberculose, rien n’indique que les vaccins contenant la rougeole, comme les vaccins RRO et RROV, produisent le même effet.
Des antécédents de convulsions fébriles et des antécédents familiaux de convulsions ne sont pas une contre-indication à l’administration du vaccin RROV.
L’administration du vaccin RRO ou RROV devrait être reportée chez les personnes présentant une maladie aiguë modérée ou grave. Les personnes atteintes d’une maladie aiguë légère (avec ou sans fièvre) peuvent être vaccinées.
Il est déconseillé de prendre des salicylates (p. ex. acide acétylsalicylique [AAS]) pendant les 6 semaines suivant la réception du vaccin RROV à cause d’une association entre la varicelle de type sauvage, le traitement aux salicylates et le syndrome de Reye.
Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Contre-indications et précautions générales de laPartie 2 et au chapitre Immunisation passive de la Partie 5 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
Il est déconseillé de recevoir un traitement antiviral systémique (comme un traitement à l’acyclovir, au valacyclovir ou au famciclovir) pendant la période précédant ou suivant immédiatement la vaccination, car l’efficacité d’un vaccin contenant le virus de la varicelle, comme le vaccin RROV, pourrait être ainsi réduite. D’après l’opinion d’experts, il est recommandé que les personnes recevant un traitement antiviral prolongé cessent de prendre ces médicaments, si possible au moins 24 heures avant l’administration du vaccin RROV et jusqu’à 14 jours après la vaccination.
Le composant anti-rougeoleux des vaccins contenant le virus de la rougeole peut supprimer provisoirement la réactivité à la tuberculine, donnant ainsi lieu à des résultats faussement négatifs. Si un test cutané à la tuberculine ou un test de libération d’interféron-gamma (TLIG) est nécessaire, il doit être réalisé la même journée que la vaccination ou au moins 4 semaines après la réception du vaccin contre la rougeole. Le vaccin contenant le virus de la rougeole peut être administré n’importe quand après la réalisation et l’évaluation du test cutané à la tuberculine.
L’administration d’une immunisation passive au moyen d’immunoglobulines humaines et la réception de la plupart des produits sanguins peuvent nuire à la réponse immunitaire aux vaccins RRO et RROV. Ces vaccins devraient être administrés au moins 14 jours avant l’administration d’une préparation d’immunoglobulines ou d’un produit sanguin, ou après la dégradation des anticorps contenus dans la préparation d’immunoglobulines ou le produit sanguin. Si l’intervalle entre l’administration du vaccin et l’administration subséquente d’une préparation d’immunoglobulines ou d’un produit sanguin est inférieur à 14 jours, il faudra reprendre l’immunisation après l’intervalle recommandé. L’intervalle recommandé entre l’administration d’une préparation d’immunoglobulines ou d’un produit sanguin et une immunisation subséquente varie selon la préparation d’immunoglobulines et le produit sanguin en question. Le palivizumab (Ac anti-VRS) et la transfusion de globules rouges lavés ne nuisent pas à la réponse anticorps aux vaccins RRO et RROV. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Administration récente d’immunoglobulines humaines de la Partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
D’après l’opinion d’experts, les vaccins RRO autorisés au Canada peuvent être utilisés de manière interchangeable. Le lecteur est prié de se reporter au chapitre Principes de l’interchangeabilité des vaccins de la Partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.
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