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Guide canadien d'immunisation
Septième édition - 2006

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Partie 4
Agents d'immunisation active

Vaccin contre l'influenza

Chaque année, le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) produit une Déclaration sur la vaccination antigrippale qui contient des informations et des recommandations spécifiques sur le vaccin à utiliser pour la prochaine saison. Cette déclaration est publiée dans le Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) et est également accessible sur Internet (www.ccni.gc.ca). Nous invitons le lecteur à consulter la dernière déclaration annuelle dans le RMTC pour obtenir plus de renseignements sur des sujets précis ou pour connaître les recommandations qui ont été révisées après la publication de la présente édition du Guide.

Depuis la publication du Guide canadien d'immunisation en 2002, des changements ont été apportés, notamment : 1) une nouvelle recommandation pour la vaccination des enfants en santé âgés de 6 à 23 mois; 2) des changements dans les préparations homologuées au Canada; 3) une nouvelle recommandation concernant les contacts susceptibles de transmettre l'influenza aux personnes à risque élevé de complications associées à l'influenza; 4) une nouvelle recommandation relative à la vaccination des personnes qui s'occupent directement de l'abattage des volailles infectées par le virus de l'influenza aviaire; 5) une nouvelle recommandation sur la vaccination subséquente des personnes qui ont présenté le syndrome de Guillain-Barré (SGB) dans les 8 semaines suivant une vaccination antérieure contre l'influenza; et 6) une nouvelle recommandation touchant la vaccination des personnes atteintes d'une affection qui compromet l'évacuation des sécrétions respiratoires et qui est associée à une augmentation du risque d'aspiration.

Épidémiologie

L'influenza (grippe) est causée par les virus de l'influenza A et B, et elle survient chaque année au Canada, en général à la fin de l'automne et pendant les mois d'hiver. Les virus de l'influenza A sont la principale cause des épidémies annuelles d'influenza. Les éclosions d'influenza B sont habituellement plus localisées et peuvent se produire dans une seule région du pays au cours d'une année. On a relevé une association entre les éclosions d'influenza, en particulier celles attribuables au virus de type B, et des cas rares mais graves de syndrome de Reye.

L'incidence annuelle de l'influenza varie grandement, selon la virulence des souches en circulation et la réceptivité de la population, laquelle est influencée par les changements antigéniques dans le virus, la concordance entre les souches en circulation et les souches vaccinales ainsi que la couverture vaccinale. Les personnes qui courent le plus grand risque d'infection grave, de complications, d'hospitalisation ou de décès sont les enfants de 6 à 23 mois, les personnes atteintes d'une maladie chronique (en particulier d'une maladie cardiorespiratoire) et les personnes âgées. Bien que de nombreux autres virus respiratoires puissent causer un syndrome grippal durant l'année, le virus de l'influenza est habituellement la cause prédominante d'infections respiratoires graves dans une collectivité.

Les virus de l'influenza A sont classés en sous-types en fonction de leurs antigènes, les hémagglutinines (H) et les neuraminidases (N). Les souches qui ont circulé récemment possédaient l'un des trois antigènes H et l'un des deux antigènes N, et les sous-types sont classés en conséquence (p. ex. H3N2, H1N1). Les anticorps dirigés contre ces antigènes, en particulier l'antigène H, peuvent protéger une personne contre un virus porteur du même antigène. Durant les périodes interpandémiques, on voit souvent apparaître des variations mineures de l'antigène H (désignées comme des dérives antigéniques), et plus ces variations sont importantes, moins l'immunité croisée conférée par les souches antérieures sera grande. C'est cette dérive antigénique d'un sous-type de virus à un autre qui est à l'origine des épidémies successives d'influenza et qui rend nécessaires la reformulation et l'administration annuelles du vaccin contre l'influenza.

Depuis 1997, deux sous-types du virus A (H3N2 et H1N1) ont circulé dans la population humaine. Les virus B ont évolué depuis le milieu des années 80 en deux lignées antigéniquement distinctes, représentées par les souches apparentées à B/Yamagata/16/88 et B/Victoria/2/87. La lignée B/Victoria est d'abord réapparue en 2001 après une absence de plus de dix ans en Amérique du Nord et depuis lors, les virus appartenant aux deux lignées du virus B ont causé des éclosions durant différentes saisons grippales. Les antigènes des virus B sont beaucoup plus stables que ceux des virus A, et bien que des variations antigéniques surviennent, elles sont moins fréquentes.

Entre 1996 et 2005, six des neuf saisons (1997-1998, 1998-1999, 1999-2000, 2001-2002, 2003-2004, 2004-2005) ont été dominées par l'influenza A (de 84 à 99 % des détections en laboratoire). Deux saisons (1996-1997 et 2002-2003) ont été considérées comme des saisons mixtes (61 % et 58 % des détections en laboratoire concernaient l'influenza A, et 39 % et 42 % des souches détectées en laboratoire étaient de type B), et une saison (2000-2001) a été dominée par l'influenza B (68 % des souches détectées en laboratoire). L'influenza A est généralement associée à une morbidité et à une mortalité plus importantes que l'influenza B et touche généralement les personnes âgées, alors que l'influenza B frappe plus souvent les jeunes enfants. De même, les souches analogues aux virus A/H3N2 sont le plus souvent associées à des maladies plus graves que les souches apparentées aux virus A/H1N1 ou A/H1N2.

Au cours de quatre des six saisons dominées par l'influenza A, de 41 à 46 % des cas d'influenza confirmés en laboratoire étaient âgés de 65 ans et plus. Durant ces mêmes saisons, moins de 20 % des cas confirmés en laboratoire étaient des enfants de moins de 5 ans. Durant les saisons mixtes et la saison dominée par l'influenza B, les enfants de moins de 5 ans représentaient de 24 à 32 % des cas confirmés en laboratoire, contre 7 à 19 % pour les personnes de 65 ans et plus.

Les pandémies d'influenza sont habituellement associées à un changement antigénique majeur (désigné par le terme cassure ou saut) et à la propagation rapide du virus de l'influenza A porteur d'un antigène H et souvent d'un antigène N différents de ceux des souches qui circulaient antérieurement. Comme d'autres pays, le Canada a été touché par les pandémies importantes d'influenza qui sont survenues en 1889-1890, 1918-1919, 1957-1958 et 1968-1969.

Préparations homologuées au Canada

Le présent chapitre ne portera que sur les vaccins actuellement vendus au Canada.

  • FluviralMD S/F (vaccin grippal trivalent inactivé à virion fragmenté), ID Biomedical Corporation.
  • InfluvacMC (vaccin antigrippal, antigène de surface, inactivé), Solvay Pharma Inc.
  • VaxigripMD (vaccin anti-influenza inactivé trivalent, de types A et B [à virion fragmenté]), Sanofi Pasteur Ltée.

Les trois vaccins sont des suspensions stériles préparées à partir de virus de l'influenza cultivés dans des embryons de poulet. Les virus sont inactivés et purifiés.

Deux produits (VaxigripMD et FluviralMD) sont des vaccins « à virion fragmenté » qui sont traités au moyen d'un solvant organique pour éliminer les glycoprotéines de surface, ce qui produit un vaccin à virion fragmenté dont la réactogénicité sera réduite. InfluvacMC est un vaccin sous-unitaire inactivé trivalent à base d'antigènes de surface.

Une dose (0,5 mL) de vaccin contre l'influenza contient 15 µg d'hémagglutinine de chacun des trois antigènes. Les antigènes sont choisis à partir d'une souche de virus influenza de type A/H3N2, d'une souche A/H1N1 et d'une souche de type B. Chaque année, on détermine les souches virales qui entreront dans la composition du vaccin contre l'influenza de façon à s'assurer qu'ils contiennent les antigènes susceptibles d'offrir la meilleure protection au cours de la saison grippale suivante. La correspondance antigénique entre les souches vaccinales recommandées par l'Organisation mondiale de la santé et les souches épidémiques qui ont circulé par la suite était adéquate durant 12 des 15 (80 %) saisons grippales entre 1982-1983 et 1996-1997.

En date de 2005, VaxigripMD et FluviralMD renferment du thimérosal, un agent de conservation. InfluvacMC n'en contient pas. VaxigripMD peut renfermer des traces non détectables de néomycine, utilisée durant la production.

Pour le moment, les vaccins contre l'influenza dérivés de cultures tissulaires et de virus vivants atténués ne sont pas homologués au Canada.

Pour obtenir une liste des produits homologués au Canada, veuillez consulter le tableau 1 du chapitre Considérations générales.

Efficacité et immunogénicité

L'administration par voie intramusculaire d'un vaccin inactivé contre l'influenza entraîne la production d'anticorps circulants de la classe des IgG dirigés contre l'hémagglutinine virale ainsi qu'une réponse des lymphocytes T cytotoxiques. On croit que les deux types de réponse (humorale et cellulaire) jouent un rôle dans l'immunité contre l'influenza. L'anticorps anti-hémagglutinine sérique est un prédicteur d'une protection totale (contre l'acquisition de l'infection) et d'une protection partielle (contre la maladie consécutive à l'infection). La production et la persistance des anticorps après l'immunisation dépendent de plusieurs facteurs, dont l'âge du sujet vacciné, l'exposition antérieure et subséquente à des antigènes et la présence de déficits immunitaires. Les titres d'anticorps humoraux, qui sont en corrélation avec la protection vaccinale, sont généralement présents 2 semaines après la vaccination, et l'immunité qu'ils confèrent dure habituellement moins de 1 an. Cependant, chez les personnes âgées, les titres d'anticorps peuvent descendre en deçà du niveau protecteur en l'espace de 4 mois ou moins. Actuellement, on ne possède pas de données à l'appui de l'administration d'une deuxième dose de vaccin contre l'influenza aux personnes âgées au cours de la même saison en vue de renforcer leur immunité.

Rien n'indique que l'administration annuelle répétée du vaccin contre l'influenza diminue la réponse immunitaire du sujet vacciné.

L'efficacité du vaccin contre l'influenza varie selon l'âge et l'immunocompétence de la personne vaccinée, le paramètre étudié, l'incidence de l'infection et le degré de similarité (concordance) entre les souches virales utilisées dans le vaccin et celles qui circulent au cours de la saison grippale. Lorsque la concordance est grande, le vaccin permet de prévenir la maladie chez environ 70 à 90 % des enfants et des adultes en bonne santé, et lorsqu'elle est faible, l'efficacité du vaccin varie de 30 à 60 %.

Un essai comparatif à double insu contrôlé contre placebo mené auprès de personnes de > 60 ans a révélé que le vaccin pouvait réduire de 58 % l'apparition de l'influenza confirmée en laboratoire. Des estimations regroupées d'une méta-analyse de 20 études de cohortes portant sur la vaccination contre l'influenza chez les personnes âgées ont montré que le vaccin permettait de prévenir 56 % des maladies respiratoires, 50 % des hospitalisations pour cause de pneumonie et 68 % des décès. Même si le vaccin ne peut empêcher l'apparition de l'influenza que dans une faible proportion (30 à 40 %) de résidents des établissements de soins de longue durée, il prévient l'hospitalisation et les pneumonies dans 50 à 60 % des cas et les décès dans 85 à 95 % des cas.

Indications

Comme il en va pour d'autres vaccins, les recommandations peuvent varier avec le temps, en raison des nouvelles recherches effectuées. Les groupes pour qui le vaccin est recommandé au moment de la publication de cet ouvrage sont décrits ci-après. Nous invitons le lecteur à consulter la « Déclaration sur la vaccination antigrippale » publiée chaque année dans le RMTC et à l'adresse www.ccni.gc.ca pour obtenir de l'information à jour.

Groupes pour qui le vaccin est recommandé (voir le tableau 8)

Le vaccin contre l'influenza peut être administré à tous les enfants, adolescents et adultes en bonne santé qui ne présentent aucune contre-indication. Pour que les programmes d'immunisation puissent réduire la morbidité et la mortalité associées à l'influenza ainsi que l'impact de la maladie dans les collectivités, ils doivent cibler les personnes qui présentent un risque élevé de complications, celles qui pourraient leur transmettre l'influenza et celles qui assurent des services communautaires essentiels. Toutefois, l'influenza saisonnier et ses complications qui touchent les enfants et adultes en santé entre les pandémies entraînent une morbidité élevée et d'importants coûts sociaux. Pour cette raison, on se doit d'encourager les adultes et leurs enfants en santé à se faire vacciner.

Personnes présentant un risque élevé de complications de l'influenza

  • Les adultes et les enfants souffrant de certaines maladies chroniques. Citons entre autres les maladies cardiaques ou pulmonaires (notamment la dysplasie broncho-pulmonaire, la fibrose kystique et l'asthme), le diabète et d'autres maladies métaboliques, le cancer, l'immunodéficience, l'immunodépression (résultant d'une maladie sous-jacente ou d'un traitement), les maladies rénales, l'anémie et les hémoglobinopathies, de même que les affections qui compromettent l'évacuation des sécrétions respiratoires et sont associées à une augmentation du risque d'aspiration. On retrouve dans cette catégorie les enfants et les adolescents (de 6 mois à 18 ans) souffrant de maladies traitées pendant de longues périodes par de l'acide acétylsalicylique (en raison de la possibilité d'un risque accru de syndrome de Reye associé à l'influenza). Les femmes enceintes atteintes d'une de ces maladies présentent également un risque accru de complications liées à l'influenza et devraient être immunisées.
  • Les résidents de maisons de santé et d'autres établissements de soins de longue durée, quel que soit leur âge.
  • Les personnes de ≥ 65 ans.
  • Les enfants en santé de 6 à 23 mois.

Personnes susceptibles de transmettre l'influenza à des sujets à risque élevé de complications

Les personnes qui sont susceptibles de transmettre l'influenza à des sujets à risque élevé devraient se faire vacciner tous les ans, que ces sujets à risque aient été immunisés ou non. Ce groupe comprend :

  • Les travailleurs de la santé (TS) et d'autres dispensateurs de soins dans des établissements et en milieux communautaires qui, par leurs activités, pourraient transmettre l'influenza aux sujets à risque élevé de complications. Ce groupe comprend les visiteurs réguliers, le personnel d'urgence, les personnes qui ont des contacts avec des résidents d'établissements ou de résidences de soins de longue durée et les personnes qui dispensent des soins à domicile aux sujets appartenant à des groupes à risque élevé. Le CCNI considère l'administration du vaccin contre l'influenza à ces TS comme étant un élément essentiel des normes de conduite pour la protection de leurs patients. Les TS ayant des contacts directs avec les patients devraient considérer qu'ils ont la responsabilité de fournir des soins de qualité optimale, ce qui inclut leur vaccination annuelle contre l'influenza. En l'absence de contre-indications, le refus de se faire vacciner contre l'influenza peut être assimilé à un manquement à leur obligation de diligence envers leurs patients.
  • Les contacts familiaux (adultes et enfants) de personnes à risque élevé de complications de l'influenza. Ce groupe comprend les contacts familiaux des enfants de < 6 mois (qui sont à risque élevé de complications de l'influenza mais pour qui il n'existe actuellement aucun vaccin efficace) et des enfants de 6 à 23 mois qu'ils aient été vaccinés ou non. Les femmes enceintes devraient être vaccinées au cours du troisième trimestre de leur grossesse si leur accouchement est prévu durant la saison grippale, car elles deviendront des contacts familiaux de leur nouveau-né.
  • Les personnes qui gardent des enfants de moins de 24 mois, que ce soit à la maison ou à l'extérieur.
  • Les personnes qui fournissent des services à des sujets à risque élevé dans un milieu fermé ou relativement fermé (p. ex. équipage de navires de croisière).

Personnes qui assurent des services communautaires essentiels

On devrait encourager ces personnes à se faire vacciner afin que les activités habituelles soient le moins perturbées durant les épidémies. La vaccination actuelle des adultes en santé sur le marché du travail devrait être envisagée par les employeurs et leurs employés, car il a été établi que l'immunisation contribuait à réduire l'absentéisme dû aux maladies respiratoires et à d'autres troubles.

Personnes en contact direct avec de la volaille infectée par le virus de l'influenza aviaire durant les activités d'abattage

Ces personnes peuvent courir un plus grand risque d'influenza aviaire à cause de leur exposition durant les activités d'abattage. On invoque comme raison théorique que la vaccination pourrait prévenir l'infection de ces personnes par des souches d'influenza humaine et ainsi réduire le risque de réassortiment des gènes des virus humains et aviaires advenant une co-infection par le virus de l'influenza aviaire. Pour plus de détails, le lecteur est prié de se reporter à la « Déclaration sur la vaccination antigrippale » la plus récente publiée dans le Relevé des maladies transmissibles au Canada et à l'adresse www.ccni.gc.ca.

Autres commentaires concernant l'immunisation contre l'influenza

Immunisation des personnes en santé de 2 à 64 ans

Il faudrait encourager toute personne dans ce groupe d'âge à se faire vacciner, même si elles n'appartiennent pas à l'un des groupes prioritaires susmentionnés. Dans une analyse des essais comparatifs randomisés du vaccin inactivé contre l'influenza chez des adultes en santé, Demicheli et coll. ont estimé que le vaccin permettait de prévenir 24 % des syndromes grippaux (SG) et 68 % des infections par le virus de l'influenza confirmées en laboratoire. Selon que la présence de l'infection était confirmée par des épreuves sérologiques ou par une culture, les essais du vaccin inactivé trivalent contre l'influenza chez des enfants de 2 à 5 ans situaient l'efficacité du vaccin entre 31 et 83 %. Quinze essais comparatifs randomisés portant sur des enfants en santé de 6 mois à 19 ans, menés au cours d'une période où la concordance entre le vaccin recommandé et les souches virales en circulation était bonne ou moins bonne, ont montré que la réduction du risque relatif associé à la vaccination contre l'influenza variait de 0 à 93 %.

Voyageurs

Les personnes atteintes de certaines affections chroniques devraient être immunisées (voir le tableau 8). Les personnes en bonne santé devraient être invitées à se faire vacciner. Les vaccins préparés expressément contre les souches qui, selon les prévisions, devraient circuler dans l'hémisphère Sud ne sont pas encore disponibles au Canada. Pour plus de renseignements sur les conseils aux voyageurs concernant la prévention de l'influenza, il convient de consulter la déclaration du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages : <http://www.phac-aspc.gc.ca/tmp-pmv/catmat-ccmtmv/index_f.html>.

Tableau 8. Personnes pour qui le vaccin contre l'influenza est recommandé

Personnes à haut risque de complications de l'influenza
  • Adultes et enfants atteints de certaines affections chroniques assez graves pour justifier un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers. Parmi ces affections à haut risque figurent :
    • les affections cardiaques ou pulmonaires (notamment la dysplasie broncho-pulmonaire, la fibrose kystique du pancréas et l'asthme);
    • le diabète et d'autres maladies métaboliques;
    • le cancer, l'immunodéficience, l'immunodépression (due à une maladie sous-jacente ou à un traitement);
    • les maladies rénales;
    • l'anémie ou les hémoglobinopathies;
    • les affections qui compromettent l'évacuation des sécrétions respiratoires et qui sont associées à une augmentation du risque d'aspiration;
    • les affections nécessitant la prise d'acide acétylsalicylique pendant de longues périodes chez les enfants et les adolescents.
  • Résidants de maisons de santé et d'autres établissements de soins de longue durée, quel que soit leur âge.
  • Personnes de ≥ 65 ans.
  • Enfants en santé de 6 à 23 mois
Personnes qui pourraient transmettre l'influenza à des sujets à risque élevé de complications de l'influenza
  • Travailleurs de la santé et autres dispensateurs de soins dans des établissements et en milieux communautaires qui, par leurs activités, pourraient transmettre l'influenza aux sujets à risque élevé de complications.
  • Contacts familiaux (adultes et enfants) de personnes à risque élevé de complications de l'influenza, que ces dernières aient été vaccinées ou non. Citons entre autres les contacts familiaux des enfants de < 6 mois (qui sont à risque élevé de complications, mais pour qui il n'existe actuellement aucun vaccin efficace) et des enfants de 6 à 23 mois. Les femmes enceintes devraient être vaccinées au cours du troisième trimestre de leur grossesse si leur accouchement est prévu durant la saison grippale, car elles deviendront des contacts familiaux de leur nouveau-né.
  • Personnes qui gardent régulièrement des enfants de 0 à 23 mois, que ce soit à la maison ou à l'extérieur.
  • Personnes qui fournissent des services à des sujets à risque élevé dans un milieu fermé ou relativement fermé (p. ex. équipage de navires de croisière).
Autres
  • Personnes qui fournissent des services communautaires essentiels.
  • Personnes en contact direct avec de la volaille infectée par le virus de l'influenza aviaire durant les activités d'abattage.
  • Il faudrait encourager les personnes en bonne santé de 2 à 64 ans à se faire vacciner, même si elles n'appartiennent pas à l'un des groupes prioritaires susmentionnés.

Vaccination durant la grossesse et l'allaitement

La vaccination contre l'influenza est recommandée pour les femmes enceintes et allaitantes qui présentent l'une des caractéristiques énumérées dans la section Personnes pour qui le vaccin est recommandé ci-dessus, en particulier celles qui sont atteintes d'une maladie concomitante ou qui ont des contacts étroits avec des personnes à risque élevé. Les femmes enceintes doivent recevoir le vaccin en priorité si elles sont atteintes de l'une des affections chroniques mentionnées qui augmentent le risque de complications liées à l'influenza. Le vaccin contre l'influenza est sûr pour les femmes enceintes à tous les stades de la grossesse, de même que pour les mères qui allaitent.

L'immunisation des femmes enceintes offre l'avantage potentiel de protéger le fœtus grâce au passage des anticorps à travers le placenta ou dans le lait maternel. Chez les femmes enceintes en bonne santé, la morbidité et la mortalité associées à l'influenza augmentent durant les pandémies.

On devrait encourager les femmes en santé qui seront enceintes durant la saison grippale et qui veulent éviter de souffrir de l'influenza à se faire vacciner durant n'importe quel trimestre de leur grossesse. Les femmes enceintes devraient être immunisées au cours du troisième trimestre si leur accouchement est prévu durant la saison grippale, car elles deviendront des contacts familiaux de leur nouveau-né.

Calendrier et posologie

La posologie et le type de vaccin contre l'influenza recommandés sont présentés au tableau 9. Les vaccins contre l'influenza offerts au Canada sont des vaccins à virion fragmenté (chimiquement) ou des vaccins sous-unitaires inactivés. Chaque dose de 0,5 mL du vaccin contient 15 µg d'hémagglutinine de chaque souche vaccinale.

Les enfants de < 9 ans n'ayant jamais été vaccinés contre l'influenza doivent recevoir deux doses du vaccin à virion fragmenté, à 4 semaines d'intervalle. La seconde dose n'est pas nécessaire si l'enfant a déjà reçu une dose ou plus du vaccin pendant une saison grippale antérieure.

L'usage du vaccin sous-unitaire n'a actuellement été approuvé que pour les personnes de 18 ans et plus.

Rien n'indique que l'administration d'une deuxième dose du vaccin chez les personnes âgées ou d'autres personnes dont la réponse immunitaire pourrait être faible aura pour effet de stimuler l'immunité.

L'administration des vaccins contre l'influenza actuellement disponibles n'est pas recommandée chez les nourrissons de < 6 mois.

Tableau 9. Posologie recommandée pour le vaccin contre l’influenza, selon l’âge

Âge Type de vaccin Dose (mL) Nbre de doses
6-35 mois Virion fragmenté 0,25 1 ou 2*
3-8 ans Virion fragmenté 0,5 1 ou 2*
≥ 9 ans Virion fragmenté 0,5 1
≥ 18 ans Sous-unitaire** 0,5 1

* Les enfants de < 9 ans qui n'ont jamais été vaccinés doivent recevoir deux doses du vaccin à virion fragmenté à 4 semaines d'intervalle.

** L'usage d'InfluvacMC n'a été approuvé que chez les personnes de 18 ans et plus.

Voie d'administration

Le vaccin doit être administré par voie intramusculaire. On recommande de pratiquer l'injection dans le deltoïde chez les adultes et les enfants de ≥ 12 mois et dans la région antérolatérale de la cuisse chez les nourrissons de moins de 12 mois.

Tests sérologiques

Aucun test sérologique n'est indiqué avant ou après l'immunisation.

Conditions d'entreposage

Le vaccin doit être conservé à une température située entre +2 °C et +8 °C et ne devrait pas être congelé.

Administration simultanée d'autres vaccins

Le vaccin contre l'influenza peut être administré en même temps que d'autres vaccins. On peut utiliser le même membre au besoin, mais un point d'injection différent sur le membre. Une aiguille et une seringue distinctes doivent être utilisées.

Il y a un chevauchement considérable des groupes principalement visés par les vaccins contre l'influenza et le pneumocoque. Lorsqu'ils administrent le vaccin contre l'influenza, les professionnels de la santé devraient en profiter pour vacciner les personnes admissibles contre le pneumocoque. Contrairement au vaccin contre l'influenza, le vaccin contre le pneumocoque n'est pas administré chaque année.

Effets secondaires

Le vaccin contre l'influenza ne peut causer la maladie, car il ne contient pas de virus vivants. On observe souvent une sensibilité au point d'injection pouvant persister jusqu'à 2 jours chez 10 à 72 % des patients, mais celle-ci perturbe rarement les activités normales. Fièvre, malaise et myalgie peuvent se manifester dans les 6 à 12 heures suivant la vaccination et peuvent durer de 1 à 2 jours, particulièrement chez ceux qui reçoivent le vaccin pour la première fois. L'administration prophylactique d'acétaminophène peut diminuer la fréquence de certains effets secondaires chez l'adulte. On n'a observé aucune augmentation de la fréquence de la fièvre ni d'autres symptômes généraux chez les adultes en santé qui avaient reçu le vaccin à virion fragmenté par rapport à ceux qui avaient reçu un placebo.

Les vaccins à virion fragmenté contre l'influenza sont sûrs et bien tolérés chez les enfants en santé. Des réactions locales bénignes, surtout une sensibilité au point d'injection, sont observées chez ≤ 7 % des enfants bien portants de < 3 ans. Une fièvre peut se produire après la vaccination chez < 12 % des enfants vaccinés de 1 à 5 ans.

Les réactions allergiques sont rares et résultent probablement d'une hypersensibilité à certains composants du vaccin, tels qu'aux infimes quantités de résidus de protéines d'œuf.

Des cas de SGB sont survenus chez des adultes à la suite de l'administration du vaccin contre la grippe porcine en 1976, et des données militent en faveur de l'existence d'une relation causale entre le vaccin et le SGB durant cette saison. Dans le cadre d'un vaste survol des études publiées depuis 1976, l'Institute of Medicine des États-Unis a conclu qu'on ne disposait pas de suffisamment de données pour confirmer ou infirmer l'existence d'une relation causale entre le SGB chez les adultes et les vaccins contre l'influenza administrés depuis 1976.

Le vaccin contre l'influenza n'est pas reconnu comme un facteur prédisposant au syndrome de Reye.

Durant la saison grippale 2000-2001, l'Agence de santé publique du Canada a reçu un nombre accru de rapports de cas de symptômes et de signes associés au vaccin, qui ont par la suite été décrits comme un syndrome oculo-respiratoire (SOR). La définition de cas est la suivante : apparition d'une rougeur oculaire bilatérale et/ou de symptômes respiratoires (toux, respiration sifflante, oppression thoracique, difficulté à respirer ou à avaler, voix rauque ou mal de gorge) et/ou œdème facial survenant dans les 24 heures qui suivent la vaccination contre l'influenza. Le mécanisme physiopathologique qui sous-tend le SOR n'a pas été élucidé, mais est considéré comme distinct de l'allergie médiée par les IgE.

Depuis la saison grippale 2000-2001, un plus petit nombre de cas de SOR ont été signalés. Au Québec, le taux de SOR pour 100 000 doses distribuées a diminué, passant de 46,6 en 2000 à 34,2 en 2001, à 20,6 en 2002 et à 9 en 2003. La surveillance de tous les effets secondaires consécutifs à l'immunisation, y compris le SOR, se poursuit.

Contre-indications et précautions

Le vaccin contre l'influenza ne doit pas être administré aux personnes qui ont eu une réaction anaphylactique à une dose antérieure.

Les personnes présentant une hypersensibilité aux œufs ou au poulet médiée par les IgE qui se manifeste par de l'urticaire, un œdème de la bouche et de la gorge, une difficulté à respirer, de l'hypotension ou un état de choc, ne devraient pas recevoir systématiquement le vaccin contre l'influenza. Les personnes allergiques aux œufs ou au poulet qui courent un risque de complications liées à l'influenza devraient être évaluées par un allergologue, car la vaccination pourrait être possible après une évaluation soigneuse, des tests cutanés et une provocation par doses progressives ou une désensibilisation. Si une telle évaluation est impossible, il faut soupeser le risque de réaction allergique par rapport au risque associé à l'influenza.

On ignore s'il existe une relation causale entre la vaccination contre l'influenza et le risque accru de récurrence du SGB chez les personnes ayant des antécédents de SGB. Il semble prudent pour le moment d'éviter d'administrer une dose subséquente du vaccin contre l'influenza aux personnes qui ont déjà souffert de SGB dans les 8 semaines suivant une vaccination antérieure.

Les personnes atteintes d'une maladie fébrile aiguë grave ne devraient pas être vaccinées tant que leurs symptômes ne se sont pas atténués. Celles qui souffrent d'une maladie fébrile bénigne (telle qu'une infection bénigne des voies respiratoires supérieures) peuvent recevoir le vaccin. On ne devrait pas rater l'occasion d'immuniser une personne à cause du report injustifié de la vaccination.

Autres considérations

Stratégies visant à atténuer les effets de l'influenza

Il est reconnu que la vaccination constitue le moyen le plus efficace de prévenir ou d'atténuer l'influenza chez les personnes qui courent un grand risque de maladie grave ou de décès dus à l'infection par le virus de l'influenza et à des complications connexes. Les programmes de vaccination contre l'influenza devraient viser à vacciner au moins 90 % des candidats admissibles. Néanmoins, seulement 70 à 91 % des résidents des établissements de soins de longue durée et 20 à 40 % des adultes et des enfants souffrant de maladies qui les exposent à souffrir des complications de l'influenza reçoivent chaque année le vaccin. Des études portant sur les TS dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée ont mis en évidence des taux de vaccination de 26 à 61 %. Ce faible taux d'utilisation du vaccin tient d'une part à ce que le système de santé n'offre pas la vaccination et, d'autre part, à ce que les sujets qui devraient être vaccinés refusent de l'être parce qu'ils craignent les effets secondaires du vaccin ou sont convaincus de son inefficacité ou de son inutilité.

Le lecteur peut consulter la récente Déclaration sur la vaccination antigrippale du CCNI pour connaître les stratégies visant à augmenter la couverture vaccinale des groupes cibles ainsi que les lignes directrices relatives à l'utilisation prophylactique des antiviraux.

Références choisies

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