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Guide canadien d'immunisation

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Partie 4
Vaccins actifs

Vaccin contre l'hépatite B

Principaux renseignements (Consulter le texte pour plus de précisions)

Quoi

  • Au Canada, la plupart des cas aigus d'hépatite B (HB) se déclarent chez des individus non immunisés de 25 ans et plus qui contractent l'infection à la suite de rapports sexuels non protégés, du partage de matériel d'injection de drogues, de contacts familiaux avec un porteur d'hépatite B ou d'interventions donnant lieu à une exposition percutanée. Une forte proportion des porteurs de l'hépatite au Canada sont des immigrants provenant de régions où cette maladie est endémique.
  • La primo-infection par le virus de l'hépatite B (VHB) peut être asymptomatique dans une proportion de cas allant jusqu'à 50 % chez les adultes et 90 % chez les enfants.
  • Les nourrissons, les jeunes enfants et les sujets immunodéprimés sont les plus susceptibles de devenir des porteurs chroniques du VHB.
  • Le vaccin contre l'hépatite B (vaccin HB) a une efficacité pré-exposition de 95 à 100 %.
  • Les réactions au vaccin HB sont généralement bénignes et transitoires, et comprennent les suivantes : irritabilité, céphalées, fatigue ainsi que douleur et rougeur au point d'injection.

Qui

  • L'immunisation systématique contre l'HB est recommandée chez tous les enfants.
  • La prophylaxie pré-exposition par le vaccin HB est recommandée pour les groupes présentant un risque élevé.
  • La prophylaxie post-exposition devrait être offerte aux groupes suivants :
    • bébés dont la mère est infectée par le virus de l'hépatite B (VHB);
    • sujets ayant pu être exposés à du sang ou à des liquides organiques contaminés par le VHB;
    • contacts familiaux et partenaires sexuels de sujets atteints d'une HB aiguë ou porteurs chroniques du VHB.

Comment

  • Il existe un grand nombre de calendriers différents et de doses du vaccin à composant anti-hépatite B.
  • En ce qui concerne le vaccin monovalent HB, le calendrier à privilégier (en particulier pour les nourrissons) est le suivant : mois 0, 1 et 6. La première dose est administrée à la naissance; cette date est désignée comme le mois 0.
  • Sauf quelques exceptions, les sujets chez qui le vaccin contre l'hépatite A (HA) et celui contre l'hépatite B (HB) sont indiqués doivent recevoir le vaccin combiné contre l'HA et l'HB (vaccin HAHB).
  • Les vaccins à composant anti-hépatite B peuvent être administrés en même temps que d'autres vaccins, mais à un point d'injection différent et à l'aide d'une aiguille et d'une seringue distinctes.

Pourquoi

  • Les individus atteints d'HB aiguë peuvent devenir des porteurs chroniques et demeurer infectieux. L'infection chronique peut entraîner de graves hépatopathies.
  • Les bébés de mères infectées sont les plus susceptibles de devenir des porteurs chroniques du VHB.

Les révisions importantes effectuées depuis la dernière mise à jour des chapitres sont surlignées dans le tableau des mises à jour des chapitres du Guide canadien d'immunisation présenté sur le site Web de l'Agence de la santé publique du Canada.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter les déclarations et mises à jour des déclarations, publiées antérieurement par le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI).

Épidémiologie

Description de la maladie

Agent infectieux
Le virus de l'hépatite B (VHB) est un virus à acide désoxyribonucléique (ADN) de la famille des Hepadnaviridiae. Plusieurs génotypes ont été décrits. Les deux antigènes suivants sont importants dans l'évaluation des personnes infectées par le VHB et sont des marqueurs de portage de l'HB : l'antigène de surface de l'hépatite B (AgHBs), présent aussi bien dans l'infection aiguë que dans l'infection chronique par le VHB, et l'antigène e de l'hépatite B (AgHBe), généralement associé à des charges virales supérieures, à une infectiosité accrue et à une réplication plus active du virus. De plus en plus, on s'attache à suivre la charge virale comme un indicateur de l'infectiosité et de la réponse au traitement.

Réservoir
Les humains.

Transmission
Le VHB se transmet par le contact percutané ou le contact des muqueuses avec des liquides biologiques infectieux. La transmission du VHB se produit par contact étroit avec des liquides organiques infectieux, notamment par le partage de matériel d'injection de drogues (p. ex. les aiguilles), lors de rapports sexuels, ou par les mères atteintes d'une infection aiguë ou porteuses du VHB qui transmettent l'infection à leur nouveau-né. Le risque de transmission du VHB par transfusion est extrêmement faible étant donné que tout le sang et tous les produits sanguins sont maintenant soumis à des tests. La salive est considérée comme infectieuse dans les cas de morsure où la salive a pénétré dans la lésion ou lorsque la salive est visiblement teintée de sang. Près du tiers des cas d'infection par le VHB ne sont associés à aucun facteur de risque précis.

La période d'incubation est de 45 à 160 jours (en moyenne 120 jours). L'AgHBs peut être décelé dans le sérum de 30 à 60 jours après l'exposition, et persister jusqu'à la disparition de l'infection. Les sujets au stade aigu de l'hépatite B sont considérés comme infectieux. Dans la plupart des cas, des anticorps dirigés contre l'AgHBs (anticorps anti-HBs) apparaissent une fois l'AgHBs disparu et l'infection, résolue. Dans les cas d'HB aiguë sévère, des anti-HBs peuvent être présents en même temps que l'AgHBs. Les anticorps anti-HBs confèrent une immunité à long terme. En outre, chez les sujets ayant été exposés au virus, on observe l'apparition d'anticorps dirigés contre l'antigène nucléocapsidique de l'HB (anticorps anti-HBc). Ce groupe inclut les sujets actuellement infectés ainsi que les sujets ayant été infectés par le passé, mais qui ont éliminé le virus. Les sujets qui présentent des anticorps anti-HBs et anti-HBc ne sont pas infectieux. Toutefois, certains sujets atteints d'une infection à VHB aiguë deviendront des porteurs chroniques. Ces sujets expriment généralement l'AgHBs et peuvent également présenter l'AgHBe ainsi qu'une charge mesurable d'ADN du VHB dans leur sang. Ces cas sont infectieux.

Facteurs de risque
Ce sont les bébés nés de mères porteuses du VHB exposés au cours de l'accouchement qui courent le risque le plus élevé d'infection et de portage chronique subséquent. D'autres groupes courent aussi un risque accru d'HB : les utilisateurs de drogues par injection, les contacts familiaux de porteurs de l'HB et les personnes à risque de contracter des maladies transmissibles sexuellement. Au Canada, la plupart des cas d'infection aiguë par le VHB surviennent chez des personnes non immunisées âgées de 25 ans et plus qui deviennent infectées par des rapports sexuels non protégés, le partage de matériel d'injection de drogues, les contacts familiaux avec des porteurs du VHB ou des traitements ou interventions donnant lieu à une exposition percutanée. Les personnes subissant une dialyse sont également considérées comme étant à risque plus élevé. Une forte proportion des porteurs du VHB au Canada sont des immigrants provenant de régions où l'HB est endémique.

Spectre de la maladie clinique
La primo-infection par le virus de l'hépatite B (VHB) peut être asymptomatique dans une proportion de cas allant jusqu'à 50 % chez les adultes et 90 % chez les enfants. Les symptômes, lorsqu'ils se manifestent, comprennent l'apparition insidieuse d'une anorexie, des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et un ictère. La maladie aiguë peut durer jusqu'à 3 mois; elle est associée à un taux de létalité de 1 à 2 %, taux qui augmente avec l'âge. Bien que 90 % des adultes infectés se rétablissent complètement de l'hépatite B, une hépatite fulminante survient dans 1 à 2 % des cas; par ailleurs, environ 10 % des cas évolueront vers une infection chronique, qui mènera à un état de portage chronique pouvant entraîner une cirrhose et un carcinome hépatocellulaire. Le risque de devenir porteur chronique est inversement proportionnel à l'âge auquel survient l'infection (nourrissons : de 90 à 95 %, enfants de moins de 5 ans : de 25 à 50 %; adultes : de 3 à 10 %). Le risque de portage chronique est également plus élevé chez les sujets immunodéprimés. Les femmes enceintes courent un risque supérieur d'hépatite fulminante et de décès; le fœtus qu'elles portent est également exposé à des conséquences plus graves, notamment une naissance prématurée, l'asphyxie et le décès.

Répartition de la maladie
Incidence et prévalence

À l'échelle mondiale
Le nombre de porteurs du VHB dans le monde serait de plus de 300 millions, parmi lesquels environ 500 000 à 1,2 million meurent chaque année d'une hépatopathie liée au VHB. Malgré la disponibilité de vaccins contre l'HB, le taux d'hospitalisation, de cancer et de décès liés à l'HB a plus que doublé dans les dix dernières années. L'hépatite B demeure fortement ou modérément endémique en Extrême-Orient, au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique du Sud, en Europe de l'Est et en Asie centrale, où les taux de portage chronique sont de 2 à 20 % dans la population générale. Veuillez consulter la carte de l'OMS des pays et des territoires présentant un risque de transmission de l'HB.

À l'échelle nationale
On considère qu'au Canada, l'HB n'est que faiblement endémique. Moins de 5 % des résidents présenteraient des marqueurs d'une infection antérieure, et moins de 1 % sont porteurs du VHB. L'épidémiologie de l'infection à VHB a été infléchie grâce à l'introduction de programmes d'immunisation systématique des enfants contre l'HB et le recours accru au vaccin dans des groupes cibles. Au cours des dernières années, l'incidence de l'HB a diminué dans tous les groupes d'âge, un phénomène qui coïncide avec l'utilisation accrue du vaccin, et a pratiquement disparu dans les cohortes qui ont bénéficié des programmes d'immunisation systématique (veuillez consulter la Figure 1).

Figure 1 : Hépatite B : Tendances dans l'incidence signalée selon le groupe d'âge, Canada, 1990-2008

Figure 1

Équivalent textuel - Figure 1

Préparations homologuées au Canada

Vaccins à composant anti-hépatite B
  • ENGERIX®-B (vaccin contre l'hépatite B, recombinant), GlaxoSmithKline Inc. (HB)
  • INFANRIX hexaMD (vaccin adsorbé contenant les anatoxines diphtérique et tétanique, un vaccin anticoquelucheux acellulaire, un vaccin [recombinant] contre l'hépatite B (recombinant), un vaccin antipoliomyélitique inactivé et un vaccin conjugué contre Haemophilus influenzae de type b), GlaxoSmithKline Inc. (DCaT-HB-VPI-Hib)
  • RECOMBIVAX HB® (vaccin contre l'hépatite B, recombinant), Merck Canada Inc. (HB)
  • TWINRIX®et TWINRIX® Junior (vaccin combiné contre l'hépatite A et l'hépatite B), GlaxoSmithKline Inc. (HAHB)
Immunoglobulines anti-hépatite B (IgHB)
  • HepaGam BMD (immunoglobuline anti-hépatite B [humaine]), Cangene Corp.
  • HyperHEP BMD S/D (immunoglobuline anti-hépatite B [humaine]), Grifols Therapeutics Inc.

Pour obtenir les renseignements thérapeutiques complets, veuillez consulter le dépliant du produit ou l'information contenue dans la monographie de produit autorisée par Santé Canada, disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques. Veuillez consulter le chapitre Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour connaître la liste des vaccins et des agents d'immunisation passive offerts au Canada ainsi que de leurs constituants.

Efficacité potentielle, efficacité réelle et immunogénicité

Efficacité potentielle et efficacité réelle

Pré-exposition
Le vaccin HB permet de prévenir l'hépatite B chez 95 à 100 % des gens qui reçoivent une série vaccinale complète.

Post-exposition
Le vaccin HB associé à une dose d'immunoglobuline anti-hépatite B (IgHB), administré dans les 24 heures suivant la naissance, permet de prévenir l'hépatite B chez 85 à 95 % des nouveau-nés exposés. Des études ont mis en évidence l'efficacité des IgHB et du vaccin HB à la suite d'une exposition par voie percutanée ou muqueuse à du sang contaminé par le VHB ou suivant une exposition par contact sexuel avec des personnes positives pour le VHB. Une dose unique d'IgHB est efficace à 75 % si elle est administrée dans les 2 semaines suivant la dernière exposition sexuelle.

Immunogénicité

Les personnes affichant un titre d'anti-HBs d'au moins 10 UI/L après la vaccination sont considérées comme protégées la vie durant, à l'exception des sujets immunodéprimés (veuillez consulter la section Sujets immunodéprimés). Les anticorps anti-HBs peuvent disparaître à un moment donné; une telle situation peut survenir plus rapidement dans le cas d'un titre initial faible. La présence de titres d'anti-HBs plus élevés est associée à une persistance supérieure des anticorps et peut être prédictive d'une protection prolongée. Cependant, on observe la persistance d'une mémoire immunitaire, malgré la disparition des anti-HBs. Dans les régions d'endémie, la durée de la protection conférée par la vaccination a été établie, selon les études, à au moins 15 ans chez la plupart des vaccinés.

Le principal déterminant des taux de séroprotection obtenus est l'âge à la vaccination, mais le résultat dépend également du calendrier utilisé, de la dose et de l'état de santé du vacciné. Les enfants de moins de 2 ans affichent un taux de réponse de 95 %, mais la meilleure réponse a été relevée chez les enfants âgés de 5 à 15 ans, qui présentent un taux de séroprotection de 99 %. En règle générale, le taux de réponse chez les adultes diminue avec l'âge. La réponse anticorps est plus faible chez les patients atteints de diabète sucré (de 70 à 80 %), d'insuffisance rénale (de 60 à 70 %) et d'hépatopathie chronique (de 60 à 70 %). Il se peut également que les titres d'anticorps soient inférieurs chez les personnes obèses, les fumeurs et les personnes souffrant d'alcoolisme. Chez les sujets immunodéprimés, par exemple ceux infectés par le VIH, la réponse anticorps sera réduite proportionnellement au degré d'immunodéficience. Chez la plupart des patients en dialyse, la réponse au vaccin HB est faible et aucune mémoire immunitaire ne se développe.

Les études ont mis en lumière l'immunogénicité du vaccin DCaT-HB-VPI-Hib pour les six antigènes contenus dans le vaccin. Les taux de séroprotection associés au vaccin HAHB ne sont pas inférieurs, et peuvent même être supérieurs, à ceux des vaccins monovalents contre l'hépatite A et l'hépatite B.

Indications

Immunisation pré-exposition

Nourrissons et enfants
Le vaccin à composant anti-hépatite B devrait être administré systématiquement aux nourrissons et aux enfants, et il faudrait envisager de l'administrer aux enfants et aux adolescents qui ne l'ont pas reçu dans le cadre du calendrier de vaccination systématique. L'âge auquel le vaccin à composant anti-hépatite B est offert varie selon la province ou le territoire. Dans les provinces ou territoires où le vaccin HB n'est pas administré durant la petite enfance, le vaccin à composant anti-hépatite B devrait être donné dès qu'un risque accru a été déterminé chez les enfants (voir Tableau 1).

Si l'on amorce la vaccination des nourrissons contre l'hépatite B, on peut administrer le vaccin DCaT-HB-VPI-Hib au lieu de donner séparément le vaccin contre l'hépatite B et le DCaT-VPI-Hib. Le vaccin DCaT-HB-VPI-Hib est autorisé pour les enfants de 6 semaines à 23 mois et il peut être administré, si nécessaire, à des enfants âgés de 24 mois à moins de 7 ans.

Adultes
Les personnes qui courent un risque accru d'être exposées à l'hépatite B devraient recevoir un vaccin à composant anti-hépatite B (voir Tableau 1). Tous les sujets qui n'ont pas acquis d'immunité à la suite d'une infection ou d'une vaccination antérieure et tous les sujets qui désirent diminuer leur risque de contracter l'HB devraient être encouragés à se faire vacciner. Sauf quelques exceptions, le vaccin combiné contre l'hépatite A et l'hépatite B (HAHB) est le vaccin à privilégier pour les sujets chez qui l'immunisation contre ces deux types d'hépatite est indiquée. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'hépatite A de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Tableau 1 : Sujets chez qui le vaccin contre l'hépatite B est recommandé pour la prophylaxie pré-exposition (pour la prophylaxie post-exposition, veuillez consulter la section Immunisation post-exposition)

Tous les adultes et les enfants qui ont immigré au Canada de pays où il y a une forte prévalence d'HB.

Les enfants nés au Canada et dont les familles ont immigré au pays en provenance de régions à forte prévalence d'hépatite B et qui pourraient être exposés au VHB par l'intermédiaire de porteurs au sein de leur famille élargie ou lors de séjours dans leur pays d'origine.

Les enfants et les travailleurs de garderies où se trouve un enfant ou un travailleur infecté par le VHB (cas aigu ou porteur). La vaccination devrait également être prise en considération pour tous les travailleurs des services à l'enfance.

Les contacts familiaux et partenaires sexuels de cas aigus d'HB ou de porteurs du VHB.

Les contacts familiaux ou les proches des enfants adoptés de pays où l'HB est endémique, si l'enfant adopté est positif pour l'AgHBs.

Les populations ou les collectivités dans lesquelles l'HB est fortement endémique.

Les résidents et le personnel d'établissements pour personnes atteintes de troubles du développement.

Le personnel et les détenus d'établissements correctionnels.

Les personnes dont les habitudes de vie les exposent à un risque d'infection, notamment :

  • les personnes qui ont des rapports sexuels non protégés avec de nouveaux partenaires;
  • les personnes qui ont eu plus d'un partenaire sexuel au cours des 6 mois précédents;
  • les personnes ayant des antécédents d'infections transmissibles sexuellement;
  • les personnes qui se présentent pour une évaluation ou un traitement en raison d'une infection transmissible sexuellement;
  • les personnes qui s'adonnent à des pratiques sexuelles à haut risque;
  • les utilisateurs de drogues injectables;
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH).

Les sujets atteints d'hépatopathie chronique, dont ceux atteints d'hépatite C. Ces personnes ne sont pas nécessairement exposées à un risque accru d'hépatite B, mais la maladie pourrait être plus sévère dans leur cas.

Les hémophiles et autres personnes appelées à recevoir de façon répétée du sang ou des produits sanguins.

Les sujets atteints de néphropathie chronique ou qui subissent une dialyse de longue durée (hémodialyse ou dialyse péritonéale).

Les personnes ayant une immunodéficience congénitale.

Les personnes qui ont subi une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) ou qui attendent une transplantation d'un organe plein.

Les personnes infectées par le VIH.

Les gens qui partent vers des destinations où l'hépatite B est endémique.

Les travailleurs de la santé, les travailleurs des services d'urgence et autres personnes susceptibles d'être exposées dans le cadre de leur travail à du sang, à des produits sanguins et à des liquides organiques pouvant être contaminés par le VHB.

Toute personne qui désire réduire son risque d'HB.

Personnes dont le dossier de vaccination est incomplet

Les enfants et les adultes n'ayant pas de preuve d'immunisation adéquate devraient être considérés comme étant non vaccinés et devraient être vaccinés conformément au calendrier de vaccination adapté à leur âge et à leurs facteurs de risque (sauf si leur immunité a été établie au moyen d'un essai en laboratoire). Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes dont le dossier de vaccination est incomplet de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Grossesse et allaitement

Toutes les femmes enceintes devraient subir systématiquement un test de détection de l'AgHBs. Si une femme enceinte ne présente pas de marqueurs d'infection de l'HB, mais qu'elle est exposée à un risque accru d'HB, il faudrait lui offrir le vaccin contre l'hépatite B à la première occasion possible durant la grossesse, et il faudrait ensuite vérifier la réponse anticorps (consulter la section Tests sérologiques). Le vaccin HB peut être administré sans danger durant la grossesse et l'allaitement; il devrait être utilisé lorsqu'il est indiqué, car l'hépatite B aiguë chez la femme enceinte peut entraîner des symptômes sévères chez la mère et une infection chronique chez le bébé. L'innocuité du vaccin HAHB durant la grossesse n'a pas fait l'objet d'essais cliniques. Toutefois, étant donné que le vaccin est préparé à partir de virus inactivés, aucun risque pour le fœtus en développement n'est attendu. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'hépatite A de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements. Veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Bébés prématurés

Il se pourrait que la réponse au vaccin HB soit diminuée chez les bébés nés prématurément dont le poids à la naissance est inférieur à 2 000 grammes. L'immunisation systématique contre l'HB chez les bébés nés de mères dont on sait qu'elles sont négatives pour l'AgHBs devrait être reportée jusqu'à ce que le bébé ait atteint 2 000 g ou avant qu'il ne quitte l'hôpital, le premier des deux prévalant.

Les bébés prématurés dont la mère est positive pour l'AgHBs devraient recevoir des IgHB ainsi que la première dose du vaccin monovalent HB dans les 12 heures suivant leur naissance. Les bébés prématurés pesant moins de 2 000 grammes à la naissance nécessitent 4 doses du vaccin HB (à la naissance, et à l'âge de 1, 2 et 6 mois). Les bébés prématurés pesant 2 000 grammes ou plus à la naissance nécessitent 3 doses du vaccin HB (à la naissance, et à l'âge de 1 et 6 mois). On devrait évaluer le titre des anti-HBs chez les nouveau-nés de mères dont on sait qu'elles sont positives pour l'AgHBs 4 semaines après que leur série vaccinale contre l'HB ait été terminée, et ce, afin d'évaluer le succès de l'immunoprophylaxie. Voir Tableau 2 et le chapitre Immunisation post-exposition.

Les bébés prématurés (en particulier ceux qui pèsent moins de 1 500 grammes à la naissance) sont exposés à un risque accru d'apnée et de bradycardie après la vaccination. Les bébés prématurés hospitalisés doivent faire l'objet d'une surveillance cardiaque et respiratoire continue pendant les 48 heures suivant leur première immunisation. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des nourrissons prématurés de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

strong>Tableau 2 : Recommandations relatives à l'immunisation contre l'hépatite B chez les bébés prématurésNote de bas de page *1 du tableau 2 pesant moins de 2 000 grammes, selon le statut de l'antigène de surface de l'hépatite B (AgHBs) de la mère
Statut de l'AgHBs chez la mère Recommandation
Tableau 2 - Note *1
Les bébés prématurés sont définis comme étant nés avant l'âge gestationnel de 37 semaines.
Tableau 2 - Note *2
La dose finale de la série vaccinale ne devrait pas être administrée avant l'âge de 24 semaines (168 jours).

REMARQUE : Ce tableau est tiré de celui des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) intitulé Hepatitis B Immunization Management of Preterm Infants Weighing <2,000 g, by Maternal Hepatitis B Surface Antigen (HBsAg) Status, publié dans le bulletin Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR), 7 décembre 2007;56(48):1267.

Positif
  • Administrer des IgHB ainsi que le vaccin monovalent HB dans les 12 heures suivant la naissance.
  • Administrer 3 doses additionnelles du vaccin monovalent HB à l'âge de 1, 2 et 6 moisNote de bas de page *2 du tableau 2; le vaccin combiné à composant anti-hépatite B peut être utilisé pour les doses des mois 2 et 6.
  • Déterminer les concentrations de l'AgHBs et des anticorps anti-AgHBs 4 semaines après la série vaccinale de 4 doses contre l'HB.
Négatif
  • Administrer le vaccin HB selon le calendrier provincial ou territorial applicable, à l'exception de la première dose qui doit être donnée systématiquement à la naissance.
  • Si la première dose est administrée systématiquement à la naissance, retarder la première dose du vaccin HB jusqu'à ce que le nourrisson pèse plus de 2 000 grammes ou juste avant qu'il ne quitte l'hôpital (la première des deux éventualités prévalant).
Inconnu
  • Effectuer le test de détection de l'AgHBs chez la mère.
  • Si le statut de la mère à l'égard de l'HB ne peut être connu dans les 12 heures suivant l'accouchement, il faudrait envisager d'administrer le vaccin monovalent HB et les IgHB au nouveau-né dans les 12 heures suivant la naissance, en tenant compte des facteurs de risque et en suivant le principe qu'il est préférable, par mesure de prudence, d'administrer le vaccin et les IgHB en cas d'incertitude.
  • Si la mère est positive pour l'AgHBs, suivre les recommandations relatives à un résultat positif pour l'AgHBs.
  • Si la mère est négative pour l'AgHBs, suivre les recommandations relatives à un résultat négatif pour l'AgHBs.
Sujets immunodéprimés

Le vaccin HB peut être administré à des sujets immunodéprimés. Lorsqu'on envisage de vacciner une personne immunodéprimée, une consultation auprès du médecin traitant peut être utile en plus des directives fournies ci-dessous. Il est conseillé de recommander les cas complexes à un médecin qui possède une expertise en vaccination ou en immunodéficience.

Les sujets immunodéprimés (p. ex. les receveurs de greffe de cellules souches hématopoïétiques, les receveurs de transplantation d'un organe plein et les personnes infectées par le VIH) présentent souvent une réponse sous-optimale au vaccin HB, et nécessitent parfois des doses plus fortes de l'antigène pour obtenir une réponse initiale (veuillez consulter la section Doses supérieures du vaccin), ainsi que des doses de rappel plus fortes. Il est recommandé de procéder à des tests sérologiques post-immunisation dans un délai de 1 à 6 mois suivant la série vaccinale chez ces sujets immunodéprimés, afin de vérifier le succès de l'immunoprophylaxie. En outre, les personnes subissant une chimiothérapie, recevant un autre traitement immunosuppresseur ou atteintes d'une immunodéficience congénitale peuvent présenter une réponse immunitaire plus faible. C'est pourquoi des tests sérologiques doivent parfois être effectués 1 à 6 mois après la fin de la série vaccinale. Les sujets vaccinés qui n'obtiennent pas des titres d'anti-HBs d'au moins 10 UI/L après la première série de vaccins devraient recevoir une seconde série vaccinale et subir de nouveaux tests sérologiques de 1 à 6 mois après la fin de la seconde série vaccinale. Si on n'obtient toujours pas de concentration d'anticorps permettant d'assurer une protection, il faut conseiller au sujet d'autres mesures de réduction des risques. Si on obtient une concentration protectrice d'anticorps, mais que celle-ci décline, une exposition ultérieure au VHB chez ces individus pourrait entraîner une infection aiguë ou l'état de portage. Par conséquent, il faudrait envisager une surveillance périodique des titres d'anti-HBs, en tenant compte de la sévérité de l'immunodéficience et après avoir déterminé si le risque d'HB est toujours présent. Si les dosages d'anticorps indiquent par la suite une protection sous-optimale, il faut administrer une dose de rappel et procéder à de nouveaux tests sérologiques un mois plus tard.

Doses supérieures du vaccin

Chez certains sujets immunodéprimés ou souffrant d'une affection chronique, une dose supérieure du vaccin monovalent HB est recommandée (voir Tableau 3 pour connaître le calendrier). Les doses supérieures sont définies comme suit :

  • chez les enfants âgés de 0 à moins de 16 ans, doubler la dose systématique (prévue pour leur âge) du vaccin monovalent HB;
  • chez les adolescents âgés de 16 ans à moins de 20 ans :
    • dose de 40 microgrammes du vaccin ENGERIX®-B OU
    • doubler la dose systématique (prévue pour leur âge) du vaccin RECOMBIVAX HB®;
  • chez les adultes âgés de 20 ans et plus :
    • dose de 40 microgrammes du vaccin monovalent HB.

Immunodéficience congénitale (primaire)
On devrait administrer le vaccin HB aux sujets atteints d'un déficit immunitaire congénital de n'importe quelle partie du système immunitaire, et ce, avec une dose plus forte, tel qu'il est recommandé dans la section Doses supérieures du vaccin.

Immunodéficience acquise (secondaire)
Greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH)

Le vaccin HB est recommandé chez tous les sujets ayant subi une greffe. Il faut administrer 3 doses, en commençant de 6 à 12 mois après la greffe et en suivant les intervalles normaux. Une dose plus forte est recommandée, tel que le décrit la section Doses supérieures du vaccin.

Transplantation d'un organe plein
Les enfants et les adultes qui doivent recevoir une transplantation devraient être vaccinés contre l'HB selon le calendrier de vaccination systématique. Le statut immunitaire devrait être vérifié par la mesure des titres d'anti-HBs. Dans les cas où les receveurs de transplantation sont réceptifs, il faudrait attendre au moins 3 à 6 mois après la transplantation avant de procéder à la vaccination ou à la revaccination, de manière à obtenir une immunogénicité optimale. Une dose plus forte est recommandée, tel que le décrit la section Doses supérieures du vaccin.

Traitement immunosuppresseur
Pour les personnes immunocompétentes qui sont susceptibles d'être soumises à une thérapie immunosuppressive ou dont la maladie pourrait mener à une immunodéficience, les antécédents vaccinaux contre l'hépatite B devraient être vérifiés. Même si le vaccin HB peut être administré sans danger à tout moment avant, pendant ou après un traitement immunosuppresseur, les schémas qui suivent devraient être respectés dans la mesure du possible afin d'assurer une immunogénicité optimale. Une exception à la règle est la prophylaxie post-exposition, qui nécessite l'administration du vaccin HB le plus rapidement possible après l'exposition.

S'il est indiqué, le vaccin HB devrait être administré au moins 14 jours avant le début du traitement immunosuppresseur (p. ex. fortes doses de corticostéroïdes à action générale [doses de 2 mg/kg par jour ou de 20 mg par jour ou plus de prednisone ou d'un médicament équivalent] pendant 14 jours ou plus; chimiothérapie, radiothérapie, azathioprine, cyclosporine, cyclophosphamide ou infliximab). S'il est impossible de tenir compte de ce calendrier, une période d'au moins 3 mois devrait s'écouler entre l'arrêt des médicaments immunosuppresseurs (à l'exception des corticostéroïdes à action générale à fortes doses) et l'administration du vaccin HB, et ce, en vue d'optimiser l'immunogénicité. Dans le cas de stéroïdes à action générale à fortes doses, il faudrait attendre au moins 4 semaines après l'interruption du traitement pour administrer un vaccin HB. L'intervalle entre l'arrêt du traitement immunosuppresseur et l'administration du vaccin HB peut varier selon l'intensité du traitement immunosuppresseur, la maladie sous-jacente et d'autres facteurs.

Si le traitement immunosuppresseur ne peut pas être interrompu, le vaccin HB devrait être administré, dans la mesure du possible, lorsque la personne est le moins immunodéprimée.

Infection à VIH
Le vaccin HB est recommandé pour tous les sujets réceptifs qui sont infectés par le VIH. La vaccination devrait être terminée le plus tôt possible dans le cours de la maladie. On recommande l'utilisation d'une dose plus forte du vaccin, comme le décrit la section Doses supérieures du vaccin.

Contacts familiaux
Les contacts familiaux ou les proches réceptifs de personnes immunodéprimées devraient recevoir le vaccin contre l'hépatite B, pour leur propre protection, mais aussi pour réduire le risque d'infection pour un sujet immunodéprimé.

Veuillez consulter les sections Dose et calendrier, Doses de rappel et revaccinationet Tests sérologiques. Consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements.

Personnes aux prises avec une maladie chronique

Sujets atteints de néphropathie chronique ou qui subissent une dialyse
Les personnes subissant une dialyse courent un risque accru d'infection par le VHB en raison des fréquentes expositions potentielles au sang d'autres personnes. Ces individus, de même que ceux atteints de néphropathie chronique, peuvent répondre de façon sous-optimale aux vaccins HB. Aussi, leurs concentrations d'anti-HBs déclinent rapidement. Chez les adultes et les enfants qui subissent une dialyse, et les personnes atteintes de néphropathie chronique, on recommande une immunisation par des doses plus fortes, tel que le décrit la section Doses supérieures du vaccin. Les titres d'anti-HBs devraient être évalués chaque année et des doses de rappel plus fortes devraient être administrées s'ils descendent sous le seuil de protection.

Troubles neurologiques
Les personnes ayant un trouble du spectre autistique ou un trouble neurologique démyélinisant (y compris la sclérose en plaques) devraient recevoir tous les vaccins systématiquement recommandés, y compris le vaccin à composant anti-hépatite B.

Hépatopathie chronique
L'immunisation contre l'hépatite B est recommandée pour tous les sujets réceptifs atteints d'hépatopathie chronique, notamment ceux infectés par le virus de l'hépatite C, car la maladie pourrait être plus grave dans leur cas. La vaccination devrait être complétée au début de la maladie, car la réponse immunitaire au vaccin est sous-optimale aux stades avancés. Les dosages d'anti-HBs peuvent servir à documenter la réponse immunitaire.

Chez les sujets souffrant d'une hépatopathie avancée, notamment ceux qui sont atteints d'hépatite C, il faudrait évaluer la séroconversion après la vaccination et envisager d'administrer des doses plus fortes, tel que le décrit la section Doses supérieures du vaccin, à ceux qui ne répondent pas (c.-à-d. ceux dont les titres d'anti-HBs sont inférieurs à 10 UI/L) à la première série vaccinale.

Troubles hématologiques bénins
Les personnes souffrant de troubles hémorragiques ou recevant des perfusions répétées de sang ou de produits sanguins sont considérées comme étant exposées à un risque accru de contracter l'hépatite B, c'est pourquoi elles devraient recevoir le vaccin HB. Chez un sujet non vacciné présentant un trouble hémorragique pour lequel une immunisation passive avec des immunoglobulines anti-hépatite B (IgHB) pourrait être indiquée en raison d'une exposition, il est recommandé d'administrer des concentrés de facteur de coagulation avant d'administrer des immunoglobulines anti-hépatite B.

Troubles endocriniens et métaboliques
L'immunisation par le vaccin HB chez les adultes atteints de diabète de type 1 ou 2 n'ayant pas été vaccinés par le passé fait actuellement l'objet d'un examen par le CCNI.

Veuillez consulter les sections Dose et calendrier, Doses de rappel et revaccination et Tests sérologiques. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes atteintes de maladies chroniques de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Voyageurs

Le risque de contracter l'HB chez les voyageurs réceptifs qui se rendent dans des pays en développement se situe, selon les estimations, dans un intervalle de 0,2 à 0,6/1 000 par mois, et il pourrait grimper chez les voyageurs qui s'adonnent à des activités à risque élevé et chez ceux qui travaillent dans un contexte de soins de santé. On devrait recommander le vaccin HB aux voyageurs qui prévoient séjourner dans des régions où l'HB est fortement endémique ou travailler dans des établissements de soins de santé, et aux voyageurs qui auront vraisemblablement des contacts avec du sang ou des contacts sexuels avec les résidents de régions endémiques. Il est recommandé d'administrer la série vaccinale complète pour les enfants qui vivront dans des régions où l'HB est endémique. L'Organisation mondiale de la Santé rend disponible une carte des pays et territoires présentant un risque de transmission de l'HB.

Il n'est pas nécessaire de demander une vérification des titres d'anticorps anti-HBs pour les voyageurs déjà immunisés, à moins qu'il ne s'agisse de travailleurs de la santé qui n'ont jamais fait vérifier leur titre d'anti-HBs. Veuillez consulter la section Travailleurs.

Il est recommandé d'administrer simultanément le vaccin HA et le vaccin HB, étant donné que la vaccination contre l'hépatite A est également indiquée chez les personnes qui se rendent dans des pays en développement. Un vaccin combiné HAHB peut être administré aux sujets réceptifs à la fois au VHA et au VHB. Dans le cas des voyageurs qui consultent moins de 21 jours avant leur départ, il y a lieu d'administrer séparément les vaccins monovalents HA et HB, et le reste des 2 séries vaccinales au retour. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'hépatite A de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements. Consulter le chapitre Immunisation des voyageurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Nouveaux arrivants au Canada

Les fournisseurs de soins de santé qui examinent des nouveaux arrivants au pays devraient évaluer leur statut vaccinal et mettre à jour leurs vaccins. Dans bien des pays, le vaccin HB est peu utilisé. Veuillez consulter le site Web de l'Organisation mondiale de la Santé pour obtenir de l'information sur les calendriers de vaccination dans d'autres pays.

Toute personne non immunisée venant d'un pays où l'hépatite B est endémique devrait subir une évaluation de son statut à l'égard de l'hépatite B et recevoir le vaccin contre l'hépatite B si elle n'est pas déjà immunisée. Les personnes nées dans des pays en développement sont plus nombreuses à être porteuses du VHB, et il est donc nécessaire de vacciner les personnes avec qui elles ont des contacts sexuels ou des contacts familiaux. Le vaccin contre l'hépatite B est recommandé pour toutes les personnes réceptives qui vivent dans une famille ayant immigré au Canada en provenance de régions où l'hépatite B est en forte prévalence, et qui, par conséquent, pourraient être exposées à des porteurs du VHB au sein de leur famille élargie ou durant des séjours dans leur pays d'origine.

Voici les tests qui devraient être administrés aux nouveaux arrivants au Canada :

  • Dosage de l'AgHBs, des anti-HBs et des anti-HBc. Si un membre de la famille a un résultat positif pour l'AgHBs, tous les membres de la famille devraient être soumis à des tests de détection des marqueurs d'HB et être vaccinés s'ils sont réceptifs.
  • Dosage des anticorps anti-hépatite C. Les sujets atteints d'une infection chronique par le virus de l'hépatite C devraient recevoir le vaccin HB s'ils sont réceptifs.

Les enfants adoptés de pays à forte prévalence de l'hépatite B devraient être soumis à des tests de détection de l'AgHBs et, en cas de résultats positifs, les contacts familiaux et autres contacts proches des familles d'adoption devraient être vaccinés avant l'adoption ou le plus tôt possible par la suite. Les adultes se déplaçant dans ces pays pour aller chercher les enfants devraient être vaccinés avant leur départ. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des nouveaux arrivants au Canada de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Travailleurs

Le vaccin contre l'HB, ainsi que des tests sérologiques post-immunisation administrés de un à six mois après la fin de la série vaccinale, sont recommandés chez les gens qui courent un risque accru d'infection du fait qu'ils sont exposés, dans le cadre de leur travail, à du sang, des produits sanguins et des liquides corporels susceptibles d'être contaminés par le VHB. Dans ce groupe, on trouve tous les travailleurs de la santé et autres travailleurs (p. ex. employés d'un laboratoire industriel ou de recherche, personnel des établissements correctionnels ou des centres pour personnes atteintes de troubles du développement) qui pourraient être exposés à du sang ou à des produits sanguins, ou qui courent un risque de blessure due à un instrument contaminé par du sang, ou un risque de morsure ou de traumatisme pénétrant par un objet possiblement contaminé par du sang. Les étudiants des disciplines concernées devraient avoir terminé leur série vaccinale avant l'exposition professionnelle. Les travailleurs des services d'urgence, par exemple les policiers et les pompiers, pourraient également être davantage exposés, mais on ne dispose pas de données permettant de mesurer leur risque. Comme les enfants atteints d'hépatite B ne manifestent habituellement aucun symptôme et qu'on ignore généralement si les enfants fréquentant un service à l'enfance sont atteints d'hépatite B, on doit également envisager la vaccination de tous les travailleurs des services à l'enfance. Par ailleurs, le risque pour les travailleurs qui n'ont aucun contact avec du sang ou des produits sanguins n'est pas supérieur à celui de la population en général.

On devrait effectuer le dosage sérologique des anticorps anti-HBs chez les travailleurs dont la série vaccinale complète contre l'HB est documentée, mais dont la sérologie des anticorps anti-HBs suivant l'immunisation ne l'est pas, ainsi que chez les travailleurs se disant immunisés contre l'HB, mais n'ayant aucun document attestant de façon fiable une immunisation contre l'HB. Les mesures suivantes s'appliquent selon les résultats des tests :

  • Si les tests révèlent un titre d'anti-HBs d'au moins 10 UI/L, il n'est pas nécessaire de répéter les tests ni de poursuivre la vaccination, exception faite des sujets immunodéprimés, qui devraient subir des tests périodiques pour déterminer s'il y a déclin de l'immunité, ainsi que des personnes atteintes de néphropathie chronique ou sous dialyse, qui devraient subir des tests annuellement.
  • Si les tests effectués 1 à 6 mois après la vaccination révèlent un titre d'anti-HBs inférieur à 10 UI/L, cela indique l'échec de la primovaccination; le travailleur devrait alors recevoir une deuxième série vaccinale.
  • Si les tests sont effectués plus de 6 mois après la série initiale et le titre d'anti-HBs est inférieur à 10 UI/L, cela peut être attribuable à un échec de la primovaccination ou au déclin des anticorps. Les données montrent que l'immunité des personnes immunocompétentes dure longtemps, même en l'absence d'anticorps détectables. Le travailleur devrait recevoir une dose de rappel et subir de nouveaux tests un mois plus tard afin de documenter une réponse anamnestique; si le titre d'anti-HBs est encore inférieur à 10 UI/L, la deuxième série vaccinale est alors indiquée, suivie des tests sérologiques des anticorps anti-HBs 1 à 6 mois après la fin de la deuxième série vaccinale.
  • Si, d'après les preuves documentées, aucune réponse immunitaire n'a été obtenue chez le travailleur après 2 séries de vaccin HB (c.-à-d. le titre d'anti-HBs est inférieur à 10 UI/L), il est peu probable qu'il tirera profit d'une autre vaccination, et il aura besoin d'une immunisation passive après une exposition potentielle au VHB.

Si une exposition au VHB survient et que, dans le dossier du travailleur, il est indiqué qu'il avait un titre d'anti-HBs d'au moins 10 UI/L, il n'est pas nécessaire d'effectuer d'autres tests, à moins qu'il s'agisse d'un sujet immunodéprimé, atteint de néphropathie chronique ou sous dialyse. Auquel cas il faut, après une exposition potentielle au VHB, vérifier le titre d'anti-HBs et administrer un autre vaccin ainsi que des IgHB advenant que le titre soit inférieur à 10 UI/L (voir Figure 2 et Figure 3).

Veuillez consulter les sections Tests sérologiques et Doses de rappel et revaccination. Veuillez aussi consulter le chapitre Immunisation des travailleurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Immunisation post-exposition

Une prophylaxie post-exposition devrait être offerte aux sujets réceptifs dans les situations suivantes :

  • Bébés dont la mère est atteinte d'hépatite B aiguë ou chronique;
  • Exposition par voie percutanée ou muqueuse à du sang ou à des liquides organiques potentiellement contaminés par le VHB;
  • Partenaires sexuels ou contacts familiaux de cas aigus d'HB ou de porteurs chroniques du VHB.
Bébés dont la mère est atteinte d'hépatite B aiguë ou chronique

Toutes les femmes enceintes devraient subir systématiquement un test de détection de l'AgHBs. Si aucun test n'a été effectué durant la grossesse, il faudrait le faire au moment de l'accouchement et vérifier immédiatement la réponse anticorps. Si le statut de la mère à l'égard de l'HB n'est pas établi dans les 12 heures suivant l'accouchement, il faudrait envisager d'administrer le vaccin HB avec ou sans IgHB au nouveau-né en attendant les résultats, en tenant compte des facteurs de risque de la mère et en suivant le principe qu'il est préférable, par mesure de prudence, d'administrer le vaccin et éventuellement des IgHB si l'on soupçonne que la mère pourrait être infectée (cas aigu ou porteur).

Tous les nouveau-nés dont la mère est infectée devraient recevoir une dose du vaccin HB dans les 12 heures suivant leur naissance. La deuxième et la troisième doses devraient être administrées de 1 et 6 mois après la première. La dose du mois 6 peut également être administrée au moyen du vaccin DCaT-HB-VPI-Hib chez ce groupe. Les bébés prématurés pesant moins de 2 000 grammes à la naissance et nés de mères infectées devraient recevoir 4 doses du vaccin HB, soit aux mois 0, 1, 2 et 6. Chez ce groupe, le vaccin DCaT-HB-VPI-Hib peut être utilisé aux mois 2 et 6 (veuillez consulter la section Bébés prématurés).

Le vaccin constitue l'intervention la plus importante, car il assure 90 % de la protection contre l'HB; les IgHB peuvent offrir un certain degré de protection supplémentaire. Une dose intramusculaire (IM) de 0,5 ml d'IgHB devrait être administrée le plus rapidement possible après la naissance, et de préférence dans les 12 heures suivant la naissance, chez les nourrissons nés de mères infectées de façon aiguë ou chronique par le virus de l'hépatite B. Le vaccin et les IgHB peuvent être donnés en même temps, mais à un point d'injection différent et à l'aide d'une aiguille et d'une seringue distinctes. L'efficacité de l'immunoglobuline anti-hépatique B diminue considérablement après 48 heures, mais l'immunoglobuline peut être administrée jusqu'à 7 jours après la naissance si l'administration a été retardée pour quelque raison que ce soit. Les bienfaits des IgHB administrées plus de 7 jours après l'exposition sont inconnus. Le moment propice pour l'administration des IgHB, et le recours à celles-ci, font actuellement l'objet d'un examen par le CCNI.

Les bébés dont la mère est infectée devraient subir des tests de détection de l'AgHBs et des anti-HBs 4 semaines après la fin de la série vaccinale, afin de s'assurer du succès de l'immunoprophylaxie. La présence de l'AgHBs signifie que l'enfant deviendra probablement porteur chronique. Si les résultats sont négatifs tant pour l'AgHBs que pour les anti-HBs (c.-à-d. que le bébé est non répondeur), on devrait administrer des doses supplémentaires de vaccin (jusqu'à une seconde série complète), en procédant à de nouveaux tests sérologiques pour vérifier la réponse immunitaire. Veuillez consulter la section Tests sérologiques.

Exposition par voie percutanée (piqûre d'aiguille, morsure) ou muqueuse

La conduite à suivre en cas d'exposition potentielle à l'HB par voie percutanée ou muqueuse devrait être fondée sur le statut vaccinal et immunitaire (déterminé par la présence d'anticorps) de la personne blessée et sur le statut infectieux, s'il est connu, de la source (voir Figure 2 et Figure 3). Pour les tests à effectuer chez la source, il faut se conformer aux lignes directrices de Santé Canada et de l'Agence de la santé publique du Canada intitulées Protocole intégré pour la prise en charge des travailleurs de la santé exposés à des pathogènes transmissibles par le sang. Si les résultats de l'évaluation effectuée chez la personne exposée et la source ne sont pas disponibles dans un délai de 48 heures, on devrait, aux fins du traitement, présumer que le sujet a pu être exposé. Dans les cas où cela est indiqué, des IgHB devraient être administrées aux sujets réceptifs dans les 48 heures suivant l'exposition. L'efficacité de l'immunoglobuline anti-hépatique B diminue considérablement après 48 heures, mais l'immunoglobuline peut être administrée jusqu'à 7 jours après l'exposition si l'administration a été retardée pour quelque raison que ce soit. Les bienfaits des IgHB administrées plus de 7 jours suivant l'exposition sont inconnus. La dose d'IgHB pour les enfants d'un certain âge et les adultes est de 0,06 ml/kg par voie intramusculaire (IM). Toutes les personnes réceptives ou ayant été exposées au VHB devraient recevoir des conseils sur l'adoption de mesures de réduction du risque de transmission, jusqu'à ce que la série vaccinale ait été terminée et que la présence de concentrations protectrices d'anti-HBs ait été établie.

Partenaires sexuels et contacts familiaux de cas d'hépatite B

Tous les partenaires sexuels et contacts familiaux réceptifs et non infectés de cas aigus et de porteurs chroniques du VHB devraient recevoir le vaccin HB et subir des tests permettant de vérifier la réponse anticorps 1 à 6 mois après la fin de la série vaccinale. Il n'est pas indiqué d'administrer des IgHB aux contacts familiaux des cas aigus d'HB, à l'exception des nouveau-nés dont la mère est atteinte d'une infection aiguë ou chronique. En ce qui concerne les partenaires sexuels, il faudrait administrer une dose IM unique d'IgHB (0,06 ml/kg) dans les 48 heures suivant l'exposition. L'efficacité des IgHB diminue considérablement après 48 heures; elles peuvent toutefois être administrées jusqu'à 14 jours suivant le dernier contact sexuel (l'exposition étant de faible importance) (voir Figure 2). Dans les cas où il y a manifestement eu exposition au sang d'une personne infectée (p. ex. partage de brosses à dents ou de rasoirs), il faut procéder comme dans le cas d'une exposition par voie percutanée ou muqueuse (veuillez consulter la section Exposition par voie percutanée ou muqueuse).

Veuillez consulter la partie 5, Agents d'immunisation passive, pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Figure 2Note de bas de page * du figure 2: Traitement des sujets exposés par voie percutanée ou muqueuse à une source infectée ou présentant un risque élevéNote de bas de page 1 du figure 2

Figure 2

Équivalent textuel - Figure 2

Agrandir la Figure 2

Figure 2 - Note 1
Une source connue est considérée comme posant un risque élevé si le sujet vient d'une région où l'HB est fortement endémique, qu'il a des rapports sexuels avec plusieurs partenaires, qu'il a un partenaire infecté par le VHB ou qu'un tel risque est élevé, qu'il est en contact familial étroit avec une personne infectée, qu'il utilise des drogues par injection ou qu'il a reçu du sang ou des produits sanguins avant 1970. Lorsque la source est inconnue, des précisions sur le contexte peuvent permettre d'estimer le degré de risque.
Figure 2 - Note 2
Aucune intervention n'est requise dans le cas d'un sujet exposé dont on sait qu'il a acquis une immunité à la suite d'une infection par le VHB.
Figure 2 - Note 3
Répondeur dont le titre d'anti-HBs a été établi à au moins 10 UI/L lors de tests antérieurs.
Figure 2 - Note 4
Déterminer le titre d'anti-HBs le plus rapidement possible. Les bienfaits de l'immunoglobuline contre l'hépatite B administrée plus de sept jours suivant l'exposition sont inconnus.
Figure 2 - Note 5
Il ne faut pas administrer d'IgHB si le sujet source subit un test dans les 48 heures et que le résultat est négatif. Il faut suivre l'algorithme prévu pour les cas où la source n'est pas infectée (veuillez consulter la Figure 3).
Figure 2 - Note 6
Administrer la deuxième dose d'IgHB 1 mois après la première.
Figure 2 - Note 7
Terminer la série vaccinale peu importe le titre des anti-HBs. Cette information peut rassurer le sujet exposé à propos du risque immédiat d'infection qu'il court.
Figure 2 - Note 8
Ne pas administrer d'IgHB s'il est possible d'obtenir une sérologie pour les anti-HBs dans les 48 heures et qu'un titre d'au moins 10 UI/L soit établi.
Figure 2 - Note 9
Déterminer le titre d'anti-HBs 1 à 6 mois après la fin de la série vaccinale.
Figure 2 - Note 10
Il faut attendre 6 mois avant de faire le dosage des anti-HBs afin de permettre le déclin des anticorps anti-HBs.
Figure 2 - Note 11
À l'exception des personnes immunodéprimées, atteintes d'insuffisance rénale chronique ou subissant une dialyse, auxquels cas il peut être nécessaire de répéter les tests sérologiques.
Figure 2 - Note *
Cette figure est tirée du Protocole d'immunisation du Québec, 5e édition, 2009, publiée avec la permission du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Figure 3Note de bas de page * du figure 3 : Traitement des sujets exposés par voie percutanée ou muqueuse à une source non infectée ou présentant un faible risque

Figure 3

Équivalent textuel - Figure 3

Agrandir la Figure 3

Figure 3 - Note 1
Aucune intervention n'est requise dans le cas d'un sujet exposé dont on sait qu'il a acquis une immunité à la suite d'une infection par le VHB.
Figure 3 - Note 2
Déterminer le titre d'anti-HBs 1 à 6 mois après la fin de la série vaccinale.
Figure 3 - Note 3
À l'exception des personnes immunodéprimées, atteintes d'insuffisance rénale chronique ou subissant une dialyse, auxquels cas il peut être nécessaire de répéter les tests sérologiques.
Figure 3 - Note *
Cette figure a été tirée du Protocole d'immunisation du Québec, 5e édition, 2009, et publiée avec la permission du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Administration du vaccin

Dose, voie d'administration et calendrier
Dose et calendrier

Vaccin HB
Il existe plusieurs calendriers autorisés pour l'administration des vaccins HB. Le calendrier à privilégier (en particulier pour les enfants de moins de 12 mois) est le suivant : 0, mois 1 et mois 6, avec un intervalle d'au moins 4 semaines entre la première et la deuxième dose, un intervalle de 2 mois entre la deuxième et la troisième dose et un intervalle de 4 mois entre la première et la troisième dose. L'immunisation à la naissance est considérée comme le mois 0. Les personnes atteintes d'insuffisance rénale chronique ou subissant une dialyse, ainsi que les personnes présentant une autre affection pouvant entraîner une immunodépression, tel que le décrit la section Sujets immunodéprimés, peuvent ne pas réagir au vaccin HB et pourraient nécessiter une dose supérieure. (voir Tableau 3).

Vaccin DCaT-HB-VPI-Hib
Le vaccin DCaT-HB-VPI-Hib peut être administré à l'âge de 2, 4 et 6 mois et entre l'âge de 12 et 23 mois, mais il est peu probable que la quatrième dose confère une protection supplémentaire importante contre l'hépatite B et elle augmentera le coût. D'autres calendriers peuvent être utilisés :

  • Vaccin DCaT-HB-VPI-Hib (à l'âge de 2, 4 et 6 mois), suivi du vaccin DCaT-VPI-Hib entre l'âge de 12 et 23 mois;
  • Vaccin DCaT-HB-VPI-Hib (à l'âge de 2 et 4 mois et entre 12 et 23 mois), intercalé avec le vaccin DCaT-VPI-Hib (à 6 mois).

Voir Tableau 3. Consulter le chapitre Anatoxine diphtérique, anatoxine tétanique, vaccin contre la coqueluche et le chapitre Vaccin contre la poliomyélite de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Vaccin HAHB
Il existe plusieurs calendriers autorisés pour l'administration des vaccins HAHB (voir Tableau 3). Par ailleurs, des études ont révélé que d'autres calendriers et doses assurent également une bonne séroprotection. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'hépatite A de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Tableau 3 : Doses et calendriers des vaccins à composant anti-hépatite B
Receveurs Vaccin
Monovalent HB DCaT-HB-VPI-Hib HAHB
RECOMBIVAX HB® ENGERIX®-B INFANRIX hexaMD TWINRIX® TWINRIX® Junior
µg
AgHBs
ml Calendrier
(Mois : 1re dose = mois 0)
µg
AgHBs
ml Calendrier
(Mois : 1re dose = mois 0)
µg
AgHBs
ml Calendrier µg
AgHBs
ml Calendrier
(Mois : 1re dose = mois 0)
µg
AgHBs
ml Calendrier
(Mois : 1re dose = mois 0)
Note de bas de page du tableau 3
Pour l'immunisation post-exposition des bébés dont la mère est infectée par le VHB, veuillez consulter la section Immunisation post-exposition. Les nourrissons prématurés (< 37 semaines) pesant moins de 2 000 grammes à la naissance et nés de mères infectées par le VHB nécessitent 4 doses du vaccin contre l'hépatite B. Veuillez consulter la section Nourrissons nés prématurément.
Note de bas de page ** du tableau 3
Bien qu'un calendrier prévoyant l'administration d'une dose à 0, 1 et au moins 2 mois soit approuvé, le calendrier à privilégier est le suivant : 0, 1 et 6 mois.
Note de bas de page ¥ du tableau #
Le fabricant recommande d'administrer la dose standard pour adulte (20 µg/1,0 ml) en utilisant un calendrier à 2 doses s'il est peu probable que la personne respecte le calendrier à 3 ou 4 doses.
Note de bas de page ^ du tableau #
Sujets immunodéprimés : personnes atteintes d'une immunodéficience congénitale, ou ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques ou une transplantation d'un organe plein, ou infectées par le VIH.
µg
microgrammes
Nourrissons et enfants
Bébés de mères négatives pour le VHB 2,5 0,25 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 10 0,5 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
10 0,5 Âge (mois) :
2, 4, 6, de 12 à 23
ou
2, 4, 6
ou
2, 4, de 12 à 23
Non indiqué Non indiqué
Bébés de mères positives pour le VHBNote de bas de page du tableau 3 5 0,5 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 10 0,5 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
Non indiqué avant l'âge de 6 semaines Non indiqué Non indiqué
De 12 à 23 mois 2,5 0,25 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 10 0,5 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
10 0,5 Mois : 1re dose = mois 0)
0, 2, 4, de 10 à 21
ou
0, 2, 4
ou
0, 2, de 10 à 21
20 1,0 0, 6 à 12 10 0,5 0, 1, 6
De 24 à moins de 11 ans 2,5 0,25 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 10 0,5 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
Peut être administré aux enfants âgés de 24 mois à 7 ans, au besoin 20 1,0 0,,6 à 12 10 0,5 0, 1, 6
De 11 à 15 ans (inclusivement) 10
5
1,0
0,5
0,,4 à 6
0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3
20
10Note de bas de page ¥ du tableau 3
1,0
0,5
0, 6
0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
Non indiqué 20 1,0 0, de 6 à 12 10 0,5 0, 1, 6
De 16 à 18 ans (inclusivement) 5 0,5 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 10Note de bas de page ¥ du tableau 3 0,5 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
Non indiqué Non indiqué 10 0,5 0, 1, 6
Sujets immunodéprimésNote de bas de page ^ du tableau 3 (certains cas), sous dialyse ou atteints d'insuffisance rénale, moins de 16 ans Doubler la dose en µg prévue pour un enfant sain du même âge   Calendrier à 3 ou 4 doses Doubler la dose en µg prévue pour un enfant sain du même âge   Calendrier à 3 ou 4 doses Non indiqué Non indiqué Non indiqué
Sujets immunodéprimésNote de bas de page ^ du tableau 3 (certains cas), sous dialyse ou atteints d'insuffisance rénale, de 16 à 19 ans Doubler la dose en µg prévue pour un enfant sain du même âge   Calendrier à 3 ou 4 doses 40 2,0 0, 1, 2, 6 Non indiqué Non indiqué Non indiqué
Adultes
19 ans 5 0,5 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 10Note de bas de page ¥ du tableau 3 0,5 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12
Non indiqué 20 1,0 0, 1, 6 0, jour 7, jour 21, mois 12 Non indiqué
20 ans et plus 10 1,0 0, 1, 6Note de bas de page ** du tableau 3 20 1,0 0, 1, 6 ou
0, 1, 2, 12 ou
0, jour 7, jour 21, mois 12
Non indiqué 20 1,0 0, 1, 6 ou
0, jour 7,
jour 21,
mois 12
Non indiqué
Sujets immunodéprimésNote de bas de page ^ du tableau 3 (certains cas), sous dialyse ou atteints d'insuffisance rénale, 20 ans et plus 40 (formulation pour les adultes sous dialyse) 1,0 0, 1, 6 40 2,0 0, 1, 2, 6 Non indiqué Non indiqué Non indiqué

Voie d'administration
Le vaccin à composant anti-hépatite B doit être administré par voie IM. Veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour de plus amples renseignements.

Doses de rappel et revaccination

Il n'est pas recommandé d'administrer systématiquement des doses de rappel aux sujets immunocompétents. L'absence de titres d'anticorps protecteurs chez une personne en bonne santé dans les cas où l'on a auparavant établi un titre adéquat d'anti-HBs ne signifie pas qu'elle n'est plus protégée, car une mémoire immunitaire persiste. On dispose de données indiquant que l'immunité dure longtemps même en l'absence d'anticorps détectables. Les sujets immunisés durant la petite enfance, l'enfance ou l'adolescence qui sont à risque d'exposition au VHB (p. ex. travailleurs de la santé, travailleurs exposés à d'autres risques professionnels, hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, utilisateurs de drogues injectables, contacts de porteurs, etc.) devraient être soumis à un dosage sérologique des anti-HBs pour vérifier s'ils ont bien répondu à la vaccination (consulter la section Tests sérologiques - Post-immunisation).

Les personnes immunodéprimées, atteintes d'une néphropathie chronique rénale ou subissant une dialyse et les personnes soumises à une chimiothérapie qui ont répondu au départ au vaccin HB, peuvent avoir besoin de doses de rappel périodiques si les titres d'anticorps anti-HB tombent sous le seuil de 10 UI/L (consulter les sections Sujets immunodéprimés et Personnes aux prises avec une maladie chronique). Si une dose supérieure était indiquée pour la série vaccinale initiale, alors une dose supérieure devrait également être utilisée pour la dose de rappel.

Des doses supplémentaires de vaccin (jusqu'à 3 doses) produiront une réponse anticorps protectrice chez 50 à 70 % des adultes et enfants sains pour qui on n'a pas obtenu de réponse après la première série vaccinale. Les sujets qui ne présentent pas de réponse avec 3 doses supplémentaires de vaccin sont peu susceptibles de tirer profit de mesures d'immunisation supplémentaires. Veuillez consulter la section Tests sérologiques.

Tests sérologiques

Pré-immunisation

Avant l'accouchement
Si un test de détection de l'AgHBs n'a pas été effectué pendant la grossesse, il devrait l'être au moment de l'accouchement. Dans le cas d'une femme enceinte non immunisée qui ne présente pas de marqueurs d'infection aiguë ou chronique par le VHB, mais qui est exposée à un risque élevé d'HB, il faudrait envisager une série vaccinale complète contre l'HB à la première occasion, puis vérifier la réponse anticorps. On peut répéter les tests avant l'accouchement chez les femmes non infectées et non immunisées qui continuent de s'adonner à des comportements à risque élevé.

Groupes à risque élevé
Chez les personnes à risque élevé d'infection, il est recommandé de procéder systématiquement à un sérodiagnostic de l'HB avant l'immunisation afin de repérer celles qui sont déjà infectées ou immunes, pour qui le vaccin ne serait d'aucune utilité.

Les enfants adoptés de pays ou de familles où l'HB est fortement prévalent devraient être soumis à des tests de détection de l'AgHBs; en cas de résultats positifs, il est conseillé de vacciner les contacts familiaux ou les proches de la famille adoptive qui sont en contact avec l'enfant, avant l'adoption ou le plus tôt possible par la suite.

Post-immunisation

L'exécution de tests sérologiques chez les nourrissons et les enfants n'est pas recommandée après l'administration d'un vaccin à composant anti-hépatite B dans le cadre d'un programme d'immunisation systématique.

Par contre, il est recommandé de procéder à de tels tests dans un délai allant de 1 à 6 mois après la fin de la série vaccinale chez les membres des groupes suivants, car il est important de veiller à ce qu'ils soient protégés contre l'HB :

  • Les sujets immunodéprimés. Il faudrait également envisager une surveillance périodique des titres d'anti-HBs, en tenant compte de la sévérité de l'état d'immunodéficience et après avoir déterminé si le risque d'HB est toujours présent. Veuillez consulter les sections Doses de rappel et revaccination et Sujets immunodéprimés.
  • Les sujets atteints de néphropathie chronique ou qui subissent une dialyse. Leurs titres d'anti-HBs devraient également être évalués chaque année. Veuillez consulter les sections Doses de rappel et revaccination et Sujets immunodéprimés.
  • Les femmes enceintes à risque élevé qui ont reçu le vaccin avant ou pendant la grossesse. Veuillez consulter la section Grossesse et allaitement.
  • Les bébés dont la mère est infectée. Des tests pour déterminer l'AgHBs et les anti-HBs devraient être effectués un mois après la fin de la série vaccinale. Veuillez consulter la section Immunisation post-exposition.
  • Les sujets susceptibles d'être exposés par voie percutanée ou muqueuse, par exemple les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes et les utilisateurs de drogues par injection. Veuillez consulter la section Immunisation post-exposition.
  • Les partenaires sexuels et les contacts familiaux de cas aigus d'HB ou de porteurs chroniques du VHB. Veuillez consulter la section Immunisation post-exposition.
  • Les travailleurs qui ont été vaccinés en raison d'un risque d'exposition professionnelle. Veuillez consulter la section Travailleurs.

Veuillez consulter la section Doses de rappel et revaccination.

Conditions d'entreposage

Le vaccin à composant anti-hépatite B doit être conservé à une température de +2 °C à +8 °C et ne pas être congelé. Veuillez consulter le chapitre Manipulation et entreposage des agents immunisants de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux. Veuillez également consulter le chapitre Agents d'immunisation passive de la partie 5 pour obtenir des renseignements sur les exigences relatives à l'entreposage des immunoglobulines contre l'hépatite B.

Administration simultanée d'autres vaccins

Les vaccins à composant anti-hépatite B peuvent être administrés en même temps que d'autres vaccins, mais à un point d'injection différent et à l'aide d'une aiguille et d'une seringue distinctes. Veuillez consulter le chapitre Calendrier d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Innocuité et effets secondaires du vaccin et des immunoglobulines

Veuillez consulter le chapitre Innocuité des vaccins de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Effets secondaires fréquents et effets secondaires locaux

Vaccin HB
Le vaccin HB est bien toléré. Les réactions sont généralement bénignes et transitoires, et comprennent les suivantes : irritabilité, céphalées, fatigue et réactions au point d'injection (p. ex. douleur et rougeur) chez 10 % ou plus des receveurs.

Vaccin HAHB
L'administration du vaccin HAHB n'est pas associée à une fréquence accrue d'effets secondaires par rapport au vaccin HA administré seul ou en même temps que le vaccin HB à un point d'injection différent. L'administration de doses pour adultes de vaccin HAHB à des enfants, selon le calendrier à deux doses, n'a pas été associée à une fréquence plus élevée d'effets secondaires que celle normalement liée à la dose pédiatrique.

Vaccin DCaT-HB-VPI-Hib
Les réactions sont généralement bénignes et transitoires, et comprennent les suivantes : fièvre, irritabilité, agitation et réactions au point d'injection (p. ex. rougeur, enflure et douleur).

IgHB
On observe parfois des céphalées, des diarrhées, de la fièvre, de l'urticaire, de l'angioneurose cutanée et des réactions au point d'injection (p. ex. douleur et sensibilité).

Effets secondaires moins fréquents et manifestations cliniques inhabituelles graves ou sévères

Les manifestations cliniques secondaires graves sont rares après l'immunisation contre l'HB et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour établir un lien de causalité. On a déjà observé des réactions anaphylactiques consécutives à l'administration d'un vaccin à composant anti-hépatite B, mais seulement dans de très rares cas.

Autres effets secondaires et affections signalées

Bien que certains aient prétendu ou déclaré avoir observé des effets secondaires graves et l'apparition de maladies chroniques suivant l'administration du vaccin HB, les études effectuées n'ont pas révélé de lien causal. Les maladies chroniques et les effets graves évoqués sont notamment les suivants : syndrome de fatigue chronique, sclérose en plaques, syndrome de Guillain-Barré, polyarthrite rhumatoïde et syndrome de mort subite du nourrisson.

Conseils pour la déclaration des manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d'une immunisation

Les fournisseurs de vaccins sont priés de signaler aux responsables de la santé publique locaux tout effet secondaire grave ou inattendu qu'ils estiment être temporellement associé à la vaccination. Une manifestation clinique inhabituelle (MCI) inattendue est un effet secondaire qui ne figure pas dans les renseignements disponibles sur le produit, mais qui peut être dû à l'immunisation, ou encore une modification de la fréquence d'une MCI connue. Veuillez consulter le guide Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d'une immunisation au Canada du chapitre Innocuité des vaccins de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements sur la déclaration des MCI.

Contre-indications et précautions

Les vaccins à composant anti-hépatite B et les IgHB sont contre-indiqués chez les personnes qui ont déjà eu une réaction anaphylactique à la suite de l'administration du produit, et chez les personnes ayant une hypersensibilité immédiate ou anaphylactique établie à l'un ou l'autre des composants du produit ou de son contenant. Veuillez consulter le chapitre Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour connaître la liste des vaccins et des agents d'immunisation passive offerts au Canada ainsi que de leurs constituants.

Dans le cas des vaccins à composant anti-hépatite B, voici d'autres allergènes potentiels :

  • ENGERIX®-B : levure;
  • INFANRIXMD-hexa : latex dans l'embout du piston de la seringue préremplie, néomycine, polymyxine B, levure;
  • RECOMBIVAX HB® : latex dans le bouchon du flacon, levure;
  • TWINRIX® et TWINRIX® Junior : latex dans l'embout du piston de la seringue préremplie, néomycine, levure.

Des protéines de levure sont utilisées dans la fabrication des vaccins HB et HAHB. L'hypersensibilité à la levure est très rare et des antécédents personnels d'allergie à la levure ne sont pas fiables généralement. Dans les cas où on soupçonne une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactique aux composants vaccinaux, une enquête est recommandée, qui peut comprendre l'immunisation dans un milieu contrôlé. Une consultation avec un allergologue est conseillée.

L'innocuité du vaccin HAHB durant la grossesse n'a pas fait l'objet d'essais cliniques. Toutefois, étant donné que le vaccin est préparé à partir de virus inactivés, aucun risque pour le fœtus en développement n'est attendu.

Chez les personnes atteintes d'une maladie aiguë d'intensité modérée ou sévère, l'administration du vaccin à composant anti-hépatite B devrait être reportée, à l'exception des cas où une immunisation est recommandée pour la prise en charge post-exposition (soupeser les risques et les bienfaits). Une consultation peut être requise. Dans le cas d'une maladie aiguë mineure, avec ou sans fièvre la personne peut être vaccinée.

Veuillez consulter le chapitre Contre-indications et précautions générales de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Autres considérations

Interchangeabilité des vaccins

Les vaccins monovalents HB sont interchangeables, selon les groupes d'âge et les recommandations du fabricant relativement aux doses et aux calendriers. Veuillez consulter le chapitre Principes de l'interchangeabilité des vaccins de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Références choisies

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