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Guide canadien d'immunisation

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Partie 4
Vaccins actifs

Vaccin contre l’hépatite A

Principaux renseignements (Consulter le texte pour plus de précisions)

Quoi

  • Au Canada, les facteurs de risque de l’hépatite A (HA) sont notamment :
    • Le fait de voyager dans des pays où l’HA est endémique
    • Avoir des contacts familiaux ou étroits avec un cas d’HA aiguë
    • Les relations sexuelles entre hommes (HRSH)
    • L’usage de drogues illicites
    • Appartenir à une population ou à une collectivité où le taux d’endémie de l’HA est élevé ou qui affichent un risque important d’éclosions d’HA
    • Avoir des contacts familiaux ou étroits avec un enfant adopté d’un pays où l’HA est endémique
  • L’infection par le virus de l’hépatite A (VHA) entraîne habituellement une hépatite clinique chez les adultes et les enfants d’un certain âge, mais ne cause souvent qu’une maladie fébrile sans ictère, voire aucun symptôme, chez les jeunes enfants.
  • Administré avant une exposition, le vaccin contre l’HA (vaccin HA) a une efficacité de 85 à 90 %.
  • Les réactions au vaccin HA sont généralement bénignes et transitoires, et comprennent une douleur et une rougeur au point d’injection.

Qui

  • La prophylaxie pré-exposition par le vaccin HA est recommandée pour les groupes présentant un risque élevé.
  • La prophylaxie post-exposition devrait être offerte aux groupes suivants :
    • contacts familiaux et partenaires sexuels de personnes infectées par l’HA
    • contacts des cas se déclarant dans des garderies et des maternelles
    • collègues et clients de personnes infectées qui manipulent des aliments

Comment

  • La primovaccination consiste en une dose de vaccin HA; 1 dose de rappel est administrée de 6 à 36 mois plus tard, selon le produit utilisé.
  • Sauf quelques exceptions, les sujets chez qui le vaccin contre l’hépatite A et celui contre l’hépatite B sont indiqués doivent recevoir le vaccin combiné contre l’HA et l’HB (vaccin HAHB).

Pourquoi

  • L’HA est l’une des maladies évitables par la vaccination les plus répandues chez les voyageurs.
  • L’HA sévit dans le monde entier; elle est cependant plus répandue dans les régions où l’approvisionnement en eau et en aliments ne peut se faire dans de bonnes conditions d’hygiène.
  • Le malade peut prendre de 4 à 6 semaines, et parfois des mois, à s’en remettre; environ 25 % des adultes doivent être hospitalisés.

Depuis la publication du Guide canadien d’immunisation 2006 :

  • On a obtenu de nouvelles données sur l’épidémiologie de l’hépatite A (HA) au Canada.
  • On a formulé de nouvelles recommandations pour la vaccination contre l’HA des contacts familiaux ou des proches des enfants adoptés de pays où l’HA est endémique.

Épidémiologie

Description de la maladie

Agent infectieux
Le virus de l’hépatite A (VHA) est un virus à ARN comptant un seul sérotype et appartenant à la famille des Picornaviridae.

Réservoir
Les humains et, dans de rares cas, les chimpanzés et d’autres primates.

Transmission
La transmission du VHA se fait par voie fécale-orale, résultant soit d’un contact direct avec des personnes infectées, soit de la contamination d’un environnement ou d’objets, soit de la consommation d’eau ou d’aliments contaminés. On signale également des cas de transmission par une exposition à du sang ou à des produits sanguins infectés. Les symptômes apparaissent après une période d’incubation de 15 à 50 jours (en moyenne 28 jours). Habituellement, les cas sont infectieux deux semaines avant le début des symptômes et ils le restent jusqu’à la fin de la première semaine suivant l’apparition de l’ictère. Le virus peut demeurer infectieux dans l’environnement pendant plusieurs semaines. L’excrétion du virus peut persister longtemps chez les personnes immunodéprimées.

Facteurs de risque
Les personnes exposées à un risque accru d’HA sont notamment :

  • Les personnes qui voyagent dans des pays où l’HA est endémique. Selon les études, entre 44 et 55 % des cas d’HA signalés sont liés à des voyages. Les voyageurs à petit budget, les travailleurs humanitaires bénévoles et les enfants nés au Canada de néo-Canadiens retournant dans leur pays d’origine pour visiter des amis ou la famille peuvent être exposés à un risque accru.
  • Les personnes qui ont des contacts familiaux ou étroits avec un cas d’HA aiguë.
  • Les résidents de certains établissements, par exemple les centres correctionnels et les centres pour personnes atteintes de troubles du développement.
  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HRSH).
  • Les utilisateurs de drogues illicites. Un risque accru est associé à de mauvaises conditions d’hygiène, à la consommation de drogues contaminées et au partage de matériel servant à la consommation orale ou nasale de drogues.
  • Les contacts familiaux ou les proches des enfants adoptés de pays où l’HA est endémique.
  • Les résidents de certaines collectivités autochtones. Le risque accru peut être attribuable à un approvisionnement en eau inadéquat et au surpeuplement des logements.
  • Les hémophiles utilisant des produits sanguins dérivés du plasma.

Bon nombre de cas d’hépatite A ne peuvent être liés à des facteurs de risque précis.

Spectre de la maladie clinique
Le tableau clinique typique chez les enfants d’un certain âge et les adultes infectés par le VHA comprend une anorexie, des nausées, de la fatigue, de la fièvre et un ictère, les symptômes se déclarant souvent de façon brutale. Chez les enfants de moins de 6 ans, la maladie peut être asymptomatique ou légère; l’ictère est rare. Le spectre va d’une maladie bénigne, disparaissant au bout de 1 à 2 semaines, à une maladie gravement débilitante s’étirant sur plusieurs mois. Environ 25 % des adultes doivent être hospitalisés. Le taux global de létalité varie de 0,1 à 0,3 %, mais il peut atteindre 1,8 % chez les adultes de plus de 50 ans. Les sujets souffrant d’une hépatopathie chronique sont exposés à un risque accru d’évolution vers une insuffisance hépatique fulminante entraînant la mort. L’hépatite A n’évolue pas vers un état chronique ni un état de portage. Cependant, dans environ 15 % des cas, on observe une hépatite récurrente persistant jusqu’à 1 an. Une immunité à vie apparaît à la suite de l’infection par le VHA.

Répartition de la maladie
Incidence et prévalence

À l’échelle mondiale
L’HA sévit dans le monde entier. Les régions affichant une endémicité et un risque de transmission accrus sont notamment l’Asie du Sud, l’Afrique subsaharienne, l’Asie centrale, l’Amérique latine, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient et l’Océanie. Se reporter à la carte des pays et régions à risque de transmission de l’HA sur le site Web de l’Organisation mondiale de la SantéLien externe (disponible en anglais seulement).

À l’échelle nationale
Depuis l’introduction du vaccin HA en 1996, l’incidence de cette maladie a diminué. Le nombre de cas d’HA signalés chaque année a chuté de 2 978 (1991) à 298 (2008) (10,6 et 0,9 cas pour 100 000 habitants, respectivement). Ce sont les personnes âgées de 5 à 9 ans qui affichent le taux d’incidence le plus élevé, à 2,1 pour 100 000 habitants, suivis du groupe des 1 à 4 ans (1,5 pour 100 000 habitants). Au cours des dernières années, on n’a observé aucune différence dans l’incidence selon le sexe (voir Figure 1). Étant donné le sous-diagnostic et la sous‑déclaration des cas d’HA et l’existence de cas d’infection infraclinique, on estime que le nombre réel de cas d’HA est 7 fois supérieur à celui qui est déclaré.

Figure 1 : Hépatite A – Incidence signalée selon le sexe, Canada, 1990-2008

Figure 1

Équivalent textuel - Figure 1

Selon une étude nationale sur la séroprévalence menée en 2003, 2,0 % des enfants non vaccinés nés au Canada et âgés de 8 à 13 ans avaient des anticorps anti-VHA. Une étude similaire a révélé que 20 % des adultes non vaccinés nés au Canada étaient séropositifs. Selon les résultats de cette dernière étude, la séroprévalence augmentait avec l’âge, passant d’un taux de 2,6 % chez les 18 à 29 ans à un taux de 45,9 % chez les 60 à 69 ans.

Éclosions récentes
Au Canada, des éclosions d’HA dans la collectivité ont été signalées en lien avec la manipulation d’aliments par des personnes infectées. Bien qu’aucune éclosion liée à des aliments importés de régions d’endémie n’ait été rapportée au Canada, les États-Unis ont connu d’importantes éclosions englobant plusieurs états. Au cours des années 1990, différentes régions du Canada ont recensé des éclosions d’HA chez les HRSH. Ces communautés n’ont pas connu de telles éclosions dans les dernières années, vraisemblablement en raison des programmes de vaccination ciblés. Des éclosions sans source identifiable ont été signalées dans les communautés des Premières nations durant les années 1990. Par la suite, on n’a pas relevé d’autres éclosions chez les Premières nations jusqu’à 2010, année où une éclosion prolongée (se poursuivant jusqu’en 2012) touchant de multiples communautés s’est déclarée en Colombie-Britannique.

Préparations offertes au Canada

Vaccins à composant anti-hépatite A
  • AVAXIM® et AVAXIM® – Pédiatrique : vaccin inactivé contre l’hépatite A, Sanofi Pasteur SA (fabricant), sanofi sasteur Ltd. (distributeur) (HA)
  • HAVRIX® 1440 et HAVRIX® 720 Junior : vaccin inactivé contre l’hépatite A, GlaxoSmithKline Inc. (HA)
  • TWINRIX® et TWINRIX® Junior : vaccin combiné contre l’hépatite A (HA) et l’hépatite B (HB), GlaxoSmithKline Inc. (HAHB)
  • VAQTA® : vaccin inactivé contre l’hépatite A, Merck Canada Inc. (HA)
  • ViVAXIM® : vaccin combiné typhoïdique polysaccharidique Vi purifié et hépatite A inactivé, Sanofi Pasteur SA (fabricant), Sanofi Pasteur Ltée (distributeur), (HA-Typh-I)
Immunoglobulines humaines
  • GamaSTAN® S/D : immunoglobulines (humaines), Grifols Therapeutics Inc. (Ig)

Pour connaître l’information posologique dans son intégralité, veuillez consulter le feuillet du produit ou les renseignements figurant dans les monographies de produit autorisées par Santé Canada, qui sont accessibles par la Base de données sur les produits pharmaceutiquesLien externe. Voir Tableau 1 et Tableau 2 du chapitre sur les Considérations générales de la partie 1 pour obtenir les listes de tous les vaccins ainsi que de tous les agents d’immunisation passive homologués au Canada, et pour connaître leur contenu.

Efficacité potentielle, Efficacité réelle et immunogénicité

Efficacité potentielle et efficacité réelle

Pré-exposition
Les vaccins HA permettent de prévenir la maladie clinique dans au moins 85 à 90 % des cas.

Post-exposition
Selon les études épidémiologiques sur les éclosions d’HA, le recours au vaccin dans la population réceptive permet d’interrompre la transmission. Dans une étude évaluant l’utilisation d’un vaccin durant une semaine d’exposition, l’efficacité de la protection s’est élevée à 79 %.

Immunogénicité

Dans les études sérologiques sur les vaccins HA, des titres protecteurs d’anticorps anti‑VHA apparaissent chez 95 à 100 % des vaccinés après une dose unique de vaccin HA, et près de 100 % des vaccinés affichent une séroconversion après deux doses.

Les taux de séroprotection associés au vaccin HAHB ne sont pas inférieurs, et peuvent même être supérieurs, à ceux des vaccins monovalents contre l’hépatite A et l’hépatite B. Le vaccin HA-Typh-I permet d’obtenir des taux de séroconversion équivalents à ceux obtenus par le vaccin typhoïdique et le vaccin monovalent HA.

Indications

Immunisation pré-exposition

Vaccin à composant anti-hépatite A
Le vaccin HA est recommandé pour l’immunisation pré-exposition des personnes de 1 et plus qui sont exposées à un risque accru d’infection ou d’HA sévère (voir Tableau 1). Toutes les personnes qui désirent réduire leur risque de contracter l’hépatite A devraient être encouragées à se faire vacciner. L’utilisation non conforme du vaccin HA chez les enfants de 6 à 11 mois (p. ex. en raison de voyages dans des régions où la maladie est endémique) fait actuellement l’objet d’un examen par le Comité consultatif national de l’immunisation. Dans certaines collectivités des Premières nations, le vaccin HA est donné dès l’âge de 6 mois. Sauf quelques exceptions, le vaccin combiné contre l’hépatite A et l’hépatite B (HAHB) est le vaccin à privilégier pour les sujets chez qui l’immunisation contre ces deux types d’hépatite est indiquée. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l’hépatite B de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Tableau 1 : Sujets chez qui le vaccin contre l’hépatite A est recommandé pour la prophylaxie pré-exposition (pour la prophylaxie post-exposition, se reporter à la section Immunisation post-exposition)

Les personnes qui partent vers des destinations où l’hépatite A est endémique, ou les immigrants de ces régions (se reporter au chapitre Voyageurs).

Les contacts familiaux ou les proches des enfants adoptés de pays où l’HA est endémique.

Les populations ou les collectivités exposées à un risque d’éclosion d’HA ou dans lesquelles l’HA est fortement endémique (p. ex. certaines communautés autochtones).

Les personnes dont les habitudes de vie les exposent à un risque d’infection, notamment les utilisateurs de drogues illicites (par injection ou non) et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HRSH).

Les sujets souffrant d’hépatopathie chronique, dont les sujets atteints d’hépatite C. Ces personnes ne sont pas nécessairement exposées à un risque accru d’hépatite A, mais la maladie pourrait être plus sévère dans leur cas.

Les personnes souffrant d’hémophilie A ou B qui reçoivent des facteurs de coagulation dérivés du plasma.

Les membres du personnel militaire et les travailleurs humanitaires qui pourraient être affectés à l’étranger, dans des régions à forte prévalence d’HA.

Les gardiens de zoo, les vétérinaires et les chercheurs en contact avec des primates non humains.

Les travailleurs participant à des recherches sur le VHA, ou à la production du vaccin contre l’HA, pouvant être exposés au VHA.

Toute personne qui désire réduire son risque d’HA.

Immunoglobulines humaines
Le vaccin HA est l’agent à privilégier pour la prophylaxie pré-exposition. Les immunoglobulines (Ig) humaines assurent une protection contre l’HA lorsqu’elles sont administrées par voie intramusculaire avant une exposition ou durant la période d’incubation; elles peuvent être indiquées en prophylaxie pré-exposition dans les cas suivants :

  • Nourrissons de moins d’un an.
  • Sujets immunodéprimés (qui pourraient ne pas répondre de façon satisfaisante au vaccin). L’administration d’Ig immédiatement avant un voyage fera en sorte que la concentration d’anticorps protecteurs sera adéquate pour un voyage de courte durée (jusqu’à six mois selon la dose administrée) et pourrait être envisagée pour ce groupe de voyageurs, de même que l’administration du vaccin HA.
  • Sujets chez qui le vaccin est contre indiqué.

L’efficacité des Ig dépend du moment de leur administration et de la dose administrée. La dose recommandée varie en fonction de la durée de la protection requise. En règle générale, pour une protection de moins de 3 mois, la dose est de 0,02 ml/kg. Si on a besoin d’une protection de 3 mois ou plus, il faut administrer une dose de 0,06 ml/kg et la répéter tous les 4 à 6 mois.

Personnes dont le dossier de vaccination est incomplet

Les enfants et adultes qui ne disposent pas de documents adéquats sur l’immunisation devraient être considérés comme non immunisés et recevoir le vaccin et les doses indiquées selon leur âge et leurs facteurs de risque. Le vaccin HA ou HAHB peut être administré, lorsqu’il est indiqué, peu importe la possibilité que le sujet ait déjà reçu le vaccin ou qu’il soit déjà immun, car il n’a pas été démontré qu’une vaccination répétée pouvait être néfaste. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des enfants et des adultes dont le dossier de vaccination est incomplet de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Grossesse et allaitement

L’innocuité de vaccins à composant anti-hépatite A durant la grossesse n’a pas fait l’objet d’essais cliniques. Cependant, étant donné que les vaccins sont préparés à partir de virus inactivés, le risque pour le fœtus en développement est théorique uniquement. La vaccination contre l’HA devrait donc être envisagée dans les situations à risque élevé où les avantages l’emportent sur les risques. Veuillez consulter les chapitres Vaccin contre l’hépatite B et Vaccin contre la typhoïde de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements. Consulter également le chapitre Immunisation durant la grossesse et l’allaitement de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Sujets immunodéprimés

Le vaccin HA peut être administré à des sujets immunodéprimés. Bien que l’efficacité du vaccin puisse être réduite chez les sujets immunodéprimés, le vaccin confère malgré tout une protection dans cette population et devrait être envisagé comme mesure pré-exposition et post-exposition dans les cas où il est indiqué. En plus du vaccin HA, l’administration d’Ig devrait être envisagée pour la prise en charge pré-exposition et post-exposition des sujets immunodéprimés, car il se peut que ces derniers ne répondent pas adéquatement au vaccin HA. Un test sérologique visant à déterminer le degré d’immunité peut être envisagé chez les sujets immunodéprimés dans les cas où une immunisation avant une exposition potentielle (p. ex. voyage vers une région à risque élevé) est prévue. Cependant, la sensibilité du test sérologique après l’administration du vaccin HA est faible. Si le résultat du test sérologique est positif, on peut présumer que la personne est immunisée; cependant, si le résultat du test est négatif, on ne peut pas présumer que la personne n’est pas immunisée.

Lorsqu’on envisage de vacciner une personne immunodéprimée, une consultation auprès du médecin traitant peut être utile en plus des directives fournies ci-dessous. Pour les cas complexes, il est conseillé de recommander le patient à un consultant possédant une expertise en vaccination ou en immunodéficience.

Immunodéficience congénitale (primaire)

On peut administrer le vaccin HA à des sujets atteints d’un déficit immunitaire congénital de n’importe quelle partie du système immunitaire s’il y a présence d’autres risques (voir Tableau 1).

Immunodéficience acquise (secondaire)

Greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) – autologue ou allogénique
Lorsqu’il est indiqué, le vaccin HA peut être administré, idéalement six mois après une greffe. Les contacts familiaux non immuns des receveurs de GCSH devraient recevoir le vaccin si d’autres risques sont présents (voir Tableau 1).

Transplantation d’un organe plein
Le vaccin HA est recommandé pour tous les candidats à une transplantation atteints d’hépatopathie chronique et, dans le cas d’une transplantation d’organe plein, il peut être administré à tous les candidats et receveurs s’il y a présence d’autres risques (voir Tableau 1). Si possible, la série de vaccins HA devrait être complétée avant la transplantation. Si le vaccin HA n’a pas été administré ou si seulement une partie de la série de vaccins a été administrée avant la transplantation, il faut commencer ou avoir complété la série de vaccins six mois après la transplantation. Les contacts familiaux non immuns des receveurs de transplantation d’organe plein devraient recevoir le vaccin HA s’il y a présence d’autres risques (voir Tableau 1).

Traitement immunosuppresseur
Lorsqu’il est indiqué, le vaccin HA peut être administré sans danger à tout moment avant, pendant ou après un traitement immunosuppresseur. Tout particulièrement, le vaccin HA devrait être administré avant, pendant ou après un traitement immunosuppresseur dans le cas d’une gestion post-exposition ou dans le cas d’une éclosion. Toutefois, pour assurer une immunogénicité optimale dans le cas d’indications non urgentes, il faudrait respecter le calendrier suivant, dans la mesure du possible.

Le vaccin HA devrait être administré au moins 14 jours avant le début du traitement immunosuppresseur (p. ex. fortes doses de corticostéroïdes à action générale [doses de 2 mg/kg par jour ou 20 mg par jour ou plus de prednisone ou d’un médicament équivalent] pendant 14 jours ou plus; chimiothérapie [p. ex. azathioprine, cyclosporine, cyclophosphamide ou infliximab] ou radiothérapie). En cas d’impossibilité, une période d’au moins 3 mois devrait s’écouler entre l’arrêt du médicament immunosuppresseur (à l’exception des corticostéroïdes à action générale à fortes doses) et l’administration du vaccin HA, et ce, afin d’assurer une immunogénicité. Dans le cas de fortes doses de stéroïdes à action générale, le délai entre l’arrêt des traitements et l’administration du vaccin HA diminue à 4 semaines. L’intervalle entre l’arrêt du traitement immunosuppresseur et l’administration du vaccin HA peut varier selon l’intensité du traitement immunosuppresseur, la maladie sous-jacente et d’autres facteurs.

Si le traitement immunosuppresseur ne peut pas être interrompu, le vaccin HA devrait être administré dans la mesure du possible lorsque la personne est le moins immunodéprimée.

Infection à VIH
Le vaccin HA est recommandé pour les sujets infectés par le VIH qui présentent des facteurs de risque tels que le fait d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes et l’usage de drogues illicites.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Personnes atteintes d’une maladie chronique

Maladie rénale chronique et dialyse
Dans une étude sur la réponse immunitaire de patients sous hémodialyse à des doses normales du vaccin HA, tous les sujets de l’étude ont présenté une bonne réponse immunitaire et aucun effet indésirable grave n’a été observé.

Hépatopathie chronique
L’immunisation contre l’hépatite A est recommandée pour tous les sujets non immuns atteints d’hépatopathie chronique, notamment ceux infectés par le virus de l’hépatite C et les porteurs de l’hépatite B chronique, car la maladie pourrait être plus sévère dans leur cas. La vaccination devrait être terminée dans les premiers stades de la maladie, car la réponse immunitaire au vaccin est sous-optimale dans la forme avancée de la maladie.

Troubles hématologiques bénins
Hémophilie
La vaccination contre l’hépatite A est recommandée pour les personnes souffrant d’hémophilie A ou B qui reçoivent des facteurs de coagulation dérivés du plasma. Les solvants-détergents utilisés actuellement pour préparer tous les facteurs VIII du plasma et certains concentrés de facteurs IX ne permettent pas d’inactiver de manière fiable le virus de l’hépatite A, car le virus n’a pas d’enveloppe. Par le passé, il y a eu des preuves de transmission par les facteurs de coagulation; cependant, compte tenu des protocoles de test actuellement en place, le risque est très faible.

Veuillez consulter la section Immunisation des personnes atteintes d’une maladie chronique de la Partie 3 pour davantage de renseignements généraux.

Voyageurs

L’hépatite A est l’une des maladies évitables par la vaccination les plus répandues chez les voyageurs. La protection contre l’HA est recommandée pour toutes les personnes qui voyagent dans des pays en développement, en particulier dans des zones rurales ou des endroits ne disposant pas d’installations sanitaires adéquates. Se reporter à la carte des pays et régions à risque de transmission de l’HALien externe (disponible en anglais seulement).

Étant donné la longueur de la période d’incubation de l’HA, et l’efficacité éprouvée du vaccin HA après une exposition, l’administration du vaccin HA aussi tard que le jour même du départ est considérée comme appropriée et efficace. On ne fait appel aux Ig en prophylaxie que dans les cas où le vaccin HA est contre-indiqué chez les voyageurs ou lorsque le vaccin pourrait ne pas être efficace. Veuillez consulter la section Immunisation pré-exposition.

Étant donné que la vaccination contre l’hépatite B (HB) est également indiquée chez la plupart des voyageurs, on recommande l’administration simultanée des vaccins HA et HB. Un vaccin combiné HAHB peut être administré aux sujets réceptifs à la fois au VHA et au VHB. Dans le cas des voyageurs qui consultent de 21 à 27 jours avant le départ, un calendrier d’administration rapide du vaccin HAHB prévoyant une dose aux jours 0, 7 et 21 avec une dose de rappel à 12 mois pour assurer une immunité à long terme peut être suivi pour les adultes. Dans le cas des voyageurs qui consultent moins de 21 jours avant le départ, il y a lieu d’administrer séparément les vaccins monovalents HA (qui contient deux fois plus d’antigènes HA que le vaccin HAHB) et HB, mais à un point d’injection différent et à l’aide d’une aiguille et d’une seringue distinctes, et le reste des deux séries vaccinales au retour. Veuillez consulter la Déclaration sur les vaccins contre l’hépatite à l’intention des voyageurs du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages pour obtenir davantage de renseignements. Consulter également le chapitre Immunisation des voyageurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Nouveaux arrivants au Canada

Les dispensateurs de soins de santé qui examinent des nouveaux arrivants au pays devraient évaluer leur statut vaccinal et mettre à jour leurs vaccins le cas échéant. Dans bien des pays, le vaccin HA est peu utilisé. Consulter l’information sur le calendrier vaccinal d’autres paysLien externe (disponible en anglais seulement).

Il faut envisager l’administration d’un vaccin HA à toutes les personnes venant d’un pays où cette maladie est endémique. On trouve un plus grand nombre de sujets immuns pour l’hépatite A dans les populations des pays en développement; par conséquent, il y a lieu de procéder à des tests d’immunité avant d’administrer le vaccin HA à des individus venant de pays d’endémie. Si les nouveaux arrivants de pays où l’hépatite A est endémique ne sont pas immunisés contre celle-ci, on devrait offrir de les vacciner, car ils présentent un risque accru d’être exposé à l’hépatite A lors de visites dans leur pays d’origine ou lorsqu’ils reçoivent des amis et de la famille de leur pays d’origine.

De plus, les nouveaux arrivants au Canada devraient subir un test de détection des anticorps dirigés contre le virus de l’hépatite C (VHC), et les sujets réceptifs atteints d’une infection à VHC chronique devraient recevoir les vaccins HA et HB. Les nouveaux arrivants devraient également subir un test de détection de l’hépatite B et être vaccinés contre l’hépatite A si on découvre qu’ils sont porteurs de l’hépatite B. Les contacts familiaux ou les proches des enfants adoptés de pays où l’HA est endémique devraient recevoir le vaccin à composant anti-hépatite A. Les adultes se déplaçant dans des pays où l’hépatite A est endémique pour aller chercher des enfants adoptés devraient être vaccinés avant leur départ. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des nouveaux arrivants au Canada de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Travailleurs

La vaccination pré-exposition est recommandée pour les groupes suivants :

  • Les membres du personnel militaire et les travailleurs humanitaires qui pourraient être affectés à l’étranger, dans des régions à forte prévalence d’HA.
  • Les gardiens de zoo, les vétérinaires et les chercheurs en contact avec des primates non humains.
  • Les travailleurs participant à des recherches sur le VHA, ou à la production du vaccin contre l’HA, pouvant être exposés au VHA.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation des travailleurs de la partie 3 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Immunisation post-exposition

Il faut offrir une prophylaxie post-exposition aux contacts familiaux et aux proches de cas d’hépatite A avérés ou suspects. Elle devrait être offerte lorsqu’un cas d’HA se déclare dans une garderie ou une maternelle, et les collègues et clients de personnes infectées qui manipulent des aliments devraient aussi en bénéficier. La prophylaxie post-exposition n’est pas nécessaire dans le cas d’autres contacts, comme à l’école, au travail ou lors de la prestation de soins à des sujets infectés par le VHA, à moins qu’une éclosion ne soit soupçonnée.

Vaccin contre l’hépatite A
Le vaccin HA est efficace comme mesure de prophylaxie post-exposition pour prévenir les infections chez les contacts, et il est recommandé de préférence aux Ig chez les personnes âgées de plus de 1 an. On devrait administrer aux contacts réceptifs une dose du vaccin contre l’hépatite A le plus tôt possible, de préférence au cours des 14 jours suivant la dernière exposition. Cependant, il faut tout de même envisager d’administrer le vaccin contre l’hépatite A si plus de 14 jours se sont écoulés depuis la dernière exposition, car il n’existe aucune donnée sur l’efficacité après une période plus longue.

Immunoglobulines
Les Ig sont l’agent immunoprophylactique post-exposition recommandé pour les nourrissons de moins de 1 an, et dans les cas où le vaccin HA est contre-indiqué ou non disponible. Les personnes immunodéprimées devraient recevoir des Ig en plus du vaccin HA, car ils pourraient ne pas présenter de réponse satisfaisante au vaccin. La dose d’Ig pour la prophylaxie post‑exposition est habituellement de 0,02 ml/kg, administrée le plus vite possible après l’exposition. L’efficacité des Ig 14 jours après l’exposition est inconnue. Veuillez consulter la partie 5, Agents d’immunisation passive, pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Administration du vaccin

Dose, voie d’administration et calendrier

Dose et calendrier
Vaccin HA

Une dose de vaccin monovalent HA est administrée à titre de primovaccination avec une dose de rappel de 6 à 36 mois plus tard selon le produit utilisé. Cette dose de rappel peut être administrée à tout moment ultérieurement, si elle ne l’a pas été durant cet intervalle recommandé (voir Tableau 3).

Vaccin HAHB
Il existe plusieurs calendriers autorisés pour l’administration des vaccins HAHB (voir Tableau 3). Par ailleurs, des essais cliniques ont révélé que d’autres calendriers et doses assurent également une bonne séroprotection. Une dose de la formulation pour adultes du vaccin HAHB (TWINRIX®) contient une dose pour adultes standard de vaccin HB et une demi-dose pour adultes de vaccin HA. Pour les adultes de 19 ans et plus, le vaccin HAHB est habituellement administré aux mois 0, 1 et 6. Il existe également un calendrier d’administration rapide prévoyant 1 dose aux jours 0, 7 et 21, suivi d’une quatrième dose au mois 12. Pour les personnes âgées de 1 à 18 ans, le calendrier autorisé pour la formulation HAHB du vaccin pour enfants et adolescents (TWINRIX® Junior) prévoit 1 dose aux mois 0, 1 et 6. Il y a aussi un calendrier autorisé à l’intention des enfants âgés de 1 à 15 ans prévoyant 2 doses du vaccin HAHB pour adultes qui sont administrées au mois 0 ainsi qu’entre 6 et 12 mois. Les essais cliniques ont montré que d’autres calendriers et d’autres doses donnent de bons taux de séroprotection et de bonnes moyennes géométriques des titres. Par exemple, un calendrier à 2 doses du vaccin HAHB pour enfants et adolescents administrées aux mois 0 et 6 chez les enfants canadiens d’âge scolaire (de 8 à 10 ans) a donné de bons résultats.

Le vaccin monovalent HA peut venir compléter une série de vaccins HA ayant commencé par un vaccin HAHB et vice versa. Cependant, le vaccin monovalent HB sera également nécessaire pour assurer une protection complète contre l’hépatite B. Une fois une série de vaccins HAHB commencée, il est préférable de compléter la série par un vaccin HAHB. Voir Tableau 2 pour connaître les options pour compléter la série de vaccins HA et Tableau 3 pour connaître les calendriers en fonction de l’âge pour chaque produit.

Tableau 2 : Options pour compléter la série de vaccins contre l’hépatite A chez les adultes, les enfants et les adolescents
Tableau 2 - Note *1
Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l’hépatite B de la partie 4 pour obtenir plus de détails sur les calendriers de vaccination contre l’hépatite B. Chez les adultes et enfants de presque tout âge (sauf ceux âgés de 11 à 15 ans), 3 doses du vaccin contre l’hépatite B sont nécessaires pour assurer une protection contre l’hépatite B.
Tableau 2 - Note *2
Une fois la série de vaccins HAHB commencée, il est préférable de compléter la série avec un vaccin HAHB. Le vaccin HA peut être donné si le vaccin HAHB n’est pas disponible et seulement si une protection contre l’hépatite A est nécessaire.
Tableau 2 - Note *3
Voir Tableau 3 pour connaître les calendriers et les âges limites pour chaque produit.
Tableau 2 - Note *4
Chez les enfants de 8 à 10 ans, un calendrier à 2 doses du vaccin HAHB pour enfants et adolescents administrées aux mois 0 et 6 a donné de bons résultats.
Tableau 2 - Note *5
Chez les enfants âgés de 1 à 15 ans, deux doses du vaccin HAHB pour adultes est un calendrier autorisé. Chez les enfants âgés de 16 à 18 ans, le clinicien doit faire preuve de jugement, car il n’existe aucune donnée, ni de calendrier autorisé pour ce genre de situation; un calendrier pour adultes à 3 doses devrait être envisagé.
Adulte avec antécédents de : Options pour compléter la série de vaccins contre l’hépatite A

1 dose pour adultes du vaccin HAHB

2 doses pour adultes du vaccin HAHB OU

2 doses pour adultes du vaccin HATableau 2 - Note *1,Tableau 2 - Note *2

2 doses pour adultes du vaccin HAHB

1 dose pour adultes du vaccin HAHB OU

1 dose pour adultes du vaccin HATableau 2 - Note *1,Tableau 2 - Note *2

1 dose pour adultes du vaccin HA

1 dose pour adultes du vaccin HA OU

2 doses pour adultes du vaccin HAHBTableau 2 - Note *1

Enfant ou adolescentTableau 2 - Note *3 avec antécédents de : Options pour compléter la série de vaccins contre l’hépatite A

1 dose pour enfants et adolescents du vaccin HAHB

2 doses pour enfants et adolescents du vaccin HAHBTableau 2 - Note *4 OU

2 doses pour enfants et adolescents du vaccin HAHBTableau 2 - Note *1,Tableau 2 - Note *2

1 dose pour adultes du vaccin HAHB

1 dose pour adultes du vaccin HAHB à moins d’avoir 16 ans ou plusTableau 2 - Note *5 OU

1 dose pour enfants et adolescents du vaccin HATableau 2 - Note *1,Tableau 2 - Note *2

2 doses pour enfants et adolescents du vaccin HAHB

1 dose pour enfants et adolescents du vaccin HAHBTableau 2 - Note *4 OU

1 dose pour enfants et adolescents du vaccin HATableau 2 - Note *1,Tableau 2 - Note *2

2 doses pour adultes du vaccin HAHB

Aucune dose supplémentaire à moins d’avoir 16 ans ou plusTableau 2 - Note *5

1 dose pour enfants et adolescents du vaccin HA

1 dose pour enfants et adolescents du vaccin HA

Vaccin HA-Typh-I
Une dose du vaccin HA-Typh-I est donnée dans le cadre de la primovaccination chez les personnes âgées de 16 ans et plus. Pour assurer une protection prolongée contre l’infection par le VHA, une dose de rappel du vaccin HA monovalent devrait être administrée de 6 à 36 mois plus tard. Sinon, le vaccin HA-Typh-I peut être donné comme vaccin de rappel après 36 mois. Le vaccin HA-Typh-I peut être utilisé comme vaccin de rappel chez les personnes ayant reçu le vaccin HA 36 mois plus tôt et qui nécessitent une protection contre la typhoïde. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la typhoïde de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Tableau 3 : Doses et calendriers de vaccination des vaccins à composant anti-hépatite A
Vaccin Antigène(s)Tableau 3 - Note * Dose Calendrier
(Mois : 1re dose = mois 0)
ÂgeTableau 3 - Note **
Tableau 3 - Note *
Il n’existe pas de norme internationale pour la mesure des antigènes du VHA. Chaque fabricant utilise ses propres unités de mesure.
Tableau 3 - Note **
Âge pour lequel l’utilisation du vaccin est autorisée.
Tableau 3 - Note ***
Un calendrier à 2 doses du vaccin HAHB pour enfants et adolescents administrées aux mois 0 et 6 chez les enfants canadiens d’âge scolaire (de 8 à 10 ans) a donné de bons résultats.
HA
hépatite A
HB
hépatite B
AVAXIM® 160 unités d’antigène du VHA 0,5 ml 0, de 6 à 36 12 ans et plus
AVAXIM® Pédiatrique 80 unités d’antigène du VHA 0,5 ml 0, de 6 à 12 1 à 15 ans
HAVRIX® 1440 1440 unités ELISA du VHA 1,0 ml 0, de 6 à 12 19 ans et plus
HAVRIX® 720 Junior 720 unités ELISA du VHA 0,5 ml 0, de 6 à 12 1 à 18 ans
VAQTA® 50 unités du VHA 1,0 ml 0, 6 18 ans et plus
VAQTA® Pédiatrique 25 unités du VHA 0,5 ml 0, de 6 à 18 1 à 17 ans
TWINRIX® 720 unités ELISA du VHA
20 µg du VHB
1,0 ml 0, 1, 6 ou
0, jour 7, jour 21, mois 12
19 ans et plus
0, de 6 à 12 1 à 15 ans
TWINRIX® Junior 360 unités ELISA du VHA
10 µg du VHB
0,5 ml 0, 1 et 6 1 à 18 ansTableau 3 - Note ***
ViVAXIM® 160 unités d’antigène du VHA, Salmonella typhi 1,0 ml 0, dose de rappel du vaccin HA aux mois de 6 à 36 ou du vaccin HA-Typh-I au mois 36 16 ans et plus

Pour connaître les recommandations concernant les différents vaccins, veuillez consulter le feuillet du produit ou les renseignements figurant dans les monographies de produits autorisés par Santé Canada, qui sont accessibles à partir de la Base de données sur les produits pharmaceutiquesLien externe.

Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l’hépatite B de la partie 4 pour obtenir davantage de renseignements.

Voie d’administration
Le vaccin à composant anti-hépatite A doit être administré par voie intramusculaire. Veuillez consulter le chapitre Méthodes d’administration des vaccins, de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements.

Doses de rappel et revaccination

On s’attend à ce que les concentrations assurant une protection persistent au moins 20 ans, voire la vie entière, après la vaccination par 2 doses du vaccin HA. On observe le développement d’une mémoire immunitaire indiquant que le sujet demeure protégé même en l’absence de concentrations d’anticorps mesurables.

Tests sérologiques

Pré-immunisation

Il convient d’envisager le recours à des tests sérologiques avant l’immunisation chez les populations où les taux d’immunité préexistante pourraient être plus élevés, comme les Canadiens d’un certain âge, les personnes originaires de régions où l’HA est endémique et les sujets ayant des antécédents d’hépatite ou d’ictère dont l’étiologie pourrait être liée à l’HA.

Post-immunisation

L’exécution systématique d’un test sérologique n’est pas recommandée après l’administration d’un vaccin à composant anti-hépatite A.

Conditions d’entreposage

Conserver le vaccin à composant anti-hépatite A à une température de +2 °C à +8 °C. Ne pas congeler. Administrer le vaccin HA-Typh-I sans délai, une fois le mélange terminé. Veuillez consulter le chapitre Manipulation et entreposage des agents immunisants de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux et la partie 5, Agents d’immunisation passive pour obtenir davantage de renseignements sur l’entreposage des immunoglobulines.

Administration simultanée d’autres vaccins

Les vaccins HA et HAHB peuvent être administrés en même temps que d’autres vaccins ou avec des Ig, mais à un point d’injection différent et à l’aide d’une aiguille et d’une seringue distinctes. Veuillez consulter le chapitre Moment propice à la vaccination de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Innocuité et effets secondaires du vaccin et des immunoglobulines

Veuillez consulter le chapitre Innocuité des vaccins et effets secondaires suivant l’immunisation, de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Effets secondaires fréquents et effets secondaires locaux

Vaccin HA
Le vaccin HA est bien toléré. Les réactions sont généralement bénignes et transitoires, et se limitent habituellement à une douleur et à une rougeur au point d’injection. Parmi les autres réactions fréquentes, on note les suivantes : céphalées, irritabilité, malaise, fièvre, fatigue et symptômes gastro-intestinaux. On observe moins souvent de réactions au point d’injection chez les enfants que chez les adultes (21 % par rapport à 56 %), et les effets systémiques bénins sont également moins fréquents chez eux (de 2 à 9 % par rapport à 16 %). On n’a pas constaté de différence significative dans les réactions selon qu’il s’agisse de la dose initiale ou de doses subséquentes du vaccin, ou selon la présence d’une immunité préexistante.

Vaccin HAHB
L’administration du vaccin HAHB n’est pas associée à une fréquence accrue d’effets secondaires par rapport au vaccin HA administré seul ou en même temps que le vaccin HB à un point d’injection différent. L’administration de doses pour adultes de vaccin HAHB à des enfants, selon le calendrier à 2 doses, n’a pas été associée à une fréquence plus élevée d’effets secondaires que celle normalement liée à la dose pédiatrique.

Ig
Le patient peut éprouver une douleur ou une sensibilité au site d’injection et développer de l’urticaire ou une angioneurose cutanée.

Effets secondaires moins fréquents et graves ou sévères

Les effets secondaires graves sont rares après l’immunisation et, dans la plupart des cas, les données sont insuffisantes pour établir un lien de causalité. On a déjà observé des réactions anaphylactiques consécutives à l’administration d’un vaccin à composant anti-hépatite A, mais seulement dans de très rares cas.

Autres effets secondaires et affections signalés

Bien que certains aient prétendu ou déclaré avoir observé des effets secondaires graves et l’apparition de maladies chroniques suivant l’administration du composant anti-hépatite B du vaccin HAHB, les études effectuées n’ont pas révélé de lien causal. Les maladies chroniques et les effets graves évoqués sont notamment les suivants : syndrome de fatigue chronique, sclérose en plaques, syndrome de Guillain-Barré, polyarthrite rhumatoïde, maladie auto-immune et syndrome de mort subite du nourrisson.

Conseils pour la déclaration des manifestations cliniques inhabituelles suivant l’immunisation

Les dispensateurs de vaccins sont priés de signaler aux responsables de la santé publique locaux tout effet secondaire grave ou inattendu qu’ils estiment être temporellement associés à la vaccination. Une manifestation clinique inhabituelle (MCI) inattendue est un effet secondaire qui ne figure pas dans les renseignements disponibles sur le produit mais qui peut être attribuable à l’immunisation, ou encore une modification de la fréquence d’une MCI connue. Veuillez-vous référer Déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MCI) à la suite d’une immunisation au Canada du chapitre Innocuité des vaccins de la Partie 2 pour obtenir davantage de renseignements sur la déclaration des effets secondaires suivant l’immunisation (ESSI aussi appelés manifestations cliniques inhabituelles [MCI]).

Contre-indications et précautions

Les vaccins à composant anti-hépatite A et les immunoglobulines sont contre-indiqués chez les personnes ayant déjà eu une réaction anaphylactique au produit et chez les personnes ayant une hypersensibilité immédiate ou anaphylactique établie à l’un ou l’autre des composants du produit ou de son contenant.

Voir Tableau 1 et Tableau 2 du chapitre sur les Considérations générales de la partie 1 pour obtenir les listes de tous les vaccins ainsi que de tous les agents d’immunisation passive homologués au Canada, et pour connaître leur contenu. Dans le cas des vaccins à composant anti-hépatite A, voici les allergènes potentiels :

  • AVAXIM® et AVAXIM® Pédiatrique : néomycine
  • HAVRIX® 1440 et HAVRIX® 720 Junior : néomycine, latex dans l’embout du piston de la seringue préremplie
  • TWINRIX® et TWINRIX® Junior : néomycine, latex dans l’embout du piston de la seringue préremplie, protéine de levure
  • VAQTA® et VAQTA® pour enfants et adolescents : néomycine, latex dans le bouchon du flacon
  • ViVAXIM® : néomycine

Des protéines de levure sont utilisées dans la fabrication des vaccins HB et HAHB. Les vaccins TWINRIX® et TWINRIX® Junior contiennent une petite quantité de protéines de levure. L’hypersensibilité à la levure est très rare et des antécédents personnels d’allergie à la levure ne sont pas fiables généralement. Dans les cas où on soupçonne une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactique aux composants vaccinaux, une enquête est recommandée, qui peut comprendre l’immunisation dans un milieu contrôlé. Il est conseillé de consulter un allergologue.

L’innocuité du vaccin HA ou HAHB durant la grossesse n’a pas fait l’objet d’essais cliniques. Cependant, étant donné que les vaccins sont préparés à partir de virus inactivés, le risque pour le fœtus en développement est théorique.

L’administration du vaccin à composant anti-HA devrait être retardée chez les personnes atteintes d’une maladie aiguë modérée ou grave. Dans le cas d’une maladie aiguë mineure (avec ou sans fièvre), la personne peut être vaccinée.

Veuillez consulter le chapitre Contre-indications et précautions générales de la partie 2 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

Autres considérations

Interchangeabilité des vaccins

Les vaccins monovalents HA peuvent être utilisés de manière interchangeable. N’importe quel vaccin HA indiqué pour l’âge de la personne à vacciner sera efficace à titre de rappel, même si la dose initiale venait d’un fabricant différent. Veuillez consulter le chapitre Principes de l’interchangeabilité des vaccins de la partie 1 pour obtenir davantage de renseignements généraux.

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