Agence de la santé publique du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Partagez cette page

Guide canadien d'immunisation
Septième édition - 2006

[Précédent] [Table des matières] [Prochaine]

Partie 3
Immunisations recommandées

Immunisation des personnes nouvellement arrivées au Canada

L'immunisation des personnes qui viennent d'arriver au Canada pose un défi, car il se peut qu'on ne dispose pas de dossiers d'immunisation, que des dossiers existent mais qu'ils soient difficiles à interpréter à cause d'obstacles linguistiques, et que les calendriers d'immunisation et les produits diffèrent de ceux utilisés au Canada. Les nouveaux immigrants, les réfugiés et les enfants étrangers adoptés par des Canadiens peuvent ne pas avoir reçu certains vaccins ou ne pas posséder de dossiers d'immunisation en raison de leurs conditions de vie avant leur arrivée au Canada ou parce que ces vaccins ne sont pas offerts dans leur pays d'origine. Seuls les documents écrits indiquant les vaccins reçus à des âges et à des intervalles comparables à ceux prévus dans le calendrier canadien devraient être considérés comme valides. Voir la section Immunisation des enfants et des adultes dont le dossier de vaccination est incomplet pour plus d'information.

Bien qu'on puisse présumer que l'efficacité potentielle des vaccins disponibles dans d'autres pays est généralement adéquate, les calendriers d'immunisation varient. L'âge au moment de la vaccination (p. ex. 9 mois pour le vaccin contre la rougeole dans certains pays), le nombre de doses et les intervalles entre les doses devraient être soigneusement examinés et comparés avec les recommandations canadiennes et provinciales ou territoriales lorsqu'on veut déterminer s'il est nécessaire d'administrer des doses additionnelles de vaccins. Dans bien d'autres pays, l'usage des vaccins contre les oreillons et la rubéole est limité, et seul le vaccin contre la rougeole est généralement administré. L'utilisation du vaccin conjugué contre Haemophilus influenzae de type b, des vaccins contre l'hépatite B, contre la varicelle, conjugué contre le pneumocoque et conjugué contre le méningocoque de sérogroupe C est également limitée. On trouvera de l'information sur les calendriers de vaccination dans d'autres pays sur le site Web suivant : http://www.who.int/vaccines/GlobalSummary/Immunization/ScheduleSelect.cfm.

Certaines études portant sur des enfants d'autres pays qui ont été adoptés ont révélé que, malgré l'existence de documents d'immunisation écrits adéquats, certains d'entre eux n'ont pas de preuves sérologiques de protection contre la diphtérie et le tétanos. Les recommandations concernant la stratégie de vaccination de ces enfants varient :

  • ne pas tenir compte du document écrit et répéter les vaccins, en particulier lorsqu'on doute de l'authenticité des dossiers ou des vaccins utilisés;
  • accepter le dossier écrit à la condition qu'il semble valide du point de vue de l'âge au moment de la vaccination et du moment d'administration des doses;
  • utiliser de façon judicieuse les tests sérologiques pour s'assurer que l'enfant est bien protégé lorsqu'on se demande si les dossiers de vaccination sont adéquats.

L'épidémiologie de certaines maladies infectieuses varie selon les pays. Par exemple, l'incidence des infections varicelleuses est plus élevée chez les adultes dans les pays tropicaux que dans les pays à climat tempéré. Les adolescents et les adultes de ces pays sont donc plus nombreux à être réceptifs à la varicelle et à avoir besoin d'être vaccinés que les personnes nées au Canada. Les sujets nés dans des pays en développement sont plus nombreux à être des porteurs de l'hépatite B, d'où la nécessité de vacciner leurs contacts sexuels et familiaux. L'immunité contre l'hépatite A est également plus répandue chez les personnes nées à l'étranger; il faut donc envisager de vérifier l'immunité avant d'administrer le vaccin contre l'hépatite A à des personnes issues de pays où cette maladie est endémique.

L'examen médical réglementaire de l'Immigration (EMRI) est requis dans le cas des enfants et des adultes qui veulent obtenir la résidence permanente au Canada. Cet examen est effectué dans les 12 mois qui précèdent l'arrivée au Canada des nouveaux immigrants et des personnes revendiquant le statut de réfugié à l'étranger. Les revendicateurs du statut de réfugié au Canada doivent subir un EMRI dans les 60 jours suivant leur revendication.

Il importe de noter que l'EMRI n'inclut pas systématiquement :

  • un examen de l'état immunitaire;
  • un test cutané à la tuberculine (TCT);
  • un test sérologique de dépistage de l'hépatite B.

Les professionnels de la santé au Canada qui examinent des personnes arrivées depuis peu au pays devraient donc évaluer l'état vaccinal et mettre à jour l'immunisation en priorité. Ils devraient également effectuer une évaluation complète de la santé (comprenant un dépistage complet de diverses maladies chroniques et non évitables par la vaccination), tel qu'indiqué dans les références ci-dessous. Dans le cadre de cette évaluation, les tests suivants aident particulièrement à déterminer s'il est nécessaire d'administrer certains vaccins ou s'il existe des contre-indications :

  • Antigène de surface du virus de l'hépatite (AgHBs), anticorps dirigé contre l'antigène de surface du VHB, anticorps dirigé contre l'antigène nucléoclapsidique du VHB. Si un membre de la famille est porteur de l'AgHBs, toute la famille devrait subir un test de détection des marqueurs de l'hépatite B et être vaccinée comme il convient.
  • Anticorps anti-VHC. Les personnes souffrant d'une infection chronique par le VHC devraient être vaccinées contre l'hépatite A et l'hépatite B (si elles n'ont pas déjà été infectées par ces agents).
  • Dépistage sérologique du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) chez les personnes issues de pays où les taux d'infection à VIH sont élevés (si la séropositivité à l'égard du VIH n'est pas connue). Le dépistage du VIH est effectué dans le cadre de l'EMRI chez les personnes de 15 ans et plus et chez certains enfants (ceux qui ont reçu du sang et des produits sanguins, ceux dont la mère est séropositive pour le VIH et tous les candidats à l'adoption). Les personnes souffrant d'une infection à VIH avancée ne devraient pas recevoir de vaccins vivants. Prière de se reporter au chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés pour plus d'information.
  • Formule sanguine complète, test de falciformation et électrophorèse de l'hémoglobine dans le cas des personnes provenant de régions du monde où l'anémie falciforme (drépanocytose) et les hémoglobinopathies génétiques, telles que la bêta-thalassémie, sont présentes. Les personnes atteintes d'anémie falciforme risquent de souffrir d'infections graves causées par des bactéries encapsulées, telles que Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae et Neisseria meningitidis. Elles devraient être immunisées au moyen du vaccin conjugué et du vaccin polysaccharidique contre le pneumocoque, du vaccin conjugué contre Haemophilus influenzae de type b et des vaccins conjugué et polysaccharidique quadrivalent contre le méningocoque C (voir les chapitres pertinents). Les personnes atteintes d'anémie falciforme ou de thalassémie devraient être vaccinées chaque année contre l'influenza.

Comme les familles nouvellement arrivées au Canada peuvent retourner dans leur pays d'origine pour rendre visite à des amis et à des parents ou peuvent recevoir des visiteurs de leur pays d'origine, on envisagera de vacciner contre l'hépatite A et/ou B tous les membres de la famille s'ils sont issus d'un pays où ces maladies sont endémiques. Il est recommandé de consulter une clinique santé-voyage au moins 6 à 8 semaines avant un voyage. Toutefois, les personnes installées depuis peu au Canada peuvent ne pas considérer le retour dans leur pays comme un risque pour la santé et peuvent être moins enclines à consulter avant leur départ.

Les membres de la famille qui voyagent à l'extérieur du Canada pour l'adoption d'un bébé devraient également consulter avant leur départ et recevoir toutes les immunisations appropriées. L'adoption d'un bébé par une famille offre l'occasion d'examiner l'état vaccinal de tous les membres de la famille.

Références choisies

Aronson J. Medical evaluation and infectious considerations on arrival. Pediatric Annals 2000;29(4):218-23.

Barnett ED. Infectious disease screening for refugees resettled in the United States. Clinical Infectious Diseases 2004;39(6):833-41.

Centers for Disease Control and Prevention. Travelers' health: yellow book. Health information for international travel, 2005-2006. Atlanta, GA: US Department of Health and Human Services, Public Health Service, 2005; chapter 8. URL: <http://www2.ncid.cdc.gov/travel/yb/utils/ybGet.asp?section=children&obj=adoption.htm&cssNav=browseoyb>.

Chen LH, Barnett ED, Wilson ME. Preventing infectious diseases during and after international adoption. Annals of Internal Medicine 2003;139:371-8.

Société canadienne de pédiatrie. Guide des soins aux enfants et adolescents néocanadiens. Ottawa : SCP, 1999, URL (pour l'achat) : <http://www.cps.ca/francais/publications/Librairie/GuideDesSoins.htm>.

Stauffer WM, Kamat D, Walker PF. Screening of international immigrants, refugees and adoptees. Primary Care 2002;29(4):879-905.

[Précédent] [Table des matières] [Prochaine]