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Guide canadien d'immunisation
Septième édition - 2006

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Partie 3
Immunisations recommandées

Immunisation des personnes atteintes de troubles neurologiques

L'Institute of Medicine (IOM) a effectué des examens de la littérature fondés sur les preuves et a rejeté toute association causale entre les vaccins et les troubles neurologiques suivants :

  • les vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) contenant du thimérosal et les troubles du spectre autistique chez l'enfant;
  • le vaccin contre l'influenza et les troubles neurologiques démyélinisants chez les enfants de 6 à 23 mois (groupe d'âge étudié);
  • les vaccins contre l'hépatite B ou l'influenza et les épisodes ou rechutes de sclérose en plaques chez l'adulte.

L'IOM a conclu que les données confirmaient l'existence d'une relation causale entre le vaccin contre la grippe porcine de 1976 et le syndrome de Guillain-Barré (SGB) chez les adultes. Les données examinées par l'Institut ne permettaient pas de réfuter ni de confirmer l'existence d'une association entre le SGB et les vaccins contre l'influenza utilisés après 1976. Une étude menée par d'autres chercheurs a cependant estimé l'incidence du SGB associé au vaccin chez les adultes à un cas additionnel de SGB par million de doses de vaccin contre l'influenza administrées. On ne dispose pas de données sur l'incidence du SGB chez les enfants après la vaccination contre l'influenza.

Pour les besoins de la vaccination, on peut répartir les personnes souffrant de troubles neurologiques en deux catégories : celles qui souffrent de troubles neurologiques préexistants et celles chez qui les symptômes d'une nouvelle affection sont apparus après l'immunisation.

Troubles neurologiques préexistants

Les troubles qui apparaissent habituellement durant la première année de vie, tels que la paralysie cérébrale, le spina bifida, les troubles convulsifs, les maladies neuromusculaires et les erreurs innées du métabolisme, peuvent se déclarer cliniquement avant l'administration des vaccins systématiquement recommandés durant la première année de vie. D'autres affections, comme les troubles du spectre autistique, l'encéphalopathie démyélinisante aiguë, la myélite transverse, la sclérose en plaques et le SGB, se manifestent souvent plus tard dans l'enfance ou à l'âge adulte et peuvent survenir avant ou après la vaccination des adolescents et des adultes (p. ex. vaccins contre l'hépatite B, le tétanos, la diphtérie et acellulaire contre la coqueluche (dcaT)).

Les troubles neurologiques dont l'apparition précède nettement l'immunisation ne sont pas des contre-indications d'une immunisation subséquente. Les personnes atteintes de ces troubles courent un risque de surmorbidité et de surmortalité associées à des infections évitables par la vaccination causées par Haemophilus influenzae de type b, Neisseria meningitidis de sérogroupe C, Streptococcus pneumoniae (sérotypes vaccinaux), les agents de la coqueluche, de la rougeole et de la rubéole. Des études récentes ont montré que les enfants souffrant de troubles neurologiques risquent de contracter la varicelle et des infections grippales suffisamment sévères pour devoir être hospitalisés. Par conséquent, les personnes qui souffrent de troubles neurologiques préexistants devraient recevoir sans tarder tous les vaccins systématiquement recommandés. En outre, les adultes et les enfants de ≥ 6 mois qui présentent des affections neurologiques pouvant empêcher l'élimination des sécrétions respiratoires devraient recevoir chaque année le vaccin contre l'influenza. Le lecteur est prié de se reporter à la Déclaration sur la vaccination antigrippale du Comité consultatif national de l'immunisation affichée à l'adresse www.ccni.gc.ca pour obtenir plus d'information.

Événements neurologiques suivant l'immunisation

Il est rare que des événements neurologiques surviennent dans les 8 semaines suivant une immunisation. Parce qu'ils se produisent peu de temps après l'administration du vaccin, on dit qu'ils sont « temporellement associés ». Cette association temporelle ne suffit pas à prouver que le vaccin a causé les événements neurologiques. Pour plus d'information, le lecteur est prié de se reporter au chapitre Innocuité des vaccins. Les enfants qui présentent des épisodes d'hypotonie-hyporéflexivité (HH), des convulsions fébriles et non fébriles ou des épisodes de pleurs persistants et inconsolables après avoir reçu le vaccin acellulaire contre la coqueluche ou un autre vaccin peuvent recevoir la ou les prochaines doses de vaccins sans tarder, car ces événements ne sont pas associés à des problèmes durables et ne sont donc pas considérés comme des contre-indications de la poursuite de l'immunisation. Ces événements sont apparus aussi fréquemment après le DCaT ou le DT, et les enfants ont reçu le vaccin acellulaire contre la coqueluche sans problèmes après des épisodes antérieurs d'HH.

Les personnes qui ont contracté une encéphalopathie ou une encéphalite dans les 7 jours suivant l'immunisation devraient faire l'objet d'une investigation plus approfondie. Les cas associés à d'autres causes d'encéphalopathie (p. ex. infection virale) ou ceux qui sont complètement rétablis avant la vaccination suivante prévue peuvent être immunisés sans délai. Les sujets dont l'encéphalopathie persiste ou n'est associée à aucune autre cause devraient être adressés à un spécialiste et peuvent être immunisés si leur état est stable et s'il s'avère qu'il n'est pas lié à l'immunisation.

Le système de surveillance du Programme de surveillance des effets secondaires associés aux vaccins (IMPACT) recueille des données sur les enfants admis pour une encéphalopathie aux 12 établissements de soins tertiaires pédiatriques du Canada affiliés au programme. Le programme IMPACT a permis d'identifier quatre enfants entre 1997 et 2002 dont l'encéphalopathie était apparue dans les 7 jours suivant l'administration de vaccins acellulaires contre la coqueluche. Tous présentaient des infections ou des troubles concomitants qui auraient pu expliquer l'encéphalopathie. Deux des cas étaient infectés par le virus de l'influenza A, un souffrait d'une affection diarrhéique sans que l'agent responsable n'ait été identifié et le dernier cas était dû à une hypoglycémie secondaire à une insuffisance surrénale. L'encéphalopathie temporellement associée au vaccin à germes entiers ou acellulaire contre la coqueluche semble donc très rare au Canada, et ces données indiquent qu'une autre cause est habituellement établie.

On n'a pas trouvé d'association causale entre le SGB et le vaccin contre le tétanos ou le vaccin actuellement disponible contre l'influenza. Il est cependant plus prudent pour l'instant de ne pas vacciner contre le tétanos les enfants et les adultes qui ont développé un SGB dans les 8 semaines suivant une vaccination antérieure contre le tétanos et de ne pas administrer le vaccin contre l'influenza aux enfants et aux adultes qui ont développé un SGB dans les 8 semaines suivant une dose antérieure de vaccin contre l'influenza. Si le SGB apparaît après cet intervalle ou si l'on a découvert une autre cause (p. ex. une infection à Campylobacter jejuni), une dose subséquente des vaccins contre le tétanos et contre l'influenza peut être administrée.

Comme l'IOM a rejeté toute association causale entre les vaccins susmentionnés et les troubles du spectre autistique ou les affections démyélinisantes (y compris la sclérose en plaques), les enfants et les adultes atteints de ces troubles peuvent recevoir sans tarder une dose additionnelle de RRO, du vaccin contre l'hépatite B et du vaccin contre l'influenza, de même que tout autre vaccin systématiquement recommandé.

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