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Guide canadien d'immunisation
Septième édition - 2006
Guide canadien d'immunisation 2006
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Partie 1
Lignes directrices générales
Méthodes
d'administration des vaccins
Une bonne administration des vaccins est
essentielle pour garantir leur innocuité et leur efficacité optimales. Les méthodes
d'administration sont basées sur les
résultats d'essais cliniques qui permettent de
déterminer la dose, la voie et le calendrier
d'administration de chaque vaccin. Il faut aussi
s'inspirer des normes professionnelles relatives à
la médication et à l'administration des
vaccins ainsi que des politiques et procédures
fédérales/provinciales/territoriales, le cas
échéant. Avant de vacciner, tous les vaccinateurs
devraient recevoir de l'information et une formation
axée sur les compétences en ce qui concerne
l'administration des vaccins. Des programmes devraient
être implantés pour surveiller la qualité des
services d'immunisation. Les renseignements qui suivent
donnent un aperçu général des
méthodes d'administration des vaccins.
Counselling avant la
vaccination
Avant la vaccination, le vaccinateur
devrait s'assurer que le futur vacciné est capable
de consentir à l'intervention ou, s'il y a
lieu, qu'un tuteur ou titulaire de l'autorité
parentale soit présent pour donner son
consentement. De l'information concernant les
risques et les avantages de la vaccination et de la
non-vaccination devrait être fournie, et l'on devrait
permettre au client de poser des questions. Il importe de
discuter avec la personne, le tuteur ou le titulaire de
l'autorité parentale des effets secondaires
bénins qui se produisent fréquemment et des effets
indésirables graves. On devrait interroger cette personne
au sujet des contre-indications pertinentes et des
précautions à prendre avant la vaccination. Il faut
prendre soin de déterminer s'il existe un risque
d'anaphylaxie, notamment vérifier les
antécédents de réaction anaphylactique ou
d'allergie grave à un des composants du vaccin ou au
latex, si le produit en contient. Pour obtenir plus
d'information, le lecteur est prié de se reporter au
chapitre Contre-indications et
précautions générales.
Administration des
vaccins
Lorsqu'on administre un vaccin, il
convient d'utiliser la dose, la voie
d'administration, le site et le calendrier
recommandés afin d'optimaliser l'efficacité du vaccin et de réduire le risque de
réactions locales ou d'autres
événements indésirables.
Préparation des
vaccins
- Inspection des vaccins :
L'étiquette d'identification et la date de
péremption du vaccin sur la fiole ou l'emballage
devraient être vérifiées par le vaccinateur
avant l'administration du produit. Les vaccins ne devraient
pas être utilisés après leur date de
péremption. Si le mois et l'année seulement
sont indiqués comme date de péremption, le vaccin
peut être utilisé jusqu'à la fin de ce
mois. La date de la première utilisation du vaccin devrait
être indiquée sur les fioles multidoses et,
à moins d'indication contraire du fabricant, ces fioles devraient être jetées 30 jours après la
première utilisation. Avant de les utiliser, il faudrait
inspecter les fioles de vaccin pour voir si elles
présentent des anomalies telles que particules, bris ou
contamination. Avant leur administration, il faut agiter les
fioles jusqu'à l'obtention d'une
suspension uniforme.
- Reconstitution des vaccins : Lorsque le
vaccin est lyophilisé, seul le diluant fourni avec le
vaccin peut être utilisé pour le reconstituer,
à moins d'avis contraire du fabricant.
- Préremplissage des vaccins dans
les seringues : Idéalement, un vaccin devrait être
prélevé de la fiole par le vaccinateur qui
administre le vaccin. On ne recommande pas de préparer
les seringues à l'avance à cause de la
stabilité incertaine des vaccins dans les seringues, du
risque de contamination, du risque accru d'erreurs dans
l'administration du vaccin et de la perte de vaccins. En
milieu hospitalier où les seringues sont
préparées et étiquetées à la
pharmacie, il est envisageable de les préremplir. De plus,
pour pouvoir administrer rapidement et efficacement un seul
vaccin à un grand nombre de personnes lors d'une
séance d'immunisation, le préremplissage des
seringues peut être une solution. Toutefois, si l'on
adopte cette pratique, elle devrait être limitée
à ce contexte et devrait satisfaire aux conditions
suivantes : 1) entente préalable sur la façon
d'assurer la responsabilité professionnelle si des
personnes différentes préremplissent et
administrent le vaccin, 2) données sur la stabilité
du produit prérempli pendant une certaine période
et 3) maintien de la chaîne du froid.
Choix de la seringue et de
l'aiguille
- Choix de la seringue : On doit utiliser
une seringue stérile distincte pour chaque injection, et
différents vaccins ne devraient pas être
mélangés dans la même seringue à moins
que le fabricant ne précise que c'est
nécessaire pour la reconstitution et
l'administration d'un produit. Selon la dose, on
optera pour une seringue de 3 mL ou de 1 mL.
- Choix de l'aiguille : Le choix de
l'aiguille dépendra de la voie
d'administration, de l'âge de la personne, du
volume de masse musculaire et de la viscosité du vaccin
:
- Pour les injections intradermiques (ID),
une aiguille de calibre 26-27 est recommandée.
- Pour des injections sous-cutanées
(SC), une aiguille de 1,6 cm (5/8 po.) de calibre 25 est
recommandée.
- Pour les injections intramusculaires
(IM) une aiguille de calibre 22-25 qui est assez longue pour atteindre
le muscle est recommandée :
- 2,2 cm (7/8 po.) à 2,5 cm (1 po.)
pour les nourrissons
- 2,2 cm (7/8 po.) à 2,5 cm (1 po.)
pour les tout-petits et les enfants plus
âgés
- 2,5 cm (1 po.) à 3,8 cm
(1½ po.) pour les adolescents et les adultes
L'aiguille devrait être
insérée le plus profondément possible dans
le muscle. Une aiguille de plus gros calibre
(p. ex. 22) peut être requise lorsqu'on administre
des produits visqueux ou en grande quantité comme des
immunoglobulines.
Positionnement
Après avoir obtenu le
consentement éclairé, il faut faire participer la
personne au processus d'administration du vaccin et lui
expliquer les méthodes de positionnement. Il faudrait
donner au parent ou au tuteur des instructions précises
sur la façon de tenir l'enfant dans ses bras. Un
positionnement inefficace peut entraîner différents
problèmes : dose inexacte, profondeur de l'injection
inadéquate ou blessure causée à la personne
immunisée ou au vaccinateur.
Point d'injection, voie et
technique d'administration
Les vaccins et autres produits
biologiques sont injectés par voie ID, SC ou IM.
- Injections ID :
- Elles sont habituellement
administrées sur la face antérieure de
l'avant-bras.
- Le biseau de l'aiguille devrait être dirigé vers le haut et à un angle
parallèle à l'avant-bras.
- L'aiguille est
insérée de façon à ce que seul le
biseau pénètre dans la peau. Si l'injection est faite
correctement, une petite papule devrait se former au point
d'injection lors de l'administration du
vaccin.
- Injections SC : L'aiguille est
habituellement introduite à un angle de 45o dans le tissu sous-cutané du bras au
niveau de la partie supérieure du triceps.
- Injections IM :
- Les injections IM sont
administrées à un angle de 90o dans le muscle vaste externe du membre
inférieur (face antérolatérale de la cuisse)
chez les nourrissons de < 1 an et dans le deltoïde chez
toute personne de ≥ 1 an (à moins que la masse
musculaire soit insuffisante). Il est important de bien choisir
le point d'injection afin d'éviter
d'injecter accidentellement le produit dans un vaisseau
sanguin ou d'endommager un nerf. Certains vaccinateurs
préfèrent tirer le piston de la seringue
(aspiration) pour voir si l'aiguille a traversé un
vaisseau sanguin. Aucune étude n'a
évalué s'il était nécessaire de
procéder à une aspiration avant de pratiquer une
injection IM ni si cela avait une incidence sur
l'innocuité des vaccins. En outre, les seringues
fournies pour l'immunisation peuvent ne pas permettre de
pratiquer cette aspiration.
- On ne devrait pas utiliser la fesse pour
une immunisation active. L'immunogénicité est
plus faible dans le cas des vaccins contre
l'hépatite B et la rage s'ils sont
administrés dans la fesse, probablement parce que
l'injection dans le tissu adipeux ne favorise pas une bonne
mobilisation du vaccin. La région fessière est un
site acceptable pour l'administration
d'immunoglobulines lorsque de gros volumes doivent être injectés, mais il
faut bien choisir le site sur le muscle fessier pour
éviter toute lésion du nerf sciatique.
- Les vaccins contenant des adjuvants
doivent être injectés par voie intramusculaire. En
cas d'administration accidentelle par voie
souscutanée ou intradermique, l'inflammation,
l'induration ou la formation de granulomes pourraient
être accrues.
On se reportera au tableau 1, qui
décrit la voie d'administration de tous les vaccins
dont l'usage est approuvé au Canada, dans le
chapitre Considérations
générales.
Injections multiples
Il n'est pas contre-indiqué
d'administrer plusieurs vaccins lors de la même
visite et il faut saisir toutes les occasions possibles
d'immuniser un client. L'administration de plusieurs
injections durant une seule visite aide à s'assurer que les enfants ont reçu
tous les vaccins requis en fonction de leur âge. De
façon générale, les nourrissons et les
enfants présentent une réponse immunitaire
similaire, que les vaccins soient donnés en même
temps ou durant des visites différentes. Bien que les
enfants reçoivent maintenant un plus grand nombre de
vaccins, ils sont exposés aujourd'hui à un
moins grand nombre de protéines antigéniques dans
les vaccins que dans le passé parce que les produits se
sont améliorés. Voici quelques
considérations pratiques concernant les injections
multiples :
- Les vaccins préparés dans
des seringues distinctes devraient être clairement
étiquetés de façon qu'on puisse
identifier le contenu de chaque seringue. Le site
d'administration de chaque vaccin devrait être
noté.
- Si deux injections IM sont
nécessaires, on utilisera deux membres différents. Si l'on doit administrer plus de deux injections,
les deux injections peuvent être données dans le
même muscle à une distance d'au
moins 2,5 cm (1 po.).
- Lorsqu'on sait qu'un vaccin
provoque plus de douleur ou d'inconfort, il devrait être administré en dernier.
Techniques pour réduire la
douleur et l'anxiété
La douleur associée à
l'immunisation est généralement
décrite comme étant bénigne et de courte
durée; l'adoption systématique d'une
stratégie spécifique de réduction de la
douleur n'est pas recommandée. On peut cependant
envisager d'utiliser les stratégies suivantes dans
le cas des personnes qui craignent particulièrement la
douleur.
- Emmailloter l'enfant, le tenir
dans ses bras ou lui donner sa sucette.
- Allaiter le nourrisson ou lui offrir des
solutions sucrées telles que du sucrose ou du glucose
buvable.
- Utiliser des méthodes de
distraction, comme un livre, un jeu vidéo, des dessins
animés, un film, des bulles de savon et une flûte
de fête, pour les enfants plus âgés; on peut
demander aux enfants de « souffler pour chasser la douleur
» en utilisant une flûte de fête, des
vire-vent ou des bulles.
- Utiliser des agents pharmacologiques
tels que l'EMLA (mélange eutectique
d'anesthésiants locaux, comprenant 2,5 % de
lidocaïne et 2,5 % de prilocaïne), du gel AmetopMD (4 % d'améthocaïne) et
des produits réfrigérants pour la peau (p. ex.
fluori-méthane). Des études ont montré que
l'EMLA n'influe pas sur la réponse immunitaire
aux vaccins RRO, DCaT-VPI-Hib (PentacelMD), au vaccin contre l'hépatite
B (RecombivaxMD),
ni au Bacille de Calmette-Guérin (BCG). L'EMLA doit
être appliqué environ 60 minutes avant l'injection. Le
gel AmetopMD produit une anesthésie dans les 30 à 40
minutes qui suivent et ne nuit pas à la réponse
immunologique au vaccin RRO. Les produits
réfrigérants pour la peau sont efficaces
immédiatement après leur application.
Il importe d'avoir recours
à des techniques pour apaiser
l'anxiété des adolescents et des adultes afin
de réduire au minimum le risque
d'évanouissement. On peut entre autres s'assurer que
la température de la pièce est confortable,
éviter les longues attentes lors des séances de
vaccination de masse et administrer le vaccin pendant que la
personne est assise. Les patients qui semblent très
anxieux devraient demeurer assis et rester en observation
jusqu'à ce que leur anxiété soit
disparue après l'immunisation.
Après la
vaccination
Une fois la vaccination terminée,
les personnes vaccinées devraient recevoir des conseils
sur les effets secondaires courants et sur la déclaration
et la prise en charge de ces réactions. Les vaccinateurs
devraient identifier et observer les personnes qui sont
particulièrement inquiètes de recevoir le vaccin.
Les sujets qui présentent des symptômes de choc
vagal tels que pâleur ou transpiration devraient
s'asseoir ou s'étendre jusqu'à ce
que les symptômes se résorbent. Une étude
utilisant l'American Vaccine Adverse Reporting System a
révélé que 63 % des réactions
vasovagales survenaient dans les 5 minutes suivant la
vaccination, et 89 % dans les 15 minutes. Il est donc prudent de
garder la personne en observation pendant 15 minutes après
la vaccination. Cela facilitera également la prise en
charge des réactions anaphylactiques rares. Tous les
vaccinateurs devraient avoir reçu la formation et
l'équipement nécessaires pour gérer de
tels événements. Le lecteur est prié de se
reporter au chapitre intitulé Anaphylaxie : traitement initial en milieu non
hospitalier.
Prévention et lutte contre
l'infection (PLI)
Les vaccinateurs devraient
intégrer les pratiques courantes de lutte contre
l'infection dans toutes les procédures
d'immunisation :
- On devrait retirer la partie centrale de
la capsule métallique du bouchon de la fiole du vaccin, en
nettoyer la surface avec un tampon désinfectant (p. ex. alcool isopropylique) et laisser sécher avant
d'aspirer le vaccin avec la seringue.
- Avant l'injection, on nettoiera la
peau avec un antiseptique adéquat et on la laissera
sécher.
- Une aiguille et une seringue
stériles distinctes devraient être utilisées
pour chaque injection.
- Il faut bien se nettoyer les mains avant
de manipuler le vaccin, entre chaque personne vaccinée et
chaque fois que les mains sont souillées. Les agents désinfectants pour les
mains à base d'alcool peuvent remplacer le lavage
à l'eau savonneuse. Le port de gants durant
l'immunisation n'est pas couramment
recommandé, à moins que le vaccinateur n'ait
des lésions sur les mains. Le guide de prévention
des infections de Santé Canada (maintenant l'Agence de
santé publique du Canada) intitulé Pratiques de base et
précautions additionnelles visant à prévenir
la transmission des infections dans les établissements de
santé fournit de
l'information sur la prévention des infections et
les précautions à prendre.
- Voici quelques autres pratiques
recommandées durant l'immunisation :
- Les aiguilles utilisées durant
l'immunisation ne devraient pas être
recapuchonnées par la suite.
- On devrait jeter immédiatement et
soigneusement les seringues et les aiguilles utilisées
dans un contenant conçu à cette fin et ne jamais
les laisser sur la surface de travail.
- Les seringues à aiguilles fixes
qui ont été utilisées ainsi que les fioles
de vaccins vides ou dont la date de péremption est
dépassée devraient être jetées
conformément à la législation ou directive
locale en matière de gestion des
déchets.
Santé au
travail
- Tous les vaccinateurs devraient être invités à se faire vacciner contre
l'hépatite B. Des tests sérologiques
après la vaccination devraient être effectués pour s'assurer
que la réponse immunitaire est adéquate. Le lecteur
est prié de se reporter au chapitre sur le Vaccin contre l'hépatite
B pour obtenir plus
d'information.
- Il faut mettre en place des
procédures en cas d'exposition accidentelle à du sang ou des liquides organiques, et s'assurer
qu'elles sont bien comprises des vaccinateurs.
Liste de contrôle pour
l'administration des vaccins
- Le vaccin est-il indiqué selon le
calendrier de vaccination recommandé et les
antécédents d'immunisation de la
personne?
- A-t-on obtenu le consentement
approprié?
- Y a-t-il des contre-indications à la vaccination?
- A-t-on vérifié la date de
péremption?
- Le vaccinateur s'est-il
lavé les mains ou a-t-il utilisé un agent
désinfectant pour les mains à base
d'alcool?
- Le vaccin a-t-il été bien
reconstitué ou mélangé?
- La dose et la voie
d'administration sont-elles correctes?
- A-t-on utilisé le bon calibre et
la bonne longueur d'aiguille au bon endroit?
- Les données appropriées
ont-elles été consignées?
- Le vacciné a-t-il reçu des
instructions post-vaccination?
|
Références
choisies
Alberta Health and Wellness. Multiple injections workbook. 2004. (Guide du participant à
utiliser conjointement avec la vidéo Multiple Injections ; on y trouve la justification de
l'administration d'injections multiples, ainsi que
des lignes directrices fondées sur la recherche à
l'intention du personnel infirmier, le tout selon une
perspective albertaine.)
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santé. Relevé des
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<http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/99pdf/cdr25s4f.pdf>.
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