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Guide canadien d'immunisation
Septième édition - 2006

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Partie 1
Lignes directrices générales

Communication efficace concernant l'immunisation

Les inquiétudes de la population relativement à l'innocuité des vaccins peuvent réduire la couverture vaccinale et entraîner la réémergence de maladies évitables par la vaccination. Le personnel soignant constitue une source fiable d'information et, à ce titre, joue un rôle vital dans le succès continu des programmes d'immunisation. Pour être le plus efficaces, les soignants doivent avoir une connaissance thérapeutique et pratique non seulement des méthodes et des principes de l'immunisation mais également de la communication du risque. La section qui suit décrit les principes généraux de la communication du risque et signale des ressources addition- nelles pour les soignants et la population.

Principes de la communication du risque

L'objectif d'une communication du risque efficace est de permettre la prise d'une décision éclairée en partenariat. Ce processus comporte à la fois des mesures d'éducation et de sensibilisation et est plus facile si tous les participants sont préparés à l'avance, si les messages sont clairs et si le climat est franc et respectueux. La perception du risque est influencée par l'expérience de même que par les contextes personnel, religieux et culturel. De plus, des événements qui sont bien connus, qui suivent un processus naturel, qui semblent être maîtrisés par le sujet, qui procèdent d'un processus volontaire ou impliquent la décision de refuser quelque chose sont généralement perçus comme étant moins risqués que les événements non familiers, qui découlent d'un processus artificiel, sur lesquels le sujet n'a pas d'emprise, sont obligatoires ou requièrent la décision de poser un geste plutôt que d'éviter quelque chose. La décision de se faire immuniser ou d'immuniser un enfant relève de cette dernière catégorie à « risque élevé » peu importe les probabilités réelles. Il est très important de présenter les risques dans le bon contexte. Il peut ne pas être avantageux de contrer les craintes d'une personne en citant les dangers plus grands associés à une action connue, comme la conduite automobile, même si telle est la vérité.

Pour que la communication du risque soit efficace, les médecins et d'autres soignants doivent essayer de :

  1. Communiquer les données les plus récentes, en tenant compte de ce que la personne connaît déjà et du niveau de détail requis. Il n'est pas nécessaire d'y consacrer énormément de temps. Il est utile de disposer de supports variés pour l'information (visuels, audio, imprimés, Internet) adaptés à tout un éventail de niveaux d'instruction et aux particularités linguistiques de la clientèle visée. Comme le matériel disponible sur Internet est volumineux, accessible et de qualité variable, il est également bon d'indiquer comment évaluer la fiabilité d'un site Web. Plusieurs ressources excellentes sont énumérées à la fin de la présente section.
  2. Respecter les divergences d'opinion concernant l'immunisation. Certaines personnes hésiteront à faire immuniser leurs enfants ou à se faire immuniser ou refuseront carrément. Il importe d'évaluer la solidité de leur position et de découvrir les raisons qui la sous-tendent.
  3. Représenter les risques et les avantages des vaccins de façon juste et franche. On comparera les risques connus et théoriques d'un vaccin avec les risques connus associés à l'infection évitable par la vaccination (voir, à la fin du Guide, le tableau Comparaison des effets des maladies et des vaccins). Il importe enfin de réfuter la notion que les maladies évitables par la vaccination sont disparues (voir l'encadré).
  4. Adopter une approche centrée sur le patient. Le processus le plus efficace de prise de décisions est le partenariat entre le soignant ou le vaccinateur et le parent ou le patient. L'élément central de ce processus est l'acceptation que les personnes ont leur mot à dire dans la décision d'immuniser et restent maîtres de leur santé et de celle de leurs enfants. La décision d'agir plutôt que d'éviter une chose peut être plus préoccupante lorsqu'il s'agit d'immuniser des enfants. Il peut être utile de présenter les faits et de demander ensuite aux personnes responsables de penser à ce que l'enfant choisirait de faire, s'il était assez vieux.
  5. Exploiter au maximum chacune des occasions de présenter des messages clairs, fondés sur des preuves concernant les vaccins et les immunisations (voir l'encadré). Il convient d'encourager les questions, de réfuter les mauvaises informations et de fournir des ressources valides et adéquates, notamment l'adresse de sites Web qui font autorité, si les personnes désirent avoir plus de renseignements.

Conclusion

Tant que les maladies qui peuvent être prévenues par des vaccins demeurent rares dans la population, les craintes concernant l'innocuité des vaccins continueront de recevoir beaucoup d'attention. Des conseils avisés fournis au moment opportun peuvent aider les personnes à soupeser les avantages des vaccins et les risques associés à la maladie que le vaccin permet de prévenir, de même que le faible risque que pose le vaccin lui-même. En administrant les vaccins après avoir obtenu le consentement éclairé des sujets, notamment après avoir discuté des idées fausses courantes, le personnel soignant peut aider à faire en sorte que l'immunisation continue d'être l'une des mesures de prévention les plus efficaces de l'histoire de la médecine.

Quelques vérités concernant l'immunisation

  • L'immunisation est la meilleure stratégie de protection contre les maladies évitables par la vaccination.
  • Les vaccins utilisés au Canada sont efficaces et sûrs.
  • L'innocuité des vaccins est une question que les autorités sanitaires dans le monde prennent très au sérieux. Des comités d'experts au Canada enquêtent sur les événements indésirables graves signalés après l'immunisation.
  • Les vaccins n'affaiblissent pas le système immunitaire. Au contraire, ils exploitent ses ressources et lui enseignent comment défendre l'organisme rapidement contre des pathogènes qui peuvent être contrés par un vaccin avant que la maladie ne se déclare.
  • Les infections évitables par la vaccination sont beaucoup plus dangereuses que les vaccins eux-mêmes (voir le tableau Comparaison des effets des maladies et des vaccins à la fin du Guide).
  • Les bactéries et les virus qui causent des maladies évitables par un vaccin ne sont pas disparus.
    • La diphtérie, la coqueluche, la polio, la rougeole, les oreillons, la rubéole, la varicelle, l'hépatite A et B sont causés par des agents pathogènes pour les humains qui sont bien adaptés et qui, dans une plus ou moins grande mesure, sont contagieux et sévissent dans certaines régions du monde.
    • L'agent du tétanos est présent dans le sol - il ne sera jamais éliminé.
    • Haemophilus influenzae de type b, Streptococcus pneumoniae et Neisseria meningitidis peuvent survivre dans le nez et la gorge et ne seront probablement jamais complètement éliminés.
  • Les personnes non vaccinées risquent beaucoup plus de contracter une maladie évitable par la vaccination que celles qui ont reçu le vaccin. Tel est le cas même dans les pays où les taux élevés d'immunisation assurent une certaine protection aux sujets réceptifs (c.-à-d. immunité collective). Citons trois exemples :
    • Une éclosion de rubéole est survenue en 2005 chez des résidants non immunisés de l'Ontario.
    • Des enfants aux États-Unis qui n'avaient pas reçu le vaccin contre la rougeole étaient de 22 à 35 fois plus nombreux à contracter la rougeole que les enfants immunisés.
    • Des enfants aux États-Unis qui n'avaient pas reçu le vaccin contre la coqueluche étaient près de 6 fois plus nombreux à présenter une toux coquelucheuse que les enfants immunisés.
  • Lorsque la couverture vaccinale diminue, les maladies évitables par la vaccination reviennent en force :
    • Au Japon, la couverture vaccinale contre la coqueluche est passée de 90 % à moins de 40 % à cause des craintes suscitées dans la population par le décès de deux nourrissons après qu'ils eurent reçu le vaccin DCT. Avant cette baisse dans la couverture, on dénombrait de 200 à 400 cas de coqueluche chaque année au Japon. Entre 1976 et 1979, à la suite de la chute marquée de la couverture vaccinale, on a recensé 13 000 cas de coqueluche, dont plus de 100 se sont soldés par un décès.
    • En Irlande, la couverture vaccinale contre la rougeole est tombée à 76 % après des allégations concernant un lien avec l'autisme. Le nombre de cas de rougeole est passé de 148 en 1999 à 1 200 en 2000, et plusieurs enfants sont morts des suites de complications de la maladie.

Références et ressources sur Internet pour la communication du risque concernant l'immunisation

A. Comment communiquer

Spier RE. Perception of risk of vaccine adverse events: a historical perspective. Vaccine 2001;20:S78-84.

Stoto MA, Evans G, Bostrom A. Vaccine risk communication. American Journal of Preventive Medicine 1998;14(3):237-39.

Summary Workshop on Vaccine Communication, October 5-6, 2000 Arlington, Virginia. URL: <http://www.dhhs.gov/nvpo/pubs/vcwsummary.pdf>.

Tenrreiro KN. Time-efficient strategies to ensure vaccine risk/benefit communication. Journal of Pediatric Nursing 2005;20:469-76.

B. Quels messages communiquer

Coalition canadienne pour la sensibilisation et la promotion de la vaccination. Préoccupations parentales au sujet de la vaccination. URL : <http://www.immunize.cpha.ca/english/links/hlthprv.htm> (anglais); <http://www.immunize.cpha.ca/français/links/hlthprvf.htm> (français).

Société canadienne de pédiatrie. URL : <www.cps.ca>

Children's Hospital of Philadelphia Vaccine Education Center. URL : <http://www.chop.edu/consumer/jsp/microsite/microsite.jsp?id=75918>.

Gold R. et Société canadienne de pédiatrie. Les vaccins : avoir la piqûre pour la santé de votre enfant, 2e éd. 2002. URL : <www.cps.ca/français/publications/Librairie/avoirlapiqure.htm>.

Immunization Action Coalition. URL : <www.immunize.org>. (Information sur plusieurs supports, y compris vidéo.)

National Network for Immunization Information. URL : <www.immunizationinfo.org>.

Communicating with patients about immunization. URL : <http://www.immunizationinfo.org/healthProfessionals/resource_kit.cfm>.

C. Comment évaluer la qualité et la fiabilité d'un site Web

Centre for Disease Control and Prevention. URL : <http://www.immunizationinfo.org/parents/evaluatingWeb.cfm> (conseils sur la façon d'évaluer les sites Web sur les vaccins).

World Health Organization. URL : <http://www.who.int/immunization_safety/safety_quality/vaccine_safety_websites/en/> (en anglais seulement). Vaccine safety net - listes de sites qui contiennent de l'information sur l'innocuité des vaccins et qui respectent les critères touchant la crédibilité, le contenu, l'accessibilité et la conception.

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